; ]^ s ^^. c ATSATOMIE COMPARE. TOME III. rAPis. nirniMEniE de no^^,o^.^K kt mabti>'ET, rue ,aroli, 3o. irtfw^wyrf'^ D'ANATOMIE COMPAREE DE GEORGES CUVIER, RECUEILLIES ET PUBLIES PAR M. DUMHIL, SECONDE DITION, Corrige et augmente. TOME TROISIME, # COi\TEWAl\T LE SYSTME NERVEUX ET LES ORGANES DES SENS. REVU PAR MM. F. G. CUVIER ET LAURILLARD. |3rri: FORTIN, MASSON ET C'S LIBRAIRES-DITEURS 1, PLACE DE l'cole-de-mdecine; MME MAISON, CHEZ L. MiCfiELSEN , A LEIPZIG. 18/10. *>' f ^//^^<^A^<^<^/ A^'^ AVERTISSEMENT. Nous donnons aprs un grand inter\ aile le troisime volume des Leons d^ anatomie com- pare. Dans le cours de ce long et pnible tra- vail nous nous sommes trouvs presss entre deux grandes difficults : nous avions pr- senter dans l'troit espace d'un volume le rsum du nombre immense de travaux dont le systme nerveux et les organes des sens ont t l'objet depuis trente annes; nous avions, d'un autre ct, conserver aussi intgrale-^^ ment que cela tait possible le cadre et le texte de la premire dition. Sur le premier point , c'est au public juger de quelle manire nous avons rempli notre tche. Nous ne voulons faire qu'une seule observation : c'est que ne nous tant pas borns au rle de compilateurs , mais ayant , autant qu'il a t en nous , vrifi les faits et contrl les doctrines par nos propres observations , nous n'avons pu , en raison du peu d'espace dont no!is disposions, rendre raison, dans des notes dveloppes , des motifs qui nous ont dtermins ne point donner place dans nos additions certaines opinions qui nous ont sembl mal fondes, ou omettre des faits dont l'exactitude nous a paru contes- table. C'est donc sciemment , et par ncessit. H AVERTISSEMENT. que nous nous exposons au reproche d'avoir laiss des lacunes dans notre travail. On y trou- vera notamment peu de dtails sur l'anatomie microscopique ; mais nous prions que l'on con- sidre que i tude microscopique des organes constitue une science peu prs nouvelle, de- vant laquelle s'ouvre, nous le croyons, un bril- lant avenir, mais qui, aujourd'hui, cherche encore ses voies ; qui a besoin pour se faire en- tendre d'une langue toute spcialequi n'est pas faite; et dont les rsultats enfin, ns d'hier, se ressentent encore un peu trop du dsordre et de l'ardeur du travail qui les a produits. Il fallait donc , ou demeurer dans une concision qui et t obscure , ou donner des dvelop- pements que l'espace nous interdisait. Com- ment, sans de longues explications, faire comprendre la composition des parties l- mentaires ou cellules de l'piderme ou du pigment, par exemple, avec leur nucleus ou cystobla te ^ sur celui-ci, les nucloles^ et la cellule plonge ei le -mme dans le cystohlas- teme y etc.? Une telle tche n'entrait pas dans notre plan. >5ur le second point , nous nous sommes guids d'aprs ce principe, que nous avions toucher un livre auquel , outre son intrt scientifique, e nom de son auteur donne une valeur histo- rique, et que, par consquent, en compltant par de nombreuses additions les leons de ce volume, nous devions les respecter scrupu- leusement dans leurs divisions et dans leur AVERTISSEMENT. llf texte. A cet gard, notre travail a t tout autre, et beaucoup plus difficile que pour le tome second. Pour Tostologie de la tte , nous avions trouv le travail en grande partie re- fait de la main mme de M. Guvier; nous n'avions eu qu' suivre la voie trace par lui_, sans nous arrter un texte ancien que M. Cuvier lui-mme avait chang. Ici , nous nous sommes tudis conserver aux leons leurs uivisions essentielles , au texte son int- grit , et intercaler nos additions de. telle sorte qu'en mettant le lecteur au courant de la situation actuelle de la science, elles lui permissent en mme temps de retrouver l'en- semble de l'uvre que M. Cuvier avait conu et excut. Nous n'avons donc fait de suppressions con- sidrables dans le texte que quand elles nous taient pour ainsi dire commandes par les crits postrieurs de M. Cuvier; pour ce qui concerne le cerveau des oiseaux , par exemple. Dans tous ces cas, nous avons indiqu en note la nature et ie motif des suppressions. Les changements dans le texte sont peu nombreux. Dans la X^ leon, les progrs de Tanatomie humaine ont ncessit, dans l'indi- cation del distribution des filets nerveux, quelques corrections que nous n'avons pas toujours pu indiquer. De plus, on remarquera partout certains changements de mos scien- tifiques qui nous taient imposs par les tra- vaux de i\l. Cuvier. Ainsi, nous avons habi- V AVERTISSEMENT. luellement chang les mots de vers^ ' animaux sang blanc ^ (V animaux sans vertbres , op- poss systmatiquement aux animaux ver- tbrs, etc., pour y substituer les expressions plus scientifiques qui, depuis la publication du Rgne animal de M. Guvier, ont prvalu dans la science. Du reste, nos additions sont comprises, comme dans les volumes prcdents, entre deux crochets [ ]. Certains changements dans les divisions des leons nous taient commands par les mmes motifs que ceux du texte; ce sont les change- ments qui rsultent des progrs de la classi- fication mthodique des animaux : nous avons ramen au rang qui lui appartient , par- tout o cela tait ncessaire, la division fon- damentale du rgne animal en quatre em- branchements , c'est--dire en animaux ^ver- tbrs , en animaux mollusques , en animaux articuls et en zoophytes ; et qu'il nous soit permis de le dire en terminant, le rsultat de notre travail a t de nous convaincre encore davantage combien cette division , fonde sur l'ensemble de l'organisation des animaux^ rend facile la classification des faits et con- duit de grandes et fcondes gnralits. Frd. Guvier. Laurillard. LEONS D'ANATOMIE COMPARE. NEUVXXaE LEON. DU CERVKAU DES ANIMAUX VERTBRS. ARTICLE PREMIER. DE l'ORGAMSATION DU SYSTME ]\P:RVEUX EK GNRAL. Les nei'fs et le tronc commun auquel ils aboutissent tous, c'est--dire la moelle de Tpine et rencphale, sont l'organe commun et intrieur des sensations et de la volont. [ Ils ont aussi sous leur dpendance l'action intime des organes pour la nutrition et pour les fonctions qui s'y rapportent. Les sensations ont pour agent un certain nombre de nerfs spcialement conducteurs de la sensibilit , et dous d'une action qui va de la circonfrence au cen- tre. La volont transmet ses dterminations par un certain nombre de nerfs spcialement conducteurs di mouvement , et dous d'une action qui va du centre la circonfrence. Les appareils de la vie vgtative 3. 1 2 IX* LEOS. CERVEAU DES ANIMAUX VERTBBS. sont pourvus de nerfs ^o^alement spciaux qui, en tant que conducteurs de mouvement, ne sont pas sou- mis l'empire de la volont, et en tant que conduc- teurs de sensibilit ne transmettent de sensation au centre des perceptions que dans des circonstances particulires. . Ces trois ordres de nerfs sont unis entre eux de la manire que nous indiquerons dans la suite. ] Quelque action que les corps extrieurs exercent sur le ntre, nous n'en avons le sentiment qu'autant que les nerfs qui se terminent la partie qui reoit cette action remontent librement jusqu' la moelle de l'pine , et par suite au cerveau. Si on lie ces nerfs, ou qu'on les coupe, toutes les parties auxquelles ils se rendent deviennent insen- sibles , quelque voisine que soit du cerveau la ligature ou la section. Ainsi, si on lie ou qu'on coupe la moelle elle-mme dans le cou , tout le corps devient paralytique et in- sensible, quoique les viscres puissent conserver quel- que temps leurs mouvements, cause qu'ils reoivent une grande partie de leurs nerfs immdiatement du cerveau; enfin une compression gnrale du cerveau supprime sur-le-champ toute espce de sensation. Ces observations ont fait natre l'ide wsensorium commun , ou d'un centre auquel aboutissent les im- pressions de tous les nerfs , et qu'on suppose dans le cerveau. Mais il y a plusieurs animaux dans lesquels cette union d une branche de nerfs avec leur tronc commun n'est pas ncessaire pour produire le sentiment : on peut, par exemple, enlever entirement le cerveau ABT, I. OKGAISISATION DO SYSTME KKRVEIX. $ d'une tortue , d'une jjrenouille , sans que ces animaux cessent de montrer par leurs n\ouvements qu iis ont encore des sensations et une volont. [Cependant, d'aprs les belles expriences de M. Flourens, pour que la vie se conserve un peu long- temps dans le corps des animaux dcapits , il faut que le nerf pneumo-gastrique ait t conserv dans le tronc de la moelle pinire , car c'est l'origine de la huitiiiie paire qu'est situ le nud de la vie animale. D'ailleurs quelques auteurs ne pensent pas que, dans ce cas, 1 animal ait vritablement conscience de l'action des corps extrieurs , et que les mouvements qui suivent celte action soient commands par la vo- lont. Ils se fondent sur l'existence de deux ordres de nerfs dous de fonctions distinctes, et sur l'exemple de beaucoup de mouvements qui ont lieu dans un animal sain la suite de certaines impressions sensitives et sans aucune intervention de sa volont, et ils admet- tent dans l'conomie animale un certain ordre de mouvements qui s'oprent en vertu d'une relation ncessaire, d'une sorte de rflexion de l'action ner- veuse , tablie entre le nerf sensitif qui a reu l'ir- ritation, et le nerf moteur qui dtermine le mou- vement. C'est ce que l'on a appel les mouvements rflcciifs (i). On remarque, en effet, que les reptiles privs de leur cerveau demeurent immobiles, et que les mouvements d'ensemble qu'on observe encore en eux ne se produisent plus qu' la suite d'irritations extrieures. ] (l) Prochaska. Marshal Hai. -~ J- Mvxlier. 4 !X^ LEON. CERVEAU DES AKIMAUX VEKTBRS. Il y a des animaux invertbrs qui , tant coupes en deux ou en plusieurs morceaux , forment l'instant mme deux ou plusieurs individus qui ont chacun leur systme de sensation et leur volont propre : ce n'est que dans des animaux plus parfaits que lassemblage des diverses parties du systme nerveux , et surtout la prsence de ses parties centrales , est absolument ncessaire pour que les fonctions de ce systme aient lieu. Cette ncessit est d'autant plus grande que les par- ties centrales sont plus volumineuses, proportionnelle- nent aux ramifications : plus la masse de matire m- dullaire est galement rpartie , moins le rle des parties centrales est essentiel. Les animaux dans les- quels la partie centrale disparat peuvent tre divi- ss, pour ainsi dire, l'infini, et chacun de leurs fragments devient un individu dou de son moi par^ ticulier. On pourrait penser, d'aprs cela, qu'au fond toutes les parties du systme nerveux sont homognes, et susceptibles d'un certain nombre de fonctions sembla- bles , peu prs comme les fragments d'un grand aimant que l'on brise deviennent chacun un aimant plus petit qui a ses ples et son courant [et tel semble tre le cas de ces animaux infrieurs dont nous ve- nons de parler. Mais dans les animaux trs levs on ne peut plus admettre qu'il en soit ainsi , et que ce soient des circonstances accessoires seulement, et la complication des fonctions que ces parties ont rem- plir, qui rendent leur concours ncessaire, et qui fassent que chacune d'elles a une destination particulire. En effet, il est bien vrai que pour certains nerfs qui ART. T. ORGANISATION DU S\STME jNERVF.L'X. 5 ne nous procurent que des sensations dtermines , comme celles du tact et du .got , ceia est d la na- ture des organes extrieurs dans lesquels ils se termi- nent, plutt qu' leur nature intime: mais il est gale- ment vrai que pour les nerfs des sensations de la vue, de Todorat, de Toue , et pour les fonctions particulires de certains autres, comme ceux qui con- duisent le mouvement ou la sensibilit, ni la structure de l'oroane o ils aboutissent, ni la quantit de vais- seaux sanguins qu'ils reoivent , ni d'autres circon- stances accessoires ne rendent compte des phnomnes, et on doit en chercher la raison dans la nature intime des nerfs. ] Il faut nanmoins examiner d'une manire f{n- raie la (Ustrihution du systme nerveux, sa texture et sa substance. A. Distribution. Quant la distribution.^ on remarque que dans tous les animaux qui ont des nerfs distincts, ces nerfs nais- sent d'une masse commune, qui, le plus souvent, se prolonge en une espce de queue, nomme moelle pinire. L'extrmit antrieuic de cette queue est toujours plus ou moins renfle en plusieurs tubercules ou minences qui , dans les animaux vertbres, sont situs dans la tte, et portent le nom commun d'en- cphale. 11 y a des animaux (les mollusques et certains zoo- phytes) dans lesquels il n'y a qu'une masse sans pro- longement. Parmi les autres animaux sans vertbres, il n'y a que les aiticuls qui aient une espce de moelle pi- 6 IX* LEON. CEBVEAU DES AKIMAUX VEETBRS. nire ; elle est forme d'un double cordon mdullaire runi d'espace en espace par desganp^lions; on pour- rait, peut-tre la regarder plutt comme un nerf grand sympathique ( i ). Les nerfs naissent par paires de ce tronc commun ou de la masse qui en tient lieu , et ils se ramifient comme les branches d'un arbre pour se rendre aux parties qu ils doivent animer. Quelques uns de ces nerfs ont une origine simple ; mais la plupart naissent ou sortent du tronc par plu- sieurs filets, qui se runissent ensuite pour former un faisceau commun. Les branches principales de nerfs ne vont pas tou- jours en se subdivisant : il arrive au contraire trs sou- vent que plusieurs branches, soit du mme nerf, soit de nerfs trs diffrents , se runissent et se sparent de diffrentes manires pour former des plexus d'o naissent de nouveaux troncs de nerfs. [Quand il n'y a pas runion de plusieurs branches, mais simplement une communication du rameau d'un nerf avec un rameau d'un autre nerf, on nomme cela une anastomose. Dans ces deux cas , on se demande si les filets partis des diffrents troncs nerveux s'entremlent sans se con- fondre, ou bien s'il y a entre eux une union plus intime, une confusion de leur matire mdullaire mme. Scar- pa (2) inclinait vers cette dernire opinion. Bichat (3) croyait pouvoir tablir, sous ce rapport, une diffrence (1) Voyez sur cette question la xi* leon. (a) Scarpa , De nervorum gancjlils et ptexubus. Mutm^ i jjg. (B) BJcibat , nAtmie gnrale. AR, I. ORGANISATION DU SYSTME NERVEUX. 7 entre les plexus du systme nerveux animal et ceux du systme organique. Dans les premiers, selon lui, il y a juxtaposition, et on peut suivre jusqu' sa sortie uu filet nerveux que Ton prend son entre dans le plexus; dans les seconds, il y a confusion, "non seulement dune- vrilme, mais de lamatire nerveuse mdullaire. Quand on examine Fil nu la distribution des filets nerveux dans les plexus , on les voit se diviser et se subdiviser, passer dme maille Fautre du rseau , s'entrelacer d'une faon inextricable , et arriver un dep.r de t- nuit qui ne permet plus de suivre leur trajet. Mais en appliquant ce point d'anatomie les connaissances que le microscope nous donne sur la texture des nerfs, on a tout lieu de penser qu'il n'y a dans les anasto- moses et dans les plexus qu'un entrelacement, un change de filets entre diffrents troncs nerveux , sans interruption dans leur continuit, et par consquent sans mlange de la substance nerveuse qu'ils contien- nent; de sorte que, de leur origine leur terminaison, les fibres nerveuses peuvent tre considres comme isoles et indpendantes (i). Les expriences sur les animaux vivants confirment cette induction. L'nergie moirice du nerf d'un muscle est la mme avant ou aprs sa runion avec les racines postrieures qui prsident la sensibilit, et les nerfs conservent leur sortie des plexus les proprits sp- ciales dont ils taient dous leur sortie de la moelle pinire (2). Il y a donc lieu de croire que les rseaux nerveux sont destins , soit amener et concentrer (i) C'est aussi l'opinion de M. J. Mulier, Pliys. du sjst. nerv.^ u I. (2) Van Deen, De differeniia etnexu hiter nervos vit animalis clvitae vrganic- Lugdurti Batav , i834 8 IX* LEON. CKBVEAU DES AKIMAtiX TEBTEBRE9. en plus grande abondance le fluide nerveux sur une par- tie charge d'un travail considrable, mais discontinu, comme l'estomac , soit k mler intimement des nerfs d'origine diffrente, et faciliter ainsi Tharmonie et la coordination des mouvements dans une partie o s'ex- cutent des mouvements dlicats et compliqus, comme la face.] Les rameaux des nerfs ne vont pas toujours en di- minuant de grosseur mesure qu'ils se divisent ; trs souvent un rameau se trouve plus gros que la branche dont il part. Il est mme facile de voir que les nerfs doivent al- ler en grossissant vers les extrmits; car la peau qui est sensible partout, et qui a par consquent des nerfs partout , est plusieurs centaines de fois plus grande en surface que toutes les racines des nerfs prises en- semble. Il y a des cordons nerveux qui tablissent une com- munication entre une multitude de nerfs trs diffrents, en se rendant de l'un l'autre. Presque toujours il y a, l'endroit de ces communications un renflement, ou une petite masse de matire* mdullaire, qui sem- ble n'tre qu'un plexus plus resserr, et qu'on nomme gajiglion. [La nature diffrente des filets qui entrent dans leur composition doit y faire tablir plusieurs classes. ] Tantt des filets venant de plusieurs nerfs se runis- sent dans un pareil ganglion, comme on le voit pour l'opiithalmique , le splinopalatin , etc., et il en sort d'autres filets qui vont se rendre diverses parties. [Il y a dans ces ganglions une triple origine, c'est-- ART. 1. ORGANISATION DU SYSTME NERVEUX. 9 dire des filets moteurs, des filets seiisitifs et des filets du grand sympathique. ] Tantt un nerf simple se lenfle pour former un gan- glion, et se rtrcit ensuite. [C'est ce qui se voit aux racines postrieures des nerfs de la moelle pinire; et il parat que ce renflement d'un nerf simple avant son union avec d'autres est un caractre particulier des nerfs de la sensibilit.] D'aprs cette description sommaire , on voit que la comparaison du systme nerveux un tronc et des branches n'est pas parfaitement exacte. On doit plutt le considrer comme un rseau compliqu, dont la plupart des fils communiquent les uns avec les autres, et o se trouvent en diffrents endroits des masses ou des renflements plus ou moins marqus, qui peu- vent tre regards comme les centres de ces commu- nications. Cependant la partie moyenne de ce rseau conserve toujours une grandeur plus considrable, une con- nexion plus immdiate et une influence plus forte sur toutes les autres parties. Mais les degrs de cette influence varient autant que ceux de sa grandeur proportionnelle. D^is les animaux d'un ordre lev, la moelle pinire est incomparablement plus grosse que les nerfs qui en sortent, et l'encphale surpasse encore beaucoup la moelle pinire en grosseur. Ces deux circonstances sont plus remarquables dans l'homme que dans tout autre animal. Son^erveau est le plus gros de tous pro- portion du reste du systme nerveux. Dans les autres animaux sang chaud, le cerveau dim.inue de volume proportion que la moelle allonge et pinire grossit. 10 IX' LEON. CERVEAU DES ANIMAUX VERTBRS. Dans les animaux sang froid, et surtout dans quelques poissons, l'encphale surpasse peine la moelle allong[e en grosseur. Dans les mollusques, il ny a qu'un cer- veau j d'o les nerfs partent comme des rayons pour aller souvent former des ganglions pars presque aussi gros que le cerveau lui-mme. Dans les insectes, le cer- veau n'est gure plus gros que chacun des nombreux renflements de la moelle pinire, et il produit ses nerfs de la mme manire que ces renflements produisent les leurs. A mesure que l'on descend dans l'chelle des animaux, on trouve donc la substance mdullaire moins concentre dans une rgion particulire du sys- tme, et plus galement distribue entre toutes ses parties. B. texture, La texture du systme nerveux peut tre considre dans le cerveau, dans la moelle allonge et pinire, dans les nerfs et dans les ganglions. Le cerveau des animaux sang rouge et vertbres prsente une masse plus ou moins paisse, plus ou moins molle, facile couper et craser, lgrement gluante, et d.-ms laquelle on remarque deux substances principales, la corticale et la mdullaire^ et trois autres moindres en tendue, la jaune ^ la molle et la noire. Le cerveau des animaux sang froid est plus mou que celui des animaux sang chaud : il y a des poissons qui l'ont presque fluide. La substance corticale est rougetre et demi-trans- parente ; elle parat homogne 1 il. Cependant les injections y pntrent jusqu' un certain point, et mon- trent qu elle est en grande partie compose de vaisseaux AfiT. I. ORGANISATION DU SYSTME NERVEUX. 11 sanguins. Sa position, relativement la substance m- dullaire, varie selon les divers endroits du cerveau;' mais, dans le pourtour des hmisphres et du cervelet, elle est l'extrieur : de l son nom. La limite entre ces deux substances est tranche : elles ne se chan(>ent point par degrs lune dans l'autre [mais elles sont s- pares en plusieurs endroits par la substance jaune: quelquefois mme certaines circonvolutions antrieures laissent voir trois ou quatre couches de substance grise et jaune, embotes les unes dans les autres, mais la plus externe est toujours grise]. La substance corticale n'a point de sensibilit ; sa quantit proportionnelle va en diminuant dans les animaux sang froid : il y en plus proportion dans l'homme que dans les autres animaux. La substance mdullaire est blanche, opaque , plus ferme que la corticale ; elle parat l'il compose de fibres trs fines dont les directions varient. On n'y dis- tingue que peu de vaisseaux, et les injections ne pn- trent poiot dans son tissu intime. Elle occupe la plus grande partie de l'intrieur du cerveau, et la moelle allonge et pinire en sont des prolongements. Leur texture est toute semblable celle de la partie mdul- laire du cerveau. On y remarque de mme des appa- rences de fibres, et il s'y mle dans l'intrieur quelque peu de substance grise. [Mais la quantit de cette substance n'est pas gale partout, et quelques auteurs ont dcrit et reprsent avec beaucoup de dtails les figures que donne la coupe de la matire cendre dans Taxe de la moelle en dif- '^ frents points de son trajet. Ainsi, au-dessous des py- ramides antrieures elle reprsente un fera cheval ;auif 12 IX* LEON. CERVEAU DES ANIMAUX VEllTEBRS. endroits do sortent les nerfs des extrmits, deux demi-lunes adosses: dans Ja rgion dorsale, une es- pce de croix, etc. La distribution de cette substance grise autour et dans l'intrieur du cerveau et de la moelle pinire, ainsi que ses rapports avec la sub- tance blanche, ont surtout de Fimportance lorsqu'on la considre comme Flment producteur des nerfs (i).] La substance molle est gristre , demi-transparente , presque fluide ; elle tapisse en quelques endroits la surface du cerveau. La substance noire ou noirtre teint la substance mdullaire en deux endroits. [Elle serait compose, selon Pui'kinje, de corpuscules par- ticuliers, renfls au centre, et se terminant par un ou plusieurs prolongements irrguliers. Quant la masse gnrale du cerveau , des globules agglutins et disposs en sries linaires taient regar- ds, il y a quelques annes, comme formant la structure intime de ses deux substances ; mais de nouvelles re- cherches microscopiques tendent faire prvaloir l'o- pinion que le systme nerveux est en grande partie compos de fibres. Il n'est point dans notre plan d'en- trer dans de nombreux dtails ce sujet; d'ailleurs, malheureusement dans les travaux de cette nature, l'observation , si savante qu'elle soit , laisse trop de prise au doute ; et les dcouvertes de M. Ehrenberg (2), qui ont jet une lumire si nouvelle sur la structure du (i) C'est ce que Gall avait tente' d'tablir* au commencement de ce sicle; c'est ce que MM. Wallach et Stilling cherclient dmontrer de nouveau par de rcentes recherches. ( Untersuchunyeu iiber die textur des rchenmarkes ^ Leip-zif^, 1842 , in-^ avec planches ) ^ (2) Beobachtioii^ elner auffallenden atructur der $eelenorijanATlOi\ DU SYSTEME NEHTEUX. 13 systme nerveux, n'ont point toutes t accueillies sans contestation. Pour nous, ce que nous croyons pouvoir admettre , aprs avoir multipli les expriences mi- croscopiques, c'est la nature fibreuse de la substance mdullaire crbrale. Nous avons retrouv cette structure dans toutes les parties de la substance blanche que nous avons examines, et nous Favons vue d'autant plus apparente que cette substance tait dj forme en cordons plus distincts : ainsi dans les rayons qui traversent le corps stri et dans les cordons de la moelle pinire. Nous avons aussi observ cette apparence noueuse ou vari- queuse des fibres crbrales , dcrite pour la premire fois par M. Ehrenber^y ; mais ces renflements ou ces nodosits des fibres ne se sont jamais prsentes nous avec cette rgularit et cette uniformit que semble- raient indiquer les figures qui en ont t donnes. Presque constamment nous avons rencontr la fois des fibres parfaitement rectiiignes , d'autres bords lgrement onduls , d'autres o les renflements vari- queux taient assez rguliers , d'autres o ils taient des distances ingales, d'autres enfin o le renfle- ment n'existait que d'un ct, tandis que l'autre ct tait parfaitement droit : de sorte qu'il n'est pas certaiti que ces renflements ne tiennent pas, ainsi que plusieurs auteurs l'ont pens , soit l'ingale rtraction de la gaine de la fibre , soit l'effet de la compression que subit la substance crbrale clans la prparation mme qui en dmontre la structure. Entre ces fibres, et surtout l'extrmit et autour de celles qui sont rompues, on distingue des corpus- cules irrguliers, tantt isols, tantt runis dans une 4 IX* LEON. CERVEAU DES ANIMAUX VERTEBRES. masse grumeleuse , et que l'on considre avec raison comme provenant de Tintrieur des fibres crbrales. Nous ne pouvons donc aujourd'hui re[>arder comme suffisamment dmontrs que ces deux points, savoir: que la substance blanche du cerveau et de la moelle est compose de fibres excessivement tnues , perces d'un canal leur centre, et dont la paroi est fortement rtractile , et que leur canal contient une substance transparente , qui s'panche facilement par la rupture de la gaine fibreuse , et se coagule aussitt. Quant la substance corticale, nous n'y avons pas reconnu une vritable structure fibreuse ; le micros- cope n'y montre qu une substance d'un aspect granul, mle de corpuscules de formes trs variables et travers se pai' de nombreux vaisseaux sanguins. On y aper- oit aussi quelques fragments isols de fibres de la' substance blanche. D'aprs Valentin , les fibres blan- ches se termineraient en anses dans la substance grise (i). On sait le rle que l'on a gnralement attribu aux deux substances du cerveau. Aux yeux du grand i yj- (i) Les auteurs qui ont crit sur la structure microscopique du cerveau ont encore dcrit sous les noms de globes, globules, cellules, etc., des apparences qui se produisent avec une certaine constance dans les diverses prparations de la substance crbrale, mais cependant qui n'ont rien d'assez dfini pour que nous puissions les regarder comme indiquant des lments essentiels de la substance du cerveau. Nos doutes cet e'gard se sont trouvs confirms par les travaux de MM. Wallacli et Siilling (ouv. cit. ), qui nient l'existence de globules ganglionnaires dans la sub- stance grise des moelles allonge et pinire , et nous les conservons, quoique ces auteurs aient depuis annonc dans un autre travail (uber die textur und function der viedulla ohlongata. Erlangen, iB/p) avoir re- connu qu'il existe dans la moelle des globules , mais d'une espce particu" Hre et diftrent.s de ceux qu'on y avait dcrits. ABT. I. OKQAJNiSATIOK DU SYSTME NERVEUX, 15 nombre des anatomistes , la quantit d'artres qui se rendent dans la matire [jrise ne peut gure avoir d'objet qu'une scrtion abondante, et on s'est presque toujours accord la regarder comme un organe s- crtoire, et les fibres de la matire mdullaire comme des organes excrteurs de la substance que la pre- mire spare (i). La structure que le microscope d- montre, dans cbacune de ces substances, semblerait justifier cette ancienne opinion des anatomistes et des physiologistes; et l'on comprendrait, en effet, que les fibres nerveuses, pleines d'une matire fluide et transparente, vinssent la recueillir dans cette masse pa- rencbymateuse o elle serait spare.] Le^ substances mdullaire et corticale des animaux autres que les vertbrs ne prsentent point de diff- rence dans leur couleur, et on a mme assez de peine en observer dans leur consistance. [ i' faut cependant en excepter plusieurs genres de moliusques, o la substance* nerveuse a des aspects tout particuliers. Ainsi, dans le cloris lacera , la masse du cerveau est compose de petits globules bruntres, dans Xaplysie ^ le cerveau et tous les ganglions sont d'une substance rougetre et grenue , trs diffrente de celle des nerfs qui est blanche et homogne ; la mme chose s'observe dans le hulirne des marais et d'autres gastropodes; dans YoncJiidie ^ les tubercules du cerveau sont d'un brun jaune (q). ] (i) Voy. Cnyer^ Bapport la classe des sciences physiques sur un m- moire de MM. Gall et Spurzhcim relatif l'anatomie du cerveau^ in-4 , 1808. (2) Cuvier, //natomie f/e5 mo//u<.i) On flecrit encore tlaus les nerts de.- fibres grises, distinctes des biaiiclies par leur aspect plus transparent et par une tnuit plus grande. Elles seraient les fibres propres du systme {janj^lionnaire. Remak, Observ. anat, et mici'osc. de syst. ncrv. structura y i838, MuUer, Physiologie. 3. 2 18 X LEOIN. CERVEAU DES ANIMAUX VERTEBRES. vent l'acoustique , c'est--dire compter de la paire vague. Il est probable que tous les nerfs pntrent dans la substance du cerveau et de la moelle , plus profon- dment que les yeux ne peuvent les y suivre. On a mme cru qu'ils s y croisent, de manire que ceux qui s'y rendent du ct gauche du corps viennent du ct droit du cerveau , et rciproquement. 11 est certain que des blessures faites un ct du cerveau ont souvent produit une paralysie au ct oppos du corps. On voit aussi clairement la croisure des nerfs optiques des poissons, et on la conclut dans les autres animaux, de ce que l'un des deux est souvent plus petit au-des- sus et au-dessous de l'endroit o ils se confondent en se croisant. I^es fibres qui composent la moelle de l'- pine semblent aussi se croiser dans le sillon qui la divise. P^ns les animaux sans vertbres^ les nerfs sortent simples du cerveau ou des autres ganglions qui leur donnent naissance ; mais ils ne sortent jamais imm- diatement de la moelle de l'pine. [A l'aide du microscope et d'une faible compression, on reconnat , dans les cordons de communication de la cbane ganglionnaire et dans les nerfs latraux des ganglions, une apparence fibreuse ; mais nous n'y avons trouv aucune apparence de fibres variqueuses. On distingue bien aussi, dans l'paisseur du ganglion, les trousseaux fibreux transversaux qui vont former les nerfs latraux ; mais on ne voit pas les fibres des cor- dons de communication se diriger obliquement dans l'paisseur du ganglion pour venir former ou contri- buer former les filets latraux. ] ART. I. ORGAJNISATlOiN DU SYSTEME NERVEUX. 19 La terminaison des nerfs est diffrente selon les parties auxquelles ils se rendent. Ceux qui se distri- buent dans Fintrieur sont accompagns par le nvri- lme jusqu' leurs extrmits les plus imperceptibles. Le nerf optique se termine par une expansion nerveuse qui tapisse Fintrieur de l'il ; l'acoustique, par des filets qui nagent dans une pulpe glatineuse. Les nei^fs du got se dilatent dans les papilles de la langue , ceux du toucher se terminent dans celles de la peau, etc. [Dans la peau et dans les muscles, les filets nerveux ne se terminent pas en s'panouissant , ou en se per- dant par un amincissement continu; mais les rameaux, aprs s'tre subdiviss en ramuscules nombreux, se ru- nissent les uns aux autres pour former de grands plexus terminaux, d'o les fibres primitives se dtachent, viennent former une anse terminale , et regagnent travers le plexus le tronc qui les a fournies (i). J Les ganglions des animaux vertbrs ne paraissent diffrer des plexus nen'eux que parce que les filets qui les composent sont plus serrs et plus intimement unis ; mme les ganglions simples , c'est--dire forms par un seul nerf , se rsolvent dans la macration en plusieurs filets qui s'anastomosent ensemble. Il parat qu'il en est de mme dans les mollusques ; mais dans les crustacs, les insectes et les annlides, les ganglions ne sont que des renflements homognes du cordon mdullaire auquel ils tiennent. La nature chimique de la substance mdullaire du (i) Voy. Prvost et Dumas , Joiru^ de Pfiys. expr. deMagendie^ t. III , Paris , 1 823 ; Valentin , iiher den Verlauf der letztn Enden der Ner- ven. i836. Ern, Burdach, Jnn, des scienc, nat. i838. 20 TX'^ LECO.N. CERVKAU DES ANIMAUX VEKTBSS. cerveau n'est pas encore entirement connue. Ce- pendant on voit dj qu'elle diffre essentiellement des autres matires animales. [Son caractre particulier est de renfermer, dans denx substances grasses spciales, du phosphore qui n'y est ni l'tat de sel, ni l'tat d'acide, mais comme un des lments de la matire animale. On trouve l'analyse (i) : Eau 80 centimes. Matire grasse blanche (starine c- rbrale de M. lerzlius). . . . 4> 5- Matire grasse rougetre (oline c- , rbrale de M. Berzlius). ... 70 Albumine 1 '"* Osmazme i, 12 Phosphore 1, 5o Phosphates de potasse, de chaux, de magnsie, sel marin, soufre. 5, i5 100 La matire blanche grasse est concrte ; elle a un toucher gras et glutineux, un aspect brillant et satin; elle tache les papiers la manire des huiles; elle ne se dissout pas dans la potasse comme les graisses ordi- naires, elle prend en fondant une couleur fonce, et elle est combine avec du phosphore, qui se dissout en mme temps qu'elle dans l'alcool. La matire grasse rougetre parat, dans son essence, fort semblable la prcdente; elle a une consistance moins grande, une odeur semblable celle du cer- veau , mais plus forte ; sa saveur est celle d'une graisse rance ; elle contient une matire animale putrescible, et est galement combine avec du phosphore. (i) VAUQuraiN, ^finales du N us mu, t. XVIIij p. 23 1. ART. IT. SYSTME NEBYEJX CONSIDR EN ACTION. 21 D'aprs des recherches plus rcentes et, qui ont eu pour rsuhat de mieux sparer, dans ces matires grasses, les principes immdiats du cerveau, cet or- gane contiendrait : i de l'acide crbrique, blanc, cris- tallin, et qui se gonfle comme l'auiidon dans l'eau bouillante ; 2 de la cholestrine : 3" un acide gras par- ticulier, appel olo-phosphoriqiie ; tf de l'oline c- rbrale , un peu d'acide olique et d'acide margari([ue. La moelle allonge et la moelle pinire contiennent plus de matire grasse, et moins d'albumine, d'osma- zme et d eau cpie le cerveau, ce qui leur donne une consistance plus grande. Les nerfs, au contraire, con- tiennent beaucoup moins de matire grasse et beau- coup plus d'albumine, et en outre de la graisse ordi- naire,] ARTICLE IL DU SYSTME NERVEUX CONSIDR EN ACTION. Le systme nerveux est susceptible d'une action re- lative notre facult sensitive, et. d'une autre qui ne concerne que nos fonctions vitales et vgtatives. A la premire de ces actions se rapportent les sensations et les mouvements volontaires; la seconde tient Fin- fluence des nerfs sur la digestion, la circulation et les scrtions. Les sympathies et les changements physi- ques, qui sont la suite de certaines ides ou de cer- taines passions , semblent participer de ces deux esp- ces d'actions. Les sensations se divisent en externes^ internes et spontanes. Les premires sont produites par les corps extrieurs qui viennent frapper nos sens; les secondes^ 22 TX* LEON. CERVEAU DES ANHIAX VEBTBRS. par des chaogenients d tat qui arrivent dans les par- ties intrieures du corps o les nerfs se rendent. Les troisimes ressemblent aux unes et aux autres, quant l'effet; mais elles ont pour cause un changement qui arrive dans les nerfs ou dans le cerveau mme, sans tre provoqu extrieurement. Les sensations que nous avons dans les songes ressemblent absolument celles que produisent les corps extrieurs : cependant elles ne doivent leur origine qu' des mouvements qui nais- sent dans le cerveau par des causes intrieures, et elles peuvent tre excites ou calmes par certains mdicaments. Des hommes qui ont perdu les yeux rvent sou- vent qu'ils voient ; ceux qui ont perdu le bras croient quelquefois, mme tant veills, y ressentir des dou- leurs, etc. Ces sortes de sensations contribuent claircir la marche des autres ; elles confirment ce que les sections et les ligatures des nerfs avaient dj appris, que ce n est pas dans les organes extrieurs que nous sentons, mais seulement dans le centre du systme nerveux, et que les organes extrieurs ne servent qu' recevoir l'action des corps et la transmettre aux nerfs qui la propagent plus loin. Elles nous montrent de plus que cette propagation n'est pas due quelque substance ou quelque bran- lement que les corps extrieurs pourraient seuls com- muniquer, mais un changement d tat qui peut natre de causes internes. Ce changement peut aussi tre produit par des cau- ses externes toutes diffrentes de celles qui l'occasion- nent ordinairement. Un coup sur l'il , le contact de ART. I. SYSTME NERVEUX CONSIDR EN \CTTON. 23 deux mtaux diffrents, dont on place l'un sous la lvre suprieure, Fautre sous la langue, nous font voir un clair, tout comme si la lumire avait vraiment frapp notre il. Gela ne peut s tre fait qu'en tablis- sant dans le nerf optique un changement semblable celui que produit la lumire. D'autres phnomnes fournissent quelques notions de plus sur la nature de ce changement d'tat. Il sem- ble, par exemple, que la facult de sentir se consomme ou s'puise, non seulement en gnral dans un corps fatigu de sensations trop vives et trop soutenues, mais aussi dans chaque organe en particulier. Des sensations faibles ne se font presque pas apercevoir lorsqu'elles succdent ds sensations beaucoup plus fortes. La mme sensation s'affaiblit par la dure , quoique les corps extrieurs qui la causent restent les mmes. Par exemple si , aprs avoir regard fixement le ciel lors du crpuscule, dans un point o quelque corps obscur se projette sur le fond bleu , on dtourne la vue sur une autre partie du ciel, on verra toujours la figure de ce corps obscur; mais elle sera plus clai- re que le reste du ciel. C'est que la partie de la rtine sur laquelle l'ombre tombait sent plus vivement la lumire que le reste de cette membrane, qui tait dj expos la lumire lorsque cette partie-l se reposait. C'est la raison contraire qui fait que les yeux qui ont fix un corps trs lumineux voient pendant quelque temps une tache obscure de mme contour que ce corps, qui les suit partout o ils se portent. Les autres sens prsentent des exemples pareils , mais un peu moins vidents, parce qu'on a l'avantage de comparer ici deux parties d'un mme organe ga- 24 IX' LEOA. CKRYE.MI DES A.MMAUX YEBTBKS lemeut frappes , mais doiU rime lest depuis plus lonp,- lemps que l'autre. Cette exprience montre que les nerfs ne servent pas simplement d'une manire passive dans les sensa- tions; quils ne sont pas seulement les conducteurs d'une matire fournie par les corps extrieurs , ni mme les rservoirs d'une matire qui ne serait qu'- branle par ces corps, mais que la substance qui produit les sensations est sujette se consommer ou perdre de son activit par l'usage. 11 y a des plinomnes qui montrent que la suscep- tibilit gnrale des nerfs pour les sensations peut varier par des causes extrieures aux nerfs eux-mmes , qui ne peuvent gure agir qu'en altrant leur sub- stance. Certains remdes affaiblissent ou raniment cette susceptibilit; une inflammation l'exalte souvent un point excessif ; est-ce en augmentant la scrtion de cette matire nerveuse ? Le changement le plus remar- quable qui arrive dans cette susceptibilit , c'est le som- meil. On est port penser qu'il est d l'puisement momentan de la substance essentiellement sensitive. Mais comment dpend-il jusqu' un certain point de la volont? et comment les rveils arrivent-ils subite- ment , ou par des causes qui ne paraissent point pro- pres faire renatre cette substance? Pourquoi le froid produit-il le sommeil? Cet tat ne serait-il pas plutt, d'aprs ces observations, un changement dans la na- ture chimique de la substance nerveuse? Au reste , qu'une substance quelconque , contenue dan.^ les nerl>> , soit consomme par les sensations , ou qu'elle reoive seulement quelque altration dans son mlange chimique, et soit, pour ainsi dire, neutralise, ART. il. SYSTME NERVEUX CONSIDR EX ACTION. 25 il faut toujours quelle soit retenue dans leuerf tout le long de son cours, sans pouvoir en sortir qu a ses deux extrmits. Elle n'y est pas retenue^ elle ne s'y meut pas comme le sang dans les vaisseaux. Rien ne prouve que les nerfs soient tubuleux (i) ; aucun phnomne n'in- dique qu'ils se vident lorsqu'ils sont coups; d'ailleurs, quels vaisseaux auraient les parois assez compactes pour retenir un fluide aussi subtil que doit l'tre celui-l? Il est bien |)lus vraisemblable qu'elle est retenue dans les nerfs , comme la matii'e lectrique l'est dans les corps lectriques par communication et isols, et que le systme nerveux est son seul conducteur, tandis que toutes les autres parties du corps animal sont pour elle des corps cohibants (a). De quelque manire que se transmette l'action reue ^ il faut , du moins dans les animaux trs levs , qu elle se propage jusqu'au cerveau. Mais quelle est la parue du cerveau qui est particulirement destine en recevoir l'impression? On a perdu dans des blessures de grandes portions de ce viscre, sans prouver d'affaiblissement dans la facult sensitive. ! lorsque les blessures ont p- (i; Les recherches les plus rcentes dmontrent que les nerfs sont tubuleux, et qu'ils contiennent une substance particulire. Mais ces ob- servations anatoniiques n'ont point clairai la question qui s'agite ici , et cette substance nerveuse contenue dans les tubes n'est peut-tre elle- mme que conductrice de la vritable cause d'action du nerf, c'est--dire du principe nerveux. (2) On pourrait peut-tre, en s'appuyant des dcouvertes modernes sur la distribution et la terminaison des filets nerveux, pousser encore plus loin cette comparaison entre les proprits du fluide nerveux et celles du fluide lectrique, et aller jusqu' attribuer la sensation la po- larisation du fluide nerveux par les aj;ents extrieurs, et le mouvement sa neutralisation dans les muscles. 26 IX^ LEON. CERVEAU DES ANIMAUX VERTBBS. ntr plus avant , elles ont caus des douleurs et des convulsions qui altraient trop le rsultat de l'exp- rience ; ces moyens ne sont donc pas propres rsou- dre la question. On a cherch tablir des conjec- tures fondes sur la structure des parties; on a cru que ce sensorium commun devait se trouver dans quel- que partie centrale laquelle on pourrait supposer que tous les nerfs aboutissent. Les uns ont choisi la glande pinale; d'autres le corps calleux; mais ce dernier ne se trouve que dans les mammifres, la glande pinale que dans les animaux vertbrs ; encore n'est-elle pas trs visible dans tous les poissons. Le cervelet est la seule partie de l'encphale qui existe constamment dans tous les animaux : ce titre il avait des droits. Mais M. Sm- mering a pens qu une partie solide n'tait point assez mobile, ni assez promptement altrable pour admettre les impressions des nerfs avec la rapidit que l'on observe en effet. Ayant remarqu en outre que les nerfs paraissent aboutir mdiatement ou immdiate- ment aux parois des ventricules , et que ces ventricules contiennent toujours une certaine quantit d'humeur^ il a prtendu que c'est prcisment cette humeur qui satisfait toutes les conditions du problme , et que c'est elle qui doit tre regarde comme le centre des sensations. L'anatomiste aura rempli sa tche lorsqu'il aura conduit l'branlement nerveux jusqu' son centre , et lorsqu'il sera venu bout d'tablir avec certitude ce que nous n'avons avanc jusqu'ici que comme des conjectures plus ou moins probables. [ Cette tche a t poursuivie avec une infatigable ar- deur depuis la premire publication de cet article; et ART. II. SYSTME NERVEUX CONSIDERE EN ACTION, 27 si la solution du problme n'a pas t entirement ob- tenue , on peut dire qu'au moins l'on a dcouvert quel- ques unes des lois qui y conduisent. Il est certain, aujourd'hui, que la masse nerveuse centrale n'est pas partout uniformment charge des mmes fonctions; mais qu'au contraire ses diff- rentes parties ont chacune une action propre ou sp- ciale. Ainsi, il yen aune qui reoit et transmet exclusi- vement les impressions sensitives : ce sont les cordons postrieurs de la moelle pinire et de la moelle al- longe; une autre qui excite exclusivement la contrac- tion musculaire : ce sont les cordons antrieurs ; dans une autre partie sont perues les impressions sensitives, et sigent la mmoire, le jugement, la volont: ce sont les lobes ou hmisphres crbraux ; une qua- trime partie est exclusivement charge de rgler les mouvements de locomotion , et de les coordonner de manire faire accomplir aux organes Faction prescrite par la volont : c'est le cervelet. On peut , sans compromettre immdiatement la vie , abolir s- parment, par la section ou l'ablation de la substance crbrale, l'une ou l'autre de ces facults; priver un animal, soit du mouvement, soit de la sensibilit, soit de la volont , soit de l'quilibre de ses mouvements ; et on les abolit d'autant plus compltement qu'on se rapproche davantage du haut de la moelle allonge , vers l'endroit o les tubercules quadrijumeaux lui adhrent. C'est l que cesse la facult de produire des irritations sur le systme musculaire; que s'arrte la sensation des excitations portes sur le systme nerveux ; c'est l au moins que doivent arriver les sensations pour tre perues , c'est de l au 28 IX* LEON. CERVEAU DES ANIMAUX VERTBRS. moins que doivent partir les ordres de la volont (i). Mais ce n'est pas tout , et il y a entre ces diverses parties, charges chacune d'une action spciale , une autre diffrence, quant la direction selon laquelle cette action a lieu , c'est--dire que tantt cette action s'exerce sur les organes situs du mme ct que la partie agissante du systme nerveux, et tantt sur le ct oppos; c'est ce qu'on appelle dans le premier cas action directe j dans le second, action, croise }x centre nerveux. Dans la moelle pinire , Faction est directe ; dans la partie antrieure de la moelle allon- ge, dans le cervelet, et dans les hmisphres, l'action est croise. ] Mais comment, l'instant mme du changement arriv dans le sytme nerveux, par l'action d'une sen- sation , se forme-t-il en nous une ide , une image dont nous avons la conscience? Gomment ces ides s'accumuent-elles dans notre mmoire? Comment pou- vons-nous les reproduire par notre imagination , les combiner par notre jugement, en tirer des conclusions, en abstraire les points communs? Les effets de l'habi- tude, ceux de l'attention : ce sont l les objets que la mtaphysique peut tablir historiquement , mais que la physiologie ne peut expliquer. Cependant la physiologie nous montre qu'il y a un certain ordre de mouvements corporels qui correspond (i) Voyez, pour ce qui concerne la iTioelle piniie, les travaux des exprimentateurs depuis Charles Bell; et pour l'encphale, les observa- tions de M. Flourens dans ses Fiecheiches exprimentales sur tes proprits et les fondions du systme nerveux dnns les animaux verthr/'S^ in-8 , Paris, 18 fi. ART. II. SiST3IE INKllVEUX CO?;SIDi: E!N ACT50N. 29 exactement ces mouvements, ces combinaisons d'ides. Une mditation trop prolon[]^e produit dans le cerveau un sentiment de fatigue; certains tats ma- ladifs changent Tordre natnrcl des ides, en snppri- ment ou en prsentent sans cesse d'un certain genre , les brouillent, les confondent; Tge les affaiblit; le vin, l'opium, y produisent des changements fort con- sidrables. D'autres aliments ou d'autres remdes y en produisent de moindres, chacun selon son espce et selon la disposition du sujet. D'ailleurs l'imagination et la volont ont des effets physiques sur le corps, qui semblent pour ainsi dire une rpercussion des effets que les changements physiques du corps ont sur elles. Ces effets de la volont et de l'imagination consti- tuent deux autres ordres d'actions animales du systme nerveux. L'ordre qui comprend les mouvements volon- taires a dj t expos dans le premier volume , en traitant de la fibre musculaire. Nous y avons vu qu'il est certain que les nerfs sont l'organe par lequel la vo- lont contracte les muscles, et qu'il est probable que cette contraction a lieu par im changemeiU chimique que Je nerf occasionne dans la fibre. Mais la matire qui produit ce changement est-elle la mme que celle qui noL: donne des sensations, et est-elle transmise par la mme portion du nerf? Gomment, dans certaines ma- ladies , conservons-nous le libre mouvement de nos membres, en y perdant tout sentiment? Gela arrive- t-il par une altration qui n'affecte que l'organe ext- rieur du toucher et non le nerfi' Pourquoi, dans le cauchemar, la forte volont que nous avons d'chapper l'tre imaginaire qui nous oppresse reste-t-elle sans 30 I.X* LEO. CEE VEAU DES ANIMAUX VERTBES. effet, et ne peut-elle mouvoir le moins du monde notre corps? Pourquoi, lorsqu'un nerf est coup et ensuite ressoud, ne rtablit-il que les mouvements et non les sensations ? [A plusieurs de ces questions, toutes galement ob- scures l'poque o elles taient faites , les progrs de la science ont aujourd'iiui donn une rponse. Bien que nous ignorions encore quelle est la matire qui produit le changement chimique que le nerf occasionne dans la fibre, et si elle est la mme que celle qui nous donne des sensations , nous savons du moins que cette matire est transmise par des filets nerveux diffrents , les uns servant exclusivement la sensibilit , les autres au mouvement ; que c'est en raison de l'attribution d'une portion spciale de la moelle pinire chacune de ces fonctions que nous pouvons, dans certaines maladies, conserver le libre mouvement de nos mem- bres, en y perdant tout sentiment, et rciproquement; enfin , que dans ce cas l'altration affecte le centre nerveux, et non pas l'organe extrieur (i). ] Il y a des effets qui tiennent l'imagination , comme le mouvement volontaire tient la volont. Ils se r- duisent presque une augmentation subite de certaines scrtions, ou l'accumulation du sang dans certaines parties; et il faut, avant d'en chercher l'explica- (i)On lisait dans la premire dition : (( Quelques persoines ont pens que les enveloppes des nerfs taient le conducteur de leur force motrice, et leur partie mdullaire celui de leur sensibilit. On pourrait ajouter aux raisons qu'elles en ont donnes que les enveloppes des nerfs commu- niquent avec les ventricules par le moyen des plexus chorodes qui sont des continuations de la pie-mre. Cependant il faut avouer que cette ide est encore trop hypothtique. ART. II. SYSTME KERVEUX CONSIDR EN ACTION. 31 tion , examiner la part que le systme nerveux peut avoir dans les fonctions purement vgtatives de notre corps. Cette part n'est pas douteuse : on sait que Finfluence des nerfs sur les organes vitaux , et de ceux-ci sur les nerfs, est rciproque. Le chagrin, Fexcs dans l'appli- cation de l'esprit , altrent la digestion , diminuent la scrtion du suc gastrique^ celle de la semence; d'un autre ct , un estomac trop charg mousse la sensi- bilit , appelle le sommeil. Si on rpte trop souvent ce genre d'excs, on s'appesantit l'esprit. Une dpense excessive de fluide spermatique dtruit la mmoire , teint l'imagination , rend sensible et craintif l'excs; les remdes propres raviver la facult de penser donnent aussi de l'nergie et de la vigueur aux organes vitaux. Les maladies qui abattent le plus la facult de sentir et de penser font aussi tomber le corps dans un tat d'inertie dont une prompte dissolution est bientt la suite; celles qui exaltent cette facult jusqu' la fureur sont ordinairement accompagnes de cha- leur, d'irritation et d'une augmentation de vitesse dans tous les mouvements vitaux. Si on y fait attention, on verra que la part que les nerfs prennent toutes ces fonctions peut se rduire leur inflnence sur l'irritabilit des artres. C'est en mainte- nant cette irritabilit que les nerfs propagent la circu- lation jusqu'aux dernires extrmits des vaisseaux, et qu'ils entretiennent toutes les scrtions; c'est en l'exal^ tant qu'ils augmentent ces scrtions. Or tous les changements physiques qui ont lieu dans le corps , par suite des images qui occupent notre es- prit, rentrent dans le mme ordre d'action. Dans l'tat 32 IX* LEOIS. CERVEAlj DES AlMMAUX VEKTBBES. ordinaire, notre me n'a aucun empire sur les organes de la circulation; la volont ne peut en arrter le jeu; mais lorsque des images vives exaltent tout ou partie du systme nerveux , leur influence s tend jusqu' cette partie des fibres musculaires qui prsident la circulation : ainsi Fespoir d'un vnement trs dsir fait palpiter le cur; des ides voluptueuses portent le sang dans les cellules des corps caverneux et produi- sent Frection; la colre, la honte, leportent la peau du visage , d'o il est repousse ensuite par la raction des vaisseaux : c'est pourquoi ces passions font rougir et plir; une (erreur subite augmente sur-le-champ la scrtion des sucs intestinaux et cause une diarrhe ; l'aspect d'un bon repas fait jaillir la salive d'un affam; il lui suffit mme d'en entendre parler, pour que Veau lui en vienne la bouche ^ comme il suffit un homme dlicat d'entendre parler de choses dgotantes pour que son estomac se soulve. La tristesse et la joie, portes l'excs , augmentent tellement la scrtion des larmes , qu'elles ne peuvent s'couler par les points lacrymaux, et qu'elles tombent sur la joue. Dans d'autres circonstances, Faction de Fimagina- tion ne sort pas du systme nerveux. Elle se borne produire des sensations dans certaines parties du corps, indpendamment de toute impression extrieure; la crainte, Fesprance qui en est toujours mle, produi- sent une sensation singulire dans la rgion prcor- diale. Cette sensation ;, qui a lieu sans doute dans les plexus de cette rgion, est d'ordinaire le prcurseur du relchement de ventre qu'excitent les nerfs qui sor- tent de ces plexus : comme, par une marche con- traire, Faccumu.lation du sang dans les corps cavcr- ARlf. II. SVSTME ISERVEUX CONSIDR EIV ACTION. 33 neux est le prcurseur Je cette sensation si vive qui est porte son comble l'instant de l'jaculation. Des ef- forts pour se rappeler la mmoire certains tats dou- loureux que Ton a prouvs ramnent quelquefois ces tats eux-mmes. La susceptibilit du systme nerveux, pour tre ainsi gouvern par Fimap^ination , peut varier encore plus que celle pour prouver des sensations extrieures. L'ge de Tindividu , son sexe , sa sant , la manire dont il a t lev corporellement et moralement, Tempire que sa raison a sur son imagination, Ttat momentan de son me, produisent cet gard des diffrences tonnantes, et comparables celles que les maladies, le sommeil, les drogues, etc., peuvent apporter la susceptibilit pour les sensations. Il se manifeste encore dans le systme nerveux cer- tains phnomnes qui dpendent de l'union de divers nerfs entre eux, soit par des cordons qui les unissent, soit par Fintermde du cerveau. Ces phnomnes se nomment sympathies. Us consistent en mouvements involontaires, qui mme ne sont point dus des con- tractions musculaires, ou bien en sensations qui ont lieu dans des endroits diffj-ents de ceux qui sont affec- ts , et cela sans que la volont ni l'imagination y en- trent pour rien , souvent mme sans que nous soyons avertis du vritable endroit affect ou du mouvement qui a lieu. Un exemple de sympathie due l'union des nerfs entre eux est Fternument qui suit les irritations des narines; ceux des nerfs des narines qui viennent de la branche ophthalmique de la cinquime paire tiennent par le moyen du grand sympathique aux nerfs du 3. 3 diaphragme, et c'est par cette voie que l'branlement se conniiuniqne. L'ternument qui a lieu lorsqu'on regarde une vive kimire est d l'union des nerfs ciliaires avec le nerf de la cinquiine paire. L'irrita- tion se communique au nez^ et delaudiaphrag^me (i). Un autre exemple de mme genre consiste dans les grands cbangeinents que les yeux prsentent dans les diverses maladies de l'intrieur du corps. Ces chan- gements, si importants pour le mdecin, sont presque tous dus l'union du nerf grand sympathique avec celui de la cinquime paire, et par lui avec les ci- liaires. Des sympathies ont lieu encore plus frquemment , lorsque diffrentes parties du corps reoivent des bran* ches d'un mme nerf, qui peuvent communiquer l'irritation. Telles sont les larmes qu'excite une odeur forte : elles viennent de ce que le nerf ophthalmique donne en mme temps des branches aux narines et la glande lacrymale. Le vomissement que produit un doigt enfonc dans la gorge est d ce que la huitime paire se distribue au pharynx et l'estomac, etc.. Cette huitime paire ou ce nerf vague, et le grand intercostal ou trisplanchnique sont prcisment les nerfs qui produisent le plus de ces sortes de phno- mnes, parce qu'ils se distribuent un grand nombre de parties , et qu'ils contractent des unions avec beau- (i)J. Millier a conU^st cette explication de> sympathies. Voy. sa Phy- $rologie du /systme nerveu^H , t. i. ART. tt7 ??YSTMH NRVEUi"'CO'^^'^!.biR F.r^ CTIOIV. 35 cdJip d'autres iiris : aussi ont-ils t hortihis s^^rand et moyen sympathique. Pour terminet' ce tableau rapide de l'action du sys- tme nerveux , il faudrait indiquer aussi l'actiouqu les systmes nerveux de deux individits diffrents peuvent exercer l'un sur l'autre. L'abus qu'en ont fait des char- latans, et l'exagration avec laquelle ils nf ont parl, l'ont tellement dcrie, qu'il est presque interdit aux philosophes d'en parler. Il faut avouer qu'il est tr^ difficile, dans les exp- riences qui l'ont pddr objet, de dsfngitf' l'effet de l'imagination de la personne mise en exprience d'avec l'effet physique produit par la personne qui agit sur elle, et le problme se trouve souvent trs compliqu. Cependant les effets obtenus sur des personnes dj safts connaissance avant que l'opration comment, ceux qui ont lieu sur les antres personnes aprs c^^ ropration mme leur a fait perdre connaissance , et ceux que prsentent les animaux, ne permettent gure de douter que la proximit de deux corps anims, dans certaines positions' et avec certains mouvements , n'ait f effet rel, indpendant de toute participation de l'imagination d'une des deux. Il parat assez claire- ment aussi que ces effets sont dus aune communication quelconque qui s'tablit entre leurs systmes nerveux. Il faudrait enfm pouvoir comparer faction du sys- tme nerveux dans les divers ordres d'animaux , comme nous y comparerons sa structure' et sa distribution. Mais cet examen prsente des difficults insurmonta- bles, parce que nous ne pouvons connatre les affec- tions des animaux que par des signes qtiivoques. Les mouvements volontaires et les sensations di- 36 IX* LEOK. CERVEAU DES AKIMAUX \ERTBHS. rectes ont lieu, dans tous les animaux qui ont des nerfs, par les mmes moyens que dans l'homme. Les diff- rences dcuis leurs mouvements dpendent en partie de la mobilit intrinsque de leurs fibres, et en partie de la disposition de leurs muscles et des parties auxquelles ils s'attachent. Nous avons expos ces diffrences dans toute la premire partie de cet ouvrage. Les diffrences dans leurs sensations dpendent du nombre de leurs sens et de la perfection des organes affects chacun d'eux. Les animaux voisins de nous ont le mme nombre de seis que nous. Quelques uns de ces sens sont mme dans certaines espces plus par- faits parla structure de leurs organes, et susceptibles d'impressions plus vives et plus dlicates que les ntres. A mesure que les espces s'loignent de nous, elles perdent en nombre de sens et en perfection de cer- tains organes; mais peut-tre quelques unes d'elles ont- elles aussi des sens dont nous n'avons nulle ide. Nous examinerons spcialement ces objets dans cette seconde partie. Nous ignorons s'il y a des diffrences dans la sensi- bilit intrinsque du systme nerveux des diffrents animaux, c'est--dire si une impression gale, appli- que un organe galement parfait, affecterait tout animal avec la mme force, et il est vident que nous ne pourrons jamais le savoir. Les animaux voisins de nous ont, comme nous, des sensations spontanes; il s'excite eu eux des images, sans que des objets extrieurs aient besoin de les frapper. Les chiens et les perroquets rvent. Nous igno- rons si les espces trs infrieures prouvent quelque diose de semblable. ART. III. SYSTME NERVEUX CONSIDERE EN ACTION. 37 r^s passions produisent dans ies animaux des effets pareils ceux qu'elles produisent chez nous. L'amour se manifeste de la mme manire dans toutes les classes. La terreur lche le ventre aux quadrupdes et aux oi- seaux; la peur les fait trembler; elle rend bien des insectes immobiles : mais les animaux prsentent moins que nous de ces sortes de phnomnes, parce qu'ils ne sont pas matres de leur iip-agination, qu'ils ne peuvent pas la diriger vers certains objets , et se donner des passions factices. Nous ignorons mme s'ils peuvent exalter assez leur imagination pour entrer comme nous en colre, en dsir, en crainte sur de simples ides ou de simples souvenirs, et s'il ne faut pas la prsence relle de l'objet qui cause ces passions pour les exciter en eux. On sait cependant que les animaux voisins de nous, les mammifres et les oiseaux, ont des regrets, et qu'ils manifestent par des signes vidents la tristesse que leur cause l'absence ou la perte d'une compagne , d'un ami ou d'un bienfaiteur, tout comme iis savent leur tmoigner leur attachement par les caresses les plus vives, sans aucun besoin du moment. Ces mmes animaux donnent des preuves multiplies d'une mmoire souvent trs parfaite. Il y en a mme quelques uns qui paraissent montrer un certain degr de jugement. Mais existe-t-il quelque chose de semblable dans les classes infrieures, et surtout dans les dernires? C'est ce que nous ignorerons probablement toujours. Pourquoi, avec tant de ressemblance dans la struc- ture du sysme nerveux, dans le mode de son action, dans ie nombre et la structure des principaux organes extrieurs, y a-t-il une diffrence si norme quant 38 IX* LEON. CERVEAU DES ANIMAUX VEBTBRS. au rsultai total entre rhomme et Fariimai le plus parfait? Cela tient-il une meilleure proportion entre les perfections des org^anes extrieurs, ei^ sorte que l'un remporte moins sur lautre? ou bien Forgane intrieur, dans lequel se passent toutes les oprations interm- diaires entre la sensation reue et le mouvement excut, c'est--dire ror(^ane de la perception, de la mmoire, du jugement, a-t-il des diffrences plus grandes que celles qu'on y remarque? ou bien enfin, la substance dopt ces diverses oprations sont des mo- difications est-elle d'une nature diffrente? Ce ne sont plus l des questions anatomiques. Les sympathies ou les effets qui rsultent des con- nexions des nerfs entre eux , et Finfluence des nerfs sur les fonctions vgtales ou vgtatives, sont soumises aux mmes lois dans les animaux que dans Fhomme. ARTICLE III. COMPARAISON GNRALE DES DIFFRENTS SYSTMES NERVEUX. En comparant ensemble tous les systmes nerveux, on trouve quils n'ont qu'une seule partie commune [c'est une masse plus volumineuse que le reste du sys- tme, place le plus ordinairement sa partie antrieure, et qu'on appelle le cerveau (i). (i) Dans la premire dition, M. Cavier avait compar cette partie commune exclusivement au cervelet; mais depuis lon(^teinps il avait COMPAR. &fvR. DES DIFFRENTS N>STi\tES NERVEUX. 39 Le systme nerveux se prsente d'aiiieurs, eomme on l'a vu dans la premire leon, sons quatre formes principales propres chacun des quatre grands em- branchements du rgne animai (i). Nous ajouterons seulement ici quelques dtails aux caractres gnraux qui en ont t dj donns]. Le cerveau des animaux vertbrs forme toujours une masse compose de plusieurs paires de tuber- cules , et qui se termine en arrire par un long cor- don mdullaire. Ces tubercules prsentent dans les diverses classes beaucoup de varits , que nous expli- querons dans les articles suivants. Dans les animaux sans vertbres , il y a bien aussi des tubercules en avant de la partie correspondante au cerveau; mais ces tubercules sont beaucoup plus petits , et ne tiennent au cerveau que par des filets nerveux et spars. Les filets latraux du cerveau laissent entre eux un grand intervalle , dans leqisel passe Fsophage comme dans un collier. F^a longue production de Fenephale, nomme moelle allonge et pinire ^ reste dans les animaux vertbrs du ct du dos y au-dessus du canal intestinal j elle est enferme dans le canal des vertbres. Les deux faisceaux qui la forment sont intimement unis, et on n'aperoit de trace de leur distinction qu'un sillon lon- gitudinal en avant et en arrire. Dans les animaux non vertbrs, lorsque cette production existe, elle ne se forme qu'au-dessous de l'oesophage par la runion des eiix cordons latraux du cerveau. Ses deux faisceaux (i.) Votyv %. l, jK 3^8. 40 I\* LEON. CERVEAU DES ANIVFAUX VERTBRS. restent ordinairement distincts dans la plus f^rande partie de leur longueur, et ne s unissent que d'espace en espace par le moyen des nuds d'o partent les nerfs ; mais trs souvent aussi cette production n'existe pas. Dans ceux des animaux invertbrs qui n'ont pas de production mdullaire, c'est--dire dans les mollus- ques, les troncs nerveux partis du cerveau se renflent souvent en ganglions, ou se runissent deux ou trois pour former un ganglion commun , et c'est alors de ces ganglions que partent, du moins pour l'ordi- naire, les filets qui se rendent aux parties. Dans les animaux invertbrs qui ont une produc- tion mdullaire double et noueuse, c'est--dire les articuls, les nerfs naissent tous des nuds ou gan- glions de la moelle, ou de quelqu'un des ganglions antrieurs au cerveau. Dans les animaux vertbrs, les nerfs de l'pine naissent de la moelle pinire par deux paquets de filets mdullaires qui se runissent aprs que le paquet postrieur a form un ganglion. Us se sparent ensuite en deux troncs, dont l'antrieur communique avec le nerf grand sympathique pat' un ou deux filets, et il y a encore un ganglion l'endroit de cette runion (i). [Les nerfs de l'encphale ne prsentent point tous une pareille disposition ; la 3^^ la 4% la 6^ et la Y' p^iii'e n'ont qu'un ordre de racines; les nerfs des sens de To- dorat, de la vue et de l'oue paraissent tre dans le mme cas ; mais d'autres, tels que la 5^ paire, ont deux racines, Tune simple et l'autre ganglionnaire. S'- (i) On lisait ici dans la premire dition : Les diffrents tuberctdes COMPAR. GNK. DES DIFFRENTS SYSTMES NERVEUX. 41 Les nerfs des animaux vertbrs prsident des fonc- tions trs diffrentes. Les uns sont exclusivement con- ducteurs de sensation : ce sont ceux qui naissent de la partie suprieure de la moelle, et leur origine se renflent en ganglions; les autres, qui naissent de la par- tie infrieure, sont exclusivement conducteurs d'irrita- , tion pour la fibre musculaire. Il paratrait y avoir dans les animaux articuls , ou du moins dans plusieurs d'en- tre eux , une disposition analogue , c'est--dire une double origine pour les nerfs de la moelle , et une fonction diffrente pour chacune de ces origines. Dans ces animaux , la chane gauglionnaire ventrale serait compose de deux cordons superposs : l'un inf- rieur , auquel appartiendraient exclusivement les gan- glions ; un suprieur plus fin , qui ne serait pas noueux, et qui donnerait seulement au niveau de chaque ganglion des filets nerveux qui se joindraient aux filets ns du ganglion lui-mme. On n'a point ob- serv de double origine aux nerfs des mollusques ; mais dans le bras du poulpe, dou la fois de beaucoup d'agilit et de sensibilit , le cordon nerveux qui le p- ntre se partage en deux parties accoles , l'une lisse , l'autre renfle ou noueuse d'espace en espace. ] (jui forment l'encphale semblent eux-mmes servir de ganglions, du moins plusieurs nerf'* qui en sortent : cela est vident pour le corps cannel, l'gard du nerf olfactif ; pour la couche optique, lgard du nerf du mme nom. Le nerf de la cinquime paire a un tubercule particu- lier, trs marqu dans les poissons. Celui de la huitime parat avoir le sien dans l'cminence olivaire dans les mammifres. Celui de la troisime et celui de la quatrime n'en ont pas de si vidents, moins que les testes ne passent pour tels l'c'gard de ce dernier. On sait que cette manire de considrer le cerveau sert encore de base plusieurs des systmes tablis sur cet organe. 42 IX' LEON. CERVEAJ DES AP^MAIX VERTBRS. Le nerf grand sympathique, qui se trouve con- stamment dans tous les animaux vertbrs , existe- t-ii sparment dans les animaux invertbrs , ou bien faut-il regarder connue tels les deux filets ner- veux qui runissent tous les ganglions , et que nous avons nomms moelle pinire dans les articuls? Alors ces animaux-l n'auraient pas non plus de moelle pinire , et l'absence de cette production mdullaire serait le caractre commun de tous les animaux inver- tbrs. [ Mais il n'y a rien changer la premire dtermina- tion, et il existe aussi dans ces animaux un systme de nerfs particuliers qui se rendent exclusivement aux viscres; que les auteurs qui rcemment les ont fait mieux connatre ont appels nerfs stomato-gastri^ ques ^ et qui, en raison de leur distribution tout-- fait spciale, peuvent tre juste titre assimils au nerf grand sympathique des animaux vertbrs. Nous les dcriroqs dans une des leons suivantes. ] ARTICLE IV. DESCRIPTION DU CERVEAU DE L HOMME. A. Cerveau de V homme ^ vu sa face suprieure, 11 prsente , lorsqu'on a enlev la calotte du crne et la dure mre, un ovale dont la longueur est la largeur peu prs comme 4 3. Cet ovale est un peu plus troit par devant; sa convexit est assez uniforme, et telle que la hauteur est peu prs moiti de la tar- f?eur. AB. l\. DESCIUPTIOIN DU CERVEAU DE /hOMMK. 43 Un siiioii profond, dans lequel entre ia faux, par- tage longitudinalement cet ovale en deux parties peu prs gales qu'on nomme hmisphres. On ne voit point le cervelet cette face suprieure , parce qu'il y est entirement recouvert par le cer- veau. Les sillons sont trs nombreux et trs profonds. Il y en a qui ont jusqu' o"\()'i i de profondeur; ils se con- tournent de cent manires diffrentes. Leurs inter- valles ont la partie visible au-dehors , large d'environ o'",oi , plus ou moins: ces intervalles ont laspect dm paquet de petits boyaux. On les connat sous le nom 4^ iixom'oliitions. En comptant les sillons qui touchent Ja ligne de sparation des deux hmisphres, ou en trouve dix- huit ou vingt ; en comptant dans une direction trans- verse , on en trouve dix ou douze; iT:iais ces nombres dpendent des lignes sur lesquelles on compte. La face par laquelle les hmisphres se regardent est plane : on y vpit des sillons comme leur face con- vexe. Cette face a o",o4 de hauteur. La faux n'tant pas aussi haute ne spare pas entirement ces faces , et les hmisphres s'unissent au-dessous de la faux par ^es vaisseaux et de la cellulosit. En cartant les hmisphres lim de l'autre, on voit qu'il y a au fond du vallon qui les spare une espce de pont de substance mdullaire qui va de l'un l'autre, en s'enfonant sous eux. Il n'occupe pas toute la longueur de ce vallon , mais laisse en avant un espace gal au tiers de sa propre longueur, et en arrire un autre double du premier. Il ne fait donc lui-mme que woiti de ia longueur (les. hmisphres : on voit 44 IX* LEON. CERVEAU DES ANIMAUX TKRTBRS. qu'il se replie sous lui-mme ses deux extrmits. R. Verveau de hointne ^ vu par le ct. Il prsente son contour suprieur une ligne courbe, assez semblable une moiti d'ellipse; mais son con- tour infrieur est trs irrgulier. Il y a d'abord une ligne concave , qui rgne de l'extrmit postrieure en descendant jusqu'au milieu de la longueur totale, qui est aussi le point le plus bas. C'est sous cette ligue con- cave qu'est le cervelet, qui est entirement situ sous le cerveau. Le contour du cervelet , considr ainsi de profil, quivaut peine en aire au huitime de celui du cer- veau. La partie du cerveau situe au-dessus du cervelet est ce qu on nomme le lobe postrieur du cerveau. Cette partie saillante vers le bas, qui termine la ligne concavedontnousvenonsdeparler, est ce qu'on nomme le lobe moyen. Cette lione se recourbe en avant: et aprs y avoir continu a tre convexe , se termine par un sillon profond dirig en arrire , qui se dessine sur la face latrale du cerveau , et qui achve de dis- tinguer le lobe moyen de Tantrieur. Celui-ci occupe, en avant de ce sillon , peu prs un quart de la lon- gueur totale du cerveau; mais en dessus, et vers la ligne moyenne , il se prolonge en arrire au ct in- terne du lobe moyen , jusqu' l'enfoncement o est la glande pitui taire. Cette face latrale du cerveau prsente des sillons aussi nombreux et aussi irrguliers que la face sup- rieure. [Quand on soulve les deux bords du sillon qui s- pare les loi)es antrieur et moyer?, on voit qu'ils re- AUX. IV. DESCHIPTIO^ DU CERVEAU DE l'hOxMxME. 45 couvrent, comme deux lvres, une portion du cerveau plus profonde, marque de sillons rayonnants de bas en haut , et laquelle Keil a donn le nom Ule ou diinsula. ] G. Ceivenu de homme , %ni par sa hase. Il prsente quatre minences ou monticules qui cor- respondent aux fosses de la base du crne. L'un de ces monticules est situe en arrire, et comprend la face infrieure du cervelet , la moelle allonge et le pont de Varole. Les deux monticules latraux et interm- diaires forment ce que Ion nomme les lobes moyens du cerveau : ie monticule antrieur comprend ce que Ion appelle les lobes antrieurs. Entre ces quatre monticules est un endroit trs en- fonc, qui contient l'entonnoir, les tubercules mamil- laires et l'origine des nerfs optiques, et au-dessus du- quel, dans cette position renverse, se voit la glande pituitaire. Le monticule postrieur est un ovale irrguiier dont le diamtre transverse est au longitudinal peu prs comme 4 ^i 3. Cet ovale est fortement chancr en ar*- rire, caiise de la division du cervelet ; en avant, au contraire, le pont de Varole forme une saillie arrondie vers l'enfoncement du milieu de la base du crne. Les deux lobes du ceivelet ont leur contour ext- rieur arrondi, leur surface mdiocrement convexe, assez gale , n'ayant que deux minences remarqua- bles, savoir : une arrondie de chaque ct, un peu en dehors et en arrire de l'endroit o ie pont de Varole s'enfonce dans ia substance; et une autre plus grande et ovale la partie antrieure de la ligne par laquelle 46 IX' LEOrs. CEBVEAU DES ANIMAUX VERTEBRES. les deux lobes du cervelet se touchent. Tonte leur surface est marque de sillons peu profonds et assez r(>uiirement parallles, environ une ligne de dis- tance. Leur direction est presque parallle au bord des lobes . except vers l'antrieur, qu'ils coupent obliquement. \jdi protubrance annulaire y ou \e pont de f-^arole , reprsente une espce de croissant. Son bord antrieur est convexe et presque demi-circulaire; son bord pos- trieur est concave. Sa surface prsente une substance mdullaire , dont les fibres sont parallles entre elles et aux deux bords; elles se rapprochent en dehors pour former les deux cornes de cette espce de croissant , lesquelles s'enfon- cent dans le cervelet sous ou plutt sur sa petite mi- nence arrondie. Gette protubrance annulaire corres- pond la fosse basilaire de l'os occipital; sa plus grande largeur est double de sa longueur. La moelle allonge se montre immdiatement der- rire le pont de Varole, qui a Fair de lui avoir form une sorte de collier, et de Tavoir comme treinte. Sa base est plus large , et elle se rtrcit par degrs , de manire reprsenter une espce de bulbe. On voit un sillon longitudinal dans son milieu, et un autre vers chacun de ses cts. En dedans du sillon latral est une lgre minence ovale , que l'on nomme olivare. Entre t'minence olivaire et le sillon du milieu sont les fibres longitudinales, que ion appelle minences pyramidales. [Mais, en ouvrant doucement le sillon, on voit qu' dix lignes environ du pont de Varole, il est interrompu dans un espace de deux ou trois lignes de long. lia les fibres de Tminence pyramidale d'un ART. W. DESClllPTiOlV Ll CERVKAU DE l'hOMMS. 4/ ct formeiil trois ou quatre filets, qui se croisent par-dessus le sillon avec les filets opposs, comme le feraient les brins d'une natte.] Il y a un petit creux triangulaire entre les bases des minences pyrami- dales et le bord postrieur du pont de Yarole. Un autre enfoncement transverse se fait aussi remarquer entre les minences olivaires, et les spare de ce mme bord. Les fibres de la portion de la moelle allonge, qui est situe en dehors de chaque minence olivaire, se diri- gent obliquement en dehors et en avant. Les deux monticules latraux ou les lobes moyens du cerveau ont un contour peu prs triangulaire; ils prsentent des sillons irrguliers, comme tout le reste de la surface du cerveau. [Cependant il faut remar- quer, au bord interne de ces monticules , une cir- convolution constante, allonge d'avant en arrire, adhrente par sa base la masse centrale du cerveau, et spare par un sillon profond du reste des circon- volutions du lobe moyen, qui la dbordent. Elle est dsigne sous le nom de saillie en crochet de la tubro- sit temporale , ou sous celui de lobule d hippocampe. Nous verrons cette poition du lobe moyen prendre dans les mammifres un grand dveloppement.] Les monticules latraux sont spars de Fantrieur par un sillon nomm scissure de Si/lvius ^ et dans lequel est reu le bord postrieur des petites ailes du sphnode. [En dedans de ce sillon, entre le point d'insertion de la circonvolution la plus interne du lobe moyen, celui des circonvolutions du lobe antrieur, et en dehors de l'entrecroisement des nerfs optiques , on voit une sur- face lisse, blanche, perce de trous vasculaires nom- breux, dont quelques uns sont trs rapprochs \e.)!' uns 48 ixe LEON. CERVEAU DES ANIMALX VERTBRS. des autres , la faon criin crible. Cette rgion est d- signe par Vicq-d'Azyr sous le nom de rgion onde quadrilatre perfor. ] Tout ce qui est au-devant des deux monticules lat- raux appartient aux lobes antrieurs du cerveau. Ils sont beaucoup moins convexes et moins saillants; ils prsentent galement des sillons irrguliers, et les nerfs olfactifs sont couchs sur eux dans cette position renverse paralllement la ligne moyenne qui les spare. Pour distinguer ce qui se trouve dans renfoncement situ entre ces quatre monticules, il faut presser le cervelet et le pont de Varole en arrire, et les lobes moyens sur les cts: alors on aperoit \es jambes du cerveau, qui sont deux cylindres mdullaires qui pa- raissent Toeil tre la continuation de la moelle allon- ge aprs son passage sur le pont de Varole. Ils se tou- chent par leur bord interne, et se dirigent en avant , en se portant un peu en dehors, o ils s'enfoncent, chacun de son ct , dans la masse du cerveau , entre ses lobes antrieurs et moyens. Il sont l, croiss chacun par un des nerfs optiques qui sortent de ce mme enfonce- ment, et se dirigent en avant et obliquement en dedans pour venir s'unir dans la ligne moyenne. Il reste entre les jambes du cerveau et les nerfs optiques un espace en losange, la partie moyenne duquel on voit deux tubercules blancs arrondis, appels tnamillaires, [L'es- pace intercept en arrire entre ces tubercules et les jambes s'appelle \ espace cendr perfor-^ le reste, en avant, est occup par un cne de substance cendre nomme \ entonnoir c)^\ adhre par une lamelle fibreuse l'union des nerfs optiques , se prolonge en une tige ABT. IV. DESCRIPTION DU CKIWEAU DE l'hOMiUG. 49 mince et se terniiiie clans la glande pituitcu're, [xlite masse arrondie, cVnn (jris rongetre, maintenue dans la selle tnrciqne par des replis de la dure-mre. ] D. Dveloppement du ceiveau. Pour bien connatre les parties intrieures dn cer- veau , il faut couper ses jambes immdiatement au-de- vant du cervelet et du pont de Varole : on voit alors que le cerveau proprement dit ne tient au reste de l'encphale que par un croissant d'environ o,o3 de lar- geur, qui forme prcisment la coupe des jambes du cerveau, et qui occupe peu prs le milieu de la face infrieure du cerveau ainsi spar. Sur son bord suprieur est une solution de conti- nuit qui est la coupe de l'aqueduc de Sylvius, dont nous parlerons par la suite; et en cartant un peu les jambes du cerveau qui est au-dessus, on voit qu'il y a sur cet aqueduc une espce de pont mdullaire, dont la face suprieure prsente quatre minences arrondies, que l'on nomme les tubercules quadri jumeaux . Les suprieurs et antrieurs, nomms nates , sont un peu plus grands et de forme ovale. Les infrieurs et postrieurs, nomms testes ^ sont arrondis et un peu plus petits; mais ils se prolongent obliquement au ct externe des nates. A l'endroit o ce prolongement vient rencontrer la racine du nerf optique qui, comme nous l'avons dit en dcrivant la base du cerveau , contouine la jambe en remontant obliquement en arrire, on remai'que une autre petite iDinence qui pourrait tre rqjarde comme appartenant une troisime paire de tuber- 3. 4 50 IX^ LEON. CERVEAU D]iS ANIMAUX VEKTBKBS. cules (i). [C'est le corps ^euouill interne.^ Entre les testes , en arrire , est un petit frein triangulaire gri- stre , assez dur. Le nerf optique, un peu avant d'tre remont jus- qu' l'minence latrale du testis ^ s'iargit, se partage par un petit sillon en deux parties, dont la plus ext- rieure, aprs avoir form an petit tubercule ovale [qui est le corps genouill exteime^^ semble s'panouir sur la partie postrieure d'une grosse minence ap- pele couche optique. Les deux couches optiques reprsentent ensemble par leur face suprieure, qui est cache sous le cer- veau, un espace triangulaire chancr par derrire. ( C'est dans cette chancrure que sont les tubercules quadrijumeaux, ) Les cts de cet espace sont bombs , le milieu en est enfonc longitudinalement ; et lors- qu'on carte l'une de l'autre les deux couches optiques, on voit qu'il y a entre elles une solution de continuit qui porte le nom de troisime ventricule. Cette solu- tion de continuit n'est pas complte; il passe d'une de ses faces l'autre une production de substance pul- peuse presque fluide , appele la commissure molle des couches optiques. Ce ventricule communique par Xaqueduc de Syl- vius^ qui passe sous les tubeicules quadrijumeaux, avec un autre qui est sous le cervelet, et qu'on nomme quatrime ventricule. La partie antrieure du troisime s'enfonce entre les tubercules mamillaires et l'union des nerfs optiques, (i) VJcq-d'Azyr, pi. XVl, n" 54- ART.! IV. DESCRJPIOJN DU i^EKVEAU DE 1/ HOMME. 51 pour y former celte espce crentoiiQoir de siibstauce pulpeuse , appel iafaiidibalum , dont nous avons parl. Les bords suprieurs de ce troisime ventricule sont marqus chacun d\me ligne blanche , qui se prolonge en arrire pour former le pdoncule de la glande pi- nale ^ petit Corps ovale, cendr, suspendu au-dessus des tubercules quadrijumeaux. Cette mme ligne blanche se prolonge en avant vers le bas, et se re- courbe subitement pour s'unir un gros cordon m- dullaire qui forme Tune des moitis du pilier antrieur de la vote. Un peu en avant de cet endroit est une poutre mdullaire transverse qui passe d'un ct du cerveau l'autre , et qui se nomme la cominissure antrieure ix cerveau. Il y a une autre commissure presque semblable sur rentre de l'aqueduc d Sylvius, et sous les pdon- cules del glande pinale; on Fa appele commissure postrieure. L'entre de Taqueduc a t appele Vcuius. Entre la commissure antrieure et Funion des nerfs optiques est un espace qui n'est ferm que par la mem- brane pie-mre , et par une couche trs mince de cette substance pulpeuse qui revt tout l'intrieur du troi- sime ventricule : on Fa nomm la vulve. En dehors et en avant des couches optiques, sont deux autres monticules galement cachs sous le cer- veau , que l'on nomme corps cannels ou stris , cause de leur texture interne, que nous dcrirons ailleurs. Ces corps cannels sont larges en avant , et s'y rap- prochent de la ligne moyenne; ils se rtrcissent ea arrire, et s'y cartent Fun de l'autre pour faire place 5-2 J\*^ LECOiN. CERVEAU DES AMMAUX VERTBBS. aux conciles optiques ; ils se terminent par une queue qui suit exactement le contour de la couche optique et de la racine du nerF du mme nom , et ils se terminent en dessous par un petit largissement obtus, en sorte Cjue chaque corps cannel reprsente un fer--cheval, dont Tune des branches serait beaucoup plus (grosse que l'autre. Dans la position naturelle du cerveau, ce fer- -cheval est plac de champ, de manire que la grosse branche est en haut, et un peu plus en avant et en dedans qiie l'autre. Dans le sillon qui spare le corps cannel de la cou- che optique , du mme ct, est un ruban de substance mdullaire qui suit le mme contour, et que l'on nomme bail delette semi- circulaire. Toute la partie du cerveau proprement dit qui est visible Fextrieur est en quelque sorte un appendice des corps cannels, mais un appendice qui les surpasse infiniment en volume dans l'homme. Cette masse de chaque hmisphre tient tout le bord externe des corps cannels ;[ elle en sort en plusieurs couches membraneuses distinctes, et suivant des lois que nous exposerons plus loin ; mais on peut ne la considrer pour un moment que comme une couche membra- neuse unique , afin de saisir l'ensemble de son trajet. ] Aprs s'tre porte en bas et en dehors, elle se re- courbe en haut et en dedans pour s'adossera celle du ct oppos et s'imir au corps calleux. La portion de cette masse qui tient la queue recourbe du corps cannel forme ce que Ton nomme le lobe moyeu. La partie postrieure ^^ hmisphres et du corps calleux lui-mme se reploie en dessous, et leur repli pntre sous eux, en recouvrant les tubercules quadri^ ABT. IV. DESCRIPTION IMI CKRVEAII DK L'nOlMMn. 53 jumeaux et les couches optiques : il arrive aiusi, en se rtrcissant toujours, jusques au-dessus de la commis- sure aulrieure du cerveau, o ii se termine par deux cordons mdullaires qui pntrent dans la substance de ciaque couche optique : ce reph porte le nom de vote (i trois piliers. En arrire, il est uni immdiate- ment la lace infrieure du corps calleux; en avant, cette union se fait par deux lames de substance mdul- laire qui forment une cloison trs mince, nomme le septiun lucidnm. Les bords de la vote se prolon.oent en arrire en s'cartant Fuu de l'autre, de manire former un lrian{>le membraneux, [maqu de quelques sti'ies qui lui oui fait donner le nom de hjre\ ils des- cendent dans riiitrieur du lobe moyen en suivant peu prs la mme courbure que les queues des corps cannels. Derrire chacun de ces bords est un renlle- ment de la largeur du doigt qui suit encore la ume courbure , et que l'on nomme corne cV Ammon ou pied de cheval marin. Sous ce mme bord est une bande- lette p;risatre et serpentante, et comme festonne, qne l'on nomme le corps frange. La surface infrieure de la vote ])rsente une ou deux stries longitudinales sous son milieu et en devant. En arrire, se voient les fibres Iransverses qui sont la suite de celles du corps calleux. Les diffrents replis dont les hmisphres sont composs ne s'unissent point l'un l'autre par leur face interne, ils intercej)- tent une grande cavit dans chacjue hmisphre : ces deux cavits se nomment les ventricules antrieurs du cerveau. Ellis peuvent tre compares, par la forme , la lettre J^inajeure italique couche ^'-s. La vote de leur l)ranche supri<^ure est foi'ni(^ par le corps cal- 54 X*^ LEON. CERVEAU DES ANIMAUX VERTBRS. leux , et son plancher par ie corps cannel. La branche descendante contient la queue du corps cannel en devant , et la corne d'Ammon en arrire. L'angle de runion de ces deux branches pntre en arrire dans la portion de l'hmisphre qui est au-dessus du cerve- let, et y forme un cul-de-sac qui se contourne en dedans, appel cauit digitale, A sa face interne est une petite minence nomme ergot, [La vote et le ventricule latral ne tiennent pas, comme on le voit, directement aux couches optiques; la V ote les recouvre cause de la grande tendue des expansions des corps cannels Mais si l'on supposait par la pense ceux-ci spars des couches optiques par un pdicule, les premiers entianeraient avec eux, sans rien changer aux rapports essentiels des par- ties , toute la masse des lobes crbraux. Cette consid- ration est importante pour bien concevoir le cerveau des oiseaux et des reptiles. Les couches optiques ne sont donc encore qu'un ren- flement intermdiaire entre la moelle pinire et les hmisphres proprement dits. Mais comment la moelle arrive-t-elle travers le noyau crbral jusqu' la partie antrieure du systme nerveux? Dans quel ordre en sort-elle sous la forme d'appendices du corps cannel? Suivant fjuelles lois ces appendices se plissent-ils en cir- convolutions? Ces questions et beaucoup d'autres sont aujourd'hui l'objet des efforts de tous les anatomistes; mais leur solution rencontre des difficults presque insurmontables dans rentrelacement et dans l'adh- rence des parties, et dans la ncessit de les sparer par le moyen de sections ou de tractions qui, entamant ART. IV. DESCRIPTION DU CERVEAU DE l'hOMME. 55 la substance crbrale , laissent toujou's beaucoup Je place au doute sur le rsultat. Nous ne toucherons que quelques uns des points les mieux tablis , ou ceux qui, en mme temps qu'ils donnent une ide plus complte de Fensemble du cerveau de riiomme , doi^ vent faciliter la connaissance de celui des autres mam- mifres. Les cordons antrieurs de la moelle allonge s'entre- croisent, non seulement l'origine des petits faisceaux des pyramides, mais dans tout leur trajet jusqu' la sortie du pont de Varole, de faon que les fibres du cordon droit passent dacs le gauche , et rciproque- ment. Ces cordons se renflent une premire fois par un mlange de matire grise dans le pont de Varole, puis ils se sparent; mais en sortant de la protub- rance, ils reoivent le fort trousseau fibreux, connu sous le uoYie pj'ocessus cerebelU ad testes , et qui est sans doute le prolongement des cordons postiieui's de la moelle, aprs que ceux-ci ont contribu la forma- tion du cervelet. Ainsi accrues, les jambes du cerveau se renflent une auti'c fois par un nouveau mlange de matire grise pour former les couches optiques; puis une troisime fois pour former les corps cannels. C'est dans le noyau central rsultant de ces renfle- ments que les fibres nerveuses se mlent, s'entrelacent , et composent bientt ce merveilleux tissu, o des fibres, qui en y entrant ne nous avaient montr que des fa- cults sensitives et motrices, les changent coiitre cette tonnante proprit d'tre le sige de la mmoire , du jugement et de la volont. tudions maintenant comment ces fibres se coin- 56 I\^ LKON. CF.RVlv\I! DES AI\MA[IX VF.KTBRS. portent en sortant dn noyau central pour l'envelopper et former les hmisphres (i). Ce noyau central ne se montre lihrenieat en dehors que dans un espace trs circonscrit , la face infrieure du cerveau, entre les lohes antrieurs et moyens, pr- cisment dans la partie dsi[jne sous le nom dW- jj ace perfor [p^. C'est du contour de cet espace que partent une partie dcsfihres; une autre partie sort plus haut du ])ord externe du corps cannel, vers le point o s arrtent les fibres rayonnantes de Xinsula (3). Enfin la face suprieure du noyau ne produit pas de fibres; elle est i^ecouverte par les hmi>phres , et contenue dans le ventricule. Les fibres nerveuses peuvent tre considres comme sortant du noyau central sous forme de membranes, et sous forme d'anses ou de cordons. Les anses semblent destines, soit brider les faisceaux de fibres avant leur expansion, comme la bandelette demi-circulaire, soit les rassembler la faon d'une lisire aprs leur ex- pansion en njembranes, comme celle qui forme tout le bord lilire de la vote. Elles runissent leurs extr- mits vers l'espace perfor, et embrassent le noyau crbral d'avant en arrire et en dehors; les mem- branes fbn.'uses , de grandeurs trs diffrentes et con- (i) On doit rnniiultcr pour plus de (L-velopppuienfs sur ce point tl'ana- toiuie les reclicrclies tis injrf'nieuses de M. Foville sur le terveaii de riiomme. ( Trait complet de l'anntomie^ de la physiolocjie et de lapatlw- logie du systme nerveux crbro-spinal, \ vol. in-8 , |844?='^'<^^ atlas in-4. ) Nos !>lj3ervatioi;s sur le t-erveau des aninuuiv le> ont o()nhrrn('es pour nous sur plusieurs points. (2) Foville, ouv. rit., .'ulas, pi. i8 cl >(). (3) llrm, pi. 7, 1 G. 17, 19. AKT. IV. DESCRIPTION DU CER\IAU DE L'riOMME. 57 stitiiant par lcm\s replis la masse des hmisphres, eiiveloppeiil ce noyau latralement et en dessus. Une des anses les plus importantes connatre est celle qui, ne comme les prcdentes de la rpion perfore, suit en-dessus le contour du corps calleux, qu'elle touche sans y adhrer. Elle semble tre aussi la lisire dune couche fibreuse superficielle qui, rejoi- gnant, vers le bord postrieur du corps calleux, la couche profonde qui forme la vote , s'unit et s'enroule avec celle-ci , pom^ former dans le ventricule ce qu'on nommait autrefois assez justement le bourrelet, roul [\). De la face externe du noyau crbral s'panouissent les couches membraneuses qui l'enveloppent. Tout-- fait en bas, prs de la rp^ion perfore, rayonnent comme un ventail les libres qui constituent Yinsula ; plus haut, vers le sommet de Vi/isuJa^ sort presque hoi'izontalement une grande couche membraneuse (2), qui fournit une partie des circonvolutions suprieures et latrales; plus profondment monte, en partie cache par la prcdente , la couche paisse de fibres qui va rejoindre celle du ct oppos pour former le corps calleux. Mais cette couche avant sa runion fournit de chacune de ses faces une couche secondaire: Tune, sup- rieure, pour une partie des circonvolutions , l'autre, infrieure ou profonde, pour le septum et la vote. Ainsi la uiasse de chaque hmisphre, dans sa con- ception la plus simple , serait l'extrmit du pdoncule crbral coiffe par ses fibres recourbes , et panouies (1) M. Foville C()in|K)fo 'aiise . 2. 58 IX*^ LEON. CERVEAU DES ANIMAUX \EETBRS. en plusieurs membranes ou feuiilets, dont les uns , pro- pres chaque ct, formeraient les plis de la surface, et dont les autres , s'entrecroisant avec celles du ct oppos, formeraieat les commissures des deux parties du cerveau. On comprend qu' mesure que quelques uns de ces feuillets perdront de leur paisseur ou de leur tendue, ou mme disparatront tout--fait, on aura les hmi- sphres de plus en plus simples des mammifres et des oiseaux. Mais remarque-t-on quelque loi constante dans le plissement qui se fait la surface du cerveau ? En s'aidant de la grande diffrence de profondeur des sillons qui sparent les circonvolutions, on peut tablir entre elles quelques divisions principales et con- stantes. Il faut d'abord reconnatre une premire circonvolution fondamentale , qui commence et finit au quadrilatre perfor, en suivant d'avant en arrire, au fond de la scissure mdiane, d abord le contour du corps calleux, puis celui de la grande fente crbrale. Nous la dsignerons, avec plusieurs anatomistes, sous le nom de circonvolution du corps calleux (i). Si l'on caite ensuite avec soin les circonvolutions sur la face latrale des hmisphres, on peut suivre bientt, la grande profondeur de son sillon , une circonvolution qui , ne peu prs des mmes points que la circonvo- lution du corps calleux , contourne la scissure de Syl- vius, en s tendant plus ou moins sur les lobes antrieur et postrieur. Nous l'appellerons circonvolution Syl- vie une. (i) M. Foville l'appelle l circonvolution de \ ourlet. ART. IV. DESCRIPTION DU CERVEAU DE l'hOMME. 69 Si maintenant on carte les circonvolutions la face interne ou mdiane des hmisphres, on trouve galement deux scissures plus profondes. L'une se voit en arrire, au niveau de Fextrmit du corps calleux; elle descend vers la grande fente crhrale , et spare une circonvolution qui forme en partie le lobe post- rieur, et qui s'unit en dedans avec la circonvolution du corps calleux, tandis que sur la face externe de l'hmi- sphre, elle s'unit par quelques replis secondaires avec la circonvolution sylvienne. L'autre scissure de la face interne des hmisphres est plus en avant, de faon que la circonvolution du corps calleux vient , entre ces deux scissures , se montrer au bord suprieur de l'h- misphre (i). Ce dernier sillon marche en avant paral- llement au corps calleux, et spare en dessus une cir- convolution qui, aprs avoir contribu former le lobe antrieur, s'unit en avant celle du corps calleux , et en dehors la circonvolution sylvienne. La dernire circonvolution que nous venons d( dcrire parat tre, plus que les prcdentes, une dpendance de la cir- convolution du corps calleux, et tenir dans l'homme au plus grand dveloppement de ses lobes antrieurs. Le sillon qui la limite est moins profond : aussi est-elle moins constante , et disparat-elle frquemment dans les animaux. Nous appellerons les deux dernires cir- convolutions , Tune la circonvolution postro-sup^ rieure ^ et l'autre la circonvolution antrieure. Quand on a suivi avec soin ces grands replis princi- (i) Vicq-d'Azyr et Rolande ont fait remarquer cette disposition. M, Foville a fidlement reprsent ces scissures plus profondes dans la figure 1 de sa planche 8. 60 I\'= LT-ON. CERVEAU DES AMMATIK VERTBRS. paiix des hiiiispljres, on voit en premier lieu qu'ils se rattachent l'im rauti'o,soit prs de leur ori^}ine com- nume, soit dans le cours de leur trajet, par de petits replis de communication 5 et en second lieu, que ces p^rands replis forment des replis secondaires qui, eux- mmes, forment des sillons superficiels. T^'ingalit de profondeur des sillons permettrait donc d'y distin(>uer plusieurs classes; en effet, tandis que nous avons trouv le sillon entre la circonvolution sylvienne et la postro- suj)rieure ayant 0,027 de profondeur, les sillons se- condaires forms par les plis de la circonvolution syl- vienne ne nous or^t donn que o,0'io , d'autres enfin, moins profonds encore, 0,012, 0,008, etc. Cette divi- sion des circonvolutions, qui, dans le cerveau de l'homme , raison de leur volume et de leur amplitude, est difficile saisir, deviendra bien plus manifeste dans le cerveau des mammifres (1). ] Les deux ventricules des hmisphres ne sont s- pars fim de l'autre dans leur partie antrieure qne par le seplwn Jucidiun^ et ils communiqueraient l'un avec l'autre sous hi vote sans une production de la pie- mre, qne nous dcrirons dans la suite sous le nom de plexus chorode, et qui ne leur laisse de communica- tion qu'un petit trou prs du pilier antrieur appel trou de Wlonro. C'est par ce mme endroit qu'ils com- muniquent avec le troisime ventricule, et par lui avec (1; MM. L(,Miret {Anai. camp, du ayst. nerv., in-8" avec atlas in-fol., 1839) (4 Fovilie ont (lou!i(' ciiacim (les circonvolutions ccrchrales une classification qui ne nous a pas senl)lc conciliahle ilans toutes ses parues avec ce fju'on ol)serve (ians les animaux. * ART. iV. DESCRIPTION DU CKRVKAU \)K l'hO^IME. 01 le quatrime; en sorte que ces quatre cavits n'en font proprement parler, qu'une seule. 11 y en a une cinquime entre les deux lames du septuni lucidum^ mais qui n'a point de communica- tion rextrieur : c'est le cinquime ventricule. Le cervelet tient au reste de Fencpiiale par deux troncs mdullaires, l'un droite et l'autre gauche, qui semblent prendre racine dans son intrieur pour entrecroiser leurs fibres avec celles de la moelle al- longe. Les fibres du plan infrieur de chacun de ces troncs se continuent pour former le pont de Varole, et pour s'unir ensemble sur la ligne moyenne. Celles du plan suprieur forment un faisceau plus mince, qui se dirige vers les minences testes, et qui est joint au faisceau, du ct oppos, par une lame trs mince de substance mdullaire , appele valvule du ceiveau. Le bord postrieur de cette valvule s'unit la masse du cervelet. Le cervelet ne touche point la partie suprieure de la moelle allonge; mais il est plac sur elle comme un pont. La solution de continuit qui existe entre eux se nomme le quatrime ventricule. Cette cavit commnnique avec le troisime par l'a- queduc de Sylvuis. Sur le fond de ce ventricule est une empreinte angulaire, womvyxe plume crire, [L'extrmit de ce ventricule occupe la face suprieure del moelle allonge. Les deux cordons postrieurs de la moelle pinire, jusque l accols, s cartent pour former les bords de \3. plume crire et prennent le nom de corps resti formes. Ils vont s'enfoncei' dans le cervcieL Un petit cordon fibreux , qui sort du sillon de la moelle, bord(- le cor|)s estiloraie prcisment 62 IX* LEON. CERVEAU DES ANIMAUX VERTEBRES. la pointe du calamiis, et qui s'y renfle en un petit ma- melon, a reu le nom de pyramide postrieure. Dans l'espace triangulaire que limitent les faisceaux de la moelle , on distingue quelques stries blanches transver- sales qui semblent aller au nerf auditif. ] Le cervelet lui-mme est divis en trois parties : deux latrales beaucoup plus grandes, appeles Ses lobes ; et une moyenne beaucoup plus petite, cache dans le sillon qui spare les deux autres , qu'on nomme protu- brance veriniforme, E. Coupes du cerveau. On peut faire dans la masse du cerveau plusieurs coupes propres en faire connatre la structure : les unes se font dans le sens vertical; d'autres dans le sens horizontal et oblique. 1** Coupes verticales. La plus essentielle des coupes verticales est celle qui partage le cerveau en deux parties gales, -en laissant les deux hmisphres intacts , ainsi que les corps can- nels et les couches optiques , et en coupant par le mi- lieu le corps calleux, la votite, les trois commissures, la glande pinale, les tubercules quadrijumeaux, le cervelet, le pont de Varole et la moelle allonge. Cette coupe montre, i** que le corps calleux a une courbe presque parallle celle de la vote du crne; qu'il se reploie en avant et en arrire sous loi-mme; oP que la vote est une continuation de son repli pos- trieur; 3*^ que \e septuii lucidum est un espace trian- gulaire renferm entre le corps calleux , son repli an- trieur et ia vote; 4" que la commissure antrieure , ART. IV. DESCEIPTIO?^ DU CERVEAU DE l'hOMME. 63 rurtioii des nerfs optiques et le tubercule mammillaire font ensemble un triangle peu prs quilatral. Cette coupe montre bien aussi le grand vide du milieu du crne, qui commence en avant l'entonnoir, puis forme le troisime ventricule, Faqueduc de Sylvius et le quatrime ventricule. La coupe de ce dernier est triangulaire; celle de Faqueduc est longue et troite; celle du troisime ventricule peu prs demi-circu- laire, et sa partie qui descend vers 1 entonnoir presque carre. La partie coupe de la moelle allonge et du pont de Varole montre des fibres croises, plus ou moins remarquables. On en voit quelquefois un fais- ceau qui vient des environs du quatrime ventricule , et se recourbe pour donner naissance la troisime paire de nerfs. La coupe du cervelet montre des linaments mdul- laires qui reprsentent un arbre cinq branches prin- cipales, subdivises deux fois de suite en branches plus petites : on 1 appelle r^/'^ de vie. Toutes les coupes pa- rallles celles-l, mais plus sur le ct, prsentent la mme figure. En pntrant dans cette coupe verticale , et en s'ap- prochant toujours du ct extrieur, on dcouvre plu- sieurs choses remarquables : i'' que le pdoncule du pi- lier antrieur de la vote s'enfonce dans la substance de la couche optique pour se terminer au tubercule mamillaire; 2 que de ce mme tubercule part un autre faisceau mdullaire qui remonte galement dans la substance de la couche optique jusque vers sa face su- prieure ; 3 que les fibres des jambes du cerveau se continuent au travers de la couche optique jusque dans le corps cannel, et au travers du pont de Varole jus- 64 IX"' LEON. CEKVEAU DES ANIMAUX VERTBRES. que dans la moelle allonge ; 4 qiie rminence olivaire prsente clans son intrieur un linament gristre qui en fait tout le tour en serpentant. Comme ce linament se montre de quelque manire quel on coupe l'minence, on voit qu elle doit contenir un corps dont la surface est trs ingale et enduite d'unecouche mince de substance grise dont les coupes forment ces linaments. 2 Coupes horizontales. Les coupes horizontales peuvent commencer par la face suprieure ou par l'infrieure. Lorsque Ton coupe suprieurement les deux hmi- sphres au niveau du corps calleux, on dcouvre le plus grand espace mdullaire qui puisse tre dmontr dans le cerveau : il n'y a alors que les bords o Ton voie de la substance grise ; tout le reste est blanc, et porte le nom de centre ovale de Vieiissens Si Ton pntre plus bas, les deux ventricules ant- rieurs se dcouvrent aussitt. On voit de cette manire que leurs cornes antrieures sont rapproches lune de l'autre, tandis que les postrieures s'cartent. En enlevant tout--fait le corps calleux, on met dcouvert la vote trois piliers, et Ion voit bien sa forme triangulaire; on pntre aussi dans le cinquime ventricule, en cartant les deux cloisons qui forment le sepluni lucidum. Coupant alors le pilier antrieur de la vote , et rejetant la vote elle-mme en arrire, on met entirement dcouvert la face suprieure des couches o})tiques, l'ouverture du troisime ventricule, les trois commissures et les trois tubercules quadri- jumeaux; l'ccil peut mme plonger jusque dans lV/^~ Jundilnikun. ARf. IV. Di:6CUlPT10A DL LKiiVEAL' i>E l'hOMME. 65 Eo faisant clc iiouveiles coupes plus profondes , ou voit que Tintrieur des corps cannels est rempli de stries blanches qui semblent venir des couches opti- ques^ et par elles des jambes du cerveau. Ce sont ces stries blanches , spares par des stries cendres , qui leur ont valu le nom de corps cannels ou stris. En pntrant davantage encore, on voit que la com- missure antrieure du cerveau se prolonge de chaque ct dans la substance des couches optiques , sous forme d'un trait blanc assez semblable un arc tirer des flches. La commissure postrieure se perd presque aussitt aprs avoir pntr dans la substance des cou- ches optiques. Les corps ou tubercules quadrijumeaux coups ho- rizontalement prsentent une substance gristre et peu prs uniforme. Les coupes horizontales du cervelet montrent des lignes blanches dont la direction est de droite gau- che, et qui sont prcisment les mmes dont les coupes verticales forment Farbre de vie. Les coupes horizontales de la moelle allonge et du pont de Varole montrent les mmes directions de fibres que nous avons dj dcrites. Celles des jambes du cerveau prsentent dans- leur intrieur une tache d'un brun noirtre. Par des coupes horizontales faites la face inf- rieure, on peut mettre dcouveit plusieurs choses in- tressantes. Premirement , le repli postrieur du corps calleux qui forme en dessous un gros bourrelet en ar- rire de la vote proprement dite ; deuximement, les deux corps frangs qui partent chacun de lune des extrmits de ce bourrelet, et se portent sous les piliers 3. 5 6G IX'' LIi(;o?v. 'V.KKVEAU DES ANIMAUX VERTBBS. postrieurs de la vote, dont ils suivent exactement la courbure; troisimement, la coupe des jambes du cer- veau, dans laquelle on voit la tache noire qui forme dans ce sens une espce de demi-cercle ; quatrime- ment, de cette manire on montre en situation la face infrieure de la vote et la lyre; enfin, en enlevant la Vote , oti met dcouvert la face infrieure du corps calleux, c'est--dire le plafond des ventricules sup- rieurs, la partie moyenne duquel tient le septum lu- cdum par les deux lames qui le forment. F. D enveloppement du cerveau dans le ftus, [Dans les diffrents priodes de la vie du ftus, le cerveau est loin d tre semblable ce que nous venons de le voir dans l'adulte. Il importe de l'tudier som- mairement sous ce rapport. Lorsque le centre nerveux commence tre accessible nos instruments , c'est-- dire vers la septime semaine , on trouve dans le rachis et le crne : une petite tige mdullaire qui reprsente la moelle , puis deux lamelles latrales, rudiments du cer- velet; deux autres lamelles, rudiments des tubercules quadrijumeaux ; deux minences , qui sont les couches optiques; deux autres minences, qui sont les corps cannels , puis enfin tout Fextimit deux produc- tions membraneuses qui deviendront les hmisphres. Un canal ouvert en arrire dans tout son trajet rgne de l'extrmit de la moelle la partie antrieure du cerveau. De la neuvime la onzime semaine , les hmi- sphres demeurent trs petits, et ne recouvrent encore ni les couches optique^, ni les tubercules quadriju- ART. IV. UEbCHlPTON DU CELWiUU DE l/ HOMME. 07 111 eau X , qui sont reiativenieut plus volumineux. lies iiniisphres sont peine runis en avant par un petit rudiment de corps calleux, A quatre mois , les hmisphres se sont accrus et recouvrent les couches optiques; le corps calleux et la vote sont forms ; les lames latrales qui reprsen- taient le cervelet et les tubercules quadrijumeaux se sont soudes sur ia ligne mdiane; le cervelet est encore trs petit et lisse, mais la protubrance annulaire pa- rat, les tubercules quadrijumeaux sont creux, le canal de la moelle et du cerveau, en se fermant sur diffrents points de son trajet, constitue les divers ventricules; le ventricule latral se continue en avant avec la cavit du nerf olfactif. A cinq et six mois, se montrent successivement la division du cervelet en lobes latraux, et leur subdi- vision en lobules par des sillons nombreux; les hmi- sphres prennent un volume prpondrant, et com- mencent recouvrir les tubercules auadriiumeaux; ils sont encore lisses; les tubercules quadrijumeaux ne sont encore qu'agi nombre de deux, spars par un sillon lonoitudical; leur cavit diminue notablement par Fpaississement de leurs parois ; enhn , partir du septime mois, le cerveau prend pt^u peu la forme qu'il doit conserver : les hmisphres dpassent le cer- velet en arrire , les circonvolutions apparaissent , un sillon transversal partage en une double paire les tu- bercules quadrijumeaux; leur cavit s'oblltie, ainsi que le canal de la moelle et le conduit de communi- cation du nerf olfactif avec le ventricule latral. Le cerveau de l'homme montre donc, dans le cour^ de son dveloppemeii et d'une faron transitoire : un H 1X'= S.liO?,. CJ'1*EAU I>ES AJNIMALX VlvllTJKKS. canal central de ia moelle pinire, un ventricule dans ses tnbercnles quadrijumeaux , une communication entre le nerf olfactif et le ventricule latral, une seule paire de tubercules quadrijumeaux, des hmisphres qui ne recouvrent point les couches optiques, les tuber- cules quadrijumeaux et le cervelet ;, toutes choses que nous allons retrouver, combines diversement et per- manentes, dans les centres nerveux de plusieurs classes d'animaux. Mais il faut se garder de conclure de ces faits que le cerveau de l'homme passe successivement , et mesure de son dveloppement, par la forme du cerveau des poissons , des reptiles , des oiseaux et des mammi- fres infrieurs; tous les priodes de son dveloppe- ment , le cerveau de riiomme ne cesse pas d'avoir ses caractres particuliers; il offre, comme nous venons de le dire, certaines ressemblances de dtail, tantt avec les uns, tantt avec les autres, mais en mme temps il a toujours un ensemble qui lui est propre, et qui ne constitue aucun moment donn le cerveau dme autre classe d'animaux. ] G. De r origine des nerfs, [Les nerfs qui sortent du cerveau, la base du crne, ne prennent pas toujours leur origine de la partie mme du cerveau d'o ils se dtachent; et il est diffi- cile, pour (juelques uns d'entre eux, de poursuivre leurs racines du lieu de leur origine apparente celui de leur ori.oine relle. *j Cependant les uns, qui sont: la portion ganglionnaire du trijumeau , le giosso-pliaiyngien et le pneumo- gastrique, naissent manifestement de la continuation ART. IV. DESCRIPTION D, CRRSE\L DE l'hOMME, 69 du cordon postrieur de la moelle pinire; d'autres, qui sont: le moteur oculaire commun, le moteur ocu- laire externe, le spinal et le grand hypoglosse, naissent clairement de la continuation du cordon antrieur et latral. La mme origine appartient sans doute aussi au pathtique, la petite branche du trijumeau et au facial, mais elle est plus vidente dans les animaux que dans l'homme. Les fonctions de ces nerfs suivent la loi de leur origine : les uns sont des nerfs de la sensi- bilit, les autres des nerfs du mouvement. Quant aux nerfs de sensation spciale, qui sont : l'ol- factif, loptique et l'auditif, ils ont chacun dans leur structure quelque chose de particulier; leurs relations avec les faisceaux de la moelle ne sont pas aussi appa- rentes, et quelques anatomistes les regardent comme tant avec les hmisphres en connexion plus intime et plus directe que les autres nerfs. ] 1*^ Du nerf olfactif. Le nerf olfactif est couch sous les lobes antrieurs du cerveau dansain sillon voisin et parallle la ligne moyenne. Il est en prisme triangulaire. L'extrmit antrieure, qui appuie sur la lame cri- bleuse de l'os ethmoide , est de substance grise [et cette substance se continue surtout la face profonde du nerf, jusqu' une petite minence pyramidale gristre place sa base, que Ton ne voit bien qu'en soulevant le nerf, et que depuis Smmering on appelle sa racine grise]. Le reste de la longueur du nerf est blanc; sa base s'largir et se divise en trois racines marques par autant de tiiets blancs qui se perdent dans la substance grise du cerveau. Tj'une, extrieure, se porte en de- 70 X* LEO?;. CEP.YEAU DES ANIMAUX YF-RTBRS. lior.> jusque dans la scissure de Sylviiis , o elle se perd rextrmit du lobule d'hippocampe; la deuxime, intrieure , remonte la face interne de l'hmisphre jusque vers le corps calleux [et communique, selon quelques auteurs, avec l'a commissure antrieure]; la troisime, moyenne, est beaucoup plus courte que les deux autres^ et manque mme quelquefois. i s"* Du nerf optique. Le nerf optique semble prendre naissance par des fibres qui se voient la partie suprieure des couches du mme nom [mais ces fibres ne font seulement que les coiffer, et elles se rassemblent en un ruban qui vient s'unira la paire antrieure des tubercules quadriju- meaux (i) , qu'il faut regarder comme le principal point d'origine du nerf optique]. Ce nerf descend en dehors, en entourant les jambes du cerveau , dont il est spar par son bord interne, mais en s'y unissant par le bord externe. [Il rencontre dans ce trajet les deux corps ge- nouills ; lexterne semble le partager en deux branches ingales, dont la postrieure, plus petite, peut quel- quefois tre suivie jusqu' la paire postrieure des tuber- cules quadrijumeaux.] il se rapproche enfin del ligne moyenne au-devant de l'entonnoir, o il s'unit intime- ment son correspondant, de manire que ni l'il ni le scalpel ne peuvent discerner s'ils se croisent ou s'ils ne font que se runir. Aprs ce point de runion , ils s'car- tent de nouveau pour sortir du crne par les trous optiques. La portion qui est en avant de leur runion (i) Cuvier, Rapport sur le mmoire de G ail et Spurzheim^ p. 3o , ef ART. IV. DESCRIPTION DU CERVEAU DE l'kOMME. 71 est cylindrique. [Ce cbiasma des nerfs optiques est uni en arrire par une lamelle de substance grise au tuber- cule cendr de l'entonnoir, et en avant il reoit aussi des filets que lui envoie la lame cendre qui ferme le ventricule moyen. ] 3 Du nerf oculo'inusculaire , ou moteur oculaire commun. Ce nerf nat peu prs du milieu de la jambe du cerveau, un peu en avant w pont de Varole ; mais on peut suivre son origine dans Fintrieur de cette jambe. [ Il touche Fespace cendr perfor intercept entre les deux pdoncules du cerveau et les tubercules mamillaires. Ses racines sont ranges sur une ligne qui suit presque la direction des pdoncules , et les post- rieures sont les plus longues. On peut en suivre la plus grande partie jusque sous le pont de Varole; il en nat une partie autour de la tache noire des pdoncules (i).] On a cru mal propos que ce nerf se rendait au tu- bercule mamillaire. Il se porte un peu sur le ct pour sortir du crne par la fente sphno-orbitaire, aprs avoir travers Fpaisseur de la dure-mre. 4 Du nerf pathtique. 11 nat par quelques filets derrire les minences testes au ct du petit frein. On voit derrire lui , sur la valvule du cerveau, quelques fibres blanches, dont les unes vont gagner le pont de Varole, et dont les au- tres ont une direction plus ou moins divergente avec les premires. Ces fibres paraissent quelquefois contri (t) Caivier, rapport cit. ^/t/fmj dessins infli|tSi, 72 IX LEON. CFHYEAU DFS A?nrArX YF.RTBRKS. biier sa luniuitioi]. [Suivant queiques auteurs, les racines du pathtique sont en rapport avec un faisceau fibreux du cordon antrieur de la moelle, oui, en sor- tant du pont de Varole , se recourbe en haut et en de- dans sous les tubercules qnadrijumeanx (i). Nous ver- rons que cette disposition est dn moins vidente dans certains animaux. ] Ce nerf se glisse entre le lobe moyen du cerveau et la partie adjacente du pont de Varole et de la jambe; et aprs avoir parcouru un fort long trajet, il sort du crne par la fente sphno-orbitaire derrire les apophyses clinodes postrieures. ^ Des nerfs trijumeaux. Le nerf de la cinquime paire vient de la partie de la jambe du cervelet qui forme le pont de Varole, trs prs de sa sortie hors du cervelet. [ On y distingue deux faisceaux de volume trs diffrent: l'un, considrable _, et que l'on suit sous une partie du pont en arrire, jus- que entre les minences olivaires et les corps resti- formes, avec lesquels il semble se confondre (9,). Un autre petit faisceau , situ en haut, en arrire du prc- dent, ne peut gure tre suivi au-del de son point d'origine , et nat sans doute de la portion w cordon antrieur de la moelle, qui passe en dedans de lui.] Le nerf trijumeau est trs mou son origine, mais il devient bientt fort dur, et se divise en une multi- tude de filets disposs en un ruban aplati, qui passe ()) Voy. Tiedemaniij Anat. du cerv. , tra(\. fr. , p. loi. Lon.f;et, Anat. et physiol. au .iyst. nerv. , in-8", t. II, p. 392. (2) Cuvier, rnpp. rit. /r/p7)i , f]f<;sins in'fHt8. ART. V. DSCRTPTfON DU CERVEAU DE L'hOMME. 73 sur une dpression du rocljer. (Je ruban se partage en trois faisceaux qui ont valu ce nerf le nom qu'il porte de trijumeau ou trifacial, et qui eux-mmes portent le nom de nerf ophtbaliMique , maxillaire sup- rieur et maxillaire infrieur. [ f^es deux premiers r- sultent de lentrelacement des fibres fournies par le jTos faisceau d'origine , et qui ont form un renfle- ment gris-jauntre , appel ganglion semi-lunaire ou ganglion de Casser. Le troisime, qui est la continua- tion du petit faisceau d'origine , s'accole au ganglion sans lui donner ni en recevoir de filet. La premire branche sort du crne par la fente spbnodale; la deuxime par le trou grand rond; la troisime, par le trou ovale. ] &" Du nerf abducteur ou moteur oculaire externe, La sixime paire de nerfs commence sur le bord ^ postrieur du pont de Varole par quelques filets qui viennent du sillon (jui spare le pont d'avec les mi- nences pyramidales. Quelques uns des filets paraissent venir du pont lui-mme; ces nerfs se portent directe- ment sous le pont de Varole , en avant vers la pointe du rocher, o ils pntrent dans les sinus caverneux pour se porter ensuite dans l'orbite, comme nous l'indi- querons. 7 Du nei'f facial, ou de la portion dure de la sep- time paire. 11 tire son origine du sillon qui spare le pont de Va- role de la moelle allonge, un peu plus en dehors que les minences olivaires [ et dans un enfoncement que Vicq-d'Azyr appelle /ay.?^ r/. tracA. anat. VindnVnn, t779i Jn-8", p. i i8,tab. HT. ABT. IV. DESGRTPTON DU CERVEAU DE L'hOMME. 75 f>oiittire dont il est creus. Il se rend dans l'intrieur de l'oreille, o nous suivrons sa distribution l'article du sens de Foue. [Le nerf auditif est ^Gnralement reconnu aujourdhui comme formant une paire dis- tincte, la huitime ().] g'* Des nerfs glosso-phanjngieji, vague et spinal^ vulgairement nomms nerfs de la huitime paire , Le nerf glosso-pharyngien et le vague naissent dans le sillon qui borne extrieurement rminence olivaire [ et sur une ligne que l'on peut regarder comme la con- tinuation de celle sur laquelle naissent le long de la moelle les racines postrieures de ses nerfs ]. Le glosso- pharyngien est plus antrieur, et est form par trois, quatre ou cinq filets [qui se runissent bientt en deux faisceaux d'ingale grosseur, pour s'engager isolment dans un petit canal de la dure-mre]. Le nerf vague est form par un nombre beaucoup plus considrable de filets qui occupent tout le reste du sillon. [ On l'ap- pelle aujourd'hui avec plus de prcision nerf pneumo- gastrique. ] Le spinal vient de plusieurs filets qui naissent de la moelle de l'pine sur ses cts, en descendant jusqu'aux racines des quatrime, cinquime, sixime et quelque- (i) M. Flomens {Ouv.cit., p. 492) pense que le nerf acoustique se com- pose lui-mme de deux nerfs distincts, le nerf du limaon et le neif des canaux semi-circulaires. Le premier serait le ve'ritable nerf auditif dont nous venons de dcrire l'origine; l'autre, qui formerait une paire nou- velle, natrait par trois racines, du pont de Varole, des pe'doncules cre'- braux et des corps restiformes. M. Flourens annonce la publication d- taille de ces faits dans un ouvrage qu'il prpare sur la structule du Cfirveau, 76 IX* I.ECON. CERVEAU DES ANIMATIK VERTEBRES. fois septime paires cervicaies. [ Les fibres sortent de la moelle entre les racines postrieures et le ligament den- tel, et appartiennent la portion latrale du cordon antrieur. Le nerf, grossi par ses racines successives, remonte dans le crne] se rapproche du nerf vague, et sort avec lui et le glosso-pharyngien par le trou dchir postrieur. [Ces trois nerfs ont t longtemps dcrits comme les trois divisions d'une mme paire, la huitime de Willis. Aujourd'hui, dans la classification numrique gnrale ment adopte, ils forment trois paires distinctes, savoir: le glosso-pharyngien, la neuvime paire; le vague ou pneumo-gastrique, la dixime, et le spinal ou V accessoire de TVillis^ la onzime. ] 1 0* Du ne? f grand hypoglosse. Ce nerf, qui forme la douzime paire, quoiqu'il soit nomm vulgairement la neuvime, prend naissance sur la moelle allonge, un peu au-dessous et entre les minences olivaires et pyramidales, par un grand nombre de filets grles formant une sorte de cercle. Ces filets se runissent bientt en deux ou trois fais- ceaux qui se portent vers le trou unique ou double qui traverse Tos occipital au-devant de son condyle. ARTICLE V. DU CERVEAU DES MAMMIFRES. Le cerveau des mammifres contient absolument les mmes parUes que le cerveau de Thomme, dispo- ses peu prs dans le mme ordre; mais il varie par ART. V. CERVEAU DEs MAMMlFliRKS. 77 ses proportions avec le reste du corps, par ses propor- tions avec le cervelet et la moelle allonge , par sa forme gnrale, par ses circonvolutions, par son dve- loppement intrieur, enfin par les diffrences que pr- sentent la base et Torigine des nerfs. 1" Proportion de la masse du cerveau avec le reste du corps. Il est trs difficile, pour ne pas dire impossible, d tablir cette proportion d'une manire comparative, parce que le poids du cerveau reste peu prs Je mme pendant que celui du corps varie considrable- ment, et qiielquefois du simple au double, selon qu'il est plus maigre ou plus gras : c'est ainsi que cette pro- portion a t indique dans le chat, comme i 1 56 par un auteur, et comme i 82 par un autre dans le chien, comme 1 3o5, et comme 1 47, etc. Voici cependant une table de ces proportions re- cueillies de diffrents auteurs et de nos propres obser- vations. On verra que, toutes choses gales, les petits animaux ont le cerveau plus grand proportion ; que Fhomme n'est surpass que par un petit nombre d'ani- maux, tous maigres et peu charnus, comme les mulots, les petits oiseaux , etc. ; que , parmi les mammifres, les rongeurs ont assez gnralement le plus grand cerveau, et les pachydermes le plus petit; que les animaux sang froid Font normment plus petit que ceux sang chaud, etc. Jlomnio, . . , I : 22, 1 : 20, I ' 3o, 1 : 35. Selon qu'il est jeune ou vieux. QUADiU MAM.3. Gibbon, .,,,,,,,... J : -i^. 78 IX'' LEON. CEKVEAU DES ANIMAUX VEETBRS. Samiii Sa .....,.,k... Ouistiti. Coata . , . , , , . Malbrouck jeune Callitriclie et Patas , Mone Mangabey, Macaque Magot . Papion . . ,, Mococo jeune, Vari. . , CARNASSIERS. Noctule. Taupe. . Hrisson, Ours Chien, i : 47, i : 5o, i : Sy, i : i54, i : i6i, Kenafcl Loup. , Chat. . Panthre Marte. . Furet. . l: 82, I : 94, MARSUPIAUX. Dasyure oursin . Woinbat . Kanjjuroo ge'ant RONGEURS. Castor Livre . , Lapin ......... i : 140, Lapin de quatre jours . . , i : 3, i : 35, Ondatra Rat Surmulot , . . , Souris, Mulot 22. 25. 28. 4i. 24. 41. 44. 48. 96. io5. 104. 61. 84. (^6. 36. 168. 265. 3o5. 2o5. 23o. i56. 247. 365. i38. 520. 614. 800. 290. 228. l52. 52. 124. 76. i3o. 43. 3i. ART. V. CEE VEAU DES MAMMIFERES. 79 EDENTKS. Ornithorhynque. Eehidn soyeux . PACHYDERMES. Elphant f Sanglier, Cochons, < Verrat i:5i2, f de Siam Cheval ne Dauphin Marsouin RUMINANTS, Cerf Chevreuil jeune Brebis * . . . . i : 35i, Boeuf. Veau CETACKS, . 1 : 25 , ! : 36, 1 : 66, i3o. 5o. 5oo. 672. 412, 4oo, 254. 290, 94. 192. 860. 219. 102. 93 (l). (i) Pour ne pas revenir ;i cet objet dans les articles o nous traiterons du cerveau des autres classes, nous jajoutons ici une table de la propor- tion du cerveau au reste du corps dans quehjues oiseaux, reptiles et ser- pents; elle est prise en partie de Haller [en partie de M. Leuret], et en partie de nos propres observations. OISEAUX. Ai^>!e . . . Faucon , Merle . . . Alouette. . Msange tte bleue Msange nonette Moineau , Serin , Tarin Pinon , Chardonneret . 160. 102. 68. 56. 12. 16. 25. i4- a3. 2J. 80 iX" LiCOiN. CERVEAU DE6 A.MMAUv SEiVTBRES. 2 Proportion du cerveau avec le cervelet et la moelle allonge. Il est facile crobteuir avec justesse la proportion du poids du cerveau avec celui du cervelet, parce qu'au Linotte . . Roujje-gorge Pie temelle Geai, Pie mle Choucas Perruche. Perroquet Pigeon . Coq. Autruche Vanneau Pluvier , Canard, Oie . Sarcelle , Tortue tle terre , Tortue tle mer Sixard vert . . Couleuvre collier Grenouille . . Salamandre. . REPTILES. l'OISSOiSS, Ri:quln , Chien de mer (squale-roussette) Thon Brochet Carpe Silure-glanib ..* Anguille . 24. 32. 37. 28. 44. 48. 28. 45. 25. 1200 70. 122. 20 / 36o. 74. 2240. 5688. 160. 792- 172. 38o. 24q6. .344. 17440. i3o5. 5 60. 1887. 366. ART. V. CERVEAU DES MA3MIFBES. Si Cime variation dans la sant, ia graisse des indi- vidus , etc. , ne peut avoir d'influence ici. Cette proportion est plus considrable dans rhomme que dans presque tous les autres mammifres, ainsi qu'on le verra par la table ci-jointe. Les rongeurs sont ceux qui ont le cervelet le plus grand , proportion du cerveau. Dans J'homme, le cervelet est au cerveau comme i : q. Samiri l : l4- Sa 1:6. Magot 1:7. Papion I : y, Mone. 1:8. Chien 1:8. Chat 1:6. Taupe i:4 Castor. 1:3. Rat I : 3 i. Souris I : 2. Livre. i:6. Sanglier 1:7. Buf. , . , I : g. Mouton I : 5. Cheval 1:7. Dauphin 1:5. La proportion du cerveau avec la moelle allonge s'estime par la mesure de leurs diamtres. M. Sm- mering et M. Ebel ont fait voir que cette proportion est plus l'avantage du cerveau dans l'homme que dans tous les autres animaux, et qu'elle est un trs bon in- dicateur de la perfection de l'intelligence, parce que c'est le meilleur indice de la prminence que l'organe de la rflexion conserve sur ceux des sens extrieurs. Cependant il v a aussi fjueques pxeeptions coile ;]. 6 82 IX* LEOiS. CEKrKAl] ^ES AISMAt^X VRRTBES. rgle : le dauphin en est une preuve remarquable. Voici un tabieau des proportions entre la largeur de la nioeile allonge sa base, et la plus grande largeur du cerveau dans quelques animaux. Dans l'homiTie, la largeur de la moelle allonge, aprs le pont de Varole , est celle du cerveau comme 1:7, Dans le singe bonnet chinois. . , i : 4* Dans le macaque queue courte, .1:5. Ciien 6:11. ou, 3:8. Chat ^ : II, Lapin 3:8. ou. . I : 3. Cochon 5 : 7, Blier. 5 : y. Cerf. 2:5. Chevreuil i : 3. Buf. 5 : i3. Veau 2:5. Cheval, 8:21. Dauphin i : i3 (i). [Nous ajouterons ce tableau les espces suivantes:] Orang-outang , comme. . . . . I . 6. Patas . . 3 : 1 1. Maimon. . . . i3 58. Magot . . i5 : 57. Hamadryas . . 17 64. Mandrill . . 18 : 65. (i ) Nous ajouterons ici un tahleau de la proportion de ces mmes parties dans quelques oiseaux. Faucon. . . . i3 34. Chouette. . 14 35. Canard. . 10 : 27. Dindon. . . '. . . 4 II. Moineau. , 7 18. ART.. V. CKRVEAU DES MAMMIFERES. Sd {^orge blanclic. . . . l4 : 49- Mai'ikina ... 9 : 25. Maki vari ... 3 : 8. Ours d'Amrique. . . . . . 2 7- Coati ... 5 : l3. Fouine , ... 7 : 17. Loutre . . . i5 49- Genette commune. . . . . i5 : 3l Mangouste du Cap. ... 9 : 25. Hyne raye . 23 : 58. Lionne jeune . . . lo : 29. Cougouar ... 23 : 62. Lynx . , . 20 : 53. Tigre royal. . . . i3 : 38. Phoque. ... 27 : 73. Sarigue . . . II : l8. Kanguroo gant. . . . . . 1 1 : 24. Marmotte , . . i5 : 29. Caproniys . . . i3 : 24. Rat d'eau ... 3 7- Castor ... 3 8. Porc -pie ... 8 : 21. Agouti ... 5 I I. Paca . 20 : 43. Sanglier . . . l3 : 32. Pcari. . . . 19 : 49- Daman . . . 2 : 5. Gazelle . . . 22 : 57. Daim . . . . 18 : 73. Lifma . . . 29 : 69. Chameau. ... 39 : 101. 8S 30 Fon?e gnrale. a. Ce/veau. Les diffrences dans la forme gnrale du cerveau dpendent principalement du plus ou moins de volume et de dveloppement de ces deux appendices des corps cannels, que nous nommons les hmispbreh. Ces parties sont plus paisses en tous sens dansTlioninu} 84 IX' LEON. CERVEAU DES ANIMAUX VEETEBES. que dans aucun antre animal. C'est ce qui produit ia rondeur de son cerveau ( i). J.es singes commencent lavoir plus aplati. Leurs hmisphres se prolongent aussi , en arrire, comme dans l'homme, pour y former les lobes postrieurs qui posent sur le cervelet; mais dans tous les autres mammifres, commencer par les carnassiers, non seulement les hmisphres sont minces, et par con- q lient le sillon qui les spare peu profond et le cer- veau aplati en dessus, mais encore les lobes moyens sont beaucoup moins bombs vers le bas, et les pos- trieurs n'existent point du tout. Le cervelet se voit dcouvert en arrire du cerveau. [Cette sor?e de dnudation du cervelet na pas lieu cependant d'une faon pro^jressive mesure que l'on s'loigne de l'homme. Les variations , cet gard, sont considrables d'un genre l'autre. Ainsi, parmi les quacirumanes, les ouislit/s ont le cervelet aussi l'ecou- vert que dans les singes ^ mais les makis manquent en- tirement de lobe postrieur, et ils laissent voir en arrire la plus grande partie du cervelet. Cela est moins marqu dans le galago. Mmes diffrences dans les carnivores; le cervelet est presque entirement recouvert par les hmisphres (i) [Voici un tableau des trois principales mesures des lobes cere- Jbrnux de plusieurs espces. La hautesar a t prise de la pointe de la tu- l>rosit emporale la surface du cerveau, i'endroit o cette hauteur est ia plus grande. La lanceur est c'galeinen prise au point o !c dia- njfre transverse est le plus grand. Il f.uulrait, pour qu'on put se faire MDO ide cornplleiient exacte du volume des hmisphres, qu'on et aussi leur moindre hauteur et leur moindre laigeur, puisque le plus fr- quemment ili perdent de leur paiseur et de leur largeur en avant. Mai ABT. V. CEUYEAi; DES MAMMIFERES. S5 dans le phoque et la loutre; il ne l'est qu'en parlie dans le coati., \di fouine^ la man<^oiisLe ^ la hjeiie ^ le faute (l'un point de repre constant, nous n'avons pu prendre ces me- sures : Cran} jeune. Patas. . Caiiitrich^ . Mil caque. . Mago. Hiimadryas. , Mand.ill . . S a {T[orge blan Marikina. . Maki va ri . Ours d'Amrique Coati brun. Fouine . Loutre . Manf^ouste du Gap IJyue raye. . Lionne jeune, . Cou,;;oaar. . Lynx. . . . Ti{i;re royal. , Pho(|ue commun Sarigue Kanguioo gant Marmotte. CapromyS. Castor. . Porc-|iir. Ar^ouii. . Sanglier. Pecaii. . Daman , . , El(diant d'Afr. Gazelle . Ceif. . . . Daim. . s,ar.ia, Cil a m eau. Dauphin. ^^ lie non (Il LONGUEUR de?; hmisphres. te. m. 0,095 0,072 o,o65 0,066 0,065 0,080 0,067 0,034 0,042 0,087 o,o5o 0,04 o 0,057 o,o32 o, 0,097 LAr.GEUR (les hmisphres. m. 0,090 o,o55 o,o5o o,o55 0,057 0,064 o,o65 0,049 0,025 0,040 0,090 0,039 o,o/)4 o,o5i 0,025 o,n58 o,o58 0,062 o o53 0,760 0,090 0,018 0,048 0,029 0,024 0,048 0,042 o,o33 0,064 0.049 0,025 0,240 0,057 0,082 0,073 0,069 0,101 0,143 HAUTEUR des hnspisres. il). 0,067 O,o52 o,o38 0,040 o,o5o o,o5o 0,006 0,045 0,020 o,o3 1 0,054 o,o3o 0,024 o,o34 0,020 0,045 o,o5o 0,0 5o 0,045 o,o65 o,o56 0,0 li 0,039 0,0 i^j 0,028 0,022 0,024 0,04 1 0,042 0,023 0,154 0,037 0,060 o,o5o o,o54 0,0 5 8 o,o83 I S6 IX* LEOIN. CERVEAU DES NIlIAtJX YERTEBfiS. lioti , ie lgre; il est trs dcouvert dans Xours et dans la geiette. Dans les rongeurs et les dents, le cervelet se voit presque en entier. Il se montre galement en grande partie dans le daman ^ les cochons ^ les chevaux^ ainsi que dans tous les ruminants. Dans le dauphin , le cer- velet est recouvert dans une assez forte proportion. Enfin , il y a des animaux , comme certaines chaiwes- souris^ comme lesaiigue et le dasyure oursin parmi les marsupiaux, o les hmisphres deviennent si petits qu'ils laissent voir non seiilement le cervelet, mais les tubercules quadrijumeaux eux-mmes. Quant au contour, il faut l'tudier la face sup- rieure et la face latrrde du cerveau. Le contour suprieur du cerveau des mammifres offre trois formes principales : l'une est presque circu- laire , comme, par exemple , dans Y orang-outang, le phoque; la deuxime est un ovale phis ou moins allong, mais aussi large ou presque aussi large en avant qu'en arrire, comme on le voit^ par exemple, dans le lion , dans le castor, dans le mouton. La troisime forme est triangulaire ou en cur : alors la partie antrieure des hmisphres est remarquablement plus troite que la postrieure, comme on le voit dans le furet, ^iXis le sarigue^ dans le livre. Ces formes n'ont aucune relation ncessaire avec les divers ordres de mammifres, comme le montrent les exemples que nous en citons , et comme le montreront les dtails o nous allons entrer. ] Les cerveaux des simies sont assez semblables celui de l'homme ])ar leur forme ovale; [cependant, dans \orang-outang jeune la proportion du petit dia- ART. V. CEBVEAU DES SAMMIFEES. 87 mtre au grand est bien plus considrable que dans l'homme. Le rapport des deux diamtres tant dans rhomme d'environ comme 2 est 3 , il est dans Torang comme g lo , ce qui rend le cerveau presque circu- laire. Dans tous les autres quadrumanes^ les diffrences sont trop peu sensibles pour s y arrter (i).]Dans beaucoup de carnassiers, les cerveaux sont propor- tionnellement plus troits en avant et se rapprochent davantage de la forme triangulaire. Gela se voit surtout dans le chien et le sarigue. [ Cela est aussi trs marqu dans la taupe ^ dans \, furet ^ mais ensuite par des in- termdiaires successifs, comme en offrent les cerveaux de la mangouste , de \3. fouine^ de la genette ^ on arrive des cerveaux o l'ovale est presque aussi large en avant qu'en arrire, comme ceux du lion , dncougouar^ de la hi/nCj et jusqu'au phoque, qui a le contour sup- rieur du cerveau presque circulaire. Tous les cerveaux de marsupiaux , le sarigue, le da- syure oursin^ le kangurooAe womat, ont la forme triangulaire trs marque. ] Quelques rongeurs, comme le lii^re ^ le lapin, le surmulot, \ agouti, \e paca, ont aussi cette forme; mais d'autres, tels que le castor, le porc-epic, le capromys , ont le contour du cerveau presque circulaire, [et ici , comme parmi les carnassiers, on arrive d'une de ces formes Tautre par des intermdiaires tels que les cerveaux de cureuil, de la marmotte, du rat d'eau, etc. Parmi les dents , Vunau a le contour du cerveau presque en forme de quadrilatre allong; les tatous^ (i) Voy. Tiedemann, Icnes cerebri simia^'um, etc., Heidelberg 1821 , in-f. 88 IX' LECM. CEIWEAL DEi AjSIMAUX VEETEEES. le fourmilier didacfyle, l'ont riaii^julaire; \ ornitho- rynque et XcJiidn galement. Dans le daman ^ le cochon, le pcari, le cheval^ parmi les pachydermes; dans le lama^ le chameau^ le Cf?//, la gazelle^ le buf , le mouton^ parmi les ruminants, le cerveau forme gnralement un ovale plus large par derrire que par devant. J Le cerveau du dauphin est d une forme trs extra- ordinaire : ses limisphres sont fort pais; il recouvre le cervelet par-dess!is; il est arrondi de toutes parts, et presque du double plus large que long. [Le cerveau des mammifres, vu de ct, ne tarde pas prendre un aspect tout diffrent de ce que l'on voit dans Thomme. Dans les singes, en effet, on re- marque cet aplatissement des hmisphres dont nous avons parl, et qui est port trs loin dans les rongeurs. Il est surtout sensible la partie antrieure; et comme en mme temps, dans beaucoup de genres et d'espces, les lobes antrieurs s vident fortement de dedans en dehors et en dessous, le cerveau prsente en avant lui angle quelquefois fort aigu Gela est dj sensible dans les guenons ^ plus sensible encore dans le an- guroo^ et port Textrme dans le sarigue. Dans un prapd nombre d'animaux, nanmoins, tels que les carnivores, les pachydermes, les ruminants, le lobe antrieur du cerveau a conserv une gi-ande pais- seur, qui donne la face latrale une forme d'un ovale allong. Notons, comme une suite de la forme tout excep- tionnelle du cerveau du dauphin , qu'en raison de la grande hauteur des hmisphres en avant, cet organe^ ART. V. CERVEAU DtS MAMlttiFBES. 89 VU de ct, a la forme d'un triangle obtus dont la pointe est en arrire. Mais ce qu'il faut surtout remarquer, c'est la pr- pondrance que prend, partir des carnassiers, la ca- roncule olfactive, et la ligne de dmarcation trs pr- cise qui s'tablit entre la partie du cerveau qui parat tre plus directement en rapport avec celte caroncule, et ce qui constitue plus spcialement les hmisphres. Que l'on prenne , en effet, un cerveau de carnassier, de ruminant, de pachyderme ou de rongeur, on voit partir du bord postrieur de l'hmisphre, une hau- teur variable, une ligne presque horizontale dont l'ex- trmit antrieure vient aboutir au bord suprieur de la caroncule olfactive, et la scissure de Sylvius, qui, dans riiomme et les singes, descend jusqu'au bas de la face latrale du cerveau, ne descend dans les ani- maux dont nous parlons que jusqu' cette ligne hori- zontale, l n'y a plus qu'une petite impression vascu- laire entre la partie antrieure du cerveau et cette tubrosit descendante du lobe moyen , que l'on d- signe indiffremment par les noms de tubrosit tem- porale ^ tubrosit de la corne ^Atninon ou de lobule de Xhjppocampe. Nous parlerons plus particulire- ment de cette partie en nous occupant de la base du cerveau et de l'origine des nerfs. Dans les cerveaux sans circonvolutions, la face latrale des hmisphres ne montre que cette ligne horizontale et la scissure de Sylvius qui s'unit elle sous un angle plus ou moins aigu. Dans les cerveaux circonvolutions, on voit les siilons et les contours de ces circonvolutions venir aboutir et s'arrter cette ligne , et la scissure de Syl- vius respecter aussi cette limite des hmisphres pro- % 90 IX* LEON. CERVEAU DES ANIMAUX YEBTBBS. prement dits. Dans le phoque^ dont le nerf olfactif prsente une disposition particulire^ la scissure hori- zontale qui nous occupe n'existe pas , et ceile de Sylvius descend jusqu'au bord infrieur de la face latrale , comme dans Thomme. Nous dcrirons plus loin la face infrieure du cer- veau avec l'origine des nerfs. ] p. Cervelet. Le cervelet de l'homme, ayant son lobe moyen cach sous les deux autres, semble au premier coup d'oeil n'en avoir que deux, dont le contour est peu prs arrondi. Dans les autres animaux, et mme dans les sinpes , ce lobe moyen est pins grand proportion, et est visible au dehors. Il gale mme les deux autres lobes dans les rongeurs ; mais on le retrouve dans le dauphin propor- tionnellement plus petit que dans les singes. [ Dans les chauves -souris et dans le tatou , le cervelet est peu pais, et ses lobes latraux, ramens en avant, for- ment une concavit qui embrasse les tubercules qua- drijumeaux, IjC lobe latral du cervelet se termine en bas par un petit lobule quelquefois trs saillant, et qui, dans beau- coup d'animaux, se loge dans une cavit particulire du rocher. La forme gnrale de cet organe varie d'ailleurs beaucoup ; mais ces variations ne sont dans aucun rap- port avec les divisions naturelles des animaux , et ne demandent pas que nous nous y arrtions.] 4 Circonvolutions. OL. Cerveau. Le cerveau de l'homme est celui de tous qui a les cir- ART. V. CERVEAU DES MMMIFBES. 91 convolotioiisles plus profondes, et il y a peu d'animaux qui les aient aussi nombreuses. [ Aussi va-t-i nous tre facile de retrouver, rduites un tat de simplicit bien plus grand, ces quatre grands replis, ou ces quatre cir- convolutions que nous avons dcrites dans l'homme, se is les noms de circonvolution du corps calleux, de circonvolution sylvienne, de circonvolution postro- suprieure et de circonvolution antrieure, et qui sont caractrises par l'tendue, par la continuit ou par la profondeur de leurs sillons. L'antrieure est la moins constante, et la circonvolution fondamentale que nous avons appele circonvolution du corps calleux forme elle seule la portion la plus avance du lobe antrieur, dans les animaux o ce lobe est fort rduit; les deux au- tres existent toujours dans les cerveaux qui ont des circonvolutions; dans les cerveaux qui n'en ont pas, la circonvolution du corps calleux est le seul repli super- ficiel qui subsiste. Nous ne parlerons donc plus de celle-ci, qui est constante, et nous ne nous occuperons dans la suite de cet article que des variations des trois autres. Mais disons d'abord, d'une manire gn- rale, que l'absence des circonvolutions dans le cer- veau ne se manifeste pas par dgradation succes- sive mesure que l'on s'loigne de l'homme; cet gard les variations sont considrables; des animaux trs rapprochs de l'homme par l'ensemble de leur or- ganisation en ont dj peu ou point, comme les singes et les ouistitis^ tandis que d'autres, qui en sont trs loigns sous beaucoup de rapports, s'en rapprochent parle nombre, par le volume et par l'tendue de leurs circonvolutions, comme V lphant et le dau- phin. ] 9^ IX.* LEON. CEfiVEAC DKS AKIMAUX VERTBKS. Les singes ont beaucoup moins de circonvolutions que l'homme, surtout les sapa fous. Le lobe postrieur n'en a mme presque aucune, except clans \ejocko (le ckimpans, S. troglodytes^ et \, gibbon^ chez lesquels ce lobe est spar en avant du reste par un sillon traus- verse trs marqu. [Dans \ orang-outang jeune, les circonvolutions sont encore trs sinueuses, trs arrondies et trs voi- sines de celles de i homme; mais si nous examinons le cerveau d'un autre n^e^a wwe giienon^S! wnniacaaiie y d'un cynocphale ^ nous y verrons les trois grandes circonvolutions affecter ime disposition constante. Les sillons qui les limitent ou qui marquent leur ori- gine viennent converger ou se toucher la partie la plus leve de l'hmisphre. Le sillon de la grande circonvolution sylvienne monte jusqu'au bord sup- rieur du cerveau, o il s'unit au sillon de la cir- convolution postro-suprieure, lequel forme ce sillon transverse dont il vient d'tre parl. Un peu en avant de ce point de rencontre, on voit commencer le sillon de la circonvolution antrieure qui rgne le long de la face mdiane de Thmisphre (i). Chacune de ces cir- convolutions ne forme plus elle-mme qu'un ou deux replis secondaires dont on suit facilement la surface du cerveau les sillons courts et peu profonds. ^ Les ouistitis ont un cerveau entirement lisse , et o Ton ne voit que la scissure deSylvius; dans les makis ^ il y a des circonvolutions, mais moins nombreuses que (i) Voy. Tiedeiuann , Icnes cerehri simiaruin , etc. La disposition dont nous parlons^est bien reprc'sfne, p!. i , %. 3. Mais, en gnral, les allas dns figures de cerveaux d'animaux rendent d'une manire trs incor- recte les vritables rapports des circonvolution. ART. V. CERVEAU 1>ES IMAMMi-RES. 93 dans les singes; le galago du Sngal n'en a point. Il faut aussi classer parmi les cerveaux lisses , ceux des chauves-souris el des insectivores ; mais dans les carnas- siers proprement dits, lessillons sontassez nombreux. Il y a cependant de grandes diffrences du cerveau des ge- nettes et des mangoustes^ qui n'ont que deux circonvolu- tions longitudinales , celui des coatis^ e^ fouines ^ et surtout celui deschats, des chiens^ des loutres^ tsours^ e^ phoques^ qui ont des circonvolutions nombreuses, et souvent trs sinueuses.] On peut reconnatre nan- moins queles sillons observent un cerlainordre qui se re- trouve le mme dans la plupart des espces. On en voit en arrire deux de chaque ct , parallles la ligue du milieu, et en avant un court qui la traverse en croix. [Ge sillon crucial, qui est trs remarquable dans certaines espces, comme les chats ^ est la terminaison du grand repli postro-suprieur, qui , dans les carnas- siers, vient beaucoup plus en avant que dans les singes, le long de la face mdiane de Ihmisphre. L'es- pace compris entre ce sillon et celui de la circonvolu- tion sylvienne est occup par une ou deux circonvo- lutions secondaires qui forment, avec le sillon principal de la circonvolution sylvienne, deux ou trois lignes con- centriques trs rgulires. Cette disposition est surtout trs vidente dans la genette et la mangouste-^ elle est galement bien marque dans le chat^ dans le renar(l\\)^ (i) C'est cette re(;u!arite des circonvolutions de riimisplicre de quel- ciues carnassiers qui semble avoir sduit M. Leuret, et l'a port prendre pour type de sa elassificaiion des circonvolutions celles du cerveau iln renard. Mais, outre que celte reguai'itc' disparat dans d'autres espces, il est tacile de, voir, eu consultaut ia profondeur des sillons, que ics replis qu'ils limitent ne sauraient tre de mme ordre. Aia.-i, dans nu roa/i, la 94 IX* LEON. CERVEAU DES ANIMAUX yEKTE33RS. n dans Voiirs et dans la plupart des carnassiers; mais dans ceux qui ont des circonvolutions trs nombreuses, comme la loutre et les phoques^ on retrouve toute Firrgularit et toute l'inconstance qui caractrisent le trajet des circonvolutions secondaires. La circonvolu- tion sylvienne est, en gnral, petite et troite dans les carnassiers; la circonvolution antrieure n'existe pas dans la plupart , et c'est la circonvolution du corps calleux qui vient se montrer en avant du sillon crucial dont nous avons parl plus haut. Dans le phoque^ o le lobe antrieur est volumineux , on retrouve la circonvolution antrieure , et elle nat mme fort en arrire. Parmi les marsupiaux , le cerveau des kanguroos et du woinbat a quelques circonvolutions peu nom- breuses ; celui des sarigues et celui du dasyure oursin n'en ont pas, et, en gnral, leurs hmisphres sont trs remarquablement petits. J Les rongeurs , en gnral, n'ont presque aucune cir- convolution sensible. Leurs hmisphres sont presque entirement lisses , ou ne montrent que quelques lignes peu enfonces ; [ il en est de mme dans les tatous et \e?> fourmiliers parmi les dents. Ijunau seulement parat en avoir quelques unes ; il y en a d'assez nom- breuses dans Vchidn et aucune dans VoriiithojjJi^ que; ] mais on retrouve beaucoup de circonvolutions dans les pachydermes et dans les ruminants. [La circon- profondeur d'un sillon de premier ordre tant 0,008, celle d'un sillon de second ordre tait o,oo5 ; dans une loutre , le sillon du contour de la cir- convolution sylvienne ayant 0,0 lo de profondeui, celle d'un autre sillon tait de o,oo5, sans parler des autres sillons plus superficiels encore. ART. V. CERVEAU DES MAMMIFRES. 95 voliition sylvienne y est plus considrable que dans ls carnassiers; dans les ruminants notamment, elle occupe presque toute la moiti infrieure de rbmisphre d'arrire en avant. La postro-suprieure et l'antrieure sont unies entre elles par un petit repli secondaire la face mdiane de l'hmisphre dans le ce//, le mou- ton^ le buf, \linsula est trs sinueuse, et n'est pas recouverte par les deux lvres de la scissure de Sylvius.] Le dauphin a des circonvolutions nombreuses et profondes. [A cet gard, aucun animal ne peut lui tre compar; mais ces circonvolutions sont trs peu paisses, extrmement sinueuses, serres, et comme engrenes les unes avec les autres. Les trois grands re- plis se retrouvent aisment au milieu des nombreuses sinuosits des sillons de tous les ordres. C'est une chose remarquable que les animaux qui vivent en grandes troupes, comme le phoque^ \l' phanl^ le cheval, le renne, le buf ^ le mouton^ le dauphin^ sont prcisment ceux dont le cerveau a les circonvolutions les plus nomJ^reuses et les plus contournes. ] p. Cervelet. Tous les mammifres ont la surface du cervelet marque de sillons transversaux, parallles et rappro- chs comme dans l'homme ; mais ils diffrent entre eux par d'autres sillons qui le divisent en lobules , et qui semblent y former des circonvolutions analogues celles du cerveau. Ils sont assez nombreux dans les carnassiers , les ru- minants et les solipdes. On en voit moins dans les autres ordres. [Il semble, au premier abord, presque 6 IX* LEON. CERVEAU DES ANIMAIJX VERTEBRES. impossible de se rendre compte de la disposition de ces loJDules, et dy observer un ordre rgulier. Cepen- dant, quand on a examin ie cervelet dans un trs grand nombre de genres et d espces, on parvient se faire une ide plus nette de la disposition des replis de cet organe. On remarque d'abord que dans un certain nombre d'animaux, et notamment le Ijiix^ le Icnna^ le pcari, etc., une partie des lobules, sur la ligne mdiane, sont produits par des sinuosits du lobe mdian qui , tant fort dvelopp, se replie plusieurs fois sur Ini-mme ; mais dans beaucoup d'au- tres animaux, plusieurs carnassiers, comme le coati ^ ]a. fouine , les marsupiaux, la plupart des rongeurs et les dents, le lobe mdian est droit, et ne forme la face postrieure du cervelet aucune sinuosit. Ouan? aux lobes latraux, leur degr de complica- tion est trs variable. Les plus simples de tous sont ceux du sarigue^ qui forment aux deux cts d'un lobe mdian volumineux deux segments de spbre mar- qus de sillons verticaux comme la surface d'un me- lon ; au-dessous d'eux se glisse une lamelle ne de la partie infrieure du lobe mdian, et qui vient se ter- miner en dehors en un petit lobule conique. Dans le kan<^uroo et dans le wombat, il y a de chaque ct du lobe mdian une bandelette fibreuse blanche (i) entre ses sillons et ceux des lobes latraux : c'est le noyau fibreux du cervelet qui se montre l'extrieur, et d'o l'on voit natre les lamelles des lobes latraux. Parmi les animaux qui ont les lobes latraux plus com- (i) Voy. Pliilosophical tra^tsactions.) i837;Ovven, On the structure of-the hrain in mamupiat anhnals^ ]A. 5 . fifj. 3 p j. ART. V. CERVEAU DES MA3IMIFKE&. 97 piiqiis que les prcdents, il y a quelques petits carnas- siers, co m me les coaiis ^U'.s /7iafles\\ts loutres ^oi\ la cir- convoiiitioii qui forme ce lobe affecte iioe disposition particulirement rgulire. Eiie nat du lobe mdian la partie suprieure; elle se dirige en dehoi's, puis se replie sur elle-mme et successivement, de dehors en dedans, de haut en bas et de dedans en dehors , formant sur le noyau du cervelet des contours comparables aux sinuosits rgulires d'une route trace sur le flanc d'une montagne. Quand on a suivi attentivement cette dispo- sition du lobe latral, on peut retrouver une disposition analogue dans les lobules du cervelet de plusieurs animaux, o ils semblent, au premier abord, trs irr- gulirement distribus , et o leur dveloppement plus grand ne permet pas un plissement aussi simple et aussi rgulier. Mais il y a d'autres animaux o tout i-approchement avec cette disposition devient im- possible,] 5 Dveloppement, des parties intrieures du cer- veau dans les mammifres, [Cest surtout des parties intrieures du cerveau des mammifres qu'il est exact de dire qu'elles sont sem- blables ce que montre le cerveau de l'homme ; la surface, nous avons remarqu de grandes diffrences, soit dans la forme gnrale, soit dans l'absence ou dans la prsence des circonvolutions, soit dans l'tendue et le nombre de ces circonvolutions elles mmes; la face infrieure, nous verrons encore quelques diffrences assez notables; mais pour les parties profondes, ce ne sont gure que leurs proportions relatives qui varient. A part quelques exceptions en rieuses, cette rgle est 3. 7 9S IX* LEON. CERVEAU DES ANIMAUX VERTEBSS. constante , et nous dispense d'entrer dans des dtails sans intrt. ] a. Tubercules qaadrijumeaux. Les tubercules quadrijumeaux augmentent de gran- deur proportionnelle dans les animaux qui s'loignent de l'homme, et sont fort considrables clans les herbi- vores, tant rongeurs que ruminants, pachydermes et solipdes. Ces herbivores ont tous les nates arrondis et beaucoup pins grands que les testes ; ce qui fait pen- ser que c'est parmi eux que les anciens ont vu et nomm ces tubercules. [ Les kan^iiroos ressemblent tout--fait aux herbi- vores sous ce rapport. ] Dans les singes . la proportion respective des tuber- cules est peu prs la mme que dans l'homme ; mais dans les carnassiers, les testes sont gnralement plus grands que les nates. Dans le dauphin , ils ont au moins le triple du volume. _ [ Dans les tatous , les tubercules antrieurs , trs petits, sont comme nichs dans une concavit que leur offrent les postrieurs, qui sont trs ievs d'arrire en avant. Dans Vchidn et dans \ ornithorynque ^ les nates sont beaucoup plus grands que les testes; le sillon longitudinal qui spare les premiers est trs superficiel, et il manque entre les seconds, qui sont ainsi confondus en un seul tubercule. Au surplus, ces rapports des tubercules quadriju- meaux entre eux, qui sont vrais pour l'ensemble des grandes familles, rencontrent cependant dans ces fa- milles mmes quelques exceptions. Ainsi , dans quel- BT. V. CERVEAU DES MAMMIFRES. 99 ques petits carnassiers, les coatis, le raton, Vgenette^ les tubercules antrieurs sont au moins gaux aux pos- trieurs. Ce qu'on peut remarquer de plus gnral , c'est que les tubercules antrieurs sont toujours rapprochs l'un de Fautre sur la ligne mdiane; tandis que dans cer- taines espces, les postrieurs sont si fortement ports en dehors , qu ils ne sont plus runis l'un l'autre que par une mince cloison verticale adosse la paire antrieure. J p. Corps genouills. Les tubercules que nous avons indiqus dans l'homme , comme formant une troisime paire sous le nom de corps genouills internes, deviennent, dans les makis ^ dans les chiens et dans les autres carnassiers, aussi gros que ceux des autres paires^ mais ils ne sont que peu ou point sensibles dans les ruminants. [Ils sont trs volumineux dans le cheval ^ et toujours unis aux testes par un fort foisceau fibreux qui semble passer sous le nerf optique, et se rendre dans les couches optiques. Dans les singes^ notamment dans Xouan- derouj elle /)apion haniadryas ^ on voit le corps ge- nouill interne recevoir aussi un faisceau des nates, et donner une racine qui vient assez bas se runir au cordon principal du nerf optique (i). Le corps genouiil externe est beaucoup moins conj- stant que l'interne, et sa saillie, dj trs efface dans les singes, ne se distingue plus dans les autres classes ^) Cnvier, rapport riti, p. 5o < dessins indit. 100 IX* LEON. CEBVEAU DES ANIMAUX TERTEBBS. du relief de la couche optique sous le ruban du nerf qui la coiffe. y. Couches optiques et glande pinale. Le volume des couches optiques parat tre en rap- port assez direct avec Je volume des replis des hmi- sphres. Cela est surtout remarquable dans le dauphin , o les hmisphres ont une paisseur et une largeur si considrables. La glande pinale ne prsente pas de diffrence re- marquable. Elle est tantt allonge en cylindre, comme dans le buf o\\\e phoque ^ tantt triangu^aire , pris- matique ou cordilorme, comme dans le mouton, dans le cheval ^ ou conique, comme dans les singes; elle est gnralement petite dans les carnassiers. On suit distinctement ses faisceaux d'origine la face su- prieure des couches optiques jnsqu' la commissure antrieure. Dans le sarimie ^ le faisceau d'origine de la glande est volumineux, et forme saillie au bord sup- rieur de la couche optique. Plusieurs anatomistes affir- ment n'avoir rencontr dans aucun animal de petites concrtions analogues celles qu'on observe dans la glande pinale de Thomme. ] S. Corps canjiels ou stris. Les corps cannels ne diffrent gure que par un peu plus ou un peu moins de largeur. [Ils sont, dans tous les mammifres, spars des couches optiques par un sillon trs marqu, et quelquefois trs profond, qui loge la bandelette semi-ciiculaire et le pilier de la vote, et leur volume est, en gnral, assez semblable celui des couches optiques. Dans le dauphin , cepen- AKT. V. GEBVEAL' DES MAMMIFRES. 101 dant, la disproporlion est considrabie; e corps stri est beaiiconp iiioins saillant et moins volnmiiieiix que la couche optique. ] e. Corps calleux^ vote et corne {rAmmon. Comme les corps cannels, le corps calleux et la vote ne diffrent gure que par un peu plus ou un peu moins de largeur. Les cornes d'Ammon sont gnralement plus grandes proportion dans les mammifres. Leur surface ne prsente pas de boursouflure comme dans l'homme. [Le corps calleux semblerait tre en rapport de dve- loppement avec le corps stri, si l'on constatait dans d'autres animaux ce que montre dj le cerveau du dauphin^ qui a des huisphres volumineux , un corps calleux proportionnellement petit et peu pais, et un corps stri trs mdiocre. Mais il y a, dans les mar- supiaux, une disposition remarquable de Fappareil de commissure form par la votte et le corps cal- leux. Cet appareil y est rduit ce point, que l'on a pu dire avec quelque vrit que le corps calleux n'existe pas; en effet, si dans le kangurao ^ par exemple, on enlve la calotte (^'i hmisphies, on ap- peroit les piliers postrieurs de la vote qui viennent se rejoindre en avant sur la ligne mdiane, en forsnant ensemble un arc dont la concavit est en arrire, et en laissant les couches optiques dcouvertes. A leur point de contact, les deux piliers sont unis par un trousseau de fibres transversales, au-dessous duquel on voit de ciiaque ct le trou de Monro , et immdia- tement les piliers anlrieurs plongent au-devant de la couche optique. Il n'y a donc plus ici cette commissure si tendue et si complte dans les autres mammi- 10'2 IX* LEOI. cEVEAlJ DES A?*IMAl.'X ^Sft'fiBIlS. ires : plus de septiun lucidu/n, plos de cette large membrane qui unit les hmisphres au fond de la scissure mdiane^ en recouvrant la vote et ses pihers ; toutes les fibres transversales de la vote et tout le corps calleux sont rduits ce faisceau d union au-dessus et en avant des corps stris (i). Mais en mme temps que la commissure du corps calleux di- minue, la commissure antrieure acquiert un volume norme; elle est, dans le cerveau du /iajiguroo ^ quatre fois plus grosse que la commissure antrieure dans le cerveau du buf, tandis que le volume du cerveau lui-mme est quatre fois plus petit. Cette dispari- tion presque totale du corps calleux ne se lie pas un dveloppement moindre du cerveau. Les hmi- sphres sont, avec la masse totale de Fencphale. dans leurs rapports ordinaires , et rien au premier aspect ne ferait souponner la disposition de la vote. Les mmes particularits de structure s'observent dans le cerveau du wombat ^ des -pliai an gers ^ des da- si/ures^ des sarigues; le cerveau de Xcldn et de \ ornithorynque ^ parmi les monotrmes, les montre galement, et elles forment ainsi une remarquable concidence avec le dveloppement particulier du ftus de ces animaux , et l'absence de tout appareil placentaire dans le cours de leur vie utrine. ] (i) L'observation de M. Owen sur cette disposition du cerveau deS marsupiaux a t repousse'e tort comme errone. Il ne nie pas l'exis- tence du corps calleux dans les marsupiaux, comme on l'a suppos ; il dclare formellement qu'on peut voir, si on le veut, dans ce qui reste de la commissure, le rudiment d'un corps calleux; mais il relve avec raison l'absence dans les marsupiaux d'un corps calleux comparable celui de utres mammifres. Ovv^n, ram. cit. ART. V. CERVEAU DES MAMMIFRES. 103 . Ventricules. Les ventricules antrieurs ou latraux n'ont de ca- vit digitale que dans Diomme et dans les singes. Cette partie n'existe dans aucun autre mammifre. Sa pr- sence dpend de celle des lobes postrieurs [Seulement dans les phoques et les dauphins ^ o la partie post- rieure des hmisphres est considrable , le ventricule latral, au moment o il descend dans la tubrosit temporale, se coude un peu en arrire, montrant ainsi comme un vestige de la cavit digitale du cerveau de riiomme. Ce ventricule se continue en avant dans beau- coup de mammifres avec le tube creux de la caroncule olfactive. ] Le troisime et le quatrime ventricule ne prsentent pas de diffrences remarquables. [ Mais la pointe du calanuis^ Fendroit o le sillon postrieur de la moelle s'ouvre dans le ventricule, on observe souvent de chaque ct un petit tubercule. Nous l'avons vu mme trs dvelopp dans \e porc-pic et Y agouti,] 6 De la base du cerveau et de l'origine des nerfs, La base du cerveau prsente beaucoup moins d'in- galit dans les mammifres que dans l'homme. La partie de l'entonnoir est beaucoup moins enfonce; les lobes moyens et le pont de Varole sont moins saillants. [En avant du pont de Varole, ce qui frappe surtout, partir des uiakis , c'est la disparition des circonvolu- tions, et la liaison intime et continue qui s'tablit entre le lobe de l'hippocampe et le nerf, ou plutt le lobe ol- factif. Nous avons dj indiqu, dans la description de la face latrale du cerveau, la distinction qui s'opre 104 IX* LtOiN. CJiBVAL iH:.'} AiNMAi:.\ VEfcTBRS. entre la partie suprieure des hmisphres, qui se phsse en circonvolntioos, et la partie infrieure qui se eon- tinue d'arrire en avant, en un grand traetus qu'on pourrait appeler le traetus olfactif. A la face infrieure, ces deux traetus forment une saillie en forme de cur, qiu occupe la base du cerveau presque tout entire dans les carnassiers, les rongeurs, les ruminants. La pointe du lobe de 1 h:ppocampe n'est plus spare du quadri- latre perfor que par un faible sillon vascrdaire. Quand on compare cette disposition celle du cerveau de rhomnie, on voit cjue le mme effet se produirait dans ce dernier, si les circonvolutions externes du lobe moyen disparaissaient, si le quadrilatre perfor re- montait au niveau de la circonvolution eu crochet: du mme lobe, et si le nerf olfactif s'unissait ce quadri- latre par un cordon plus large et plus saillant. Le cerveau des mammifres ne prsente donc sa base en avant d'autre diffrence avec celui de l'homme que dans la proportion de ses parties. Plusieurs anato- mistes sont ports considrer 1 apparition de cette saillie cordiforme, la base du cerveau, comme se rattachant au dveloppenjenl plus grand du sens de l'olfaction chez les animaux o on l'observe; et ce qui semble confirncr cette opinion, c'est que dans le dau- phin, qui n'a pas dolfaction, on ne retrouve plus rien de senjbable, mais, au coniraire, une scissure de Syl- vius profonde qui spare le^i deux lobes crbraux. Ceux-ci sont couverts de circonvolutions , et un petit espace quadrilatre perfor se voit au-devant du chiasma des nerfs optiques. Le tu/jer ciiiereum suit l'aplatissement de la face in- frieure du cerveau , et les tubercules mamillaires , ART. V. CEiUKAL' DES MAlMM! t lES. 05 souvent bien dislincMs, comme dans le callitrichc ^ Je Uoii^ le lyrix^%ii confondent le pins frquemment en un seul , comme on e remarque dans le (himan , dans le ce?'/, dans le lama , etc. La diminution de la saillie du pont de Varole est en relation directe avec e moindre dveloppement des lobes du cervelet. immdiatement en arrire \\ ]>ont de Varole, la face infrieure de a moelle allonge montre une dis- position qui ne se voit point dans l'homme : c'est une petite bandelette fibreuse qui s'tend, paralllement au bord postrieur du pont de Varole, depuis la py- ramide antrieure jusqu'au point o le nerf auditif se spare de la moelle. Cette bandelette a t nomme corpus Irapezodeuni y ou simplement trapze. On la voit dj dans les singes, Yorang-oulam:; except, et on la retrouve dans tous les animaux , mme le dauphin , o a protubrance annulaire est si dveloppe. Elle parat lie Fori^^ine du nerf iacial. ] Les minences pyramidales se prolongent plus en arrire dans \e^ mammifres que dans l'homme. [ Les olives sont encore bien distinctes des pyramides dans \.s singes ; mais dj dans certains carnassiers, (^omme Yours ^ elles ne sont bien marques qu'en avant; dans d'autres, comme le lynx ^ le mlas .^X. phoque, etc., leur bord interne se confond dans toute sa lon.gueur avec le bord externe des pyramides, et on ne les dis- tingue plus de celles-ci que par a ligne d'origine des filets nerveux de la douzime paire. ] Quant aux nerfs, il n'y a que l'olfactif qui prsente des diffrences remarquables. Les singes seuls [et les phoques parmi les carnassiers ] l'ont, comme l'homme, 106 IX* LECOS. CERVEAU DES ANIMAUX VERTBRS. dtach jusqu' la base de la masse du cerveau, et en forme de filet mdullaire. Dans les autres, il y a une grosse minence cendre qui remplit la fosse ethmo- dale, et dont Tintrieur contient une cavit qui com- munique avec le ventricule antrieur. C'est cette mi- nence que les anciens avaient appele caroncule mamil' laire. [Dans certains animaux, comme la taupe ^ le sarigue^ elle se place au-devant des hmisphres, et peut tre regarde comme formant au-devant des masses crbrales une premire paire de tubercules. Cette caroncule mamillaire et son pdicule sont dans une relation de dveloppement intime avec cette por- tion saillante de la base du cerveau dont nous avons parl. A la surface de ce tractus olfactif, les fibres blanches du nerf naissent par deux racines, l'une, externe, large et forte, que l'on suit jusqu' la pointe du lobe d'hippocampe; l'autre, interne, qui s'enfonce dans la scissure mdiane. Dans les phoques ^ le nerf, au lieu d'tre appliqu sur un sillon, comme dans l'homme, est enfonc dans ce sillon, dont les deux bords se rap- prochent sur lui, et lui forment une sorte de gaine troite. ] Les dauphins n'ont point du tout de nerfs olfactifs, ni rien qui les remplace (i). [Il en est sans doute de mme des autres ctacs voisins; mais les haleines paraissent avoir quelques filets olfactifs, car leur crne prsente une fosse ethmodale perce de quelques trous. Quant aux ctacs herbivores, les lamantins ^ les dugongs et le stellre^ ils ont un organe de l'olfac- (i) Guvier, Hgne animal , dit., 1829,1 I p. 285 et 296. > s:- i.fi. V. CERVEAU DES MAMMIFRES. 107 tion complet , et par consquent un nerf olfactif comme les autres mammifres. Dans tous les mammifres, le faisceau principal du nerf optique vient des nates au corpus geniculatum externuin , aprs avoir coiff l'extrmit de la couche optique, de manire faire croire que c'est de cette couche que descendent les fibres nerveuses. Le nerf optique existe chez tous les mammifres. Il a une tnuit extrme dans la taupe; on l'y trouve pourtant trs distinctement. Aprs avoir soulev le cer- veau avec prcaution, nous avons pu voir, mme Fil nu , et sans aucun doute possible , le nerf s'enfoncer dans le trou optique (i). Le nerf ocuio-moteur nat des pdoncules crbraux une distance plus ou moins grande du pont de Va- role. Dans les ruminants et les solipdes^ on les voit assez loin du pont, entre cet organe et le tubercule mamiliaire. L'abducteur nat l'angle de runion des pyramides et du pont par des filets plus longs en arrire qu'en avant , et dans la ligne qui spare la pyramide du tra- pze. Dans quelques animaux , comme la marmotte et le pcari ^ on voit clairement que leur sillon d'origine est la suite du sillon d'o sortent les filets de la dou- zime paire. Les nerfs oculo-moteur, pathtique et abducteur se retrouvent dans la taupe leur point d'origine ordi- (i) En 1824, flans les leons par lesquelles M, Cuvier ouvrit, au Mu- sum , le cours d'anatomie compare, i! annonait dj que le nerf op- tique, dont le mmoire couronn de M. Serres mettait alors l'existence en doute dans la taupe , y existait positivement. 108 IX* LEON. CERVEAU UES AMMAC\ VEHTEllS. iinire, et aussi niis que loptique. lies deux dernires paires sont remarquabeineDt fines dans ie castor. Le nerf trijumeau acquiert: dans quelques animaux, comme le castor parmi les ronfleurs (i) , le lama, et le chameoM parmi les ruminants , un volume trs consi- drable, compar celui des autres nerfs. Dans la plupart des cerveaux, les deux parties qui ie compo- sent sont trs distinctes ds son origine, et toujours extrmement ingales; la [)lus petite est en dedans. Il nous a sembl, et cela nous a surtout frapp dans les cer- veaux wlynx. du mlas ^ au porc-pic ^ de Y agouti^ du pcari.^ du. cochon^ que le faisceau d'origine de la grosse portion du trijumeau venait se montrer la face suprieure de la moelle allonge, en dehors du calamus. entre les fibres du cordon postrieur au'il carte (2). Lorsqu'il est arriv sur le ct de la moelle, on distingue encore sa saillie sous une couche de fibres transverses qui le croise, et qui semble continuer en arrire le pont de Varole. Cette couche, quelquefois trs forte, comme dans ]a.genette^ se remarque la face latrale de la moelle allonge de la plupart des mammifres, et elle va se confondre avec le corps restiforme sur le bord du quatrime ventricule. C'est entre ses fibres que sortent les filets des nerfs glosso- pharyngien et pneumogastrique, quisend^lent fournis par ce nime faisceau iibreux de la cinquime paire. Le nerf facial se dtache obliquement du trapze de (ij Le nerf optique du castor ayant, par exemple, o,ooi de iar(jcur, le trijutiieau a o,oo5. (2) C'est cette pariie que M. Serres a dcrite comme un tubercule do matire (i;rise interpos entre les cordons antrieurs et postrieurs de la moelle allonge. Anat. comp. du cerveau y i. I, p. aoo. AR. V. CERVEAU DES MAMMIFBES. 109 la moeMe allonge, dont il semble tre la continuation. Il natrait ainsi des cordons antrieurs de la moelle, vers la ligne mdiane , et sous les pyramides. L'origine du nerf acoustique se confond avec le corps restiforme sur le pdoncule postrieur du cer- velet. Ce nerf contourne le pdoncule sons la forme d'une bandelette saillante, et devient libre l'extrmit du trapze , o il rencontre le nerf facial. Dans le dauphin , le nerf auditif est log dans un profond sillon du cervelet, et il acquiert un volume trs grand. 11 a plus du double de la septime paire, et est presque d'un tiers plus grand que la cinquime (i). Les neuvime, dixime et douzime paires ne pr- sentent rien de particulier dans leur oriaine. La onzime, ou le spinal, existe dans tous les mam- mifres. Dans les petites espces, comme la belette^ la taupe ^ le ixit ^ le nmscardin ^ ce nerf commence vers la racine de la troisime paire cervicale; dans les espces plus grandes, comme le chien ^ le renard^ le chat^ le cochon^ le vcaa^ le bouc^ il commence vers la racine des septime , sixime ou cinquime paires (2). ] Rsum sur le cerveau des mammifres, 11 rsulte de ces observations que le caractre propre du cerveau de l'homme et des siii'ges consiste dans l'existence du lobe postrieur et de la cavit di- gitale ; celui du cerveau des carnassiers, dans la peti- (i) Lar^jeur de la cinquime paire du dauphin ordinaire, 0,005. - septime o,oo3. huitime (nerf auditif) 0,007. (a) Bischoff, Neroi accessorii wiliisii amatomia et physiologiu ^ >"-4 ? Darmstadt, 832. 110 IX* LEON. CEBVEAU DES ANIMAUX VEBTBES. tesse des nates relativement aux testes ; celui du cerveau des rongeurs, dans la grandeur des nates ^ et dans l'ab- sence ou le peu de profondeur des circonvolutions; celui du cerveau des animaux sabots , dans la .gran- deur des lites^ jointes des circonvolutions nom- breuses, profondes; celui du cerveau des ctacs, dans sa grande hauteur et sa grande largeur, et pour plu- sieurs genres dans l'absence totale des nerfs olfactifs. On voit aussi que les herbivores ont tous les nates plus grands que les testes ^ et que c'est le contraire dans les carnivores. ARTICLE VI. DU CERVEA.U DES OISEAUX. A. Encphale. Le cerveau des oiseaux se distingue au premier coup d'oeil, parce qu'il e>t form de six masses ou tubercules, tous visibles l'extrieur, savoir : deux h- misphres, deux tubercules jumeaux, analogues des tubercules quadrijumeaux des mammifres (i); un cervelet et une moelle allonge. [Les couches optiques (i) Il y avait dans ia premire dition ces mots : deux couches op~ tiques. C'tait la dlermination de Haller. Mais, ds 1808, M. Cuvier, adoptant la dtermination de Gall, reconnaissait dans les tubercules dont il s'ag-t les vritables analogues des tubercules quadrijumeaux. Nous avons vrifi, dit-il. cette remarque importante; elle ne souffre pas de rplique. Il est d'autant plus du devoir du rapporteur de le re- connatre, qu'il avait adopt l'erreur commune dans ses ouvrages. Cu- vier, rapport cit, p. 33. Nous avons donc substitu, dans tout 1 ancien texte de cet article , les mots de tubercules bijumeaux h ceux de couches opticjues. ART. M. CERVEAU DES OISEAUX. Ul sont situes profondment, et entirement caches par la partie postrieure des hmisphres. Le cerveau des oiseaux, dans toutes les classes, offre une remarquable uniformit dans sa forme, dans la disposition de ses parties, dans leur dveloppement, de sorte que ce que Ton dit d'une espce est en quelque sorte vrai de toutes les autres. ] Les deux hmisphres reprsentent une figure de cur trs bombe, dont la pointe est en avant. [Ils n'offrent aucune circonvolution; mais, vers le mi- lieu de leur face latrale , une forte impression vascu- laire semble la sparer en deux lobes, et marquer le dernier vestige de la scissure de Syvius.] Les tubercules bijumeaux sont arrondis, lisses, placs en arrire, sous les hmisphres, mais sans en tre envelopps. Le cervelet n'a qu'un seul lobe comprim latralement, analogue du lobe mdian des mammifres, et de cha- que ct un petit appendice conode qui s'engage dans une anfractuosit du temporal, il a des stries transverses, parallles, serres, [et qui marquent autant de sillons qui le partagent en lobules. Ces sil- lons, comme ceux des mammifres, se divisent en plusieurs ordres , suivant leur degr de profondeur. Ceux du premier ordre, ou les plus profonds, par- viennent jusque sur les jambes du cervelet; ils sont peu nombreux dans autruche; il n'y en a que deux , qui partagent le cervelet en trois lobules principaux : l'un postrieur et infrieur, gnralement petit; l'autre suprieur et moyen, beaucoup plus considrable; le troisime antrieur. Chacun de ces lobules est divis en lobules secondaires par des sillons de second ordre, qui convergent vers les jambes du cervelet, 112 IX* LEON. CERVEAU DES AiMMAUX VERTEBKES. niais sans arriver jusque prs de la moelle. Enfin d'autres sillons , moins profonds encore, subdivisent les lobules secondaires en d'autres lobules plus petits. Cette distribution des sillons du cervelet est, en pi- nral, peu prs la mme dans les autres cervelets que nous avons pu examiner. ] l/arbre du cervelet , tel que le montre une section longitudinale, est moins compos cpie dans les mammifres. Le centre du cer- velet est creus d'un enfoncement qui conirauniaue i 1 avec le quatrime ventricule. La moelle allonge n a ni minences pyramidales et olivaires distinctes, ni pont de Varole, ni corps trapzode; elle reprsente une large surface unie. Les jambes du cervelet y pn- trent immdiatement , ou sV confondent avec les corps restiformes sans former de saillie. [Cependant , comme la moelle allonge se renfle manifestement sa nais- sance, on devait prsumer que les pyramides et les olives existent, et on retrouve, en effet, les premires soiis cette espce de membrane unie cjui semble envelopper la moelle d'un ct l'autre , sa face infrieure. Dans le perroquet^ leur saillie est mme assez distincte. Elles s'entrecroisent d'ailleurs leur naissance. M. Serres a figur cet entrecroisement dans \ autruche et le casoar. ^ous lavons directement observ la loupe dans le cerveau du moineau. Quant aux olives, leur contour se confond sans doute , comme dans beaucoup de mammi- fres, avec celui des pyramides ( i). A la face suprieure de la moelle se voient, comme l'ordinaire, les pyra- (i) M. Serres dcrit deux cordons qui occupent, selon !ui,la place des olives, et qui sVpanouissent dans les tubercules bijumeaux. Ouv. cit., t. II, p. 19^. Nous ne les avons pas clairement aperus. AllT. VI. CEfxVEAU DES OISEAUX. 113 mides postrieures et les corps restiformes. Ces coi- dons, aprs avoir form le cervelet, traversent la couche optique, et pntrent dans le corps stri en mme temps que les cordons antrieurs de la moelle. ] Le corps cannel ou stri forme lui seul presque tout l'hmisphre; il ne prsente pas dans son intrieur de stries alternatives blanches et grises, est de la forme d'un rein , et n'a point de queue : aussi les ventricules antrieurs ne se recourbent-ils point en dessous, comme dans les mammifres , et il n'y a point par con- squent de corne d'Ammon. [Cependant la paroi membraneuse qui ferme le ventricule en arrire et en bas rappelle bien la disposition analogue , mais plus complique, du cerveau des mammifres. ] Les oiseaux n'ont point de corps calleux, ni de vote, ni de cloison transparente. Lorsque Ton carte les deux hmisphres , on voit qu'ils sont spars selon toute leur hauteur, et qu'ils ne s'unissent l'un l'autre qu'en ar- rire , vers la commissure antrieure du cerveau. La face par laquelle ils se touchent prsente des lignes rayonnantes blanches qui semblent venir de cette com- missure, [mais qui, en ralit, naissent d'un bourrelet fibreux qui fait saillie la face interne du corps stri, en avant de la commissure. Ce bourrelet est plus arrondi et plus saillant dans \ autruche que dans les autres oi- seaux, et y forme comme un tubercule ( i ).] Cette surface (i) C'est ce bourrelet qui constitue la premire pairt; de tubercules dont il est question dans le passage suivant de la premire e'dition qui terminait la description du cerveau des oiseaux, et que nous n'avons pas pu conserver : Entre les corps cannels et les couches optiques sont quatre mi- nences arrondies qui se voient mieux dans l'autruche que dans les autres oiseaux. Les premires sont situes en avrint de la commissure ant- 3. 8 114 i:^'' LliOK. CiiHVEAU L>ES AWIMAUX VEKTBKS. est forme par une cloison mince qui sert de paroi aux ventricules antrieurs. (Jette cloison est, comme l'or- dinaire, un repli de l'appendice du corps cannel , [ou plutt c'est une membrane fibreuse qui nat de la face suprieure de ce corps, et descend la face interne des hmisphres, en embrassant le pdoncule crbral par ses piliers d'attache antrieur et postrieur. En arrire, elle Umite une fente, par laquelle les ventricules lat- raux communiqueraient ensemble et avec le troisime, si le plexus chorode ne s'y opposait. Ce repli, par ses attaches et par son trajet, semble tre Fanalogue du grand repli ou de la circonvolution que nous avons nomme dans les mammifres circonvolution du corps calleux. ] La commissure antrieure se prolonge de chaque ct dans la substance des hmisphres , comme cela a lieu dans l'homme et dans les mammifres. [Les couches optiques sont galement, comme dans I ceux-ci , places en arrire de celte commissure , spa- rieure,dans les ventricules antrieurs mmes; les autres sont en arrire de cette commissure, et font saillie dans le troisime ventricule, peu prs au lieu o se trouve la commissure molle des mammifres. Ces tu- bercules n'ont point d'analogues dans le cerveau de l'homme ; mais nous leur en trouverons dans celui des poissons. Les deux autres minences dont il est question dans ce passage sont les couches optiques elles-mmes, mconnues alors par M. Cuvier. Quant ce bourrelet d'origine ou de convergence d'une partie des fibres de la mem- brane raYonne,M. Serres (ouv. cit., p. 47?) l'assimile au pilier ant- rieur de la vote, qui s'attacherait au-devant de la commissure, et non plus en arrire comme dans les mammifres. Mais il faudrait supposer ici une transposition que rien n'annonce. C'est prcisment cette diffrence dans l'attache antrieure qui nous empche d'assimiler la vote la cloi- son interne de l'hmisphre des oiseaux. ABT. VI, CRRVEAU >ESy OiSKAUX. Ho res des corps stris par le cercle fibreux de l'orifice ventricidaire, et recouvertes par les hmisphres. Leur volume est fort petit, compar cekii du corps stri. Une commissure postrieure, sous la forme d'une ban- delette blanche, unit les couches 'optiques en avant de la large membrane qui s'tend au-dessus de l'aqueduc de Sylvius, d'un tubercule bijumeau l'autre. ] Le troisime ventricule est situ entre les couches optiques (i). Les lignes blanches qui les bordent sup- rieurement se prolongent, comme l'ordinaire, pour servir de pdicule la glande pinale : il est born en avant et en arrire par les commissures. he fond du troisime ventricule communique dans l'entonnoir. Sa partie postrieure communique aussi avec le quatrime ventricule; mais la vote place sur cette espce d'aqueduc n'est point surmonte par les tubercules quadri jumeaux. C'est une simple lame mince , qui n'est autre chose que la valvule du cer- veau prolonge davantage en avant, [et qui imit les tubercules bijumeaux. Quant ces tubercules eux- mmes , placs, dans les premiers temps de la for- mation de l'embryon des oiseaux, la face sup- rieure de l'encphale , ils subissent peu peu , me- sure du dveloppement de l'organe, un mouvement de dedans en dehors qui les carte l'un de l'autre, et (i) Il est tonnant qu'ayant , clans ce passage de la premire dition, si bien dtermin les couches optiques des oiseaux, MM. Guvier etDumeril leur aient rattach encore deux parties aussi distinctes que les tu- bercules bijumeaux. Ils considraient donc les couches opli(iues comme i-ormes de deux parties,: l'une, interne ventriculaire; l'autre, externe, plus spe'cialement en rapport avec les nerfs optiques. C'est une opinion que M. Treviranus a reproduite depuis la diterminatiou de Gali. 116 IX* LEON. CEHVEAL DES AJNIMAUX VEKTBRS. qui les fait comme pivoter autour de Taxe nerveux , pour venir se placer, dans l'animal adulte , presqu a la base du cerveau et sous les hmisphres, ainsi que nous l'avons dit plus haut.] Le quatrime vefttricule est semblable celui des mammifres , et contient aussi l'impression longitudi- nale appele plume crire. Les tubercules bijumeaux contiennent chacun un ventricule qui communique avec les autres dans Ta- queduc de Sylvius. il n'y a point d'minences ou tubercules mamillaires. [FjCS oiseaux ont tous, comme les mammifres, le tuber cinereum et une tige pituitaire. ]; B. Origine des nerfs. [Les nerfs olfactifs se dtachent de la pointe des h- misphres, en dessous, et on voit la base du cerveau des traits blancs qui leur servent de racines, et qui se dirigent en dehors vers le lobe postrieur de l'hmi- sphre, le long de l'espace perfor. Le nerf se termine, comme dans les mammifres , par un lobule creux, et qui communique par un canal avec le ventricule ant- rieur, ainsi qu'on le voit dans les vautours ^ dans au- triiche, dans le goland. Les nerfs optiques naissent du volumineux tubercule bijumeau et ils forment immdiatement leur chiasma. La troisime paire sort de la moelle allonge, ou des pdoncules du cerveau, au moment ou iis s'enfoncent sous les tubercules bijumeaux. La quatrime vient, comme l'ordinaire, del valvule du cerveau, et la sixime nat la partie mdiane del face infrieure de la moelle allonge, laissant entre ses racines et celles de ART. Vil. CERVEAU DES REPTILES. 117 la troisime l'espace occup dans les mammifres par le pont de Varole. Les autres nerfs de TencpLale ne pr sentent point de diffrence dans leur origine; seule- ment, en raison de la forme bombe qu'a prise la face infrieure de la moelle, il faut chercher plus haut, sur sa face latrale, les filets d'origine des nerfs, l'excep- tion de ceux de l'hypoglosse. Le nerf spinal nat peu prs la hauteur de la troisime vertbre cervicale, et comme dans les mammifres, du cordon latral de la moelle, au-dessous des racines suprieures des nerfs vertbraux (i). ] ARTICLE VIL DU CERVEAU DES REPTILES (2). A. Encphale, [Le cerveau des reptiles, en gnral, ressemble au cerveau des mammifres par la position relative des (i) M. Serres dit n'avoir trouv ce nerf que dans l'autruche, le casoar et la cigogne blanche; mais il existenlans tous les oiseaux. Nous l'avons vu dans l'aigle, le dindon et le canard. M. BischofF (ouv. cit., p. 89) l'a Hgur avec soin dans six espces de genres diffrents ; mais ce dernier auteur dcrit le spinal comme naissant dans les oiseaux et dans les rep- tiles par des fdets implants au-dessus des racines suprieures des nerfs vertbraux. Son observation l'a videmment tromp. {2) Dans la premire dition, les dterminations des diverses parties du cerveau des oiseaux taient appliques aux parties analogues du cerveau des reptiles: ainsi, MM. Cuvier et Dimieril y appelaient couches op- ticjues les tubercules quadrijumeaux ; ils dcrivaient le cerveau des reptiles comme manquant de ces tubercules, et ils mconnaissaient les vritables coucnes optiques. Nous avons d rtablir dans cet article les dtermina- tions , telles que M. Cuvier les avait reconnues et adoptes, depuis son rapport sur l'ouvrage de Ga!l. Cela a ncessairement entran la suppres sion d'une partie notable de la description de la premire dition. 118 )X'= LEON. CERVEAU DES A?fMAlIX VERTBBS. hmisphres, des tubercules quadri jumeaux et du cer- velet ; celui des oiseaux par la petitesse des couches optiques: celui des poissons par la longueur de leurs lobes olfactifs et la continuit de ces lobes avec la partie antrieure des hmisphres ; mais l'ensemble du cerveau est bien moins volumineux qu'on ne Fa vu dans les oiseaux. Il rempHt encore exactement cepen- dant la cavit du crne.] Toutes les parties du cerveau des reptiles sont lisses et sans circonvolutions. [La cavit du lobe olfactif est en communication avec le ventricule dont Thmisphre est creus. Cet hmi- sphre est, comme dans les oiseaux, compos d'un noyau ou corps stri, dont le volume varie suivant les ordres, et d'une membrane ^ui ferme le ventricule en haut et en dedans, et vient, par deux piliers, l'un an- trieur, l'autre postrieur, embrasser le pdoncule du cerveau dans une anse par o passent les plexus cho- rodes. Les couches optiques sont aussi, comme dans les oiseaux, trs petites, limitant le troisime ventricule; les tubercules quadri jumeaux, placs au-dessus de Faqueduc, sont arrondis, {gnralement au nombre de deux, sparant les hmisphres d'avec le cervelet, et creuss, comme dans tous les oiseaux, d'un ventri- cule qui communique avec le troisime.] On voit aux deux extrmits de celui-ci les commissures antrieure et postrieure, mais il n'y a point de commissure molle. [Le cervelet est gnralement petit^et quelque- fois rduit une simple lamelle transversale. Il ne re- couvre pas tout le quatrime ventricule, qui est ter- min, comme l'ordinaire , en pointe par Fcarte- ment des cordons postrieurs de la moelle. La face infrieure du cerveau est presque unie , n'y ART. VII. CERVEAU DES REPTILES. 1 19 ayant d'antre saillie que celle du chiasma des nerfs optiques et du tuher cinereum^ et le pont de Varole n'existant point du tout. Gomme dans les oiseaux, une impression vasculaire, qui semble une trace de la scis- sure de Sylvius, partage Thmisphre en deux lobes, dont le postrieur est creus par l'extrmit du ven- tricule latral. La glande pinale et la pituitaire existent dans tous les reptiles.] Dans les tortues ^ les hmisphres forment un ovale dont la partie antrieure , spare de la postrieure par un sillon transverse, reprsente une espce de bulbe qui sert comme de racine aux nerfs olfactifs. Ce bulbe est trois fois moindre que l'hmisphre propre- ment dit. [ Les hmisphres laissent voir, par leur cartement en arrire, la glande pinale et les couches optiques qui lui donnent naissance. ] Leur intrieur est creus comme l'ordinaire par un ventricule , et contient un corps analogue au cannel , qui ressemble assez pour la forme celui des oiseaux. [Mais il est beaucoup moins volumineux , et par consquent la cavit du ventricule beaucoup moins remplie. Il offre aussi dans sa forma- tion une disposition nouvelle. Les jambes du cerveau, parvenues dans le lobe hmisphrique, ne s'y renflent pas immdiatement en un gros noyau , comme dans les mammifres et les oiseaux, mais elles se recourbent d'abord d'avant en arrire, et de bas en haut , avant de se renfler en un tubercule qui est le corps stri (i), et elles forment ainsi une sorte de circonvolution (i) Voy. Bojanus, Anat. test, europ.^ pi. ai , fiff. S.' , o cette dispo- > sition est bien reprsente. 120 X LKON. CEr.YEAU DES ANIMAUX VERTEBRES. rintrieur du ventricule. Les couches optiques sont fort petites , et surmontes d'une glande pinale assez grosse. ] Les tubercules bijumeaux ne sont pas plus grands que les bulbes des nerfs olfactifs. Leur forme est ar- rondie. [Mais au lieu d'tre seulement distingus Fun de l'autre par un sillon superficiel , comme dans les mammifres , ils sont spars par un sillon profond , qui descend jusqu'au plafond de l'aqueduc et dans lequel pntre un repli de la pie-mre. ] Le cervelet est peu prs hmisphrique. [C'est une simple lame bombe , d'gale paisseur dans toute son tendue, et couvrant 'comme d'une calotte une partie du quatrime ventricule. Le reste de cette ca- vit est recouvert par un plexus vasculaire, qui s'- lve de chaque ct de la moelle allonge en formant une espce de valve , et complte , en s'unissant au bord du cervelet, le plafond du quatrime ventri- cule (i). Ce ventricule est trs grand et trs allong d'avant en arrire. Sur son plancher, vers la ligne mdiane , les deux cordons antrieurs de la moelle font une saillie marque en se dirigeant vers les parties ant- rieures du cerveau. Les crocodiles et les autres sauriens ont le biiibe olfactif moins rapproch de l'hmisphre que dans les tortues, et le pdicule qui runit ces deux parties est quelque- fois trs fin, comme dans le caiman museau de bro- chet ; mais il est toujours creus d'un canal. Les deux (i) P.ojanus, loc. cit.^ a figur et dcrit ce plexus sous le nom de tegmen vasculosum. , ventrculo (juarto supertensuni. ART. VI. CERVEAU DES REPTILES. 121 hmisphres runis ont une forme de cur plus ou moins allonge, mais ils ne laissent pas voir en arrire les couches optiques par leur cartement. Le corps stri est plus grand que dans les tortues , et il remplit l'hmisphre presque comme dans les oiseaux. Les tu- hercules jumeaux sont au nombre de deux, et ceux du caman sont remarquables, en ce que le sillon qui les spare n'est pas aussi profond que dans la tortue, et qu'ils renferment chacun dans leur cavit un tuber- cule qui est contenu dans l'aqueduc de Sylvius. Le cer- velet, dans le ciman ^ est plus saillant que les tuber- cules bijumeaux. C'est une membrane creuse en forme de cloche , et rabattue d'avant en arrire sur le quatrime ventricule. Dans les autres sauriens nous ne retrouvons pas le tubercule contenu dans Tintrieur des bijumeaux : le sillon qui spare ceux-ci est plus profond. Le cervelet, trs rduit , est une simple petite lame transversale. ] Dans les serpents , les deux hmisphres forment ensemble une masse plus large que longue. [Le bulbe olfactif qui les prcde est quelquefois trs grand, comme dans \e python. Le corps stri est bien plus petit que dans les sauriens : il est, dans le python^ partag en deux lobules qu'enveloppe , en formant un large ventricule, la membrane de l'hmisphre, qui se dtache en partie de leur face externe. ] Les tuber- cules bijumeaux sont presque globuleux dans beau- coup d'ophidiens , et beaucoup plus petits que les h- misphres, en arrire desquels ils sont situs. [Mais dans le python^ ils sont remarquables, en ce qu'ils sont vritablement au nombre de quatre, et trs sembla- bles ce que l'on voit dans les mammifres. ] 122 IX* LEON. CERVEAU DES ANIMAUX VEBTBES. Le cervelet, dans les serpents, est extrmement petit, aplati j et il a la forme , ou d'an segment de cercle, on d'une lame quadrilatre mince , qui couvre la partie antrieure du quatrime ventricule. [ Dans \es> grenouilles ^ les rainettes, les crapauds^ les pipas ^ les hmisphres sont plus allongs et plus troits que dans les tortues; le lobe olfactif se continue avec leur extrmit antrieure. A l'intrieur de leur ven- tricule se voit un corps stri assez petit. Les tubercules bi jumeaux sont plus grands que dans la tortue proportion des hmisphres. C'est le con- traire dans les salamandres et les tritons^ dont les tu- bercules bijumeaux sont petits, et dont les hmisphres sont presque cylindriques, et aussi larges en avant qu'en arrire, j Le cervelet de ces deux genres de reptiles est aplati , triangulaire, et couch en arrire sur la moelle allon- ge , mais sans couvrir la totalit du quatrime ven- tricule. B. Origine des nerfs. Les nerfs ou plutt les bulbes olfactifs proviennent , comme dans les oiseaux, de l'extrmit antrieure des hmisphres; [sur le bulbe, quelques traits blancs marquent les racines du nerf. Dans la tortue , il y a deux racines de chaque ct : l'une externe, et qui devient bientt suprieure, l'autre interne, et qui passe sous la prcdente pour gagner les narines. ] . Les nerfs optiques semblent tirer leur origine d'une minence commune situe sous le milieu des hmi- sphres, [et qui n'est autre chose que le tuher cine- reutn; mais en poursuivant leur racine latralement ART. \U, CERVEAU DES REPTILES. 123 en arrire du chiasma , on voit que les nerfs optiques sont, comme dans les deux classes prcdentes, la terminaison d'un ruban qui descend de la face sup- rieure des tubercules quadrijumeaux , en croisant les jambes du cerveau. L'oculo-moteur, le pathtique et l'abducteur ne prsentent pas de particularit quant leur origine; mais dans un cerveau de tortue franche^ nous avons pu voir de la manire la plus manifeste un faisceau fibreux qui, parti de la partie infrieure de la moelle allonge et parvenu en avant du point o le corps res- tiforme constitue le cervelet, se recourbe en haut et en dedans , et s'engage entre le cervelet et les tuber- cules quadrijumeaux. Cette disposition fait comprendre clairement comment le nerf pathtique, bien que naissant de la portion suprieure du prolongement crbral, mane cependant de la portion motrice de la moelle (i). Dans les crapauds et les grenouilles ^ la sixime paire s'accole ds son origine la cinquime paire (2). Le trijumeau parat , dans les tortues , compos d'un grand nombre de filets, aussitt qu'il se dtache de la moelle : dans le pipa , ce nerf a galement deux racines bien distinctes , l'une plus forte que l'autre (3). (i) M. Fiacher {Amphibionim nudorum neviologi spcimen primum^ Berolini, i843, in-4) n'a pas trouv la quatrime paire dans les sala- mandres, et croit qu'un filet du rameau nasal du trijumeau en lait les fonctions. (2) M. Fischer, op. cit.j croit avoir observ que dans les grenouilles , non seulement le nerf abducteur s'accole au trijumeau , mais qu'il p- ntre dans son ganglion. (3) Voy. Fischer, op. cit., pi. II, fig. i. 124 X" LEON. CERVE4L' DES ANIMAUX VERTBRS. Les rapports des septime et huitiiiie paires sont les mmes dans les tortues que dans les maimiiifres. Dans les grenouilles et les salamandres , ces deux nerfs paraissent natre d'un tronc commun; dans le ^/^t^c/, cependant, M. Fischer a trouv un filet distinct pour je facial. Peu aprs sa naissance , le facial quitte l'acoustique, et s'accole ou mme s'unit au triju- meau (i) , avec lequel il sort du crne. Le glosso-pharyngien est bien distinct dans les tor- tues ; dans les batraciens , il parat confondu avec 1 o- rigine du pneumo-gastrique, et les filets qui le consti- tuent ne se montrent qu'aprs leur sortie du ganglion du nerf vague. Celui-ci nat par un nombre variable de racines , et il s'accrot, comme dans les deux classes prcdentes, d'un nerf accessoire, ou du spinal. Ce nerf nat , dans les reptiles , vers la premire ou la se- conde paire des nerfs cervicaux , par des racines nom- breuses dans les tortues^ moins nombreuses dans les crocodiles ^ dans les iguanes^ dans Xaniphisbne^ dans les lzards o il a t observ (2). La longueur du quatrime ventricule, et par cons- quent de la moelle allonge, fait que les racines du nerf vague sont loin de la partie postrieure de l'enc- phale, ce qui explique comment des reptiles dcapits peuvent vivre encore pendant longtemps, parce que la section n'a pas intress l'origine de ces nerfs. L'hypoglosse nat , comme l'ordinaire , en arrire et au-dessous du nerf vague. ] (i) M, Fischer dit que dans les greioiiilles le facial s'unit en entier au trijumeau, tandis que dans les salamandres il ne lui envoie qu'un Hlet de communication . (2) Bisrlioff , op. cit.., pi. V. ART. YlII. CERVEAU DES POISSONS. 125 ARTICLE VIII. DU CERVEAU DES POISSCDNS (l). Les diffrents lobes et tubercules qui composent le cerveau des poissons sont placs la file les uns des au- tres , de manire que l'ensemble ne prsente point une masse commune plus ou moins approchante de la forme ovale, mais une espce de double chapelet. Cette comparaison est d'autant plus juste que dans la plupart des espces, ces tubercules sont plus nombreux que dans les animaux dont nous avons parl jusqu' prsent. [ Mais il y a trop de diffrences entre le cerveau des poissons osseux et celui des poissons cartilagineux pour qu'il ne soit pas ncesssaire d'en traiter spar- ment. Nous commencerons par A. Les poissons osseux. Si dans le cerveau des oiseaux et des reptiles on re- trouve assez aisment les parties analogues du cerveau (i) Dans la premire dition, M. Cuvier n'avait pas donn les raisons des analogies qu'il tablissait entre les parties du cerveau des poissons et celles du cerveau des autres classe-. Il appelait hmisphres ce qu'il a de- puis appel lobes creux, et couches optiques ce qu'il a appel les lobes inf- rieurs. Dans son Histoire naturelle des poissons, il a au fond assez peu chang sa premire dtermination des parties, mais il l'a discute, et trouvant toutes les analogies plus o\\ moins contestables, il a prfr se servir des noms nouveaux de lobes creux et de lobes infrieurs. Nous substituerons ces mots dans tous les passages de la premire dition que nous avons conservs. 126 IX^ LEON. CERVEAU DES ANIMAUX VEBTBRS. des mammifres, il n'en est pas de mme du cerveau des poissons osseux; et lorsqu'on voit la discordance des anatomistes sur cette question, on demeure con- vaincu que la poursuite des analogies n'est possible que dans des limites assez troites , et que le cerveau des poissons a subi dans son dveloppement ou dans la position relative de ses parties des modifications pro- fondes. Les variations d'un genre l'autre sont aussi beau- coup plus grandes que dans les trois premires classes. Mais avant d'entrer dans le dtail de ces diffrences, il convient de faire connatre d'une manire gnrale les parties constituantes du cerveau des poissons. 11 y a une partie dont le caractre est incontes- table (i), et qui peut servir de point fixe pour recher- cher les analogues des autres parties : c'est le cervelet, qui, plac en travers sur le haut de la moelle , en joint les deux cts comme ferait un pont. ] Le cervelet est toujours impair; il est plus grand proportion que dans les animaux sang chaud ; il sur- passe mme souvent en volume les hmisphres ou les lobes qu'on peut leur comparer. [ Immdiatement au-devant du cervelet, il y a une paire de lobes dont l'existence est constante; ils sont gnralement de forme ovale , sans circonvolution ap- parente, et contiennent chacun un ventricule commu- niquant avec son congnre, et dont le plancher pr- (i) Cependant Weber l'a mconnue, et a pris pour le cervelet les lobes placs derrire le lobe impair. Celui-ci, qui et notre cervelet, reprsente pour lui les tubercules quadrijumcaux. (^nat, comp. nervi sjmpath.. Leipzig, 1817.) ABT. Vlll. CERVEAU DES POISSONS. 127 sente une saillie analogue aux corps cannels (i). Ils sont forms de deux couches membraneuses, l'une extrieure grise, dont les fibres aboutissent pour la plupart au nerf optique; l'autre intrieure, blanche, dont les fibres diriges transversalement semblent sortir des corps cannels. Sous la vote commune de ces lobes creux^il y a tantt deux, tantt quatre tubercules, qui varient pour la figure et pour les proportions, et qui prsentent une analogie frappante avec les tubercules quadrijumeaux. Le plafond de ce ventricule commun est form par l'union des deux lobes creux sur la ligne mdiane (2). Quelquefois il ne recouvre pas en entier les tubercules de leur cavit, comme on le voit dans la carpe ^ par exemple, o ces tubercules sont trs volumineux. L'union des deux lobes est marque sur la ligne m- diane par des stries transversales trs apparentes dans certaines espces , et qui, dans les harengs^ par exem- ple, forment en arrire un triangle trs marqu; mais dans aucun poisson cette commissure transversale n'est aussi apparente que dans la caipe^ o elle remplit en avant un large espace triangulaire. On la retrouve moins tendue dans d'autres cyprins. Cette commissure (i) M. Gottsche, mdecin Altona , auquel on doit un grand travail sur le cerveau des poissons osseux, considre ce bourrelet saillant comme l'analogue des co.uches optiques et non des corps stris, l'erjleichende anatomie des gehirns der grntenfische. Dans Arcliiv. fur Physiologie ^ etc., de J. Muller. i835, p. 244- (2)M.Gottsche, ^oc.c'it.p. 264, appelle ces lobes creux les lobes opticjueSf et il considre leur ventricule comme re'unissant la lois les deux ven- tricules late'raux et le troisime ventricule. Mais cela ne peut tre, puis- qu'on trouve sur le plancher de ce ventricule l'ouverture du troi- sime , comme nous le dirons plus bas. 128 IX^ LEOIN. CERVEAU DES ANIMAUX VERTBRS. a quelque chose de comparable au corps calleux ^ et M. Gottsche lui donne, en effet, ce nom (i). Sous cette espce de corps calleux est une arte saillante, qui a aussi quelque chose de comparable la vote, et. qui, ne au devant de la commissure antrieure par deux petits piliers contigus , va s'at- tacher, soit en arrire des tubercules intraventricu- laires, soit ces tubercules eux-mmes (q). Y^orphie nous Ta prsente bien dveloppe ; on la retrouve dans les autres brochets^ dans les cyprins^ les du- pe s , etc. Sur le plancher du ventricule des lobes creux, il y a une commissure qui les unit leur partie antrieure. Entre cette comiV|issure et les tubercules contenus dans leur cavit, on voit l'ouverture du troisime ventricule, qui conduit, comme l'ordinaire, l'infundibulum et la glande pituitaire. Plusieurs anatomistes (3) prennent les lobes creux pour les hmisphres du cerveau, d'autres (4) pour les (i) Cuvier, Hist. nat. des poissoiis, p. 421 ; Gottsche, mm. cit.^ p, 263, fij]. 20, 29 , 54 et 55. (2) Cuviei-, ouv. cit., p. 424- Gottsche, loc. cit. M. Gottschen'h- site pas appeler cet appareil la vote, fornix^ comme il appelle la com- missure au-ilessus corps calleux. ~ On ne peut se dissimuler cependant que ces noms communs, donns des parties dont les rapports d'orifjlne et de situation ne sont pas les mmes dans le cerveau des quatre classes , et ces assimilations darrs le dtail, quand Tassinjilation dans l'ensemble n'est pas certaine, ne soient propres produire de la confusion ; mais il y a lieu, en mme temps, de s'tonner que M. Gottsche n'ait pas adopte' le nom S hmisphres pour dsigner les lobes creux, lui qui n'hsite pas y reconnatre un corps calleux , une vote et des couches optiques. (3) Camper, Ebel, MM. Cuvier et Dumril, 1'^ dition, MM. Weber et Fenner. (4) Arsaliy, M. Serres, Desmoulins. ART. Vin. CEUVEAL DES POISSONS. 129 tubercules bijiimeaux des oiseaux et des reptiles. Il y a de fortes raisons pour et contre chacune de ces d- terminations. Les lobes creux donnent naissance par leur surface une partie des fibres du nerf optique, et la glande pinale, lorsqu'elle existe, s'lve au-de- vant d'eux. Cela porterait les regarder comme les analogues des tubercules quadrijumeaux ; mais dans cette hypothse , le troisime ventricule et Tinfun- dibulum subiraient une grave transposition, et se- raient reports en arrire. Que sont aussi dans cette opinion tous ces organes compliqus que contient le ventricule des lobes creux? Pour l'assimilation aux hmisphres , on peut s'ap- puyer sur la complication de la structure de ces lobes; .sur l'existence, leur intrieur, d'un corps cannel d'o part une membrane fibreuse ; sur la position de la commissure antrieure, et sur l'ouverture du troisime ventricule , en arrire de cette commissure ; sur la position des lobes olfactifs au-devant des lobes creux, comme dans les reptiles; enfin sur les tubercules de leur intrieur, c;iii ressemblent, soit par leur rapport avec le cervelet, soit par leur position au-dessus de l'aqueduc de Sylvius , et mme par leur ligure, aux tubercules quadrijumeaux des mammifres et ceux du python parmi les reptiles. Mais dans cette hypothse la glande piuale serait porte en avant , entre les hmisphres et les lobes olfactifs, ce qui constituerait une transposition des connexions non moins grave que dans l'hypothse prcdente (i). (i) M. Nat, Guillot, dans un intressant ouvrage qu'il vient de publier {Exp. nnat. de l'orqanis. du. centre nerv. dans ie> fjuntre rlassf's d'anim. 3. 9 J30 IX* LEON. CKilNKAL Dbt> AiMMAlJV VERTBRS. A quelque dtermination que l'on s'arrte, les lobes que nous tudions prsenteront donc toujours des ca- ractres particuliers qui rendront l'analogie dou- teuse , et il semble ds lors prfrable de les dsigner simplement par le nom de lobes creux (i). ] En avant de ces lobes , les nerfs olfactifs forment vert, , in-4" avec pi., i844) -, lend compte de cette position varie de la glande pinale l'aide d'une supposition ingnieuse. Il croit pouvoir admettre que la lamelle crbrale qui recouvre i'aqueduc de Sylvius, et qui porte les tubercules quadrijumeaux et la glande pinale, a pour son extrmit antrieure un point d'attache qui varie selon les classes d'ani- maux : ainsi cette lame s'attacherait tantt l'une, tantt l'autre des trois masses de matire grise qui, selon l'auteur, reprsentent dans tous les cerveaux les hmisphres , les corps stris et les couches optiques; et ces variations du point d'attache expliqueraient les changements de rap- ports qui s'observent dans les parties iondamentales du cerveau des di- verses classes. (i) Cette impossibilit d'tablir une dtermination qui ne soit pas contestable par de trs bonnes raisons a fini par frapper les anato- mistes ; et sans poursuivre davantage, quant prsent , des analogies qui nous chappent, ils sont rentrs dans la voie patiente de l'observation. C'est ce qu'a fait M. Gottsche dans le grand travail que nous avons dj cit. Cet habilf anatomiste prfre , comme M. Cuvier, attribuer aux lobes qui nous occupent un nom pariiculier, et qui ne dcide pas de leur analogie avec des parties du cerveau des autres classes : seulement il n'adopte pas le nom de lobes creux , par la raison que ce nom n'est pas suffisamment prcis, puisque le cervelet est aussi un lobe creux; il prfre donc le nom de lobes optiques. Mais il y a une bien plus grave objection contre ce dernier nom , c'est qu'il a dj t appliqu aux mmes parties par d autres anatomistes et avec un autre sens: ainsi M. Serres, qui ap- pelle lobes optiques les tubercules quadrijumeaux des mammifres et les tubercules bijumeaux des oiseaux et des reptiles, appelle galement /o6<55 optiques les lobes creux des poissons , parce que pour lui ces lobes creux sont les analogues des tubercules quadrijumeaux ou bijumeaux. Mais il est craindre qu'en adoptant le nom sans adopter l'analogie, comme le font M. Gottsche et quelques auteurs aprs lui, on n'amne dans la des- cription du cerveau des vertbrs une canfusiou trs fcheuse. ART. Vlil. CEliVEAU DES POlSSOiNS. 31 des renflements ou des nuds dont le nombre varie, et qui sont souvent si volumineux que plusieurs au- teurs les ont pris pour le vritable cerveau. [La surface de ces lobes est quelquefois marque de dpressions qui y forment comme des circonvolutions confuses. Ils communiquent gnralement lun avec l'autre par une commissure place leur partie post- rieure (i). Quelquefois il y en a une autre plus ant- rieure ; quelquefois enfin les deux lobes sont enti- ment souds Fun l'autre. Mais les lobes placs en avant de ceux-ci dans quelques genres , au nombre de une ou deux paires , n'ont jamais de commissure. Les anatomistes qui re[>ardeiit les lobes creux comme reprsentant les tubercules quadrijumeaux, prennent la premire paire des lobes antrieurs pour les vritables hmisphres, et les lobes olfactifs ne seraient que les paires places au-devant de celles-ci. Par consquent, les lobes olfactifs n'existeraient pas toujours, ou du moins ils seraient reports l'extrmit du nerf, et ne se trou- veraient plus son origine. On voit que dans cette hypothse la glande pinale occuperait sa place rgu- lire; mais les hmisphres seraient des masses solides et sans ventricule, ce qu'on n'a vu encore dans aucune classe.] En arrire du cervelet sont presque toujours des tu- bercules qui paraissent donner naissance plusieurs paires de ners , et qui sont souvent aussi considrables que les lobes creux. 11 y a quelquefois entre eux un tu- bercule impair qui forme comme un second cervelet. . [Ces lobes, que l'on peut appeller lohes postrieurs ^ (i) Cuvier, Hist. nat. des poissons , 1. 1, p. 426, pi. VI, fig IX. 132 IX* LECOIV. CEFv^EAU DES ArilMALX \ ERTBEES. clilTrent par le nombre et la confi/;>uraioiJ, comme on le verra plus loin. Les classes suprieures n'en offri- raient tout au plus que des vestiges, si Ton voulait adopter Fopinion de ceux qui les ont compars au t nia grise a des frres Wenzel, ou un cordon m- dullaire qui borde le^quatrime ventricule derrire le cervelet; mais ils en seraient dans ce cas un dveloppe- ment prodigieux (i). Ils paraissent surtout en rapport avec le volume du nerf vague. k. la face infrieure du cerveau Aq^ poissons on voit les nerfs olfactifs et les lobes antrieurs auxquels ils tiennent; rentrelacement des nerfs optiques; derrire ceux-ci Finfundibulum, qui s'tend en pointe plus ou moins allonge entre les deux lobes infrieurs (2). Il est partag en deux lvres par une fente longitudinale qui communique dans le troisime ventricule. Aux cts de Finfundibulum et en arrire, sont les deux lobes infrieurs ^ gnralement assez grands , en forme d'ovale ou de rein, et spars de la moelle allonge par un sillon quelquefois profond, lis fournissent des fibres au nerf optique; ils sont le plus souvent pleins , et quelquefois creuss d'un ventricule qui conununique avec le troisime, et avec le ventricule commun des lobes creux. Ces tubercules paraissent propres aux poissons. (1) Guvier. Hist. nat. des poissons, 1. 1, 433. La plupart des anatomistcs ont l'egard les lobes postrieurs comme propres aux poissons. Weber seulement, comme nous l'avons dit, les a piis pour le cervelet. (2) Cette partie, que M. Cnvier appelle rj/uf/j6u/um, M. Gottsclic la de'crit {loc. cit., p. "98 ) sous le nom de irigonum fissiim. Il la regarde avec raison comme l'analogue du ixiher cinerewn et eXespace cribl dans le cerveau de l'homme. ART. VII. CERVEAU DES POISSONS. l33 bieu que quelques anaomistes les aient assimils aux minences mamillaires de Tbomme (i). Les lobes infrieurs s'tendent un peu sous la partie antrieure de la moelle allonge; quand on les sou- lve, on trouve au fond de leur an^^le d'union avec la , moelle une commissure particulire, que M. Gottscbe a dcrite sous le nom de coinmissura ansidata : elle parat, en effet, compose de trois anses fibreuses, se touchant par leur sommet sur la ligne mdiane. L'une de ces anses est longitudinale; elle semble la terminaison largie du sillon antrieur del moelle, et est forme par les deux faisceaux blancs ou les py- ramides qui longent le sillon. I^es deux autres anses solit transversales ; elles sont formes, de chaque ct , par un petit cordon fibreux repli sur lui-mme, et dont les deux chefs, aprs avoir embrass dans leur concavit, prs de la ligne mdiane, le nerf oculaire connnun, pntrent dans l'paisseur du lobe creux en croisant son pdoncule (2). Lne autre commissure, place en avant de l'infun- (1) Dans la i'* dition, MM. Cuvier et Dumril nommaient ces lobes les couches optiques, et disaient : Les couches optiques sont constam- ment situes, comme dans les oiseaux, au-dessous des Iiraisplitres. Elles sont plus petites qu'eux, et contiennent aussi chacune un ventri- cule, n Dans son Histoire naturelle des poissons^ t. I, p. 43i , M. Cuvier n'insiste pas sur cette dteiminalion de la premire dition; mais il re- pouss'e la comparaison avec les e'minences mamillaires qui manquent dans les oiseaux et dans les reptiles, et qui reparatraient ainsi dans les poissons plus grandes que dans les mammifres. J'ai peu vu, dit-il, dans la srie des tres, de ces rsurrections d'orpanes se remontrant subi- lement dans une ciasse, aprs avoir disparu dans une ou deux de celles qui la prcdent dans l'chelle, (2) Tout ce petit appareil de commissure est trs distinct. Les re- cherohfs doivent tre fnites sur le cerveau frais, avec une f;rande atten- 134 X* LEOIN. CERYF.AU DES ANIMAUX VERTBRS. dibuluni, unit i un i'aiitre les neris optiques, et aussi les lobes infrieurs. M. Gottsche la nomme commis- sure transversale de Haller (i). La moelle allonge prsente avec une remarquable constance les mmes parties que la moelle des autres classes. A la face suprieure, deux cordons voisins du sillon mdian, ou les pyramides suprieures; plus en debors , les corps restiformes : dans le maquereau ^ des fibres transverses bien visibles unissent en arrire les deux pyramides postrieures. A la face infrieure, l'o- rigine de la moelle allonge est marque par l'ap- parition, dans son paisseur, d'une forte proportion de substance grise qui se montre au debors. On voit sur la ligne mdiane les pyramides antrieures, et en dehors de celles-ci un ruban blanc qui occupe la place des olives (2), et qui se recourbe bientt en dessus, entre le cervelet et le lobe creux, comme nous tion , et sous l'eau. C'est le seul moyen d'obtenir que les parties extrme- ment pulpeuses de l'encphale obissent aux directions du scalpel. Il faut beaucoup de soin pour ne pas de'tacher l'origine extrmement molle de l'oculo-moteur. M. Gottsche considre cette commissure comme un v- ritable font de Varole^ 11 "y a quelque ressemblance de position, la vrit, mais les cordons qui forment cette commissure ne nous ont paru avoir aucune espce de relation avec le cervelet. (i) Loc. cit.^ p. 442- ^t. Gottsche signale L'oubli o, depuis Haller, les anatomistes ont laiss cette commissure importante. Il remarque , avec raison , que M. Cuvier n'en parle pas dans son Histoire naturelle des poisso7is. Nous la trouvons cependant trs bien reprsente dans plu- sieurs figures du cerveau de la morue, des-ines de la main de M. Cuvier. M. Gottsche dcrit encore, sous le nom de fascia lateralis , un faisceau fibreux qui irait de la cominissura ansulata la commissura transversa Halleri. Nous i'avons pu voir ce faisceau sous le tronc des nerfs oculo- moteur et pathtique qui passent entre le lobe infrieur et le lobe creux. (2) Mecfel f't M. Gbtt?rhe nomment ce faisceau ruhan Je Reil. 4.RT. VIII. CERVEAU DES POISSONS. 135 avons dj vu un faisceau analogue le faire dans la tortue franche. A la naissance de la moelle allonge en dessous, on voit, notamment dans* le maquereau , dans le chaboisseau (^cottus scorpius) et le dorsch [gchis callarias) ^ des fibres blanches transversales qui se runissent en un faisceau qui va s'unir au nerf tri- jumeau (i). Le plancher du quatrime ventricule laisse voir des sillons longitudinaux qui marquent la division des fais- ceaux de la moelle ; les externes se rendent dans les lobes creux , et en forment la lame interne en s pa- nouissant dans le corps cannel ; les faisceaux internes ou mdians se rendent dans les lobes antrieurs. Le quatrime ventricule est quelquefois recouvert, et ses bords sont souvent garnis par les lobes particuliers qui se dveloppent derrire le cervelet, et dont nous parle- rons en dtail plus loin ; de sorte qu'il peut y avoir au- dessus de ce ventricule deux votes superposes , lune fournie par le cervelet , et l'autre par les lobes post* rieurs; quelquefois encore, comme dans le chaboisseau^ dfaut de ces lobes, il y a derrire le cervelet une lame de substance grise qui forme une commissure au-dessus du quatrime ventricule. La glande pinale existe dans tous les poissons (2) sous la forme d'un petit globe de matire grise, trs distinct dans Y anguille et le congre , moins apparent dans d'autres espces, et insr entre les lobes creux et les lobes antrieurs, par deux petits cordons mdul- (i) M. Gottsche croit que quelques tilets vont aussi s'unir au nerf vague, iSous ne l'avons pu voir distinctement. (2) Cuvier, ouv. cit., Gottsclte. Mm. cit.., p. 4'>5. 136 IX* LEO??. CERVEAU DES ANIMAUX YERTBES. laires , soit vasciiiaires, soit membraneux. Souvent, au point d'insertion de ces filets , il y a un petit renfle- ment tuberculeux. La glande pituitaire est galement constante, et, en gnral, plus grande relativement l'encpbale que dans les autres classes. Elle est tantt allonge , comme dans la morue et les antres gades ; tantt ar- rondie, comme ^u^^les poissons plats; quelquefois, comme dans la baudroie , Finfundibulum se prolonge en un filet grle, et la glande pituitaire est fort loin en avant (i). Souvent, enfin, la glande pituitaire est accompagne, et notamment dans les raies , les gades, les pieuronectes , le a/c/optre , les caranx j les tri- gles ^ les murnes^ les gobies ^ d'appendices membra- neux et vasculaires que quelques auteurs ont pris pour une seconde glande (2). ] . Le cerveau des poissons est toujours trs petit pro- portion de leur corps , il ne remplit jamais eniirement la cavit du crne. Mais ce vide entre le crne et le cerveau est beaucoup moindre dans les jeunes sujets que dans les adultes, ce qui prouve que le cerveau ne crot pas dans la mme proportion que le reste de leur corps ;3). \ La description gnrale que nous venons de donner (i) M. Cuvier {Hist. nat. des po'iss.^ l. I, p. 4^4) attribue la mme disposition ['aigrefin^ pout-tre d'oprs M. Serres , qui reprsente, eu effet (oiiv. cit., atlas, fig. i8i , i84) , le cerveau de raigrefin avec un in- funilibulum plu? long encore que dans la baudroie. M. Goltsche affirme cependant fniem. cit., p. 434) q(- >i i'aigrein ni aucun autre gade ne lui ont offert un semblable pdicule la {{lande pituitaire. (?.) M. Gottsche dcrit cet appendice sous le nom de saccus vasculosm. (3) Cuvior. Hist. nat. les poisfi.^ t. I, p. ^7n. ART. VIII. CERVEAU DES POISSOiNS. l37 de i'encpbae des poissons, et qui s'applique princi- palement aux poissons osseux , n en fait encore con- natre que les parties constitiiantes, et Ton n'en aurait pas une ide complte , si nous n'y ajoutions le dtail des diffrences qu'on observe frquemment d'un genre Tautre. Mais nous avons auparavant dire quelques mots B. Des poissons cartilagineux. Leur cerveau , si l'on en excepte les cy clos tomes .^ qui offrent une structure parliculircv prsente beaucoup moins de difficults pour tre rapprocb de celui des reptiles. La paire de lobes qui est en avant du cervelet , ou les lobes creux, sont simplement creuss d'un ven- tricule communiquant avec Faqueduc de Sylvius, et n'ont plus ia structure complique des lobes creux des poissons osseux. Devant ces lobes ,1e cerveau offre im tranglement, et laisse voir non recouverte l'ouverture de Finfundibulum et de l'aqueduc; plus en avant en- core est une paire de lobes , presque en entier sou- ds en un seul , mais cependant creuss d'un petit ven- tricule o pntre de chaque ct un petit plexus chorode , et qui communique par un canal avec les lobuies olfactifs placs plus en avant sur leur ct. On voit donc qu' part la forme souvent trange de ces lobules olfactifs, part surtout la soudure des deux lobes antrieurs, on aurait ici, dans les mmes rela- tions et dans la mme position que dans les reptiles, un cervelet, des tubercules quadrijumeaux creux et surmontant l'aqueduc, des couches optiques rudimen- taires formant Xaditiis ad infundibuluni , des hmi- sphres creux , et dont ia cavit se continue dans les *r- 138 IX' LEON. CEETEAU DES ANIMAUX VERTBRS. lobules olfactifs; mais on voit en mme temps, et sans que nous ayons besoin d y insister , quelles dif- frences il y a entre un cerveau de cartilagineux et un cerveau de poisson osseux, et combien il est diffi- cile d'en comparer sans contestation les diffrentes parties. Si l'on voulait absolument rapprocher les cer- veaux de ces deux classes , on pourrait dire que le cerveau d'un cartilagineux est un cerveau de poisson osseux, auquel il manque la membrane externe des lobes creux , et qui, par suite, montre dcouvert l'in- fundibulum et les tubercules quadrijumeaux de son intrieur (i). Quoi qu'il en soit, et pour mettre de la clart dans l'expos qu'il nous reste faire des diffrences de forme, de proportion et de nombre qu'offrent les par- ties de l'encphale des poissons, nous dsignerons uni- formment par le nom de lobes creux ^ dans les deux sries de poissons, les lobes placs au-devant du cer- velet, et par celui de lobes olfactifs ^ les paires places plus en avant. ] Les cerveaux des diffrentes espces de poissons peuvent diffrer entre eux : premirement , par le (i) M. le professeur Stannius, dans wn travail sur le cerveau de l'es- turgeon {Archives de J. Miller, 1 843* p. 36 ) , compare , comme nous ve- nons de le faire, les lobes creux des cartilagineux, qu'il appelle lobes opti- ques^ aux lobes optiques des oiseaux et des reptiles , c'est--dire aux tuber- cules quadrijumeaux; mais il les croit diffrents' des lobes optiques des poissons osseux. Ce rapprochement doit faire sentir l'inconvnient de donner le mme nom de lobes optiques des parties que l'on regarde comme diffrentes, non seulement d'une classe l'autre, mais dans la mme classe, et on comprendra qu' dfaut du nom iV hmisphres ^ au- quel on peut reprocher d'tre l'expression d'une thoiie contestable , nous prfri(3ns celui de lobes creux^ qui n'expose aucune quivoque. ART. VIII. CERVEAU DES POISSONS. 139 iioiibre et la forme des nuds du nerf olfacti/; deuxi- mement, par le nombre et la forme des minences contenues dans rintrienr des lobes creux; troisime- ment, parla forme du cervelet; quatrimement, par les tubercules situs en arrire du cervelet; l' cinqui- mement, par le volume , la forme et la structure des lobes infrieurs.] Nous allons les examiner sous ces diffrents rapports. i"" Lo es olfactifs, [Leur surface est quelquefois sillonne de circon- volutions, comme dans Y anguille, dans le surmulet, et surtout dans la morue. ] ^ Dans les raies et les squales , ces nuds sont souds ensemble en une seule masse , gnralement plus large que longue , et qui surpasse du double les lobes creux en grandeur. [Cette proportion est plus forte encore dans le requin {Sq. carcharias), o les deux lobes for- ment mie masse globuleuse trs considrable. ] Leur intrieur est entirement form d'une substance m- dullaire homogne, avec une petite cavit sa partie infrieure. De chacune de ses parties latrales dans \es7mes ^ dans le requin., dans d'autres squales, ou de son extrmit antrieure dans la leiche , part le ner olfactif [qni, aprs s'tre plus ou moins aminci, et aprs un trajet plus ou moins long , se renfle encore avant de sortir du crne , en un tubercule de volume et de forme variable , communment loign de son congnre. Dans la leiche., ce second tubercule est ovode et spar du premier par un pdicule court. Dans la grande r^oussetle , qui a le museau obtus, c'est un ganglion semi-luiiaire , qui est plac sur le ct mme 140 TX* LEON. CERVEAU DES ANIMAUX YEIITT^.BES. de la premire paire de lobes, et qui s'en dtache leur paric postrieure, de sorte que le lobe olfactif parat compos de trois lobes ;, un mdian et deux latraux ; chacun des latraux entre en se bifurquant dans la narine, dont il n'est spar que par une cloison mem- braneuse. ] Dans Vesiurgeon , les lobes olfactifs sont allongs , troits. [Il y a une paire de nuds ou tubercules au- devant de la paire principale. Il y a galement deux paires 'de lobes, mais plus larges que longs, dans la 72{/xiue glutinosa et le bdellostoma hexatrema (i).]Les jobes olfactifs sont simples , ovales et plus petits que les creux dans le cydopre et le ttrodoii lune. Le genre gade^ c'est--dire les morues^ les merlans^ les a simples, arrondis. Ils sont mme dans la morue presque aussi grands que les lobes creux. Les labres et tout le genre cyprin , c'est--dire les carpes., les barbeaux ^ les tan-' ches , etc., les ont aussi simples et arrondis ; mais on y voit un sillon lger qui leur donne la forme d'un rein. Dans \es pleuronectes ., les harengs ^ les brochets^ les perches ^ et tout le genre des saumons ., qui comprend les truites et [es perlaiis ^ [dans uranoscope , le spet^ le surn2u/et,\es chabots^ les scorpens^ les phtoches^ les spares^le thon , V espadon , les centronotes^es caranx., les zeus,\e?> coryphnes , les rubans , le uuge , la blennie vii^'ipare^les goies^ les cejitrisques^ les exocets, Veche- neis, Vqudle, les syngnathes ,] il y a deux paires de nuds dont Fantrieure est plus petite que l'au- tre, mais qui n'galentpointle volume des lobes creux; * (i) J. Millier. Uber den bau des gelirorganes bei den cyclostomen. Berlin, in-P, i838, pV 2. ART. Vlir. CEKVEAU DES POISSONS. l4l enfin , dans le genre des anguilles , il y a trois paires de ces nuds, qui vont en diminuant de grosseur com- mencer prs des lobes creux : ce qui fait que leur cer- veau prsente en tout dix tubercules en avant du cer- velet, dont huit suprieurs et deux infrieurs. [La premire paire des lobes olfactifs est plus grande dans \ anguille que les lobes creux. Mais il n'en est pas de mme dans la vice et le maquereau, qui ont aussi deux autres paires de nuds ou tubercules de grandeur d- croissante, en avant de la premire. ] 2" Emi/iences de r intrieur des lobes creux ou hmisphres. a. Les corps cannels ne sont pas sensibles dans les poissons cartilagineux, o Tintrieur du ventricule ne prsente aucune minence. Dans la plupart des autres poissons ils reprsentent deux arcs de cercle, dont la concavit est dirige en dedans, et du bord convexe desquels partent des stries mduilaires trs fines, fjui se prolongent transversalement sur les parois internes du ventriciie. Ces corps cannels sont plus ou moins larges selon les espces. Ils forment deux ovales saillants dsins\e merlan. Leur extrmit antrieure se rapproche davantage de la ligne moyenne que la postrieure. Un peu plus en avant qu'eux est la commissure an- trieure du cerveau. Entre eux est un sillon qui con- duit dans le troisime ventricule. La portion suprieure de chaque hmisphre n'est , comme dans les autres animaux vertbrs, qu'un appendice de ces corps can- nels, qui se recourbe en dessus pour former une vote. * h. Les tubercules senjblables aux quadrijumeaux 142 IX'^ LEON. CERVEAU DES AN5AUX VERTBRS. n'existent pas dans les poissons cartilagineux. Dans les anguilles , dans le congre , dans les gades , il n'y en a qu'une seule paire qui forme une niinence demi- ovale en avant du cervelet entre les extrmits post- rieures des corps cannels. Mais le trs grand nombre des poissons osseux, notamment les Z^/'oc/^'/i^, les truites et saumons^ \es perches , \e?> clapes ^ les ttrodon ^ les ^/Yij^/^j', en ont deux paires, qui forment quatre petits tubercules arrondis, dont les postrieurs sont un peu plus gros. Dans le genre des carpes il y a aussi quatre tuber- cules, mais trs ingaux : les postrieurs sont petits et arrondis ; les antrieurs sont extrmement allongs en forme de cylindres , et se recourbent en dehors et en arrire pour suivre la courbure des ventricules latraux dont ils remplissent toute la capacit. Leur face pos- trieure est marque d'un sillon longitudinal. [Dans le maquereau^ c'est la paire postrieure qui est la plus grande; elle se courbe en avant , et est marque d'une ligne longitudinale qui lui donne Faspect d'une anse intestinale. Cetaspecl est bien plus marqu encore dans le thon ^ o, au lieu de tubercules, on voit une masse divise en trois lobes, qui eux-mmes ont chacun un sillon, en sorte qu'elle reprsente un cylindre qui aurait six replis (i ) . ] 3 Cervelet. Le cervelet des poissons ne recouvre pas seulement (i) Cette disposition est reprsente dans une figure du cerveau du thon, publie par M. J. Miiller dans son Mmoire sur les cyclostoraes , d'aprs un dessin de la raiia de M. Cuvier. AKT. Vlll. CERVEAU DES POISSONS. l43 le quatrime ventriciiie : cette cavit s'lve aussi dans sa substance. li est tantt arrondi, et tantt plus ou moins approchant de la forme conique. Dans ce cas, on voit, comme dans la perche^ la. mo/'ue ^ la carpe ^ sa pointe se recourber un peu en arrire, et lui donner la forme d\ui bonneli phrygien; [d'autres fois comme dans le maquereau y le silurus glajiis ^Vecheneisy le thon, le sommet du cervelet se recourbe en avant, et recouvre tout ou partie des lobes creux. Dans le thon, son dveloppement est si considrable, qu'il se porte en avant sur les lobes creux et les lobes ol- factifs jusqu' l'extrmit antrieure de ceux-ci. Sa lar- geur est un peu moindre aue la moiti de sa longueur. Dans les cartilagineux, le cervelet prend es formes et des volumes trs diffrents. Il est grand et semblable un cervelet d'oiseau dans le requui; ovode dans la roussette et la leichc ; ovale, lob et aussi trs volumineux dans les raies ; d'autres fois , comme dans les esturgeons et le^ latnproies^'A est rduit une barre transversale. Le plus ordinairement le cervelet des poissons est lisse. Cependant celui du requin carcharias est partag par des sillons transversaux rapprochs et de profon- deur ingale tout--fait comparables ceux des oiseaux. Il y a aussi dessillons transversaux dans le cervelet du thon^ mais bien moins nombreux et moins profonds. On \xe voit dans l'intrieur du cervelet d'autres vestiges d'arbre de vie que quelques lignes blanchtres, four- nies par un axe mdullaire qui envoie des ramuscules de mme nature dans la matire corticale(i). (i) Cuvier. Jhl. nat. des poissoua^ t. I, p. 423. 144 IX* LEON. CERVEAU DES ANIMAUX VERTBRS. 4" TuhevQides situs en arrire du cervelet. Ces tuiDercules sont propres aux poissons , moins qu'on ne les regarde comme tenant la place des mi- nences olivaires (i). [Les varits de leurs formes, de leurs proportions et de leurs connexions sont trs nombreuses. Dans les raies ^ les squales , Vesturgeon^ ce sont des cordons qui prolongent de chaque cot le bord libre du cervelet, en se repliant sur eux-mmes d'avant en arrire, pour * border le quatrime ventricule. Dans la plupart des poissons, ce sont deux tubercules ou renflements des cts de la moelle derrire le cer- velet, lesquels se touchent par quelque point ou s'u- nissent par une commissure, et forment ainsi sous le cer- velet une seconde vote pour le quatrime ventricide. j Lac^i/peles a aussi grands que les lobes creux, en forme de reins , et entre eux un gros tubercule arrondi qu'on pourrait nommer second cervelet, mais qui tient im- mdiatement la partie dorsale de la moelle allonge , et qui ne renferme aucun ventricule. [On y distingue deux bosselures en avant^, et leurs parties latrales sont stries transversalement. Dans \Qsurniulety les lobes postrieurs sont aussi trs grands , et leur surface est sillonne par des circonvo- lutions. ] Dans le merlan et la inorue, ils sont ovales, placs tout--fait au-dessus de la moelle; il en est peu prs de mme dans Y anguille et le congre. Ces parties sont peu sensibles dans les brochets ., les () Voyez ci-dessus, p. i3i. w ART. VIII. CEHVEAU DES POISSONS. 145 truites ^ les saumons et les perches [mais dans les irigles ^ le nombre des renflements va jusqu' cinq de chaque ct, et ils forment comme un chapelet de tubercules arrondis, qui gale presque en longueur le reste de lencphale. La deuxime paire de nerfs spi- naux sort du dernier de ces tubercules (i). ] 5 Lobes infrieurs. [Ces lobes paraissent propres aux poissons; ils existent dans tous. Ils sont assez grands, en forme d'o- vale ou de rein; tantt pleins, comme dans la vive ^ Xuranoscope ^ la scorpne, Y espadon ^ la mle-, tantt creuss d'un ventricule, comme dans les perches ^ le surmulet , le thon , le maquereau ^ les trigles , les ca-^ ranx ^ les gobies , les cyprins^ les saumons ^ les p/eu- ronectes, les syngnathes ^ les raies, et les squales. Ce ventricule communique avec le troisime, et par son intermdiaire avec le ventricule commun des lobes creux. Quelquefois, comme dans le surmulet et le re- quin, les lobes infrieurs ont leur surface sillonne ou lobe. Dans {'esturgeon , ils paraissent runis en un seul (2).] 6^ Origine des nerfs. Dans les poissons , les nerfs olfactifs ne sont que la continuation des nuds placs en avant des lobes creux. [Ils sortent de la partie infrieure du lobe ol- factif, et sont en relation avec la commissure trans- verse de ces lobes. Ils varient pour leur grosseur et leur (1) Cuvier Hist. nat. des poissons ^ t. I, p. 4^2. (i) 8tannius. Mm. cit., p. 3^. 3. 10 146 IX* LEOIN. CEUVEAU DES AiNlMAUX VERTEBRES. composition ; quelquefois trs frns et comme capillaires; d'autres fois trs f>ros, et en mme temps nci formant qu im seul cordon; d autres fois, enfin, composs de filets runis en deux , trois faisceaux ou plus.Quands ils ne se renflent pas leur sortie du lobe olfactif, ils offrent, comme dans la carpe ^ un renflement ganglionnaire leur extrmit , avant de percer la membrane pitui- taire.] Le trajet qu'ils parcourent avant d'arriver aux narines est souvent trs long. Les nerfs optiques naissent par plusieurs origines. La principale est forme par les fibres de la couche extrieure cls lobes creux. Ils en reoivent aussi du lobe infrieur (i) ; d'autres de la moelle allonge; d'autres enfin du lobe antrieur, comme on le voit dans les raies (2).] Ces nerfs sont trs gros, et composs, tantt de plusieurs filets distincts , tantt d'un seul ru- ban aplati , qui est quelquefois pliss longitudinalement sur lui-mme pour remplir le tube que lui donne la dure- mre. Ils se croisent sans se confondre, en sorte qu'on voit clairement [dans la plupart des poissons] que celui du ct gaucbe se rend l'il droit, et rcipro- quement. [Mais dans les raies ^ les nerfs optiques sont unis au point que leur croisement est aussi problma- tique que dans les mammifres (3). Dans le hareng , le jQcrf optique gaucbe traverse le droit dans son pais- seur pour le croiser. '*4^ (i) M. Gottscbe met en doute cette communication du nerf optique avec les lobes infrieurs, qu'il n'a pu ubserver. INous la trouvons i-epr- sente de la faon la plus vidente dans des dessins du cerveau de la morue, faiis de la main de M. (^uvier. (2) Cuvier. Hist. nat. des poisi., f. 1, p. 423. (3) Cuvier. IJist. naU des poissons ) (. I, p. 435. . i. AfiT. MU. CEliVEAL DliS POISSOINS. 147 Nous avons dj parl de la sortie de la troisime paire, dausFanse de la commissura ansulata^ prs de la ligne mdiane , et au point d'union de la moelle al- longe avec le lobe infrieur; la f|uatrime paire nat entre le cervelet et les lobes creux, quelquefois un peu sur le ct. Nous avons indiqu le faisceau infrieur de la moelle , qui remonte vers cette origine. Ces deux paires, ainsi que la sixime , manquent en- tirement dans les myxindides , selon M. J . Millier. ] Le nerf de la cinquime paire a son origine si prs de celle du nerf acoustique, qu'il semble n'en former qu'un seul avec lui. [Il nat sur le ct du quatrime ventricule , tout prs de la partie antrieure des lobes postrieurs. Dans les squales ^ les deux branches d'o- rigine, l'une suprieure, lautre infrieure, sont re- marquablement distinctes; dans la leiche surtout, o Je quatrime ventricule est trs allong, et les origines des nerfs trs cartes l'une de l'autre, la racine sup- rieure du trijumeau sort sous la forme d'iuie grosse branche arrondie du cordon suprieur de la moelle. Nous avons dj parl du petit trousseau de fibres transverses que reoit ce nerf de la face infrieure de la moelle allonge. La sixime paire , fort grle, nat, comme l'ordi- naire, la face infrieure de la moelle allonge, prs 4e la ligne mdiane, et peu prs entr les racines de la cincpiirae. Nous avons dit que la huitime paire , ou l'acous- tique, nat si prs de la cinquime, que ces nerfs semblent n'avoir qu'une origine commune. Dans l'animal frais, cependant, on distingue les cordons propres chacun d'eux. La division de laoustique en deux branche;^. 148 IX LEOiV. CERVEAU DES ANIMUX VERTBRS. au moment de son origine, comme on le voit dans la morue ^ a fait admettre par plusieurs auteurs tin nerf accessoire de l'auditif. ] Le facial est en revanche trs distinct du nerf acous- tique (i). [ li est trs fin son origine. On le voit, dans la morue ^ natre la face infrieure de la moelle, et plus loin, en arrire, que l'acoustique. On le reconnat son trajet travers l'oreille , et sa sortie sur la joue pour s'unira la cinquime paire. Dans les squales^ son origine est galement tj.'s distincte entre l'acoustique et le vague. ] Le nerf vague est trs gros. [Il nat des cts de la moelle par plusieurs filets sortant sur une ligne longitudinale sous les lobes de derrire le cervelet, et qui s'unissent bientt en un ganglion avant de se sub- diviser. Souvent, comme dans la morue ^ le filet le plus an- trieur est un peu plus en avant et un peu plus haut que les autres, auxquels il s'unit aprs un court trajet. C'est l'analogue du glosso-pharyngien. Dans la leiche , parmi les squales , le mme filet se distingue , par son volume, de tous ceux qui le suivent et qui forment par leur ru- (i) M. Cuvier, qui s'exprimait ainsi, et avec raison, clans la premire dition de cet ouvrage, ne parle cependant pas du facial dans le chap. V de son Histoire naturelle des poissons , t. I, p. 436. Mais la poge f\^o du mme volume, il en fait remplir les fonctions par une branclie de la cin- quime paire, qu'il appelle branche operculaire. Dichner, dans son M- moire sur le sytme nerveux du barbeau; Mm. de la soc. d'hisl. nat. de Stras- bourg ., t. Il, ne dit rien non plus du facial. M. Cottscie, mem. cit., p. 477, dit qu'il n'existe jtas. il nous parat cependant en faire mention, mais ne pas le distinguer du glosso-pharvngicn. L'extrme rapproche- ment des trijumeau et vague leur origine, dans beaucoup de poissons osseux, fait que le facal ne se distingue pas aisment de l'un ou de J'autre, et explique cette divergence dans les opinions des anatomistcs. ART. X. CERVEAU DES QUATRE CLASSES. H9 nion le ijerf va.oue proprement dit. Enfin, derrire ce- lui-ci, nn filet trs distinct dans Va/ige et dans la ieiche, et qui nat de la moelie par sept ou huit radicules, dont la dernire et la plus longue se recourbe en anse, vient s'accoler au nerf vague pour sortir avec lui du crne. Il reprsente clairement l'accessoire de Wil- lis (i). Nous avons retrouv le mme filet, mais plus grle, dans la grande roussette. Le dernier des nerfs du crne, ou l'hypoglosse, nat de la moelle allonge par deux racines (2); l'une suprieure plus grle, Tautre infrieure, et il sort, comme l'ordinaire, par un trou de l'occipital. ] ARTICLE IX. RSUM DES CARACTRES PROPRES AUX CERVEAUX DES QUATRE CLASSES d'aNIMAUX VERTBRS (3). De l'examen que nous venons de faire , il rsulte : i*" Que le caractre qui distiugue le cerveau des mammifres d'avec celui des autres animaux vertbrs consiste : (i) M. Cuvier ne parle pas fie l'acressoiie. M^I. Weber {de aiire et oiiditu^ et Bisclioff ( liUMii. cit., p. 5i ) l'ont mconnu, lis dcrivent C(jmme l*acce:Soire un nerf qui ne mrite videmment pas ce nom, car ils lui donnent des origines toutes diffrentes de celles de l'accessoire dans les autres classes, et le font venir, entre autres, de la cinquime et de la liuitime paire, et mme de l'acoustique. (2) BLichner, ^lm. cit., p. 28. (3) Nous croyons devoir leproduire en note les anciens paragrapnes de cet article qui n'ont pu tre conservs dans le texte, puisqu'ils taient fonds sur des dterminations eirones.Ces paragraphes ont encore au- jourd'Jiui une valeur historique, en faisant connatre l'tal de la science l'poque o parut la ])remire dition. 150 IX* LEON. CER\^AU DES ANMA^X VERTEBRES. a. Dans l'existence du corps calleux, de la vote , des cornes d'Ammon et du pont de Varole ; b. (i) Dans les lignes alternativement grises et blan- ches de l'intrieur des corps cannels ; c. Dans Tabsence de tout ventricule aux tubercules quadrijumeaux; cl. [Dans l'existence de lobes latraux au cervelet.] ^f Le caractre propre du cerveau des oiseaux consiste : a. Dans la cloison mince et rayonnante qui ferme chaque ventriciile antrieur du ct interne; b. [Dans la position des tubercules quadrijumeaux sous la base du cerveau ; c. Dans la grande uniformit de sa structure dans les diffrents ordres. ] 3 Le caractre propre du cerveau des reptiles con- siste : a. (2) Dans la position des tubercules quadrijumeaux derrire les hmisphres; b. [ Dans la petitesse du cervelet. 4 Le caractre propre du cerveau des poissons cartilagineux consiste : a. Dans la soudure de la premire paire de lobes olfactifs; h. Dans Tabsence de tubercules l'intrieur des lobes creux.] (i) Premire dition, b. Dans la position des tubercules cjuadrijumeaux sur l'aqueduc de Sylvius. c. Dans l'absence de tout ventricule aux couches optiques^ et dans la position de ces couches en dedans des hmisphh'es. (2) Premire dition, a. Dans la position des couches optiques der- rire^ etc. ABT. IX. CET\VE4U DES QUATRE CLASSES. 151 5 Le caractre propre d cerveau des poissons osseux consiste : [Si l'on assimile les lobes creux aux tubercules qua- drijumeaux : <2. Dans des hmisphres sans ventricule ; h. Dans des tubercules quadrijumeaux d'une struc- ture trs complique ; c. Dans la position de Yaditus ad infiindibidum l'intrieur del cavit des tubercules quadrijumeaux Si l'on assimile les lobes creux aux hmisphres (i) a. Dans la position de la glande pinale , en avant des hmisphres; b. Dans la position des tubercules quadrijumeaux l'intrieur du ventricule commun des hmisphres. Quelle que soit l'assimilation que l'on adopte, le cer veau des poissons se distinguera toujours : a. Parla paire de lobes de la face infrieure ;] b. Par les nuds du nerf olfactif et les tubercules situs en arrire du cervelet ; c. [Parles grandes diversits de structure qu'il pr- sente d'une famille l'autre.] 6 Les trois dernires classes ont en commun les ca- ractres suivants, par lesquels elles se distinguent de la premire : a. Ni corps calleux (2), ni vote, ni leurs dpen- dances ; (i) C'est cette dernire assimilation quenous adopterons pour la suite du rsum qui nous occupe. {') Cela n'est exact que dans l'hypolise o l'on appelle h&misplires dans les poissons osseux les premiers lobes olfactifs. Dans l'autre hypo- thse au contraire les poissons ont leurs hmisphres unis sur la ligne 152 IX* LEON. CERCEAU DES ANIMA.UX YEBTFBRS. b. (i) Des ventricules dans les tubercules quadri- jumeaux ; c. L'absence de tout pont de Varole. 7 (2) [Les oiseaux et les reptiles ont certains carac- tres communs : a. La petitesse de leurs couches optiques ; b. L'absence de protubrances mamillaiies la base du cerveau et de tout or^^ane qui les remplace. ] 8 Les poissons et les reptiles ont en commun, pour caractre qui les distin^jue des deux premires classes, l'absence de l'arbre de vie dans le cervelet (3). 9 Tous les animaux vertbrs ont en commun les choses suivantes : a. La division principale en hmisphres, couches optiques, tubercules quadrijumeaux, et cervelet ; b. Les deux ventricules antrieurs pairs, le troisime et le quatrime impairs, l'aqueduc de Sylvius, Fin- fundibulnm, la communication ouverte entre toutes ces cavits; mdiane par une commissure romparal)le au rorps ealleu\. Voy. ri-dessus p. 127. (1) Premire dition, h. Des tuhftcuh.s />lus ou nwinz.s- , les cottes , elle est ponctue de noir ; dans d'autres , comme les brocliets ^ \ orphie^ la perche^ elle a un brillant mtallique.] h. La membrane <:7r<267z/zof/e a t nomme ainsi par rapport sa texture extrmement dlicate et transpa- rente, qui l'a fait comparer aune toile d'araigne. [Elle est de la nature des membrane s sreuses, et par cons- quent toujours en contact avec elle-mme par l'une de ses faces , tandis que par l'autre elle est en contact avec la dure et la pie-mre. De son feuillet externe, elle tapisse toute la cavit de la dure-mre et ses replis, et lui donne cet aspect lisse et brillant dont il est question plus haut; de son feuillet interne] elle enveloppe la pie-mre; mais elle ne s'enfonce pas avec elle dans les ART. X. ENVELOPPES U CERVEAU. 157 sillons du cerveau ; elle est tendue au-dessus de ces en- foncements et forme l comme un pont, l'exception cependant des endroits dans lesquels se prolonge la membrane interne de la dure-mere; elle forme un vaste entonnoir dans lequel est reue la moelle pi- nire. Ce sac parat natre dans l'homme immdiate- ment au-dessous de l'origine des nerfs optiques. Dans les vertbrs sang froid, chez lesquels, comme nous l'avons dj dit, le cerveau ne remplit pas toute la cavit du crne, beaucoup prs, rarachnode est remplace par une cellulosit lche qui occupe tout l'espace compris entre la dure et la pie-mre, et elle est ordinairement abreuve d'une humeur de consistance dgele, comme dans les poissons cartilagineux, et quelquefois sanguinolente. Dans Xb. carpe ^ et dans le muge et le saumon , cette humeur ressemble une cume huileuse. [Dans Vesturgeon et le thon, c'est une graisse assez compacte.] c. La /y/e-zr/A"^ est la membrane qui enveloppe im- mdiatement la substance du cerveau; elle s'enfonce dans tous les sillons qui sont tracs sur sa surface et qui en forment les circonvolutions. Elle parat com- pose de vaisseaux sanguins; mais cependant les ar- tres et les veines ne font que la pntrer. On a remar- qu qu'elle est beaucoup plus solide, et qu'elle a un plus grand nombre de vaisseaux sur les endroits o elle ne recouvre que la substance grise du cerveau, que dans ceux o elle enveloppe la substance mdullaire et les nerfs : elle suit aussi la moelle vertbrale, qu'elle enveloppe; elle |)ntre dans plusieurs ventricules, mais elle ue s'attache point leurs parois; icle Hotte dans leur intrieur en y supportant les vaisseaux: on 158 IX* LEON. CERVEAU DES ANiMAUX VETBRS. nomme les prolongemeiits qu'elle y forme plexus cho- roidiens. Les replis de la pie-mre, qui pntrent dans les cir- convolutions, SOUL attachs la substance du cerveau par une celkiiosit fine qui parat tre produite par des vaisseaux sanguins d'une tnuit extrme. Le plus grand des prolongements de la pie-mre se trouve, chez les mammifres, dans la partie des ventri- cules antrieurs qui correspond au-dessous de la vote et au dessus des couches optiques. C'est une toile vas- culeuse replie sur elle-mme , et formant une espce de cordon. Lorsqu elle est tendue, on lui trouve une forme peu prs triangulaire. Les vaisseaux qui la pntrent sont entrelacs d'une manire bien plus serre sur les bords de cette toile : ce sont eux qu'on dsigne plus particulirement sous le nom de plexus chorodes. Il y a encore un plexus peu prs semblable au milieu de la face infrieure de cette toile, et positivement sur Touverture du troisime ventricule. Dans les oiseaux, il y a deux bandes troites qui pntrent dans les ventricules et qui en occupent toute la longueur. Il y a bien une disposition analogue dansles poissons; mais l le plexus adhre aux parois des ventricules et n'y flotte point. [Dans les tortues, les plexus chorodes sont assez volumineux, et lorsqu'on les dveloppe , iis ont l'appa;- rence de folioles l'extrmit de leurs ramnscues ( i ),] On trouve deux autres prolongements de la pie-mre dans le quatrime ventricule situ sous le cervelet, un (i) Vay. Bojanus, Anat. test, europ.^ pi, XXI, Hg. 91. ABT. XI. VAISSEAUX DU CEflVEAU. 159 pour chaque ct. Ils sont libres et sans adhrence bien marque : il n'y en a pas dans les oiseaux [ mais ils sont extrmement considrables dans les tortues, o ils conq)ltentle plafond du quatrime ventricule, comme nous l'avons dit plus haut. Dans quelques reptiles, la pie-mre a une coloration bruntre; dans le muge^ parmi les poissons, elle est d une couleur orange. Il y a toujours entre la pie-mre et l'arachuode , dans la cavit du crne et dans celle du rachis , un li- quide que l'on nomme liquide crbro-spinal, et dont nous parlerons l'article de la moelle pinire, ] ARTICLE X. DES VAISSEAUX DU CERVEAU. Dans l'homme, six artres principales se rendent dans le crne , trois de chaque ct; l'une se distribue dans la dure-mre, on la nomme artre sphno-pineuse ; les deux autres se divisent dans le cerveau , on les dsi- gne sous le nom de carotides internes et de vertbrale. L'artre sphno-pineuse ou mninge moyenne est une branche de la maxillaire interne qui pntre dans le crne par le trou pineux de l'os sphnode. Parve- nue dans l'intrieur du crne , elle monte vers la face interne de l'os parital ; elle se divise l dans l'paisseur de la dure^mre , en un grand nombre de ramifications qui s'anastomosent entre elles, et que l'on a compares, dans l'homme , aux nervures d'une feuille de figuier. Cette disposition est la mme dans tous les autres mammifres. La carotide interne sort du conduit osseux de 1 os 160 IX* LEON. CEJiVEU DES ANIMAUX VERTEBHS. temporal, rampe quelque temps dans lepaisseur del dnre-iire, o elle baigne dans le sang veineux con- tenu dans le sinus caverneux ; elle pntre enfin dans le crne, derrire les apophyses clinodes antrieures : on la nomme alors artre crbrale. Elle donne l plusieurs ramuscues qui se distribuent aux parties voisines, et toujours en arrire un gros rameau qui va s'unir au tronc des artres vertbrales, et quon nomme artre communicante. Deux petits rameaux qui vont se rendre au plexus cborode naissent ordinairement de l'artre crbrale lorsqu'elle a fourni la communicante, f^e tronc se bi- furque ensuite. L'une des branches se porte en devant au-dessus du corps calleux , ce qui la fait appeler artre calleuse ; elle fournit ^ ainsi que toutes les autres bran- ches , beaucoup de ramuscues aux parties voisines. L'autre branche est un peu plus grosse que l'antrieure ; elle se porte en dehors la surface des hmisphres dans l'paisseur de la pie-mre et dans la scissure de Sylvius , o elle se divise et se subdivise l'infini pour pntrer par des artrioles extrmement dlicates dans la substance mme du cerveau. Les artres vertbrales ^ aprs de nombreuses in- flexions dans le canal form par les trous dont sont per- ces les apophyses transverses des cinq vertbres inter- mdiaires du col, arrivent dans le crne par le grand trou occipital; elles se portent en devant dans la fosse basilaire de l'os occipital; elles s'unissent l pour ne former qu'un tronc commun, nomm artre basilaire; mais elles donnent auparavant deux branches de chaque ct au pont de Varole: celles-ci se ramifient ia face infrieure du cervelet. L une des ramifications Ara. \J. VAISSEAUX ni cBV?;ai:. 16i porte le nom Aq spinale postrieure . parce qu'elle p- ntre dans le quatrime ventricule, et qu'elle suit en arrire la moelle pinire jusqu' la hauteur des vert- bres lombaires. Des mmes artres vertbrales provien- nent les spinales antrieuj es ^ qui se runissent vers les nerfs grands hypoglosses en un tronc unique, lequel descend dans le canal vertbral au-devant de la moelle pinire jusqu'au sacrum , en donnant beaucoup de pe- tites branches qui s anastomosent avec d'autres artres. Le tronc basiiaire se bifurque de nouveau pourpro- duire les artres suprieures du cervelet situes entre le cerveau et le cervelet, et de plus les artres cornnium, cantes , qui, comme nous l'avons vu , s'unissent aux carotides. Les veines du cerveau ne forment point de gros tronc ; elles dbouchent dans des conduits d'une structure particulire, nomms sinus. Ils sont forms par des duplicatures de la dure-mre, colls aux os par une cellulosit paisse, et munis dans leur intrieur de tissu cellulaire et de brides ligamenteuses. Les veines s'y insrent d'une manire contraire au cours du sang. Tje but de cette organisation parat tre d'empcher le rellux du sang veineux, qui pourrait comprimer le cerveau Tous les sinus dgorgent le sang qu'ils contiennent, soit directement , soit mdiatement, dans une sorte de dilatation, qu'on nomme ^o^ des jugulaires. Ce golfe est situ au-dessus du trou dchir postrieur, par le- quel la veine sort du crne. IjCS sinus de l'homme ^ouiIq longitudinal postrieur^ qui rgne le long du bord convexe de la faux ; le longitu- dinal infrieur^iw sur son bord concave; le droite qui 3. 11 }&1 ix'^ !,K(:Oi\. i!hveaH ohs animaux vekthks. de l'extrmit postrieure du prcdent va s'aboucher avec l'un ou l'autre des sinus latraux. Gux-ci se distin- piient en droit et en pauche ; l'un reoit ordinairement lui seul le sang du sinus lon^^itudinal suprieur; Tautre reoit aussi le plus ordinairemirit celui qui est contenu dans le sinus droit. Ils suivent chacun de leur ct le sillon trac entre le cei'veau etle cervelet la base du rocher; ils descendent' et suivent son bord postrieiir jusqu'au goKe des pigulaires. Jie sinus circulaire de la selle sphno'idale entoure la glande pituitaire; il se dcharge dans deux grands rservoirs situs sur ies cts de Ja selle, uov[\\x\^ siius caveriieux\ au milieu desquels baignent dans le sang l'artre carotide et plusieurs paires de nerfs. On ^oi\\\x\^ ptreux infrieur iih conduit veineux qiii v,a du sinus caverneux au golfe des jiigitlaires; enfin, Ton a dsign, sous le nom de sinus j^treux suprieur., uu^ autre petit conduit qui suit l'angle saillant du rocher et qui dbouche dans le sinus droit. Les vaisseaux sanguins de l'intrieur du crn des mamniiferes ne diffrent de ceux de l'homme que par leur jiosition. Nous avons indqif',da'n's la huitime leon , les cavits de l'intrieui- du crne et les sillons qui y sont tracs. Ces sillons tant les traces des vaisseaux indiquent jusqu' un certain point leur position. Ainsi, d'aprs la description du canal cartidien, dirfrii pi- neux et du trou vertbral^ on voit les points desquels par*tent les artres. Quant celles du cerveau, elles' sont peu prs disposes comnife celles de l'homme , mais elles suivent d'autres cotirbu^V dtNiiiies par les formes des lobe.''-. ,,Gcpeiidaiit il' estr un / ,; . ; vDans les oiseaux, la carotide, aussitt qu'elle, a p^-, Rtr dai3s e. crne, se;. partage en deux branches, l'une antrieure, l'autre postrieure., , L'antrie'jre croise le oeroptique.au pointouiUp d- gage du tubercule bi jumeau; puis elle donne une bran- che qui remonte entre ce tubercule et Thmisphre; en- suite elle fournit l'artre opbthalmique, qui vient, en se (r) Voy. encore ifc- t.V, j. ! 36 , de cette eujtiou , -U d^;](-t , ou de phi grec ma- jeur^ accompagn de deux moitis de cercle accoles en sens oppos o(l>c. Le rameau continue encore de se porter en avant la hauteur des nerfs de la liuitime paire; il s'en dtache l de nouveau deux troncs qui, venant se rejoindre, font le commencement du vais- seau moyen, dont nous avons parl plusieurs lois, et qui finit par former l'artre spinale en suivant ainsi toute la ligne infrieure du cerveau. Le rameau ant- rieur , continuant de se porter en avant, fournit beau- coup de petites artrioles au cerveau ; il passe sous l'origine du nerf de la cinquime paire; et, enfin, ar- riv sous le tubercule olfactif, il s'y panouit en patte d'oie et l'environne de toutes parts. Tels sont les rameaux principaux de l'encphale des poissons, fiCs vaisseaux veineux sont aus^i fort nonir 168 1\' LrOIS. CERVEAU DES AMMAIX VEllTSRS. breux, et ranipejit dans la graisse ou la liqueur mu- queuse dont est envelopp le cerveau. ARTICf.E XII. DE LA MOELLE PINIRE. Le prolongement de l'encphale , qui sort du crne par le grand trou occipital, a t nomm la moelle pi- nicre. Elle parat produite, ainsi que nous l'avons vu, par l'union des appendices mdullaires du cerveau et du cervelet (i). Ce prolongement mdullaire est pres- que cylindrique , un peu comprim; il semble form de deux cordons spars entre eux par deux sillons mdians, Tun du ct du corps de la vertbre, et l'autre du ct de son apophyse pineuse. La grosseur de la moelle vertbrale varie dans les diffrents points du canal qu'elle parcourt. En gnral^ le canal des vertbres est d'un plus grand diamtre dans la partie infrieure du col; c'est aussi dans cet endroit que la moelle piaire est plus grosse [ (i) Aujourd'hui les anatomistes if^^ardent conjmunment l'eucpliale comme rsultant du dt'veloppement de la moelle ('pinire. C'est le cas de rappeler ici ces paroL'S de M. Guvier : Il y a dans toutes ces discussions beaucoup de diHicults qui nai&sent de l'abus des expressions figures. Ainsi , lorsOjU on a dit que le cerveau est une production , une etflorrscence de la moelle, ou la moelle une continuation du cerveau, on s'est expos tre facilement ri'ut par ceux qui prennent ces termes au pied de la lettre. Je devrais dire mme qu'en les prenant ainsi, on s'est donne' pour les ri'l'uter vme peine trs inutile. Les auteurs ne voulaiei.t exprimer que i\e$ rapports de iiaiiun , de connexion, et non pas d'extraction. Ainsi , lorsqu'on dit que les artres naissent ou sortent du coiur, on ne pn''- tend pas que primitivement elles aient t' dans 1(^ cur, qu'il les ail mises, etc. f> (' Rapport sur les travaux A. Dans homme. Sortie du crne par le trou rond de Fos sphnode, cette branche fournit presque aussitt un petit filet , le rameau orbitaire , qui entre dans l'orbite par la fente infrieure de cette fosse. Ce filet s'unit avec un autre qui appartient au nerf lacrymal, puis il fournit des ramuscules qui se rendent la glande lacrymale et l'angle interne de la paupire suprieure; d'autres pas- sent, ainsi que nous l'avons indiqu, dans un petit canal de l'os de la pommette pour s'panouir sur la joue , en s'anastomosant avec le nerf facial et le sous-orbitaire , et en arrire avec des filets temporaux du maxillaire infrieur. J^a branche uiaxiiiaire suprieure arnvedans Tinter- ART. IV. NERFS DE LA CJNQUl^ME PAIRE. 195 valle qui existe entre la base des apophyses ptrygodes et la partie suprieure de la tubrosit malaire , il s en dtache un ou deux rameaux qui, dans ce dernier cas, se runissent presque aussitt et forment un gmiglion ou renflement rougetre, de forme et de volume variable, qui se trouve situ au-devant du trou sphno-palatin , et qui porte le nom de ganglion s phno- palatin ou de meckel. Il part de ce ganglion beaucoup de filaments qui se portent dans des directions diverses, et qui forment des nerfs trs remarquables : ils sont sujets varier dans leur nombre, mais rarement dans leur distribution. Il en part d'abord, du ct interne, quatre ou cinq filets qui, entrant par le trou sphno-palatin dans les fosses nasales, se divisent en sphno-palatins externes qui se distribuent dans la membrane olfactive , et en sphno-palatin interne. [ Ce dernier est plus volu- mineux; il se porte sur la cloison, descend oblique- ment, puis marche vers le canal palatin antrieur, en distribuant des filets la membrane muqueuse des na- rines. Il traverse le canal, et se termine par de nombreux ^ filets dans la partie antrieure de la vote palatine. ] En arrire du ganglion sphno-palatin nat un filet qui^ s'engageant dans le canal de la base de l'apophyse ptrygode ou vidien, se porte en arrire vers la pointe du rocher. On a nomm ce nerf vidien , d'aprs l'auteur qui a le premier fait connatre sa distribution. A sa sortie du canal, le nerf se bifurque. L'une des branches rentre dans le crne, passe par une petite rainure du rocher qui aboutit au canal de Falope, o il s'unit au nerf fa- cial. L'autre branche de la bifurcation du nerf vidien , molle et de couleur gristre, pntre dans le canal de rartre carotide, et s'anastomose avec le rameau 196 X* LEON. NERFS DANS LES ANIMAUX VERTBRS. carotidien externe du ganglion cervical suprieur. Enfin, de la partie infrieure du ganglion sort le plus gros filet nerveux, qui parat tre la continuation du tronc. Il s'engage dans le canal ptrygo-palatin en grande partie. Il se divise l en plusieurs filaments qui traversent de petits canaux osseux. Les uns se portent dans la membrane olfactive, et d'autres, en arrire^ se perdent dans la membrane du pharynx prs de l'orifice de la trompe d'Eustache. Le tronc, qui porte le nom de ner palatin , sort par le trou palatin post- rieur, et se portant en devant, il se divise en plusieurs rameaux sur la vote du palais. Aprs avoir donn les deux filets qui produisent le ganglion sphno-palatin , la branche maxillaire se porte vers l'ouverture du canal sous-orbitaire ; mais avant d y entrer, elle fournit un petit rameau, appel alvolaire ^ qui se divise souvent en deux autres: l'un rtrograde, pntre dansie sinus maxillaire, o ils' anastomose avec les nerfs dentaires; l'autre se porte sur les alvoles de la canine et des incisives, dans lesquelles il pntre : il donne aussi beaucoup de filaments aux gencives. Engage dans le canal sous-orbitaire , la branche prend alors le nom de sa position. Il s'en dtache un rameau assez considrable qui se porte dans l'paisseur de l'os , pntre dans le sinus et se distribue dans les 'racines de presque toutes les dents. Le tronc sort de l'os par le trou sous-orbitaire; parvenu sur la face, il se fait un panouissement de tous ses filets qui se per- dent dans la paupire infrieure, dans la lvre sup- rieure , dans la peau , dans la membrane muqueuse de l'aile du nez, et dont un grand nombre s'unissent aux ramifications du nerf facial. AUT. IV. NERFS DE LA r.NQlIl^R PATRE. 197 B. Dans les mammifres , Nous avons dj dit que les nerfs maxillaires sortent du crne, dans le plus grand nombre de ces animaux, par un mme trou situ dans la fosse moyenne au-de- vant de la pointe du rocher. Parvenu au dehors du crne , le tronc unique s'largit beaucoup , et les filets qui le composent semblent s'entrecroiser de manire que, des deux rameaux qu'ils forment bientt aprs, le postrieur ou sous-maxillaire parat produit par les filets antrieurs, et le rameau antrieur ou sus-maxillaire par les filets postrieurs. Cette disposition est trs remarquable dans les chiens , elle l'est beaucoup moins dans les ruminants. La branche maxillaire suprieure se porte presque horizontalement de derrire en devant. Parvenue la partie antrieure et infrieure de la fosse temporale , elle se divise en un grand nombre de filets ; Fun des trousseaux , compos de quatre ou cinq filets consid- rables, se porte vers le trou sphno -palatin. L le trousseau se partage en deux. L'une des branches se porte dans la cavit des narines , et fournit un trs gros rameau qui va s'panouir dans le tissu charnu du palais. Quelquefois, comme dans les ruminants, ce rameau se spare du tronc, mme avant qu'il entre dans le trou sphno-palatin. L'autre branche du nerf sus-maxillaire, qui entre par le trou sphno-palatin , se glisse dans l'paisseur de l'os de la mchoire suprieure, envoie des ramuscules toutes les dents, et sort par le trou sous-orbitaire pour s'panouir en patte d'oie sur la face, et s'anasto- moser avec le nerf facial. 198 X' LEON. NERFS DANS LES ANIMAUX VERTBRS. Mais, outre ces deux nerfs principaux produits par la branche maxillaire suprieure , il est d'autres filets trs remarquables qui s'en dtachent presque aussitt aprs sa sortie du crne. Il s'en spare d'abord un petit filet trs grle qui , aprs s'tre anastomos avec un ganglion, dont nous allons parler, se porte dans l'paisseur du muscle tem- poral , qu'il traverse ; il perce ensuite la partie inf- rieure de l'orbite, et pntre dans le nez. Un autre filet beaucoup plus remarquable vient de la branche sphno-palatine. Elle forme le ganglion sph no-palatin , auquel aboutissent plusieurs autres filets, et entre autres celui dont nous venons dparier. Il s'en spare ensuite un nerf plat qui , quoique beau- coup plus gros, parat tre la continuit du filet qui nous occupe ; il se glisse dans l'paisseur des os entre le palatin et la convexit de l'apophyse ptrygode ; il fournit l plusieurs filets, dont un trs distinct descend sur le plancher des narines, et se porte jusqu'au canal palatin antrieur. Telle est la distribution gnrale du nerf susmaxil- laire dans les mammifres. On peut voir sur cette des-^ cription succincte, prise d'aprs le chien^ \e lapin, le mouton , et le veau , qu'il n'y a ici de diffrence avec l'homme que celle que devait ncessairement en- traner la conformation de la face. [Ainsi quelques animaux ont les lvres trs protac- tiles et doues d'une grande sensibilit ; d'autres gar- nies de fortes moustaches; quelques uns ont le nez allong en museau ou en trompe ; dans tous ces cas , les nerfs qui se rendent ces parties sont considrables. Dans X lphant , par exemple, l'ophthalmique et le, ART. lY. NERFS DE LA CINQUIME PAIRE. 199 maxillaire suprieur ont de trs grandes propor- tions. ] III. Du nerf maxillaire infrieur^ troisime branche de la cinquime paire ^ dans F homme et dans les mam- mijhres. A . Dans F homme. Celle-ci est la plus grosse des trois branches que fournit le nerf trifacial ; elle sort, comme nous Tavons vu , par le trou ovale du sphnode ; elle parat la base du crne, sur le rebord qui spare la fosse tempo- rale de la gutturale en dedans du muscle ptrygodien externe. Elle se divise pre^sque aussitt en deux troncs principaux; l'un suprieur, [form par la petite racine du nerf 4rijumeau ou racine motrice]; Fautre inf- rieur, [provenant de la grosse racine sensitive, ou du ganglion de Casser.] Le premier se subdivise en cinq rameaux, et le second en trois, en sorte que le nerf se trouve divis en huit. 1 . Le premier rameau, ou masseterin , envoie quel- ques filets l'articulation de la mciioire et au crota- phite ; puis se portant au-dessus de l'chancrure qui existe entre les deux apophyses , il pntre dans l'- paisseur du muscle-raasseter, dans lequel il se distribue. 2. Le second rameau se sous- divise en temporal profond postrieur^ qui se porte dans la partie post- rieure et profonde du muscle crotapliite^ et dont quel- ques filets percent l'aponvrose et s anastomosent avec le facial, et en temporal prof ond antrieur^ qui se porte aussi dans la mme direction , mais un peu plus ant- rieurement; il s'aoasiomose souvent avec un filei du nerf lacrymal , comme nous l'avons indiqu. '200 X*" LEON. NERFS DANS LES ANIMAUX VERTEBRES. 3. Le troisime rameau , ou. buccal^ passe entre les deux muscles ptrygodiens, auxquels il donne quelques petits filets; puis se portant au-deliors du muscle buc- cinateur, il se divise en un grand nombre de tilets, dont les uns se portent dans ce muscle , ainsi que dans ceux des lvres en gnral, et les autres s unissent au nerf facial. 4. [Le quatrime rameau, on myloli/odien ^ accol d'abord au nerf dentaire infrieur, se glisse entre Fos maxillaire et le muscle ptrygodien interne, puisse distribue au muscle mylohyoidien, et au ventre ant- rieur du digastrique. ] 5. Le cinquime rameau, ou ptrygodien interne y est un des plus petits; il se porte dans le muscle pt- rygodien interne et dans ceux du voile du palais. 6. Le sixime rameau ou dentaire infrieur^ [ qui commence les filets dpendant de la racine sensitive ,] parat tre le tronc du nerf lui-mme : aussi lui a-t-ou lon^emp conserv le nom de uev maxillaire infrieur proprement dit. 11 se glisse entre les deux muscles pt- rygodiens, et se dirige vers le canal dentaire de la m- choire infrieure ; mais avant d'y pntrer il s'anasto- mose avec le nerf lingual, et donne quelques filets aux glandes sous-maxillaires. Lorsqu'il est entr dans le canal, il se distribue dans les racines de chacune des dents et se continue en un filettjui sort par le trou mentonnier, et qui se clivi^ dans la lvre infrieure en s'anastomo- sant avec les filets du nerf facial. -j. Le septime rameau, ou lingual^ est destin la lao/^ue; il se porte avec le prcdent entre les muscles ptrygodiens. Il s'accole l un petit filet qui provient du nerf facial , et qui a t nomm la corde du tympan : ART. ly. WEBFS DE L\ CINQUIME PATRE. 20! il se dirige vers la langue. Arriv vers Torigine du muscle stylo-glosse , au-dessus de la glande maxillaire, il produit quelques filets qui souvent se rimissent et forment, avec une division de la corde du tympan, un petit ganglion appel maxillaire^ duquel partent des filets qui percent cette glande, aprs quoi le nerf s'anastomose en arcade avec le nerf hypoglosse et se gl-isse entre le muscle hyoglosse et la glande sublin- guale. Il pntre dans l'paisseur de la langue, et se dis- tribue aux gencives et la membrane muqueuse, ainsi qu'aux papilles de cet organe. [ Le ganglion maxillaire communique avec le grand sympathique au moyen de filets qui rampent sur l'ar- tre faciale. ] 8. Enfin le huitime rameau est celui qui est le plus postrieur : il nat souvent de deux racines entre les- quelles passe l'artre mninge moyenne. Le tronc unique marche derrire le condyle de la mchoire , au-devant du conduit auditif; il donne beaucoup de ramuscules qui se portent sur les parties voisines. Il se subdivise en une grande quantit de filets dont beau- coup s'unissent au nerf facial sur la partie externe du muscle temporal, ce qui lui a fait donner le nom de temporal superfcieL [Outre le ganglion maxillaire, la troisime branche du trijumeau en fournit un autre appel ganglion oii- que. Celui-ci est situ au ct interne du nerf, au-dessus de l'origine du temporal superficiel, et appliqu contre le dentaire infrieur; il est communment ovale et rougetre , et son plus grand diamtre est de 4 5 millimtres. l a pour racine sensitive des filet du glosso- pharyngien et du maxillaire infrieur; pour racine motrice, un filet du facial , et un autre provenant de la 202 X' LEON. NERFS DANS LES ANIMAUX VERTBRS. petite racine du trijumeau , et pour racine sympathiaue un ou deux fiiets du rameau carotidien externe du ganglion cervical suprieur. Du ganglion otique sor- tent des ramuscules qui se rendent la membrane muqueuse du tympan et de la trompe d'Eustache, et un filet moteur pour le muscle interne du marteau et pour le muscle tenseur de la caisse du tympan. B. Dans les mammifres , Nous avons indiqu la disposition de cette branche dans les mammifres sa sortie du crne par le trou ovale. Elle fournit presque aussitt aprs sa sparation un rameau assez gros , qui se porte dans les glandes parotide et maxillaire. Il s'en spare ensuite deux autres : Tune interne, qui se divise et qui se perd dans les tguments de la langue ; Fautre externe , qui donne beaucoup de ramifications aux lvres, qu'elles tra- versent, et la peau de la face, o elles s'unissent aux filets du nerf sous-orbitaire et ceux du nerf facial. Le plus gros filet, ou la continuation de la branche elle-mme, pntre dans le canal dentaire, s'y distri- bue aux dents , et se termine dans la lvre en formant une patte d'oie qui vient du trou menlonnier. Les autres petits filets se retrouvent peu prs comme dans rhomme. Dans le veau , aussitt aprs sa sortie du crne , le nerf maxillaire infrieur se divise en quatre portions principales. La plus postrieure, qui est la troisime en grosseur, se porte derrire et sous le condyle de la mchoire, o elle se divise en deux rameaux : lun grle , qui pntre dans la glande parotide , o il Se divise en beaucoup de filets qui s'unissent ceux du ART. IV. NERFS DE LA CINQUIME PAIRE. 03 nert facial; l'autre rameau suit le contour de la m- choire, et se porte au-devant du mufle ; il s'unit en pas- sant sur la joue avec la branche moyenne du nerf fa- cial , dont il avait reu dj auparavant plusieurs filets anastomotiques. La branche suivante du maxillaire infrieur est la plus grle des quatre. Elle est trs longue, suit la branche de la mchoire , et va se perdre dans les muscles buccinateurs et dans les glandes buccales. La troisime branche pntre dans le canal dentaire, et s'y distribue , comme nous l'avons indiqu pour les mammifres en gnral. Enfin la quatrime branche est la linguale : c'est la plus grosse et la plus antrieure. Elle est aplatie et forme un ruban large ; elle se termine en ventail par des rayons qui se terminent dans les papilles de la lan- gue et dans les parois de la bouche. [ Les ganglions sous-maxillaire et o tique existent comme dans l'homme. Le premier est d'un volume considrable dans les carnassiers et les ruminants. Le second, d'aprs M. Arnold, est double dans le tapi/\le cochon et le chacal ^ et c'est le postrieur qui envoie un filet au muscle tenseur de la membrane du tympan.] IV. Du nerf de la cinquime paire dans les oiseaux. La cinquime paire des oiseaux pre'sente peu prs la mme distribution que dans les mammifres. Le nerf ophthalmique sort du crne par un troupar** ticulier de l'orbite en dehors du nerf optique. Il rampe quelque temps dans l'paisseur de l'os, avant de parve- nir au-dehors. Il est gros et dcrit une courbe qui suit la vote de l'orbite. 11 ne commence se diviser qu'au- 204 X* LEON, NERFS DANS LES ANIMAUX YERTBBS. del de la fosse ; il pntre ordinairement dans l'pais- seur des os de la face au-dessus des sinuosits nasales. II se divise en trois branches : la suprieure est la plus petite , elle va se perdre dans la membrane pituitaire ; la seconde branche est la plus grosse des trois et la plus longue , elle est reue dans un canal osseux , passe au- dessus des narines et vient se terminer l'extrmit du bec en un grand nombre de divisions ; la troisime branche parat se perdre entirement dans la peau qui enveloppe le pourtour de l'ouverture des narines. [M. Sclilemm dcrit un ilet rcurrent qui nat, dans le dindon^ de l'ophthalmique^ au moment o ce nerf va quitter l'orbite, et qui se porte en arrire la ren- contre du nerf facial avec lequel il s'anastomose. Ce nerf est considr par cet anatomiste comme le nerf vidien. Le ganglion ophthalmique des oiseaux est situ, comme dans les mammifres , au ct externe du nerf optique , il rsulte galement de l'union du nerf de la troisime paire et du nerf nasal (i). Nous n'avons rencontr dans les oiseaux ni le gan- glion otique (-2) ni le ganglion sphno-palatin.] Le nerf maxillaire suprieur sort par le mme trou que linfrieur, prcisment au-dessus de l'os carr. Il se porte de derrire en devant la partie infrieure de Forbite ; il donne dans ce trajet deux filets, l'un qui (i) Muckl'a dcrit dans une ou plusieurs espces de chaque ordre de la classe des oiseaux. {Dissert. anat. de ganglio-ophtlialmico et nervis ci- //nn6us a?iima/mm. Landisliuti, i8i5. In-4") (2) M. Arnold, a qui nu doit la connaissance de ce {;anf5lion , assure, en effet, qu'il n'existe pas dans les oiseaux. ART. IV. NEBFS DE LA CIlNQUlMi: PAIRE. 205 s'unit des ramifications du nerf ophthalmique, l'autre qui remonte vers le ct interne dans la menibane muqueuse de la bouche. Il pntre dans lepaisseur des os maxillaires pour se perdre sur les parties lat- rales du bec. Dans les canards ^ la distribution en est trs remarquable. Chacun des crans dont est marqu le bec parat recevoir quatre ou cinq filets. Le nerf maxillaire infrieur se spare du suprieur, et se dirige obliquement en en-bas ; il donne d'abord des rameaux aux muscles ptrygodiens et au muscle nomui quadrangulaire, que nous ferons connatre en traitant de la mastication. Le tronc descend ensuite en dehors ; et arriv la mchoire infrieure, il se divise en deux branches: une interne, et une externe. L'in- terne, qui est la continuation du tronc, pntre dans le canal maxillaire, et se rend ainsi jusqu' l'extrmit antrieure de cette mandibule. Dans les oiseaux qui ont des dentelures, comme les canards ^ chaque dent reoit des filets de ce nerf. La branche exierne se d- tache de la prcdente en perant l'os del mandibule, et se rpand en dehors sous la peau ou la substance corne qui revt le bec jusqu' son extrmit. V. Du nerf de la cinquime paire dans les reptiles. Les reptiles ont les trois branches de la cinquime paire. Dans les tortues de mer ^ l'ophthalmique glisse quelque temps dans l'paisseur de la dure-mre avant de pntrer dans l'orbite. Il donne des filets la fosse nasale, et surtout aux deux glandes lacrymales. La branche maxillaire suprieure est la plus grosse des trois : elle est unie l'infrieure dans son origine ; mais, parvenue dans l'intrieur de l'orbite, elle s'en spare 206 X* LEON. NEBFS DANS LES ANIMAUX VEliTBBS. pour prendre une autre direction; elle se glisse sur le plancher de Torbite en dcrivant une courbe trs mar- que 5 dont la convexit est extrieure. Del concavit de lu courbe, ou du ct interne, partent une infinit de ramuscules qui vont se perdre dans la glande lacry- male. Le tronc se divise ensuite en deux rameaux : un interne , qui rpond au nerf sphno-palatin et au sous- orbitaire. Il fournit des filets au palais, aux narines ; et, arriv la partie antrieure de l'orbite , il se porte en dehors et vient s'panouir sur la face. L'autre rameau du tronc principal est extrieur ; il glisse aussi sur le plancher de l'orbite, aux os duquel il donne plusieurs filets ; il vient enfin s'panouir sur la face la partie infrieure de l'orbite, et s'anastomoser avec les autres nerfs faciaux. La branche maxillaire infrieure se porte presque verticalement en en-bas la partie postrieure de l'orbite , au-devant de l'apophyse pierreuse et arti- culaire du temporal. Elle donne, dans son trajet jus- qu' la mchoire infrieure, plusieurs filaments qui se perdent dans les muscles temporaux et ptrygodiens, entre lesquels elle se glisse. Parvenue la mchoire infrieure au-devant de la facette articulaire , elle p- ntre dans l'ouverture oblongue qui y est trace, et se divise dans l'intrieur de l'os. Elle fournit en dedans de la mchoire plusieurs filets qui se perdent dans les muscles de la langue , et en dehors ( juelques autres qui se ramifient sous la peau. [Le ganglion ophthalmique existe dans les tortues ^ et nous croyons l'avoir aussi aperu dans le crocodile. On assure que le nerf ophthalmique des sauriens , des ophidiens et des batraciens ne donne point de ra- ABT. IV. WEHtS DE LA CINQUIME PAIRE. *207 meaux ciliaires (i), et que dans la grenouille les deux maxillaires ne se sparent que vers le milieu de l'orbite ; l'infrieur donne des ramuscules aux muscles masseter et ptrygodiens. Dans les batraciens sans queue, une portion du fa- cial semble fournie par la cinquime paire, sous la forme d'une quatrime branche sortant du ganglion semi-lunaire (2). ] VI. Du nerj de la cinquime paire dans les poissons. On retrouve aussi dans la cinquime paire des pois- sons les trois branches qui s'observent dans Fliomme. [Mais la racine infrieure de ce nerf, qui est trs forte et souvent plus considrable que la sup- rieure, s'unit dans les parois du crne si intimement avec cette dernire, qu il est impossible de l'en sparer : aussi est-il vraisemblable que chacune des trois branches reoit un certain nombre de filets moteurs. La cinquime paire sort du crne par un trou de la grande aile , qui est souvent divis en deux par un filet osseux. ] La branche ophthalmique ou la plus suprieure s'- lve dans le crne , et se porte obliquement en dehors et en avant vers la partie postrieure de l'orbite , dans lequel elle pntre. Arrive l , elle prsente quelques variations, selon les espces , dans la manire dont elle (i) .Tacobson, De quinto nervorum pari animalium. Regiomonti, 1818. In-40. (2) J.-G Fischer, ouv, cit. 208 X LEON. ISERFS DANS LES ANIMAUX VEUTBRS. se subdivise. Ordinairement elle fournit trois rameaux principaux, comme dans la carpe , le saumon , la mo- rue, et probablement dans les autres poissons osseux; mais , dans les raies et les squales ^ cette division a lieu beaucoup plus tard et au-del de rorbite , comme nous le verrons en dcrivant ces rameaux. Le premier rameau est le plus grle et le plus in- terne ; il va se terminer au pourtour de la cavit des narines. Dans la raie , la branche passe au-del de l'orbite sans se diviser. Bientt aprs , il s'en dtache deux filets; l'un, plus gros, traverse au-dessus de la narine, lui donne plusieurs ramuscules , et passe au-del pour se perdre dans la partie latrale du bec. Dans le squa/e^scie , la partie de la branche ophthalmique qui se rend aux narines est peu remarquable : ce sont de simples filets qui se dtachent de la branche que nous allons examiner. ^ Le second rameau du nerf opbthalmique du ct interne dans les poissons osseux est le plus considrable des trois. Il se divise en deux, dont l'un se ramifie dans les parties charnues de la lvre suprieure , o elles s'unissent avec les filets du nerf maxillaire sup- rieur; l'autre va se distribuer aux parties molles voi- sines de l'angle de la bouche : il en est au moins ainsi dans le saumon et dans la carpe. Dans les raies , c'est la continuation du tronc qui tient lieu de ce rameau. Il se dirige en avant vers l'extrmit du bec , o il se termine. Dans le squale-scie ^ le rameau qui nous oc- cupe se porte au-dessus des muscles du bidbe de l'il, et se dirige en avant dans une rainure pratique au- dessus du bec ; il se divise l, du ct externe, en une infinit de filaments en forme de treillis , dont les ra- ABT. IV. NERFS DE LA CINQUIME PAIRE. 209 mifications paraissent se porter aux dents ou crochets qui arment ce bec. Le troisime rameau de l'oplithalmique se porte sur les parties latrales de la face, et se distribue aux mus- cles des mchoires dans les poissons osseux. Ce rameau n'existe point dans la raie ; mais dans le squale-scie il est trs distinct et trs gros ; il se glisse dans l'orbite au-dessous des deux muscles suprieurs de Til , en donnant quelques filets qui vont se porter dans le bulbe, puis il se dirige en avant pour se confondre avec le prcdent. Nous ne devons pas omettre ici une particularit trs remarquable, sur laquelle nous reviendrons ce- pendant par la suite, l'article des scrtions: c'est que les deux branches du nerf ophihalmique, dont nous venons de parler, paraissent changer de nature l'endroit de leur runion. Elles prennent l une cou- leur noire et une consistance particulire. Nous avons eu occasion de faire la mme observation sur cette couleur noire du nerf dans \, squale-mil andre , o elle est encore plus marque, et o la distribution du nerf est surtout 1res importante. Dans cette espce de pois- son, toute la partie avance de la tte au-devant de la bouche est perce de pores nombreux par lesquels suinte, par la moindre compression , une humeur gla- tineuse. Lorsque la peau est enleve, on voit que cette humeur est contenue dans des espces de cellules for- mes par un tissu fibreux blanc trs serr. Sur les pa- rois de ces cellules aboutissent en grand nombre les extrmits du nerf qui nous occu[)e. Nous reviendrons par la suite aux usages prsums de cette licpieur : nous ne voulons ici qu'indiquer l'observation. 3. 14 210 X* LEOIN. NEiiFti DAA^ I.ES ANIMAUX VERTEBRES. [Il n'y a point, clans les poissons, de ganglion opb- thalmiqiie; mais nanmoins nne des branches du nerf opbthalmique donne un filet au globe de lil, aprs s'tre anastomose avec la troisime paire (i).] La seconde branche del cinquime paire, qui rer- prsente le nerf maxillaire suprieur, est intermtdiaire, Elle se glisse au-dessous du nerf optique vers la partie moyenne et infiieure du crne. Parvenue au-dessous des narines, elle se divise en deux, trois ou plusieurs rameaux, dont les uns se portent vers l'angle de la bouche, et se terminent dans les barbillons lorsque ces appendices existent; les autres se portent vers la partie moyenne, o ils se distribuent dans l'paisseur des l^- \res. 11 en est au moins ainsi dans les poissons osseux que nous avons eu occasion d'observer. [Un de ces ra- meaux se porte vers la narine et s'anastomose avec la branche ptrygo -palatine. ] Le squale-scie et la raie prsentent des observations diffrentes. Dans le premier de ces poissons, le maxil- laire suprieur se divise presque aussitt aprs sa sortie du crne, au-dessous de Forbite, en trois branches principales. La premire^ qui se porte en avant, est trs (grosse , et passe au-dessous des muscles de l'il. Jl s'en dtache un rameau qui se porte dans le bulbe jdrceii, puis elle passe la face infrieure de la ra- cine du bec, donne quelques filaments au pourtour des narines, et [)ntre enfin dans le canal longitudinal du bec qui reoit rophthamique. La branche moyenne est compose de plusieurs filaments qui se distribuent aux muscles de la bouche; enfin, la dernire branche (i ) Biuhner a ibi^u constat cette disposition , mn. cit. ^RT. IV. NERFS DE LA CINQUIME PAIKE. 211 se porte aussi en [;rai]cle partie dans |es iiuiseles de la bouehe, et principalemeni vers Taji^^le , o elie se perd dans la peau tpi ioi'nie les lvres. Dans la raie boucle^ la disposition est peu })rs la mme; mais on remar- que que les fiiets, qui dans Je squale-seie paraissent se terminer aux crochets du bec, se terminent dans les boucles ou aiguillons dont sont armes diverses espces de raies. La troisime brancbe de la cinquime paire, ou la maxillaire infrieure, ne prsente aucupe particularit. Arrive vers l'angle de la mchoire [aprs avoir donn des nerfs ses muscles] , elle se perd dans les os qui la forment par des filets dlis dont le nombre vai'ie. [ C'est celte troisime branche qui, dans les poissons cartilagineux, se distribue des tubes remplis de mu- cus, qui s'tendent sur presque tout le corps, partir d'un intervalle situ entre l'angle des mchoii'es et les branchies. Ce mme nerf fournit aussi une branche considrable la partie antrieure de I organe lec- trique de la torpille. Outre les trois branches analogues celles des autres veitbrs, la cinqujine paii'c des poissons Osseux donne un rameau trs remarquable qui remonte le plus sou- vent vers le haut de la cavit du crne , s'y unit avec une branche de la huitime paire, sort par un trou du pa- rital et de l'interparital , et pai'couit le dos dans toute sa longueur la base des nageoires dorsales. Dans ce trajet il reoit des filets de tous les intercostaux, et en donne aux muscles et aux rayons de ces nageoires. D'abord superficiel, il plonge la naissance de,> nageoires sous les muscles externes des rayons. Un rameau dtach du prcdent et galement superficiel descend aux mus- 212 X* LEON. NERFS DANS LES AMMAtX VERTBRS. c}es du tronc situs au-dessus de la nageoii'e pectorale, contourne le bord infriei7r de cette na[>eoire, donne un filet ses muscles adducteurs; puis, dans les pois- sons jugulaires et thoraciques, vient se perdre dans la nageoire ventrale. Enfin, d'auties filets marchent en diagonale vers la nageoire anale, o ils forment, le long du ventre, un nerf longitudinal semblable celui du dos. Ce nerf a t dcrit pour la premire fois parWeber dans le silure commun et dans la loie. Mais il n'a pas toujours la double origine que nous avons indique, et que Ton observe en effet dans la morue ^ dans les per- ches ^ etc. Quelquefois, comme dans le silure, il ne vient (jue de la cinquime paire; d'autres fois seulement de la huitime (i). Dans la carpe et les autres cyprins ^ la cinquime paire donne encore un nerf qui parat proj)re ce genre de poissons, et que Ton appelle le rcurrent [i), 11 se com[)ose de ux branches qui se dtachent de la cinquime paire au moment mme de son origine, passent au-dessous de Faudilif et se dirigent en arrire, Tune au-dessus, Fautre au-dessous du nerf vague , qu'elles embi'assent dans une anse elliptique. La branche suprieure ou externe s'miit au vague vers son tiers postrieur, et donne avec lui deux rameaux , (i) W'ebrr croyait que le nerf lonjjiludinal supc'rieur venait ext:lu.si- vement de la cinf|uiiiie p.re, mais la !iuit;me y ronhihue le plus sou- vent. D'un autre ct, dans son Histoire des poissons^ M. Cuvier dit <]iie, dans la carjie, ce neif vient du nerf va^ouf^ si ulement; niais nous croyons qu'il vient aussi du tilel rcurrent du trijumeau. (2) \Vel)er, Je aure et auditu liowinis et animalium. Leip/.ines avant de sortir par le trou stylo-mastodien, appel la corde du tympan. Ce nerf s'en(^ap^e dans un petit canal osseux qui le con- duit d;;nsla caisse du tambour; il passe sous renclume sur le tendon du muscle interne du marteau, et sort par un petit trou pratiqu la base de la caisse pour communiquer avec le rameau liu(^iial de la troisime branche du nerf trifacial [auquel il s'accole pendant Un trajet assez court, et duquel il se spare ensuite pour se rendre au ganglion soiis-maxillaire. Le facial, avant de sortir du crne, s'anastomose avec le ganglion de la huitime paire, et avec le glosso-pharyngien ]. Soi'ti de la base du crne, le tronc du nerf facial se divise en plusieurs rameaux dont le nombre varie, mais s'lve souvent a ceUii de quatorze ou de quinze. Le plus postrieur a t nomm occipital ou auricii- Ure postrieur, il se porte derrire Fapophyse inastode^ ART. V. NERF 'ACTA.L. 25 s'unit un rameau d'une paire cervicale suprieure , et se divise ensuite en deux raniuscues, dont l'un se perd dans les muscles de l'oreille , et l'autre dans le muscle occipital. Le facial fournit ensuite, ile rameau s f/lo-k/odieny qui communique d'abord par un ou deux filets avec la partie suprieure du [ganglion cervical du nerf grand sympathique; il se termine dans le muscle stylo- hyodien. 2 Le rameau digastriqiie ou sous-mastodien ^ qui se porte dans le muscle digastrique [o il se distribue en pai'tie, l'autre pcutie traverse ce muscle, et s'anastomose par un filet avec le glosso-pharyngien, et par un autre avec le rameau laryng suprieur du pneumo-gas- trique]. Le tronc du nerf facial se plisse ensuite dans la glande paiolide, qu'il traverse [et se divise en branches tempo rO' faciale et ceivico-faciale. La premire et la plus forte se porte vers le col du condyle de la mchoire, o elle s'anastomose avec le temporal superficiel du maxillaire suprieur, puis fournit : i les rameaux temporaux ^ qui, aprs avoir travers l'arcade zygomatique, se rendent aux muscles auricidaires antrieur et suprieur, et au muscle oc- cipito-frontai ; 2 les rameaux malaires ou fionto-or~ itaires ^ qui , aprs avoir crois obliquement l'os de la pommette, se dirigent vers la rgion orbitaire , et se distribuent la partie infrieure du muscle frontal et au muscle orbiculaire des paupires; 3 les ra- meaux uasaux ou sous-orbilaires ^ qui, dirigs presque horizontalement , fournissent des filets aux muscles zygomatiques , au muscle canin et aux muscles de 216 X* LEOiN. NEBFS DANS LES ANIMAUX VERTBRS. l'aile du nez; 4 les rameaux buccaux^ qui passent sur le masster, et donnent des filets aux muscles buccinateur, orbiculaii-e des lvres, et releveur de la lvre suprieure; ils s'anastomosent avec la branche cervico-laciale et avec le rameau buccal du maxillaire infiieur. La seconde branche du facial, ou la cen'ico'faciale, descend dans fpaisseur de la (^lande paroi ide, et, ar- rive fanple de la mchoire infrieure, elle se divise, 1 en rameaux cervicaux, qui se terminent dans le peau- cier, en s'anastomosant avec le cutan moyen du cou , fourni par le troisime cervical : quelques filets se di- rigent en avant vers les muscles du menton; q en ra- meaux menUmniers ^ qui, au nombre de deux , longent la branche horizontale de la mchoire infrieure, et donnent des filets aux muscles de fangle de la bouche: ils forment avec le rameau mentonnier du maxillaire in- frieur une sorte de plexus ; 3 en rameaux buccaux^ qui s'avancent vers le menton, s'anastomosent avec des ra- meaux de la branche temporo-faciale, et se dispersent dans le muscle buccinateur et dans les muscles abais- seurs de la lvre infrieure (i).] Il rsulte de cette distribution du nerf facial qu'il recouvre tout le visage, les tempes, les oreilles et une portion de l'occiput et du col, et qu'il communique avec un grand nombre de nerfs; ce qui lui a fait donner le nom de petit sympathique par Winslow. (i) Les nombreuses recherches dont le nerf facial a t l'ohjpt ont montr que ses ramifications taient trop variables pour que sa description par rameaux isols ft suffisamim nt claire et exacte : c'est ce qui nous a dtei mins substituer une description par groupes de rameaux celle de la premire dition. ABT. V. SBF FACIAI., 21 7 B . Dans les m a m m if re s . On retrouve presque toutes ces brandies dans les mammiires: les cliffrences tiennent seulement aux formes diverses desparlies auxfjueiles elles se rendent et retendue des muscles. Dans les animaux dont la conque de l'oreille est trs longue, par exemple, le rameau qui s'unit la premire paire cervicale ou Tau- riculaii'e postrieur est beaucoup plus gros et peut tie suivi fort aisment sur la surface des cartilages, o il accompagne les vaisseaux sanguins , de mme dans les carnassiers, les rameaux qui se portent sur le muscle crotapliite sont beaucoup plus gros. On peut remarquer en gnral que les filets qui forment le r- seau facial sont trs flexueux. Gomme nous avons fait des recherches particulires sur ce nerf, dans le veau , nous croyons utile d'en pr- senter ici une espce de monographie succincte. Il sort du crne par la scissure pratique la base de l'apophyse mastode; il traverse la glande parotide, dans l'paisseur de laquelle il donne beaucoup de filets ; il s'en dtache surtout une branche trs remar- quable, laquelle s'unit une autre du maxillaire inf- rieur, comme nous l'avons indiqu plus haut. A sa sortie de la glande paiotide, le nerf facial se partage en quaire rameaux : deux remontent au-devant de l'oreille, et se portent dans les parties suprieures, latrales et postrieures de la face; les deux autres se poi'tent sur ses parties antrieures. Le plus infrieur de ces rameaux se divise, se subdivise et s'anastomose en tous sens avec les filets du nerf mentonnier; le su- prieur reoit un gros filet du maxillaire infrieur qui 218 X* LEON, NERFS DANS LES ANIMAUX VERTBRS. passe derrire le coiidyle de la mchoire : ainsi unis en un seul tronc, ils forment une (jurande patte d'oie qui s'anastomose avec le sous-orbitaii'e. Ce nerf facial prsente une particularit trs remar- quable son origine. 11 a deux racines: Fune, qui est la portion dure du nerf auditif, et qui est engage dans l'intcrieur du conduit, dont elle sort par la scissure de Glaser ou par le trou stylo-mastodien, qui sont ici la mme ouverture; Fautre l'acine parat provenir d'un ganglion considi'able de la partie postrieure du nerf vague. Ce ganglion est log dans im enfoncement par- ticulier de la face infrieure de Fos de la caisse : il pa- rat aussi s'imir l avec le nerf grand sympathique, qui prend une consistance presque cartilagineuse. Deux ou trois courts filets concourent la formation de la racine dunei'f qui nous occupe; il devient de suite assez gros et pntre dans la scissure, o il rencontre Fautre racine du nerf facial; il Im donne un filet, et continue de se porter en dehors au-devant et au-dessous de l'oreille ( i ). Dans les lapins^ le nerf facial sort immdiatement au-dessous du cartilage de l'oreille et du trou auditif externe, dont il n'est mme spar que par une petite saillie osseuse [La trompe de Xlphant reoit une trs grosse bran- che du nerf facial qui se distribue dans ses muscles et l'appareil valvulaire de sa partie suprieure. Dans le marsouin commun^ le facial , partir du trou stylo-hyodien, marche en avant, contourne le globe de Fil jusqu' la commissure des lvres, en donnant (i) Cette seconde origine du nerf f.icial rappelle le nerf intermdiaire d W-isbrg, dont nous avons parl plus haut* ART. V. NERF FACIAL. 2l9 quelques petits filets rorbiciilaire des paupires et aux muscles des lvres. Arriv l'angle orbifaire ant- rieur, le nerf passe sous uu trousseau de fibres lif^a- menteuses, puis se replie sur lui-mme an^jle aigu * pour distribuer de nombreuses brancbes dans les mus- cles de lvent.] G. Dans les oiseaux et dans les reptiles. Ce nerf facial existe; mais il est grle, parce que ces animaux n'ayant point de lvres, et leur bouche, ainsi que la plus giande partie de leur face, tant recouverte par une substance corne ou cailleuse, il doit y avoir peu de mobilit et de sensibilit. Cepen- dant on trouve quelques uns des rameaux: ils sont difficiles poursuivre par la dissection, la vrit; mais leur tronc existe constamment. [Dans les oiseaux, il se distribue aux muscles des mchoires et aux petits muscles qui redressent les plumes de la tte. Dans Jes sauriens et les ophidiens, il donne une bran- che au nerf vague, et en reoit une de la deuxime branche du trijumeau \ il se distribue ensuite dans les muscles del mchoire infrieure et del peau del face. Dans les batraciens sans queue, on croit avoir ob- serv qu'une branche de la huiiime paire, en se ren- dant au trijumeau, rencontre une autre branche sortie du ganglion semi-lunaire, et que ces deux branches runies constituent le facial, tandis que dans les sala- mandres ce nerf s'allie bien avec la mme branche du nerf vague , mais se spare directement de l'acoustique et non du trij u meau ( i ) . ] (i) J.-G. Fischer ouv, cit. 220 X* LEON. NEKFS DANS LES ANIMAUX VERTBRS. D. Dans les poissons. Le nerf facial est trs considrable clans 1rs poissons carfilapincLix 11 se spare du cerveau par un seul tronc, quelquefois trs distinct du neif auditif; mais bientt aprs, et dans la cavit mme du crne, il se spare en deux rameaux iTun, qui remonte en dessus, et qui perce le crne par un trou particulier pour se distribuer sous la peau ; l'autre, plus (}ros, qui se porte horizontalement vers la cavit de i'ort ille , dans laquelle il pntre par un trou particulier. Parvenu dans celte cavit, il se porte sous la vsicule qui contient la ma- tire calcaire amylace de l'oreille, o il s'accole au nerf auditif; il perce ensuite la cavit de l'oreille pour se porter au-debors et se distribuer par un grand nombre de ramifications aux muscles qui meuvent les mchoires. [Dans les poissons osseux, il constitue le nerf que M. Cuvier dsijjne comme une branche operculaire de la cinquime paire ( i ) ; i traverse la cavit de l'oreille et l'os temporal , donne des rameaux au crotaphite et aux muscles de 1 opercule , puis s enfonce et se joint en avant au nerf maxillaire infrieur en donnant des filets r- tro^jrades la membrane branchiostgc. Dans la haii' droie et la morue ^ il s'anastomose en dedans du crne avec le nerf va^jue , et au-dehors du crne avec le [jrand sympathique; et dans cette dernire espce, au moment o il soit (lu crne par un trou du rocher, il se renfle en un ganglion assez gros.] (i) Uht. nat. des poissons^ 1. 1, p, 44; ^oy. plus haut ix*= leon, p. i48. ABT. VI. NEBF ACOUSTIQUE. 221 ARTICLE VI. DU NERF ACOUSTIQUE, OU PORTION MOLLE DU NERF AUDITIF. A l'article de Fori^ine des nerfs dans chacnne des classes d'animaux, nous avons vu de quelle manii'c se spare l'acoustique. Gomme il est trs court, et qu'il pntre dans l'or^jane presque aussitt aprs sa nais- sance, nous ne ferons, pour ainsi dire, qu'indiquer ici ses rapports avec le facial ou la portion dure dans la cavit crbrale. Dans Fhonnne et dans les mammifres, il pntre avec le facial dans le cul-de-sac que forme le conduit auditif interne du temporal, et il cntie dans le laby- rinthe par plusieurs trous, dont le nombre et la gi-an- deur sont sujets varier. Nous indicpierons, Tarlicle de l'oreille, sa distiibution uitiieure dans cet orr;ane; il est ti's ujou, et on n'y reconnat point de fibres, comme on en voit dans tous les autres nerfs, l'olfactif except ( i ). Dans les oiseaux, les deux nerfs sont peu prs dans le mme rapport. L'acoustique est tis [jros, mou et roufiere : il est reu dans un conduit profond de la face interne du crne, d'o il pntre dans le laby- rinthe par plusieurs petits trous. Dans les reptiles, il en est peu prs de mme que dans les oiseaux. (i) Cette observation ne s'applit]Me pas l'lude micioscopique du nerf auditif; celle e'iude y dmontre, comme dans tous les autes nerfs , des fibres tubuleuses, mais plus petites, selon IM. Treviranus. 222 X*' LEON. NEBFS DANS LES ANIMAUX VERTBRS. Mais dans les poissons, il se ra[)procbe tellement de rori[;ine de la cinquime paire, qu'on a pu l'en regarder comme une branche. Dans les cartila^^^ineux, comme les /aies , il pntre dans la cavit de Toreille par un trou particulier et non par une lame crible , comme dans les autres classes. Dans les poissons os- seux , comme loreille se trouve libre et dans la mme cavit que le cerveau , il se distribue directement dans cet organe. ARTICLE VIL DU NERF VAGUE APPEL VULGAIREMENT LA HUITIME PAIRE, OU PNEUMO-GAtSTRIQUE. A. Dans /'homme. Les filets nombreux qui composent ce nerf sa s- paration de la masse crbrale se iapprocbent en un cylindre aplati, et sortent de la cavit du crne par une ouverture oblongue de la dure-mre, place la partie antrieure du trou dchir postrieur. [ Pendant ce trajet, ils forment un ganf^lion oblong, rougetre, quicommimique par des filets avec le gin- glion cervical su[)rieur, avec le [ganglion du giosso- pharyngien , et avec le nerf facial.] Un autre nerf qui remonte du canal de Tpine, ou il se dtache par plusieurs filets del moelle pinire, sort par le mme trou : on Fa nomm, pour cette rai- son, Yaccessoire du nerf Vc'^gue [ et maintenant on le nomme plus communment le nerf spinal\ Parvenus la base du ( rne, les deux nerfs prennent AET. VIT. NEUF VAGUE. 223 une destination diffrente. Le nerf vagne pioprement dit se distribue aux poumons et Festomae. L'aeces- soii'e va se porter vers les musels de l'paule [mais avant cela, il donne quelques filets anastomotiques au plexus gan^>liforme que prsente le nerf va[>ue sa soiiie du trou dchir postiieur, puis il se partage en une branche externe pour les muscles sterno et clido- mastodien et trapze; et eu une branche interne qui donne deux rameaux : un rameau pharyngien et un autre qui descend avec le nerf vague jusqu^au nerf laryng infrieur]. Le tronc principal du nerf vague communique d'a- bord avec le graud hypoglosse , avec le grand sympa- thique, les paires cervicales suprieures et le glosso- pharyngien. Il descend ensuite presque verticalement au-devant du col, prs de Tartere carotide et du grand sympa- thique jusqu la poitrine; mais dans son trajet il four- nit aux parties voisines beaucoup de filets que nous allons indiquer. L'un se rend au rameau pharyngien du spinal ; un autre est destin au larynx, et se distribue aux mus- cles (je cette partie [ c'est le nerf laryng snprieur^ qui s'anastomose par une branche interne avec le nerf l- current , et par une branche externe avec le gangiion cervical supiieur]. Un troisime filet se dtache du vague vers la partie moyenne du col; et formant une arcade en dedans, il remonte vers le nerf grand bypo- glosse. Del convexit de cette arcade se dtachent quel- ques filaments qui descendent dans la poitrine , o ils se portent sur le pricarde , dans l'paisseur duquel ils se distribuent en formant, avec les rameaux cardiaques 224 X LEON. NERFS BANS LES ANIMAUX YERTBBS. des ganglions cervicaux du grand sympathique, un plexus qu'on nomme cardiaque suprieur. Parvenu la hauteur des clavicules, le nerf vague du ct gauche donne en devant des filets qui vont s'unir aux plexus que nous venons d'indiquer. Les filets analogues de Taulre cl sont produits par le nerf rcurient; aprs quoi , le tronc se portant en de- dans pntre dans la poitrine entre les veines et les artres. Il se partage bientt en deux grosses bran- ches , l'une plus externe, qui est la continuation du tronc, et l'autre interne, appele ne.v rcurrent ^ parce qu'elle remonte et ressort en partie de la poitrine. Cette branche rcurrente forme un contour, ou une anse autour de l'aorte du ct gauche , et de l'artre sous-claviere du ct droit. [Les rcurrents donnent de la convexit de leur anse des nlets, qui , s'unissant quelques autres, pro- duits par le grand sympathique et par le tronc du nerf vague, forment les^j>A^r;/.9 pulmonaires antrieurs qui donnent la face antrieure des bronches, puis ils se distribuent au cur, aprs avoir pntr dans le pricarde, en produisant autour de l'aorte, de la veine cave, de l'artre et de la veine pulmonaires, les plexus ccu iliaques inJrieurs.]\iQS branches rcui-rentes pai'venues vers la trache-artre, se divisent en fila- ments qui pntrent dans l'sophage et dans la tra- clie, et enfin elles remontent jusqu'au larynx et se distribuent aux petits muscles de cet organe, sous le nom de nerfs laryn<^cs infrieurs. Le tronc du nerf vague, aprs avoir fourni les r- curi'ents, passe derrire les vaisseaux pulmonaires, et donne beaucoup de filets qui, se contournant autour BT. Vil. JNEKt' VAGUE. 2'i5 des bronches , produisent leur face postrieure un plexus dsign sous le nom de pulmonaire postrieur^ qui reoit un filet du nerf grand sympathique, [et qui communique avec celui du ct oppos par de nom- breuses anastomoses.] Ils continuent de descendre ensuite dans la poitrine le long de l'sophage, auquel ils donnent beaucoup de filets , l'un en devant , l'autre en arrire. Ils arrivent ainsi tous deux dans le bas-ventre, o ils forment un plexus considrable sous l'enveloppe de Festomac, produite par le pritoine. Ils fournissent aussi quel- ques filets aux plexus hpatique , splnique et solaire , comme nous le verrons en traitant du grand sympa- thique, i B. Dans les mammifres. Cette distribution du nerf vague et de l'accessoire tait peu prs la mme dans plusieurs espces de mammifres, sur lesquels nous avons fait des recherches cet gard. Les anastomoses avec le grand sympa- thique, les nerfs rcurrents, les plexus cardiaque et pulmonaire, ne nous ont prsent de diffrence que dans le nombre des filets, ce qui peut dpendre de l'adresse du prosecteur. Les espces que nous avons dissi'ques sont le magot , le chien , le raton, le tigre , le phoque^ le porc-pic^ le cochon^ le mouton^ le veau et le marsouin. G. Dans les oiseaux et les reptiles. Nous n'avons galement rien de remarquable dire sur le nerf vague des oiseaux et des reptiles, quoique nous ayons fait la prparation de ce nerf dans plusieurs espces. On voit videmment qu'il se distribue aux 3. 15 226 X* LEON. INEEFS DANS LES ANIMAUX VERTBRS. polluions, au cur , l'sophage et l'estomac, et qu'il forme des plexus sur ces organes, comme en produit le nerf grand sympathique autour de toutes les artres du tronc. A sa sortie du crne , le nerf vague s'entrecroise avec le lingual et le glosso-pliaryngien; ils se sparent ensuite : le glosso-pharyngien est en arrire, le vague au milieu et le lingual en devant. Le nerf vague ne sort pas toujours par un trou unique. Il est form de deux ou trois filets, qui se rejoignent en- suite en recevant un filet de communication du glosso- pharyngien et un peu plus bas du lingual ; puis le nerf, augmentant un peu de diamtre , descend dans la poi- trine. [L'accessoire s'unit intimement au ganglion du nerf vague, et ne peut plus en tre spar; mais, aussitt que le tronc commun est sorti du crne, il donne pour les muscles du cou un rameau postrieur qui corres- pond videmment au rameau externe de l'accessoire des mammifres. Il fournit ensuite un fort rameau interne qui s'anastomose avec le glosso-pharyngien.Le nerf rcurrent donne de nombreux filets la partie infrieure du jabot, aprs quoi il remonte tout le long de la trache- artre , pour se terminer dans les mus- cles du larynx. L'accessoire se trouve dans tous les ordres de reptiles, et il s'y comporte comme dans les oiseaux. Il fournit galement une branche postrieure pour les muscles du cou. Du ganglion du nerf vague des grenouilles part un nerf pour les muscles des mchoires et un autre pour la langue. D'aprs M. Bischoff, l'accessoire de Xamphisbne ne se confond pas tout entier avec le vague; il s'accole AKT. VII. NERF VAGUE. 227 bien lui , et sort par le mme trou du crne; mais il se spare ensuite, et n'envoie qu'un trs petit fijet au vague. Il se rend aux muscles du cou en s'anastomosant avec les deux premires paires cervicales.] D. Dans les poissons. Le nerf vague prsente une disposition toute parti- culire dans les poissons, et cette diffrence tient celle des organes de la respiration, auxquels ce nerf parat le plus spcialement destin. En effet , les bran- chies, ces poumons des poissons, se trouvent situes immdiatement au-dessous du crne, de sorte que le trajet des nerfs est trs court; de plus, comme la dis- tribution du nerf se fait presque aussitt aprs sa sortie du crne, il n y a, pour ainsi dire, point de tronc commun. Nous allons dcrire d'une manire gnrale ce qui est commun dans la disposition de ce nerf : nous en ferons connatre ensuite les particularits dans les espces. [Le nerf sort du crne par un trou de l'occipital la- tral. Quelijuefois, comme dans la carpe .^ il se renfle , tout prs de son origine; d'autres fois, comme dans \3. perche^ une certaine distance, en un ganglion d'o sortent les diffrentes branches que le nerf fournit. ] Les branches du nerf vague se distrilment trois parties distinctes; les unes, qui sont antrieures, plus grosses, et ordinairement au nombre de quatre de chaque ct, sont destines aux branchies; elles repr- sentent le nerf vague des mammifres. Les secondes, qui sont beaucoup plus grles , au nombre de deux ou 528 X* LEON. NERFS DANS LES ANIMAUX VERTEBRES. trois de chaque ct, se distribuent aux muscles qui meuvent la langue, dans la base des dents branchiales et la surface de l'sopha^je. Enfin , les troisimes sont uniques de chaque ct; elles forment un trs gros nerf qui parcourt toute la longueur du corps du pois- son, immdiatement au-dessous de cette ligne qu'on nomme latrale. Les nerfs branchiaux se portent, en s'loignant les uns des autres, vers chacune des branchies. Avant d'y arriver, ils se bifurquent. La branche postrieure va se glisser dans la gouttire qui rgne le long de la con- vexit de Fos qui soutient la branchie , et dans son trajet, elle fournit une quantit considrable de petits rameaux aux replis en forme de peigne. La branche antrieure se porte dans la gouttire semblable pratique dans la concavit du mme osse- let, et s'y divise de la mme manire. Les branches moyennes du nerf vague, que nous en avons distingues par rapport leur distribution, nais- sent quelquefois du mme tronc que le dernier bran- chial, et se divisent ensuite en deux ou trois rameaux; mais, le plus ordinairement, ce sont autant de bran- ches distinctes qui sortent du crne par le trou com- mun. L'une de ces branches donne des ramifications aux muscles qui meuvent les branchies et ceux qui agissent sur les dents du palais. Une autre beaucoup plus grosse se porte le long de l'sophage, auquel elle se distribue , de manire pouvoir tre suivie jusque sur l'estomac. Enfin , la dernire branche du nerf vague, qui pa- rait particulire aux poissons, est ce long nerf longi- tudinal de la ligne latrale du corps. Nous l'avons AUT. VU. NEKF VAGUE. 229 constamment rencontr clans tous les poissons, et sa distriJDution est peu prs la mme dans tous. Quand on remonte son origine, il est trs facile de recon- natre que c'est la branche la plus postrieure du nerf vague, qui , au lieu de descendre vers la gorge , se porte presque horizontalement en arrire et au-dehors, de manire devenir presque superficielle. Il n'est recou- vert que par la peau , et maintenu par un tissu cellu- laire lche qui lui permet quelques sinuosits. Ce nerf est peu prs d'une grosseur gale dans toute sa lon- gueur, de sorte qu'on pourrait le confondre trs facile- ment avec un tendon. [l reoit de tous les nerfs de l'pine des filetsparticuliers diffrents des intercostaux, et il donne des filets la peau et l'espce de glande qui existe sous la ligne latrale , travers les inter- valles des couches musculaires.] Arriv vers la queue, il se termine par une irradiation de filets trs menus qui se distribuent sur les rayons de la nageoire. [ Outre cette branche , le vague en fournit encore une autre qui s'unit dans le crne ^ comme nous l'a- vons dit, un rameau de la cinquime paire, pour constituer le nerf dorsal de Weber. Jusqu' prsent, on n'a rien trouv d'analogue au nerf dorsal dans les rep- tiles ; cependant les paritaux des saui^ens sont percs d'un trou comme ceux des poissons. ] Telle est en gnral la disposition du nerf vague dans les poissons. Les varits qu'il offre tiennent la conformation des espces : ainsi, dans les poissons chondro-ptrygiens , comme les raies^les squales , etc., ce nerf est beaucoup plus allong, et tous ses rameaux proviennent d'un tronc unique qui ne se divise que lorsqu'il est arriv vers l'organe auquel il doit se dis- 230 X* LEON. NERFS DANS LES ANIMAUX VERTBRS. tribiier. Dans ces mmes poissons, les deux nerfs Ion- giUidinanx se trouvent aussitt situs du ct du dos et plus rapprocbs. Les autres diffrences ne sont point assez remar- quables pour que nous les dcrivions en particulier. [ Disons seulement que dans les poissons lectriques, le nerf va{];ue fournit les rameaux qui se rendent l'or- gane spcial dont ces animaux sont pourvus Dans la torpille^ comme nous l'avons dit, le maxillaire infrieur y concourt aussi. ] ARTICLE VIIL . DU NERF GLOSSO-PHARYNGIEN. Nous avorns indiqu de quelle manire se sparent de l'encphale les filets qui forment ce nerf, et les motifs qui ont engag les anatomistes modernes le considrer comme une paire particulire : nous allons le suivre maintenant dans sa distribution. Il sort du crne par un trou diffrent de celui de la buitime paire, pratiqu dans l'paisseur de la dure- mre. Le trou jugulaire dans lequel passe la veine du mme nom spare ces deux nerfs. Encore envelopp parla dure-mre, il prouve un petit renflement appel ganglion ptreux ou d Andersh ^ duquel il sedtacbe deux filets: l'un se porte en arrire [dans la cavit du tympan; il est connu sous le nom de rameau anaslonio- tique de Jacobson^ se distribue aux parties environ- nantes, et communirtue avec les panaiions cervical suprieur, otique et spbno-paiatin.] Le second filet, ptrloraut la dure-mte , va s'unii' la paire vague. ART. yill. NERF GLOSSO-PHRYKGIEN. 231 Parvenu la base du crne , Je glosso-pharyngien reoit des filets du nerf facial et du nerf vague ; il se divise ensuite en plusieurs rameaux , dont l'un se dis- tribue en partie aux muscles qui s'attachent Fapo- physe stylode et va se terminer dans les muscles de la langue. Un autre rameau s'unit au nerf grand hypo- glosse; d'autres, enfin, se distribuent aux muscles du pharynx avec quelques filets du nerf grand sympathi- que, et forment un plexus qui enveloppe les artres carotides ; mais la principale destination donne ce nerf est pour la membrane muqueuse et pour les pa- pilles de la base de la langue et du pharynx. Telle est la distribution de ce nerf dans i'homm. Les mammifres, les oiseaux et les reptiles ne nous ont prsent aucune diffrence remarquable cet gard. Nous n'avons pas, la vrit , pouss nos recherches aussi loin qu'on l'a fait dans l'homme ; cependant nous avons reconnu que ce nerf se portait et se terminait dans la langue , aprs avoir fourni des filets aux mus- cles qui la meuvent. Dans la cigogne^ par exemple, il sort de la base du crne, par le trou situ au-dessous de l'oreille , et qui correspond au dchir postrieur. Il nat l par deux filets qui se runissent presque aussitt, et forment un ganglion quadrangulaire al- long, qui envoie un petit filet interne au-devant des muscles du coi; une petite branche en arrire, qui s'u- nit la huitime paire , et line gix)sse branche en bas au-devant du cou. Celle-ci est la continuation du nert lai-mme ; elle descend le long de l'sophage, et se divise en deux principales : l'une qui remonte au- devant du col , et qui se distribue aux muscles de l'os hyode qui l'embrassent eu fornie de cornets; l'autre 232 X* LEON. JNERFS DANS LES ANIMAUX VERTBRES. qui descend sur les parois latrales de Fsophage, et qui fournit une branche au nerf lingual avec lequel elle s'anastomose. Le reste du nerf continue de se por- ter sur l'sophage. On voit par cet exemple, que la distribution du glosso-pharyngien est peu prs la mme que dans l'homme , [et ce qui est dit ici du glosso- pharyngien de la cigogne se retrouve dans les autres oiseaux (i). ] Dans les poissons, le nerf qui tient lieu du glosso- pharyngien est videmment une division du nerf vague qui se spare du premier rameau branchial, de sorte qu'ici le glosso-pharyngien est la plus antrieure des branches du nerf vague. 11 se divise en un grand nom- bre de filets qui pntrent les muscles de la langue , dans lesquels ils se subdivisent, l^e tronc lui-mme vient se perdre sous la partie infrieure de la gorge au- devant et entre les branchies. ARTICLE IX. DU NERF HYPOGLOSSE, OU' DE LA DOUZIME PAIRE. Ces nerfs sortent, comme nous l'avons vu, par le trou condylien antrieur. Parvenus hors du crne, ils sont cylindriques et communiquent aussitt par quelques filets avec les branches du nerf vague, avec celles des deux premires paires cervicales ;, et principalement (i) M. Rischoff a reprsent ce nerf dan-s la cigogne, l'oie, la buse, le scopSjle ramier et la poule, (il/e'm.ct.). Selon cet auteur, le glosso-pharyn- gien n'existerait pas dans les crocodiles, non plus que l'hypoglosse. Ce deux nerfs seraient fournis par le vague et l'accessoire runis; mais dans l'iguane ils seraient de nouveau distincts. ART. LX. NERF HYPOGLOSSE. 5!33 avec le (janglion cervical suprieur du nerf grand sympathique. Aprs quoi, ils se portent en devant et un peu en dehors jusque derrire les muscles sterno- mastodiens. Il s'en dtache l une forte branche qui suit la veine jugulaire jusqu' peu prs au milieu du col, o elle forme un arc qui remonte au-devant du col, o il se termine en s'unissant quelques filets qui vien- nent des premires paires cervicales. De la convexit de cet arc partent quelques ramus- t cules qui se terminent dans les muscles de la partie antrieure du cou. A deux travers de doigt de cette premire branche , les nerfs hypoglosses en donnent une autre qui se dis- tribue tout entire dans le muscle thyro-hyodien. Enfin, les troncs s'engagent entre les muscles hyo- glosses et mylo-hyodiens, en recevant quelques filets du rameau lingual de la branche maxillaire infrieure; ils s'enfoncent enfin dans l'paisseur des muscles de la langue en se distribuant dans leur substance. Dans les mammifres, ce nerf prsente la mme disposition que dans Fhomme. Dans le veau , sa couleur est bleutre, et il pourrait tre pris facilement pour une veine ; il reste ainsi color jusqu' ce qu'il soit ar- riv prs et en dedans de la branche de la mchoire infrieure ; il se distribue dans les muscles et dans l'- paisseur mme de la langue vers sa partie moyenne. [Son volume est d'autant plus considrable que la langue est plus mobile ou plus extensible. Ainsi ce nerf est plus gros dans les carnassiers que dans les rongeurs et les ruminants. Dans la girafe^ o la langue a des i mouvements trs tendus, les rameaux du nerf sont trs flexueux.] 234 X' LEON. NERFS DANS LES ANIMAUX VERTBRS. Dans les oiseaux, ie nerf hypoglosse sort aussi du crne parie trou condylien en arrire de la paire vague. Il est trs grle son origine ; il se porte au-devant de la paire vague qu'il croise en sautoir, et avec laquelle il s'unit en partie ; il s'en dtache l un petit filet qui se porte vers la poitrine en suivant la veine jugulaire. En continuant de se porter en devant, le tronc de l'hypoglosse vient croiser le glosso-pharyngien : alors il passe sous la corne de Tos hyode, et se porte vers le larynx suprieur, o il se termine aprs s'tre divis auparavant en deux rameaux , dont l'infrieur se porte en devant et au-dessous de la langue, et le suprieur au- dessus et en dedans de la langue. [Dans les reptiles, il y a des diffrences ^elon les ordres. Le nerf hypoglosse de la tortue d Europe sort du crne par deux trous condyUens ; aprs la runion de ses deux parties en un seul tronc, il donne un filet de communication au ganglion du nerf vague , puis se par- tage en branche antrieure pour les muscles de la langue, en branche postrieure pour les muscles de l'hyode , et en branche descendante pour le moscle omo-hyodien. Cette dernire accompagne le vague jusqu' la cin- quime vertbre, et s'anastomose avec la troisime et la quatrime paire cervicale. Dans les sauriens et les ophidiens , il en est peu prs de mme que dans les tortues (i). Dans les poissons, le nerf qu'on peut considrer comme le grand hypoglosse , puisqu'il sort du crne (i) Nous avons dj dit que d'aprs M. Bisclioff , il n'y aurait pas d'hypoglosse dans les crocodiles, et que c'est un rameau du nerf vague qui en ferait l'oftice. Nous n'avons pas t mme de vrifier ce fait. ART. X. NERFS CERVICAUX. 235 par un trou de Foccipital , nat par deux ou trois ra- cines des cordons infrieurs de la moelle allonge im- mdiatement aprs le nerf va^^ue ; il donne d'abord un rameau la vessie natatoire, puis il se divise en deux branches; Fantrieure se rend aux muscles coraco- hyodiens et aux muscles de l'hyode eux-mmes ; la postrieure s'anastomose avec le premier nerf spinal, et fournit les filets de la peau et des muscles de la face externe de la nap^eoire pectoi^ale (i).] ARTICLE X. DES NERFS CERVICAUX (2). [La premire paire des nerfs cervicaux sort entre l'occipital et l'atlas , et la dernire entre la premire vertbre dorsale et la dernire vertbre cervicale. Il en rsulte que le nombre des nerfs cervicaux est gal celui des vertbres du cou, plus un; ainsi, dans l'homme et le plus grand nombre des mammifres, on compte huit paires de nerfs cervicaux.] A. Dans rhomme. Le tronc form par la runion des deux racines de (1) Dahs Je premier volume de l'Histoire des poissons^ M. Cuvier d- crit ce nerf, mais sans lui donner le nom d'hypoglosse, et en le dsignant seulement comme le dernier des nerfs du crne sortant de la moelle allonge aprs le nerf vague. (2) Dans la premire dition, la premire paire cervicale tait dcrite sous le nom distinct de nerf sous-occipital ^ et les paires cervicales n'- taient numrotes qu' partir de la seconde ; il nous a paru plus conforme aux usages actuels de considrer le sous-occipital comme la premire paire cervicale. Cela explique les changements de nombre que contient l'ancien texte dans cette nouvelle dition. 236 X** LEON. NERFS DANS LES ANIMAUX VEIITBRS. \b, premire paire cervicale ou nerf sous-occipital, perce la dure-mre au-dessous de la courbure de l'artre vertbrale. Il glisse quelque temps dans l'paisseur de cette membrane, et en sort sur le bord du trou occi' pital en arrire des condyles. Il se dirige alors vers l'cbancrure de l'apophyse articulaire de la premire vertbre , o il passe au-dessous de l'artre vert- brale : aprs quoi il forme un ganglion par lequel sont produits de petits filets qui se distribuent dans les mus- cles droit et oblique de la tte. Le tronc se contourne ensuite au-devant de l'apopbyse transverse ; il commu- nique par un rameau antrieur avec le grand sympa- thique,la paire vague, l'hypoglosse, la branche descen- dante du glosso-pharyngien , et avec la seconde paire cervicale par un rameau postrieur. Il se dirige vers l'in- tervalle triangulaire des petits muscles de la tte , et se distribue presque tous les muscles qui s'attachent l'os occipital dans leur partie suprieure. La seconde paire cervicale nat de la mme manire que la prcdente. Sortie par l echancrnre pratique entre la premire et la seconde vertbres cervicales, cette paire de nerfs, plus grosse que la premire, four- nit deux rameaux principaux : l'un antrieur, qui com- munique avec la branche infrieure du nerf sous-oc- cipital, le grand sympathique, l'hypoglosse et la paire cervicale suivante ; l'autre , postrieur, plus consid- rable , dont quelques filets s'unissent la branche pos- trieure du sous-occipital, et celle de la paire cer- vicale suivante; le reste du nerf se distribue dans les muscles de la partie postrieure du col , sous le nom de grand nerf occipital. Un des filets se porte en avant, communique avec l'hypoglosse, et se perd ABT. X. NERFS CERVICAUX. 237 dans quelques uns des muscles de Fos hyode et dans les fflandes du larynx. La troisime paire cervicale se divise comme toutes les autres en deux rameaux : l'antrieur est le plus gros. Il communique en haut et en bas avec les deux paires cervicales voisines , avec le sympathique et l'hypo- glosse, enfin avec le rameau de la paire ou des paires cervicales suivantes qui produisent le diaphragmatique; aprs quoi, elle se divise en plusieurs branches. Lune, le petit nerf occipital , se porte en arrire dans les muscles du cou ; une autre en devant et de ct sur les parties latrales de l'oreille , o elle com- munique avec un rameau du nerf facial , c'est le grand auriculaire postrieur; une troisime, le cutan moyen du cou , se porte vers la branche ascendante de la mchoire , se distribue en partie dans la glande pa- rotide, et en partie sur les tguments de l'oreille; une quatrime , le cutan infrieur du cou , se perd au-de-> vaut du cou dans le muscle peaucier. Toutes les autres branches se runissent entre elles, et avec le nerf ac- cessoire de la huitime paire , en formant ainsi uii plexus, nomm ley;/^;r^/^ cervical^ qui produit un grand nombre de filets sur les parties latrales du col, dont quelques uns communiquent avec le grand sympa- thique. Quant la division postrieure du tronc de ce nerf elle s'unit avec les nerfs cervicaux voisins , et se perd dans les muscles splnius, complexus , long dorsal et transverse des vertbres, ainsi que dans les tguments de la nuque. La quatrime paire cervicale se divise, comme toutes les autres, en deux rameaux. 238 X* LEON. NERFS DANS LES ANIMAUX VERTBRS. L antrieur se partage en deux : le premier reoit le filet de ]a paire prcdente , puis se distribue dans le muscle angulaire de Fomoplate et dans le sterno-mas- todien; le second se bifurque. L'un de ses filets s'unit la paire suivante , en donne quelques uns qui se joi- gnent au facial , et un autre plu^s marqu , qui consti- tue le nerf diaphragmadque OMphrnique; l'autre filet de la bifurcation se joint la quatrime paire, et suiit en partie au nerf grand sympathique. Le rameau postrieur se distribue dans les tgu- ments et les muscles du cou en arrire. La cinquime paire se partage en deux, comme tous les autres nerfs vertbraux , la sortie du canal. Le postrieur se perd en partie dans les muscles du dos. L'antrieur, qui est le plus gros, communique avec la branche de la paire prcdente qui forme le nerf daphragmatique; elle communique aussi avec le grand sympathique , et se divise en trois branches. Deux s'unissent la paire suivante , et commencent la formation du plexus brachial; la troisime se porte vers Fomoplate, et se distribue vers les muscles de l'paule. La sixime, la septime et la huitime paires de nerfs cervicaux peuvent tre considres en commun. Elles communiquent toutes avec les parties voisines et avec le nerf grand sympathique. La sixime paire donne des filets aux muscles postrieurs du cou, ceux de la partie antrieure de la poitrine : quelquefois elle con- court par un filet la formation du diaphragmatique ; enfin , elle se porte dans le plexus brachial. La sep- time se porte principalement par deux gros troncs dans le plexus brachial : le premier reoit celui de la m ART. X. NERFS CERVICAUX. 239 paire prcdente , et donne des filets au muscle grand dorsal; le second donne aussi un filet au muscle jo^rand pectoral. La huitime, enfin , produit de mme deux gros troncs pour le plexus brachial , qui s unissent plus tt ou plus tard celui de la septime. Le cordon inf- rieure fournit un ou deux filets pour les muscles sous- clavier et petit dentel antrieur. B. Dans les mammillres . Les nerfs cervicaux ne prsentent pas de diffrences remarquables. Ils naissent de la mme manire que dans rhomme. La grosseur et Ftendue des filets ner- veux qu'ils produisent tient laugmentation ou la di- minution respective et est relative au volume des or- p-anes auxauels ils sont destins. Tous ont le mme nombre de nerfs , l'exception du paresseux trois doigts, qui doit en avoir deux paires de plus, puisque , comme nous l'avons vu dans la troisime leon , cet animal a neuf vertbres cervicales, [et rexception aussi des lamantins , qui doivent en avoir une paire de moins, puisqu'ils n'ont que six vertbres du cou. ] C. Dajis les oiseaux. Les nerfs cervicaux varient beaucoup en nombre , les extrmes connus du nombre des vertbres tant de dix vingt- trois. Leur disposition est analogue celle qu'on observe dans les mammifres. Cependant ces nerfs sont respectivement beaucoup plus gros; ils sont trs flexueux; ils se perdent en grande partie sous la peau du cou , o on peut les suivre trs facilement. Il n'y a que la dernire , ou trs rarement les deux der- 240 X* LEON. KEKFS DANS LES ANIMAUX VERTBRS. o nires paires cervicales qui concourent la formation du plexus brachial. D. Dans les reptiles. Les tortues ont neuf paires de nerfs cervicaux. Ils se distribuent peu prs comme dans esmammifres.Les trois dernires paires concourent la formation du plexus brachial. [Les crocodiles ont le mme nombre de nerfs cer- vicaux que les mammifres , et il u y a que les deux dernires paires qui forment, conjointement avec les deux premires paires dorsales , le plexus brachial.] Dans le lzard vert^ il y a quatre paires de nerfs cervi- caux ; mais les deux dernires seulement entrent dans la composition du plexus. [ Dans les serpents , il n'y a quelquefois point de vertbres du cou, et alors il n'y a qu'une paire cervicale; d'autres fois il y a une, deux ou trois vertbres cervicales, entre lesquelles sortent des nerfs poiu^ les parties adjacentes.] Dans les salamandres ^ et dans les 'grenouilles ^ on ne peut pas distinguer vritablement les nerfs cervi- caux d'avec les dorsaux, puisqu'il n'y a point de ctes. Entre la premire et la seconde vertbres , sort une paire de nerfs qui se portent aux muscles de la partie infrieure de la gorge et sous la peau qui les recouvre; ils donnent aussi quelques filets l'paule. D'aprs cette manire de se distribuer , on peut regarder ces nerfs comme de vritables cervicaux. Dans les grenoidlles , il n'y a vritablement que d-^ux paires qui entrent dans la composition du plexus bra^ hial; dans la salamandre^ il y en a trs distinctement quc re. ART. XI. KERF DIAPHRAGMATIQUK, 241 E, Dans les poissons. Gomme on ne peut pas distirijouer d'une manire positive les vertbres cervicales d'avec les doisales, il est trs difficile de pouvoir faire connatre la distribu- tion des nerfs cervicaux. 11 n'y en a jamais plus de quatre qui puissent mriter ce nom, et souvent il n'y en a pas du tout. Quand ces nerfs existent, ils se dis- tribuent aux parties qui avoisinent la {^orge, [=et pren- nent quelquefois, comme dans les /n^/e.y, uuu volume trs remarquable, ou bien ils se portent vers la na- geoire pectorale, sur laquelle ils s'panouissent, ainsi que nous l'indiquerons en traitant des nerfs brachiaux.] ARTICLE XI. DU NERF DUPHRAGMATIQUE. C'est principalement del quatrime paire des nerfs de la moelle pinire que vient ce nerf; mais il reoit aussi, comme nous avons eu le soin de lindiquer, un filet cousidi'able de la paire suivante, quelquefois mme un troisime plus grle de la sixime paire, et en outre, trs ordinairement, un ramuscule qui provient de la convexit de l'arcade que forme au devant du cou le nerf grand hypoglosse. Ce nerf, compos par les rameaux que nous venons de faire connatre , descend au-devant du cou en un tronc grle, auquel s'unissent quelques filets des deux dernires paires cervicales et du ganglion cervical du nerf grand sympathique. Il donne quelques fibrilles aux muscles scalnes et la glande thymique lorsqu'elle existe, aprs quoi il passe dans la poitrine entre la veine 16 242 K' LEON. iNEKFS l>ArsS LES ANIMAUX VEETEBKS. et 1 artre sons-clavires , se colle au repli moyeu de la plvre, passe au-devant des vaisseaux pulmonaires, puis sur les parties latrales du pricarde jusqu'au diaphragme. C'est l que se termine ce nerf; il se distribue, comme par une irradiation , dans Fpaisseur du muscle. Quelques uns des filets passent cependant la face abdominale, et communiquent avec le plexus sous- gastricf>ie du nerf grand sympathique. Le nm diapbragmatique des mammifres est en tout semblable celui de l'homme. Quant sa racine pre- mire, elle est sujette varier, ainsi que cela s'observe mme dans Thomme. [Dans quelques uns, comme le mouton, il vient des trois dernires paires cervicales; dans d'autres, comme le marsouin , il vient des deux dernires.] Cependant le plus ordinairement ce nerf provient de la quatrime paire cervicale et des deux suivantes. Il reoit aussi le filet du nerf hypoglosse et du grand intercostal. Au reste, sa description ne mrite pas de dtails pariculiers. Dans les oiseaux, nous n'avons pas reconnu de nerf diaphragmatique, puisqu'ils n'ont pas de vritable diaphragme. [Cependant les nmscles qui s'attachent aux poumons et qui forment sur leur surface une si grande aponvrose, reoivent quelques filets nerveux des premires paires dorsales. Dans les tortues , o il se trouve , conmie dans les oiseaux, une cloison musculaire qui spare en partie la poitrine de l'abdomen, les nerfs qui animent ces muscles viennent des trois premires paires dorsales; mais dans les autyes repiiles, il u'y a plus, l'exception du /jip a , di muscle ^euililable, et par consquent plus de nerf. ] ai RI- XII. NEUFS DOiiSAlL\ ET LOMBAIKES. 243 Dans les poissons qm $out privs de poujuois, il ja y a point de nerf diaplirajjina tique proprement dit : cependant on trouve quelque analop^ie dans la fonction prsume, et surtout dans la distribution d'uWi branche de la premire paire vertbrale qui se porte la paroi musculeuse qui spare la cavit des branchies d'avec celle du bas-ventre. Ce nerf est surtout trs remarqua- ble dans la raie et dans la carpe, ARTICLE XII. DES NERFS DORSAUX ET LOMBAiaES. A. Dans l homme. Les nerfs dorsaux sortent du canal de la moelle pi- mre par les trous que forment les chaocrur8 corres- pondantes des deux vertbres qui se touchent. La premire paire sort entre la premire et la se- conde vertbre dorsale, et la dernire entre la dou- zime du dos et la premire des lombes. Tous, leur sortie du trou intervertbral, se parta- gent en deux branches : une postrieure, plus petite , qui pntre dans les muscles du dos et qui s'y distribu-e ainsi qu'aux t(]uinents de cette partie; la branche antrieure, plus gi'osse , qui commimique par un ou deux filets avec le nerf {];rand sympathique , et qui en- voie quelques ramu^cues aux muscles intercostaux et ceux du devant de !a poitrine et de rabdomen, se glisse ensuite dans Fintervalle compris entre deux ctes pour se porter vers le sternum. La premire paire le^ nerfs dorsaux est trs remar- 244 X* LEOil. iNERFS DANS LES ANIMAUX VERlBKES. qiia])le, en ce qu'elle contribue la formation du plexus brachial, en s'unissant la dernire paire cer- vicale. Les deux paires suivantes ont quelques ramuscules qui percent les parties latrales de la poitrine, et qui se portent de dedans en dehors sur les t^juments du bras du ct interne. [Toutes les autres paires donnent une branche pos- trieure dorsale, et une branche antrieure inter- costale. C'est de la premire la cinquime' paire que viennent les nerfs de la [>lande mammaire. ] La douzime paire se distribue en partie dans les muscles du bas-ventre et sous les t(]^uments; en partie dans les muscles carrs des lombes, []^rand dorsal, petit dentel infrieur, et sous la peau des fesses. Les nerfs lombaires vaiient pour le nombre peu prs comme les vertbres. I!s sont ordinairement au nombre de cinq, quelquefois de quatre, rarement de six. Us sont d'autant plus gros qu'ils proviennent d'une vertbre plus infrieure, de sorte que le cinquime est ordinairement le plus volumineux. A leur sortie des trous intervei'tbraux, ils se parta- gent comme tous les autres nerfs rachidiens en deux branches, l'une antrieure et Fautre postrieure. La premire brandie envoie un nombre de filets ind- termins, qui s'unissent chacun des ganglions lom- baires du nerf grand sympathique, et avec chacune des paires prcdente et suivante; elle en donne aussi quelques uns aux muscles du bas-ventre, carr des lombes, iliaque et la peau. Ordinairement ces der- nires ramifications sont flexueuses, afin de pouvoir suivre les parties dans leur extension. AiVr. Xi. NEKFS DOllSAUX ET LOMBAREii. *245 Quant Ja bianche postrieure, elle se perd dans les muscles del partie inliieuie de l'pine. Le nom- bre des rameaux et leurs divisions varient beaucoup. [\jCS principales branches de chacun de trois pre- miers nerfs lombaires s'unissent enre eiles , et forment \e plexus lombaire ou crural^ recouvert par le muscle psoas. Ce plexus fournit : x^'X^nerJ inguinal suprieur^ qui vient principalement de la premire paire lom- baire, et dont une branche traverse Tanneau in^^uinal pour se perdre dans les tguments du scrotum ou des grandes lvres; 2 Le nerf inguinal moyen ^ fourni principalement par la premire et la deuxime paire lombaire, et qui se distribue dans le muscle iliaque, dans les muscles du bas-ventre et dans la partie suprieure du scrotum; 3" Le nerf inguinal infrieur^ qui vient des deuxime et troisime paires lombaires, passe entre les pines supiieure et infrieure de l'ilon, et se distribue par une branche externe dans la peau de la partie sup- rieure et postrieure de la cuisse, et par une branche interne dans la partie antrieure et externe de la cuisse jusqu'au genou; [\ \^e nerf honteux externe ^\mns pour ihdiquer le nombre des vertbres, afin de faire connatre celui des nerfs auxquels leurs cbancruri's donnent issue. Quant leur distribution, elle est i mme que dans les autres animaux. ART. XU. NEBFS PELVIQUES ET CAUDAUX. 547 [Dans la tortue cV Europe ^ les septime, Iniitime et neuvime paires dorsales fournissent chacune une branche descendante pour le plexus crural. La ru- nion de ces nerfs ne s'opre qu'au niveau de la cavit cotylode. Dans les crocodiles ^ quoiqu'il y ait de trois cinq vertbres lombaires ,1e plexus crural n'est form que de deux paires de nerfs, il en est de mme dans les autres sauriens ; mais dans les greiiouil/es il Test de trois paires. ] D. Dans les poissons . Il n'y a point de diffrences distinctes entre les nerfs de la colonne vertbrale : tous se distribuent dans les espaces intercostaux et interpineux, [et ne prsentent d'autres paiticularits que celles que nous avons dj indiques, c'est--dire que chaque branche suprieure fournit un filet au nerf dorsal de Weber, et chaque branche infrieure nn fiiet au nerf latral et au nerf de la nageoire anale. Dans les poissons thora* ciques et jugulaires, c'est de la quatrime paire spinale que les nageoires ventrales tirent leurs nerfs. Dans les poissons abdominaux et dans les chondroptrygiens, les ventrales reoivent leurs nerfs de paires plus recules. Ce sont les septime et huitime paires spinales qui les fournissent dans la carpe. ^^ ARTICLE XIII. DES NERFS PELVIQUES ET CAUDAUX. IjCs nerh pelviques ou sacrs sortent du canal ver- tbral par les trous appels vulgairement ^^ac/^i", ordiry 248 \* LEON. AEKFS DA.\.S LES ASIMAUX VEETBES. nairenient au Dombre de cinq, quelquefois plus, quel- quefois moins. La brandie postrieure qui sort par lestions postrieurs est la moins considrable ; elle s'u- nit sa sortie avecles biancbes postrieures des nerfs situs inmidiatement au-dessus et au-dessous; elle se distribueparbeaucoup de filaments dans les muscles et la peau des fesses et dans les parties latrales de l anus. La brancbe antrieure est celle qui produit les nerfs sacrs ou pelviques proprement dits. [En s'nnissant entre elles, ces brancbes contribuent former un plexus nomm plexus sacr ou sciatiqae ^ qui se com- pose des bi'ancbes antrieures des deux derniers nerfs lombaires et des trois ou quatre premiers sacrs, et qui est situ au-devant du muscle pyramidal, dci'rire les vaisseaux bypogastriques, le rectum et la vessie.] La premire paire se porte vers Fcliancrure iscbia- tique dans l'intrieur du bassin. Aprs avoir fourni quelques filets aux p^aup^lions infrieurs du grand nerf sympatbique, elle s'unit et se confond avec la paire sacre qui suit. Puis, un peu plus loin, elle reoit le gros ti'onc form par la quatrime et la cinquime paire des lombes; elle donne en outre un rameau qui, se sparant du cordon iscbiatique, lorsqu'il passe dans rcbancrure, va se distribuer dans l'paisseur du muscle moyen fessier. La seconde paire fournit des rameaux qui se distri- buent peu prs de la mme manire que ceux de la premire; mais elle se partage dans l'intrieur du bassin en deux portions , dont la suprieure s'unit au tronc de la premire paire, comme nous l'avons vu, et dont la seconde va se confondre avec la troisime paire pour former le nerf ischiatique. Deux filets, sous ART. Xni. iSERFS PELVIQLES ET CAUDAUX. 2^9 le nom de petit sciatique ^ se dtachent de la partie postrieure de cette paire et la suivent dans Fchan- criire; mais ils s'en sparent au-del. Lm se perd dans le muscle grand fessier; l'autre s'unit un rameau de la paire suivante, forme un petit tronc unique, et se re- spare ensuite pour se distribuer la partie post- rieure de la cuisse et de la jambe au-dessous de la peau, et aux tgumens del fesse, de Tanus et du pnis ou de la vulve. La troisime paire s'unit, ainsi que nous l'avons indiqu, au cordon infrieur de la deuxime. Elle est beaucoup plus petite, donne d'abord des filets pour le grand sympathique, ensuite elle en fournit un grand nombre qui se distribuent dans lintrieur \\ bassin sur le col de la vessie, et jusque sur les parties latrales du vagin dans la femme , et constituent les nerfs vsi- eaux infrieurs ; ils forment l un plexus trs consid- rable, en s'unissant desfilersdunerf grand intei'cos- tal, et donnent les neifs hmorrhodaux moyens. Cette paire fournit encore beaucoup de rameaux, dont les uns se portent la partie postrieure del cuisse, et d'autres sous la peau des fesses. I^a quatrime paire des nerfs sacrs se distribue peu prs de la mme manire que la prcdente. Elle donne en outre quelques filets aux muscles de l'anus, et un gros rameau qui s'unit d'autres qui viennent du nerf sciatique pour former un tronc trs remarquable, Vh/norrhofiai i/ifricur.^ qui p' supinateur et le brachial antrieur. Il produit encore le rameau cutan externe moyen, qui suit la veine cphalique jusque sous le poignet, et plusieurs autres pour les muscles radiaux et upinateurs. Au-dessus de l'articulation du rayon avec l'os du bras , le tronc du nerf radial traverse le court supinateur et continue de se porter la face externe de l'avant-bras : il donne l beaucoup de filets aux muscles; il se divise ensuite en deux bianches, r dont l'une, superficielle, passe entre les supinateurs, puis entre le long supinateur et le premier radial ex- terne , et, arrive prs du carpe, se divise en rameaux externe et interne : le premier donne des filets aux muscles du pouce et aux interosseux , s'anastomose avec le cutan, et donne le nerf radio- dorsal du pouce; le second donne les nerfs radio et cubito- dorsal de l'indicateur et le radio-dorsal du mdius. Tous ces ra- meaux forment, avec ceux du nerf cubital, les arcades dorsales. L'autre branche, profonde , et qui est la plus grosse, donne des filets au long supinateur et aux ra- diaux externes, au cubital externe, aux extenseurs communs du pouce et de l'index, l'abducteur du pouce, traverse le court supinateur, et se continue ART. XIV. PLEXUS BliACHIAL. 257 comme nev interosseux externe ^suv la face postrieure du ligament interosseux, perce ce ligament par uu filet qui s'anastomose avec Finterosseux interne, et se perd dans les parties molles de l'articulation du carpe.] 4 Du nerf axillaire ou circonflexe. On a encore nomm ce nerf articulaire : il n'est sou- vent qu'une branche du radial. Couvert du deltode, sous lequel il se glisse , il lui donne quelques filets, ainsi qu'aux autres muscles qui avoisinent l'articulation de riumrus, comme le grand rond, ie grand dorsal, le grand dentel et le sous-scapulaire. Plusieurs de ses rameaux se perdent dans la capsule articulaire de l'hu- mrus. [Il donne une branche qui accompagne Fartre sous-scapulaire , contourne la partie postrieure de l'humrus , et fournit le nerf cutan suprieur externe^ b"* Des nerfs thoraciques et scapulaires. Les nerfs thoraciques naissent quelquefois spar- ment du plexus brachial; ils se distribuent principale- ment dans les muscles pectoraux, et se perdent dans les glandes mammaires et dans la peau qui les re- couvre. Il y a souvent un rameau postrieur qui se dis- tribue dans l'paisseur du muscle long du dos {lonibo- humrieny Le nerf sus-scapulaire se glisse derrire Fchaucrure de Fapophyse coracode, et donne des filets aux mus- cles sous et sus-pioeux. [Les nerfs sous -scapulaires ^ gnralement au nombre de deux, se perdent dans les muscles sous-scapulaires , grand rond et petit rond. ] 6 Du- nerf cutan externe , ou musculo cutan. Celui-ci perfore le muscle coraco-brachial ; et, situ 3. 17 ^58 X*' LEON. NEUFS DAiNS LES ANIMAUX VERTBRS. ensuite entre les muscles biceps et brachial interne, il leur fournit des iilets nombreux. Parvenu vers la partie moyenne du bras, il se divise en deux branches : Fune superficielle , l'autre profonde. La superficielle est plus [grosse ; elle descend avec la veine cphalique au-dessus du tendon du muscle biceps au devant du pli de lavant-bras, o elle se divise en beaucoup de ramuscules qui se perdent dans la peau du pli du bras , o ils s'anastomosent avec d'autres filets du nerf radial ; d'autres ramuscules descendent jusque sur la main , en se divisant et se subdivisant dans la peau, et en s anastomosant avec le cutan interne. La branche profonde du musculo-cutan se perd presque en entier dans le muscle brachial interne. L'un des filets pntre , avec l'artre humraire proprement dite , dans la cavit mdullaire de l'os. 7 Du nerf cutan interne. Ce nerf provient quelquefois du cubital ; il suit le bord postrieur et interne de l'os du bras entre la peau et les muscles. Arriv sur Tavant-bras , il se partage en beaucoup de rameaux qui se perdent dans la peau de la partie interne du bras et de F avant-bras. On peut suivre leurs ramifications jusque sur la main. [Ces rameaux s'a- nastomosent entre eux et avec des rameaux du mus- culo-cutan.] B. ./).a7^5 les mammifres. Le plexus brachial est produit par les trois ou quatre dernires paires cervicales et par la premire du dos. Le nerf axillaire est essentiellement form par la ciiiquieiue paire oervicale dans le lapin , et il n'y a que ART. XIV. PLEXUS BRACHIAL. 25|9 l'un de ses filets qui entre danslacomposiUoudu plexus. Les nerfs thoraciques se dtachent de Fentrelace- ment, et se distribuent tous les muscles de l'aisselle; on retrouve aussi des nerfs analogues aux scapalaires ^ liCS nerfs cutans interne et externe ne sont point des cordons distincts , mais seulement des branches des trois cordons principaux qui reprsentent les nerfs mdian , cubital et radial. Le mdian produit la partie moyenne du bras un filet qui, se distribuant aux muscles et la peau , peut tre regard comme un musculo-cutan . Parvenu au-devant du pli de l'avant-bras, il s'en dtache beau- coup de filets qui pntrent profondment avec le tendon du biceps, et qui se distribuent aux muscles. Le tronc continue de suivre les muscles de la face palmaire de lavant-bras. Il se partage en deux rameaux qui passent par deux coulisses particulires des ligaments du carpe, et qui se distribuent chacun des doigts , peu prs comme dans l'homme. Le nerf cubital est le plus externe et le plus grle des trois. Vers la partie moyenne du bras, il s'en dtache un filet pour les muscles extenseurs du coude et pour la peau. Ce filet parat tenir lieu du nev cutan externe Le tronc du cubital, arriv au-devant de l'articulation du bras, perce les aponvroses des muscles qui s'ins- rent au condyle externe. Il glisse le long de l'os du coude sur le ligament interosseux , donne des filets aux muscles flchisseurs des doigts, et se termine par deux autres fort longs, dont l'un se porte la face externe de la patte o il se perd dans la peau ; Fautre suit la face palmaire , et se distribue peu prs comme dans l'homme. 260 X LEON. INERFS DANS LES ANIMAUX VERTBRS. Le nerf radial est aussi le plus .o^ros des trois cordons, li tourne autour de l'humrus en fournissant des ra- meaux aux muscles extenseurs du coude. Parvenu la partie externe du bras , et glissant entre les muscles biceps et triceps brachiaux, il se partage en plusieurs rameaux : l'un devient externe et se porte au-devant du pli du bras sous la peau ; les autres se perdent dans les muscles de la partie antrieure de Favant-bras. Enfin , le tronc lui-mme, aprs avoir fourni aux muscles , se partage en plusieurs filets qui se perdent dans la peau qui recouvre la convexit des doigts. [Tout ce qui est dit ici des nerfs du bras du lapin peut se dire, en gnral, de tous les mammifres. Les trois prands nerfs, savoir, le mdian, le radial et le cubital, ne manquent jamais; mais leur distribution terminale se simplifie mesure que le nombre des doigts diminue. Dans les mammifres clavicules , les nerfs thoraci- ques et scapulaires sont tout--fait comme dans l'homme; jnais dans les mammifres sans clavicules, ces nerfs sont plus ou moins confondus avec les longs nerfs que nous venons de citer, et n'en sont souvent que des rameaux.] G. Dans les oiseaux. Le plexus brachial des oiseaux est essentiellement form par la dernire paire cervicale et les deux pre- mires dorsales. Cet entrelacement ne forme qu un seul faisceau , duquel partent tous les nerfs du bras. Les premiers cordons qui sortent du plexus sont destins aux muscles grand et moyen pectoraux, ainsi qu'au souS'clavier; ils sont gros et au nombre de quatre. ART. XIV. PLEXUS BRACHIAL. 26.1 Il s'en dtache ensuite un petit (iet qui tient lien du nerf axiilaire, et qui se distribue aux muscles qui en- tourent la tte de riiumrus et sa capsule articulaire. Viennent ensuite deux gros cordons principaux qui sont destins l'aile. L'un, antrieur, se porte sous la lace interne ou inf- rieure de l'aile. Il donne d'abord des filets aux muscles biceps et deltode ; puis , suivant le bord interne du bi- ceps, il arrive au pli de Favant-bras sans donner de rameaux remarquables. Parvenu au-dessus de l'arti- culation de l'avant-bras, immdiatement sous la peau , il se divise en trois branches. L'externe est la plus grle; elle se perd en partie dans les muscles radiaux et dans la peau qui recouvre le pouce ou l'aile btarde. La moyenne se glisse profondment au-dessus des muscles pronateurs , puis entre les adducteurs, auxquels elle .se distribue; un des filets perce le ligament interosseux et passe la face suprieure. Enfin, la troisime branche ou l'interne passe comme le nerf cubital sur le condyle interne de l'humrus, dans les tendons des muscles qui s y insrent; elle se partage l en beaucoup de filets : l'un se porte sur la capsule articulaire de lavant- bras avec le bras et dans la peau qui recouvre le coude; quelques uns sont destins aux muscles adducteurs du mtacarpe; deux autres, enfin, plus remarquables et plus longs, suivent le bord infrieur de l'aile sous la peau, et viennent se perdre dans celle qui recouvre les doigts leur face interne, ainsi que dans les muscles interosseux. Il parat que ce nerf tient lieu en mme temps de mdian^ de cubital ei de mus culo -cutan. L'autre cordon principal du plexus brachial , ou le postrieur, secontourneautourde l'humrus, et vient se 265 X* LEON. NERFS DANS LES ANIMAUX VERTBRS. porter sa face suprieure, en donnant d'abord des filets trs sensibles pour les muscles extenseurs du coude, puis deux autres trs remarquables encore, qui se distribuent comme une espce de patte d'oie sous la peau et les membranes situes entre le bras et l'vant-bras. Ces branches paraissent tenir lieu du nerf cufan interne. Le tronc du nerf continuant de descendre le long du bras, et parvenu l'articulation de l'avant-bras, se trouve plac la face interne, mais vers le bord radial de lavant-bras. Il perce le tendon du muscle radial externe; et arriv la face externe ou suprieure, il se divise en deux branches : l'une , courte^ qui se perd sous la peau qui recouvre la face externe du cubitus; l'autre, plus longue, situe entre les deux os de lavant-bras sur la membrane interos- seuse. Lorsqu'elle est parvenue l'articulation du poi- gnet, elle passe par une coulisse particulire, et se divise bientt aprs en trois filets : l'un court pour le pouce, et deux autres pour chacun des doigts, la face externe de chacun desquels ils se portent sous la peau jusqu' leur dernire articulation , o l'on en aperoit encore des traces. 11 est vident que ce cordon tient lieu du nerf radial^ et que, par Tune de ses branches, il remplace le cutan interne. Cette description est faite d'aprs le canard et la cigogne ; nous prsumons qu'il n'y a pas de diff- rences dans les autres oiseaux. [Nous nous sommes assur, en effets qu'elle con- vient Wiigle , au corbeau , la poule : seulement , danses trois espces, le plexus brachial est fourni , comme dans les mammifres, par les trois derniers lierfs cervicaux et par le premier dorsal. Nous re*- ART. XtV. PLEXUS BRACHIAL. . 563 marquons aussi que les nerfs cutans sont trs con- sidrables, et proportionns au grand volume des plumes de cette partie. ] D. Dans les reptiles. [ Dans la tortue d'Europe , le plexus brachial , situ la face interne de l'omoplate , est form par les sixime, septime , huitime et nenviuie paires cervicales. De celles-ci, les trois premires forment seules un rseau; la quatrime, qui est la plus forte, et qui fournit le nerf mdian ne communique avec le plexus que par une branche. De ce plexus sortent iMe cubital, qui donne d abord des nerfs cutans et un rameau au grand rond , puis passe la face externe de 1 omoplate, et, arriv au-de- vant du premier tiers de l'humrus, se partage en quatre rameaux: un rameau cutan dorsal de la main, qui fournit des filets toute ia peau du bras et de T avant- bras; un rameau pour les muscles extenseur commun} extenseur propre du pouce, et cubital externe; un rameau pour les muscles profonds de la main qui s'a- nastomose avec le prcdent; un rameau pour le triceps brachial; s"* Le nerf radial^ qui passe la face externe de l'o- moplae, peu prs vers son milieu, descend au-devant de son articulation avec l'humrus , en donnant des filets au deltode et au grand dorsal, marche le long de la face interne de l'humrus , et se rpand dans les muscles extenseurs de la main. Le nerf mdian est le plus gros; il descend le long du bord postrieur de l'omoplate, donne des rameaux au grand pectoral, au grand l'ood , l'articulation ^264 X* LEON. JNEliFS DANS LES ANIMAUX VERTBRS. scapulo-liumrale et la peau; passe entre les tube- rosits de riiumrus, donne des filets au triceps et au brachial interne , puis se partage i en branche externe qui passe entre les muscles rond pronateur et radial interne, et se distribue aux muscles flchisseurs de la main , et 2 en branche interne , qui court entre le radial et le cubitus, contourne le premier, se voit un moment la face interne auprs du cubital profond , retourne en arrire, et forme les arcs de la paume de la main. Dans le caman lunettes, le plexus brachial est com- pos des deux dernires paires cervicales et des deux premires dorsales. Les nerfs mdian , cubital et radial se distribuent peu prs comme dans les mammifres. Les nerfs axillaires et thoraciques sont trs dvelopps, mais les nerfs musculo-cutans ne sont reprsents que par de minces filets. ] Le plexus brachial du lzard est orm par les deux premires paires dorsales, et par les deux dernires cervicales comme dans les crocodiles. L'avant-dernire cervicale ne fournit qu'une de ses branches au plexus, l'autre se porte sur le col. [Du reste, la distribution des nerfs ressemble tout--fait celle du caman lunettes ; on remarque seulement que les nerfs radial et cubital sont trs fjrles comparativement au nerf mdian. Il en est de mme dans les saui>egardes ^ et probablement dans tous les autres sauriens. ] Dans la grenouille, les nerfs qui doivent se distribuer au brasproviennentd'un trs gros cordon qui sort entre la seconde et la troisime vertbre : c'est le plus gros cordon nerveux de tout le corps; il reoit peu aprs un filet nerveux de la paire suivante, avec lequel il ART. XIV. PLEXUS BRACHIAL. 265 s'unit intiniemeit. Ce cordon se dirige vers l'aisselle; il s'en dtache une branche qui va au-dessus de le- paule , et qui se perd dans les muscles de cette partie. Le tronc continue de se porter vers le bras; bientt aprs il se bifurque. Mais, outre les deux rameaux principaux qu il forme, il s'en dtache quelques filets qui se rendent aux muscles extenseurs de l'avant-bras et la capsule articulaire de la tte de Fhumrus. Des deux cordons nerveux, l'un se porte au-devant de l'os du bras et reprsente le nerf mdian ; il s'en d- tache quelques filets pour les muscles et la peau. Ar- riv au pli de l'avant-bras, le nerf plon(>e dans l'pais- seur des muscles avec le tendon du muscle s lemo-radieii^ qui tient lieu du biceps. Il se divise ensuite en deux ra- meaux placs l'un au-dessus de l'autre : le plus prle , entre les muscles flchisseurs des doigts; le plus gros, sur le sillon qui indique la runion des deux os de l'avant-bras. Ils passent sous les ligaments du carpe ; et, parvenus la paume de la main, le superficiel se perd dans la peau qui la recouvre, et le profond se partage chacun des doigts, peu prs comme cela a lieu dans l'homme ; il donne aussi quelques filets aux muscles de la main. L'autre cordon nerveux reprsente le nerf radial; il se contourne autour de rhumrus. Il fournit d'abord au muscle extenseur de l'avant-bras; continuant de des- cendre autour de l'humrus, i-l arrive au-devant de son articulation avec Fos unique de l'avant-bras, du ct radial. Il pntre l dans l'paisseur des muscles, puis il repasse la face externe de l'avant-bras : il se partage ensuite. L'un des rameaux se perd sous la peau ; l'autre passe sur le dos de la main , o il se peid ^66 X LEON. NEBFS DANS LES ANIMAUX VERTBBS. sur la convexit des doigts. On voit , d'aprs cette des- cription , que les nerfs du bras de la grenouille res- semblent beaucoup ceux de l'aile des oiseaux. Dans la salamandre ^\e?> nerfs du bras se distribuent comme dans la grenouille; mais leur plexus est form par deux paires cervicales et par deux dorsales, si l'on peut regarder comme vertbres du dos celles qui por- tent des rudiments de ctes. Il n'y a pas de nerfs bracbiaux dans les serpents. E. Dans les poissons. Les nerfs de la nageoire pectorale des poissons os- seux proviennent des deux premires paires vert- brales. Ces deux nerfs naissent une assez grande dis- tance l'un de l'autre, et traversent le premier muscle qui se porte de l'pine sur la premire cte, et qui parat tenir lieu de scdlne. [Le premier reoit, comme nous l'avons vu, une branche du grand hypoglosse, et donne les nerfs externes de la nageoire pectorale et ceux de la membrane qui spare la cavit branchiale de la cavit abdominale et qui fait l'office d'un dia- phragme. La deuxime paire est destine la face in- terne de la nageoire pectorale. Ainsi , la premire paire, donnant les nerfs des muscles abducteurs de la na- geoire qui sont analogues aux extenseurs dans les autres vertbrs ^ peut tre considre comme fournissant les nerfs radial et cubital, et la deuxime paire, donnant des nerfs aux muscles adducteurs qui sont analogues aux flchisseurs dans les autres vertbrs, peut tre considre comme formant le nerf mdian. Dans les trigles , le p.erf de la deuxime paire vert- brale est remarquable par la grosseur qu'il prend en ART. XV. PLEXUS BBACHIAL. 267 sortant du canal de l'pine , et par les grosses branches qu'il donne aux rayons libres placs sous la nageoire pectorale, et qui paraissent tre des organes du tact. ] Dans les poissons cartilagineux , comme les ?mes , la distribution des nerfs brachiaux, ainsi que leur nombre, sont bien diffrents. Les vingt premires paires vertbrales sont reues dans un canal cartilagi- neux derrire la cavit des branchies ; elles s'unissent l, et forment un gros cordon unique qui se porte vers la partie moyenne de la nageoire en traversant la barre cartilagineuse sur laquelle s'articulent les rayons. Ce premier cordon continue de se porter en avant le long de la barre cartilagineuse , en dcrivant un arc dont la concavit est antrieure. De ce gros cordon se sparent autant de filets qu'il y a de rayons de la na- geoire : tous ces filets se perdent dans les muscles et peuvent tre suivis jusqu'aux bords de l'aile. Les quatre ou cinq paires vertbrales qui suivent les vingt premires se runissent de mme en un gros cordon , qui se subdivise ensuite en sept ou huit filets pour les rayons moyens de l'aile : ceux-l sont presque perpendiculaires la moelle nerveuse que contient le canal vertbral. Les paires de nerfs vertbraux , qui suivent jusqu' environ la quarante-quatrime, s'unissent deux deux, ^'et forment un cordon qui va percer la barre cartilagi- neuse de la partie postrieure de l'aile ; ils se divisent dans les muscles de la mme manire que les prcdents, de sorte que la prparation des nerfs de laile de la raie prsente une disposition trs singulire; [mais on re- trouve encore ici les trois divisions principales des nerfs de l'extrmit antrieure : le premier cordon re- 268 X* LEON. KERFS DANS LES ANIMAUX VERTBRS. prsente probablement le radial, le deuxime le cu- bital, et le troisime le mdian. ] ARTICLE XV. DES iSERFS DU MEMBRE x\BDOMlNAL. A. Dajis l'homme. En faisant la description des nerfs lombaires et sacrs, nous avons indiqu dj de quelle manire sont forms les principaux troncs des nerfs qui se distribuent dans l'extrmit infrieure ; nous allons maintenant les suivre en particulier. 1 Du neif sous -pubien^ ou obturateur. Ce nerf provient du plexus des paires lombaires. La bauteur laquelle il s'en dtache n'est pas constante ; il se porte vers le petit bassin en suivant le ct interne du tendon du muscle psoas , et il se dirige vers le trou sous-pubien. 11 fournit quelques filets au muscle obtu- rateur interne, passe par le trou de la membrane obturatrice, et produit de nouveaux filets qui se perdent dans l'obturateur externe, aprs quoi il se partage en deux branches : Time anirieure, l'autre postrieure. La premire se perd dans les muscles pectine , grle interne et adducteurs , [ et dans la peau de la partie in- terne de la cuisse, et de i aiticulation du genou. Les rameaux des adducteurs s'anastomosent avec le nerf saphne interne. ] La branche postrieure, situe plus profondment, se distribue iohjnateur externe et aux abducteurs. ART. XV. NERFS DU MEMBRE ABDOMINAL. 269 2 Du nerf fmoral antrieur ou crural. C'est ordinairement par le plexus cies quatre pre- mires paires des nerfs lombaires qu'est form ce cor- don. Il suit l'artre fmorale dans son trajet .sur la pe- tite rainure que laissent entre eux les muscles iliaque et psoas, auxquels il donne quelques filets. iVrriv sous l'arcade inguinale , il se divise en un nombre consid- rable de rameaux [dont les uns se portent la peau, les antres aux muscles et la gaine des vaisseaux f- moraux.] Il y en a ordinairement un pour le muscle droit an- trieur; quatre ou cinq pour le triceps fmoral; quel- ques uns pour le couturier, dont plusieurs se portent ensuite sous la peau ; il en est pour le fascia lata^ le pectine, le vaste interne, le grle interne et le demi- tendineux. Les deux filets les plus longs se portent sous la peau de la cuisse du ct interne : l'un , le nerf cutan in- terne du genou ^ suivant peu prs la direction de l'artre fmorale , s'panouit la hauteur du genou ; l'autre , le nerf saphne interne, est beaucoup plus gros; il descend jusque sur le pied , en suivant peu prs la veine saphne^ dont il emprunte le nom; il re- oit souvent un rameau du nerf sous-pubien vers le milieu de la cuisse; il se distribue principalement la peau de la partie interne et postrieure de la cuisse et de la jambe. 3** Du nerf ischiadique ou sciatiqu. C'est le plus gros des nerfs du corps. Il est ordinai- rement produit par les deux dernires paires des 270 X* LEON. NERFS DANS LES ANIMAUX VERTBRS. lombes et les trois premires du sacrum; il sort du bassin entre les muscles jumeaux et pyramidal par l'- chancrure ischiatique. Il donne l quelques filets pour les muscles obturateur interne , jumeaux et carrs de la cuisse. Situ ainsi la partie postrieure, il descend de la tubrosit ischiatique vers le trochanter. Parvenu la partie moyenne de la cuisse, ou plus bas vers le genou , il se partage en deux cordons qui continuent de descendre et qui passent sous le jarret ; ils prennent alors le nom : l'un , de poplit interne ou tibial; et l'autre, de poplit externe ou pronier. Dans son trajet le long de la cuisse, le nerf sciatique fournit en outre de petites branches aux muscles demi- nerveux , demi-membraneux, au biceps, aux abduc- teurs de la cuisse. Sous le jarret , il en donne d'autres aux muscles po- plit, demi-tendineux, biceps et gastro-cnmiens. Il produit l souvent aussi un rameau , qui quelque- fois nat plus bas du nerf pronier. Ce rameau, se por- tant sous les muscles du tendon d'Achille, du ct du pron, se distribue la hauteur du pied , dans la peau qui recouvre cette partie; il se continue mme sur le dos du pied jusqu'aux extrmits des orteils. 4** Du nerj tibial ou poplit interne. C'est la division interne du tronc du nerf sciatique. Le cordon qu'il forme suit peu prs la longueur du muscle plantaire grle dans la partie moyenne des muscles gastro-cnmiens, auxquels il donne beaucoup de rameaux ; il en fournit aussi au muscle poplit , dont quelques filaments accompagnent l'artre tibiaire pro- prement dite , ou celle q^ui entre dans l'os ; il en donne ABT. XV. NERFS DU MEMBRE ABDOMINAL. '7i encore aux muscles tibial postrieur, long flchisseur du gros orteil et flchisseur commun des orteils. En continuant de descendre, le tronc se porte vers la mallole interne, li passe l dans la rainure pratique entre le tibia et le calcanum avec les tendons des fl- chisseurs. Parvenu sous la plante du pied, il se divise en deux branches : le nerf plantaire interne et le nerf plantaire externe. Le premier donne quelques filets aux petits muscles court flchisseur des doigts, au transverse des orteils , aux courts abducteur et adduc- teur du gros orteil; il se partage ensuite en quatre branches qui se distribuent aux muscles lombricaux, inter-mtatarsiens et la peau des quatre premiers or- teils auxquels il donne des branches collatrales externes et internes , qui se distribuent peu prs comme le nerf mdian la main , en formant aussi une arcade qui se joint au nerf ponlit externe, ainsi que nous Findiquerons. [Le n^r plantaire externe^ plus petit que le prcdent, se porte en avant entre Taccessoire du grand flchisseur et le petit flchisseur, et se divise en branche superficielle et en branche profonde. La pre- mire donne des ramuscules au petit flchisseur du petit orteil, auxombricaux, et fournit ensuite les nerfs collatraux externe et interne du petit orteil et Fexterne du quatrime orteil. La branche profonde se perd dans Fadducteur du gros orteil, dans le flchisseur du petit, et dans les interosseux des premier et deuxime mta- tarsiens. Au-dessus du condyle inteine du fmur, le nerf ti- bial donne le saphene externe. Ce nerf descend sur la face postrieure des jumeaux et vers le tiers in- 272 X LEON. NERFS DANS LES ANIMAUX VEBTBRS. frieur de la jambe; il s'anastomose avec une branche du poplit externe. Il longe le bord externe du tendon d'Achille , passe sous la mallole externe, suit le bord externe du pied, se porte sur sa face dorsale, et donne les deux collatraux dorsaux du petit orteil et le colla- tral externe du quatrime. ] 5 Da nerf ijronier ou poplit externe. [Il fournit d'abord une branche qui se distribue l'articulation du genou , puis une autre qui se perd la partie infrieure de la jambe, la mallole externe et au talon , en s'anastomosant par un filet avec le sa- phne externe. Il donne ensuite le nerf cutan p- ronier^ qui descend le long du gastro-cnmien externe, et se distribue la partie externe et antrieure de la jambe.] Il se glisse ensuite le long du pron, en four- nissant des rameaux pour le muscle jambier antrieur, et se contournant vers le tiers suprieur de cet os; il se divise l en deux branches : le nerf mus culo-cutan et le nerf tibial antrieur. [Le premier et le plus externe descend entre les muscles proniers et l'extenseur commun, auquel il donne des filets ; devient sous-cutan la partie inf- rieure de la jambe; se partage au niveau de l'articula- tion du pied en deux branches, qui fournissent, l'une les nerfs collatraux dorsaux externe et interne du gros orteil et l'interne du second, l'autre les nerfs collatraux dorsaux du troisime et du quatrime orteil, l'externe du second et l'interne du cinquime; le collatral ex- terne de ce dernier provient du saphne externe. Le nerf tibial antrieur ou interosseux descend ART. \v. i\'[iius DU :m>:mj3i\e abdominal. 273 entre les muscles jambier antrieur et extenseur com- mun , passe dans la gaine de Textenseur propre du gros orteil, et se divise galement en branches interne et externe qui donnent l'articulation du tarse, aux interosseux et au pdieux.] B. Dans les mammifres. Les nerfs lombaires et pclviques, qui sont destins au membre abdominal , forment deux plexus avant de se distribuer ces parties. En gnral, ils sont les umes que dansFbomme, ou les diffrences sont peu essentielles. Les cordons nerveux sont gnralement en mme nombre , et se divisent de la mme manire. Le nerf fmoral antrieur nat le plus ordinairement avant le sous-pubicn. Dans le pli de Faine il produit une irradiation de filets musculaires : Fun d'eux , trs remarquable , se porte sous la peau en suivant la veine snpbne : on peut le suivre jusque sur le pied. Le nerf sous-pubien passe aussi par le trou ovale avec le tendon du muscle obturateur interne. Il se dis- tribue aux muscles de la cuisse. Le nerf sciatique est aussi produit par les paires sa- cres ; il reoit ordinairement les filets anastomotiques des paires caudales. Il n'offre au reste aucune diff- rence essentielle d'avec Fliomme. [Les branches ter- minciles des nerfs offrent seules des diffrences dans les mammifres qui ont un moindre nombre de doigts aux pieds; mais, dans tous, le nerf pronier fournit les nerfs des u^uscles extenseurs^ et le tibial les nerfs des muscles flchisseurs des doigts, ] G. Dans les oiseaux. Le nerf <9^^/v//e^/r provient aussi du plexus form 3. 18 274 \ LEOi\. AERFS DANS LES AINIMAUX VERTBRES. par les paires lombaires. 11 passe par le trou sous-pu- bien avec le teudoii de Fobturateur interne, et se di- vise aussitt aprs sa sortie du bassin en un grand nombre de rameaux qui se terminent dans les muscles qui enveloppent Fos de la cuisse , et principalement dans ceux qui entourent son articulation et dans les muscles adducteurs. Le fmoral est videmment form par les trois der- nires paires de nerfs lombaires qui forment un plexus au-dessus du bassin , et duquel se dtache le nerf ob- turateur. Parvenu dans l'aine, le nerf crural se partage en trois branches principales , lesquelles se divisent et se subdivisent dans les diffrents muscles de la face antrieure et interne de la cuisse ; beaucoup se termi- nent la peau, sur laquelle on les suit trs facilement. Le ner sciatique est produit dans les oiseaux prin- cipalement par les quatre paires pelviennes sup- rieures; il se porte vers Pchancrure ischiatique du bassin , derrire la cavit cotyode. Sorti du bassin, il se divise en deux portions principales : l'une postrieure, qui est un faisceau compos de sept ou huit branches qui se perdent dans les muscles fessiers et adducteurs de la cuisse ; l'autre portion est un cordon simple, trs gros, qui parat tre le tronc du nerf. Il suit la direc- tion du fmur , donne quelques branches grles qui se portent dans les muscles flchisseurs de la jambe. Ar- riv vers la partie moyenne et postrieure de l'os de la cuisse, le tronc se divise en deux nerfs : Fun, qui est le plus rapproch des os, et qui parait tre \e poplit ex- terne ; l'autre, qui est le plus gros et qui tient lieu du tihifiL Ce dernier, arriv la hauteur du jarret, se divise 0- AfiT. XV. INEi'.IS iU) UEjIBHE ABDOAliiXAL. 275 en deux branches. La plus grosse des deux se pailage en six ou sept rameaux destins aux muscles de la partie postrieure de la jambe, et principalement aux jumeaux et ausoiaire: l'autre branche continue de se portej: derrire les os de la jambe. Arrive sous le talon , elle passe dans une coulisse , et continue de se porter sous les os du mtatarse; parvenue vers leur extrmit digitale, elle se partage en quatre, ou trois, ou deux portions, selon le nombre des doigts de Toiseau. Ces filets se portent sur le bord pronier de chacun des doigts. Le nerf poplit externe , ou ia seconde branche principale du sciatique, est, comme nous l'avons dit , celle qui est le plus prs des os. Arrive sous le jarret , elle se porte vers le bord pronier de la jambe, et se partage en beaucoup de filets qui se perdent dans les muscles de la partie antrieure de la jambe. Deux des filets, beaucoup plus gros et plus longs, suivent les os de la jambe : l'un sur le bord pronier, l'autre sur le tibial. Ils passent ainsi au-dessus de 1 articulation du tarse dans deux coulisses qui leur sont particulires; ils se rapprochent ensuite , et se trouvent situs dans la gouttire antrieure des os du mtatarse , aprs quoi ils se sparent de nouveau. .a branche tihiale se porte entre le second et le troisime doigt, et la pronire entre le troisime et le quatrime , quand il existe; elles en suivent les bords, et s'y terminent sous la peau , prs de l'ongle. On voit par cette description, faite d'aprs la cigogne spcialement , quoique nous ayons fait des recherches cet gard dans plusieurs autres oiseaux, que les nerfs du membre abdominal sont peu prs les mmes que dans les uiammifres. 276 X LEON. rsEKFS DAiNS LKS AJSlMAUX VEBTEBBES. [ I2 aigle , la corneille et la poule nous ont montr exactement les mmes dispositions, et il y a tout lieu de croire qu'il en est de mme dans tous les oiseaux.] D. Dans les reptiles, / [Du plexus crural del tortue c Europe ^ ow plutt de la patte d'oie forme par la runion des septime, huitime et neuvime paires dorsales, sortent d'abord un filet pour le muscle droit abdominal , vc\ autre pour Toblique, un troisime pour Filiaque, un quatrime pour le psoas et le (rand fessier; le plexus fournit en- suite lenerf crural^ qui se distribue comme fordinaire. Le nerf obturateur ne sort pas du plexus; il est form par la branche moyenne de la neuvime paire, dont la branche antrieure va au plexus, et la postrieure la dixime paire. Le nerf sciatique donne quelques ramuscules au moyen fessier, Tobturateur externe, et se continue en un gros nerf qui ne se ramifie plus qu' la hauteur du jarret. Il donne les nerfs prooier et tibia! . Ce dernier se divise immdiatement en deux rameaux: 1^ un in- terne , qui se distribue dans les muscles profonds de la jambe, de la face plantaire du pied, et pour lequel seul M. Bojanus rserve le nom de nerf poplii ; 1" un externe, le tibial proprement dit, qui donne des filets aux muscles externes et la peau des mmes parties.] Dans les lzards ^ i^ Y ^^ ^'^^^ petit filet nerveux qui provient du nerf fmoral, et qui tient lieu du \\,v sous- pubien. Le nerf /cV7?o/Y^/ lui-mme est form des deux dernires paires lombaires, et passe au-dessus des os du bassin pour se distribuer aux muscles de la partie antrieure de la cuisse. Le nerf sciatique est produit ART. XV. NERFS OU MEMBRE ABDOWIiSAL. 277 par les trofs paires de nerfs qui suivent et qui re(^oi- vent aussi un filet de la dernire paire lombaire. Le cordon unique qu'elles forment suit le bord interne de la cuisse; et en se subdivisant dans les muscles, il se porte jusqu'aux doigts du pied, La distribution des nerfs du membre abdominal est peu prs la mme dans la salaimuidre. il n'y a de diffrences que dajis la manire dont le plexus est form. Ici le nerf fmoral est produit par une seule paire lombaire qui envoie une brancije au plexus scia- tique qui est form par les deux paires suivantes. Dans la grenouille^ trois paires de nerfs entrent dans la composition du plexus fmoral; elles parcourent toute la longueur des os ilons , qui sont ici fort tendus , avant de se runir pour former le plexus. A la hauteur de la cuisse il s'en spare un nerf qui tient lieu e fmoral antrieur^ qui se distribue, comme par une irradiation, aux muscles de lapartie antrieure de la cuisse. Le reste du plexus se porte dans le bassin, et forme un gros cordon qui se porte la partie post- rieure de la cuisse, qu'on peut regarder comme le nerf sciatique. Il s'en dtache de suite un grand nombre de filets pour les nniscles de la cuisse. Vers la partie moyenne et postrieure , il se partage en deux branches qui passent sous le jarret et qui reprsentent les deux nerfs poplits interne et externe, qui se distribuent ensuite la patte de derrire peu prs de la mme manire que dans le pied de l'homme. ^ E. Dans les poissons. La nageoire ventrale, qui reprsente le pied de derrire, reoit de-^ nerfs qui proviennent des paires vertbrales. 278 Y*" LEON. NERFS DANS LES \NTMAIX VERTBRS. Dans les poissons cartilagineux, comme la raie ^ huit ou neuf paires se portent directement en dehors vers la nageoire ventrale. Les quatre ou cinq premires se runissent en un seul tronc qui passe par un trou particulier dont est perc le cartilage qui soutient les rayons; les autres paires se portent directement au- dessus des rayons. Tous ces nerfs se distribuent sur les muscles, absolument de la mme manire que dans la nageoire pectorale. Dans les poissons osseux, comme les silures^ les paires vertbrales qui se distribuent dans les muscles intercostaux envoient des filets qui vont se perdre dans les muscles propres mouvoir la nageoire. Quelques uns des filaments peuvent tre manifestement suivis jusque sur la membrane qui recouvre les rayons. ARTICLE XVL DU NERF GRAND SYMPATHIQUE, APPEL ENCORE GRAND INTERCOSTAL OU TRI-SPLANCHJNIQUE. A. Dans homme. Ce nerf ne peut point tre considr comme prove- nant immdiatement du cerveau (i). Il est en communi- cation d'une manire toute particulire avec plusieurs paires encphaliques, et avec les trente paires des nerfs vertbraux. [Chaque nerf vertbral, aprs la runion de ses racines sensitives et motrices en un gan- (i) Cependant quelrpes a;iatomistes (Hirzel, Untet^sucliungen ber die Verbindunqen des sympathischen Nervens mil den Hinineiuen. In-4"'5 Heidelberg, liJaS. Razin,<1u Systme nerveux de la vie animale et de la vie vgtative ^etc.P.xri'^ , 1 841, in-4"')5 dcrivent des (ilets nerveux qui, se rendant du plexus caverneux la glande pituitaire, tabliraient une commnnicaion directe eiKre le grand sympathique et le cerveau. AET. XVI. NERF GRAND SYMPATHIQUE. 279 galion d'o sortent les nerfs qui viennent de nous oc- cuper, donne un filet probablementcompos des mmes lments, et qui se porte sur le ct de la vertbre; l, au point de rencontre avec le sympathique, il se produit un autre ganglion. Chacun de ces ganglions commu- nique par des filets avec celui qui le prcde et avec celui qui le suit, en sorte qu'il rsulte de leur ensemble un cordon noueux tendu depuis la tte jusqu'au bassin. Le cordon d'un ct communique avec celui du ct oppos , dans le crne et dans le coccyx , formant ainsi une sorte de chapelet de ganglions, d'o manent les nombreux filets qui accompagnent les artres du tronc, et ceux qui se rendent aux glandes et aux muscles in- volontaires des viscres. ] La portion du nerf grand sympathique qui est la plus voisine du cerveau s'observe dans le canal ca- rotidien de l'os temporal , o elle forme un plexus au- tour de 1 artre carotide. Nous avons indiqu dj les filets qui l'unissent la troisime, la cinquime et la sixime paire, [au glossopharyngien , au pneumo- gastrique et l'hypoglosse, ainsi que ses communica- tions avec les ganglions ophthalmique, sphnopalatin, otiqne et sous-maxillaire.] Les filets nerveux qui produisent le plexus caroti- dien se rassemblent la base du crne en un seul tronc qui forme un renflement allong, de couleur gris-rougetre, qui s'tend jusqu' la troisime ver- tbre , et qu'on nomme ganglion cervical suprieur. Ce ganglion reoit des filets ds son origine de la pre- mire et de la seconde paire cervicale, quelquefois de la troisime et del quatrime ; il est toujours uni avec le nerf vague, ainsi quavec l'artre carotide, par une 280 \' J.EON. NEUFS PASS LES AMMAUX VERTBBS. Toile celuleiise trs serre. Sa figure est oblougue, ovale , plus pointue inlerieurement. Aprsavoirsubi ce renflement, le tronc du nerf, qui est alors assez grle, descend le long et derrire Tarire carotide jusqu' la partie infrieure du col , o il forme un nouveau ganglion nomm cejvical infrieur. Dans ce trajet, il reoit ou donne des filets chacune des branches cervicales par sa partie postrieure. Il s'en dtache d'autres de sa partie antrieure pour le pharynx et pour les glandes, dont les filaments, en s'unissant entre eux, produisent autour des artres cai'otidcs des plexus trs grles. Les muscles de la lace antrieure du col en reoivent aussi un grand nombre. Enfin, parmi les autres filaments qui, par leur tnuit , chap- pent aux recherches, on en remarque quelques uns qui, s'unissant aux filets de la paire vague , pntrent dans la poitrine et vont former le plexus cardiaque in- frieui*, ainsi que nous lavons indiqu en dcrivant le nerf vague. Le ganglion cervical infrieur est aplati. Sa figure varie; elle est oblongue , triangulaire ou carre, selon les individus. U est ordinairement situ au-devant de l'apophyse trans verse de la septime vertbre du col , et se confond quelquefois avec le premier ganglion thoracique. l reoit ordinairement des filets des quatre dernires paires cervicales, rarement des paiies dor- sales. Il parat en produire d autres qui , se portant du ct interne , vont se joindre au rcurrent de la paire vague, au nerf diaphragmatique , aux nerfs qui pro- duisent les plexus cardiaques suprieur et infrieur. [Il reoit ou donne un filet qui accompagne l'artre ver- tbrale dans le canal des apophyses transver.>es cervi- \hT. \VT. ISFRF GRAND S\ MPATHIQUE. ^281 cales , et qui s'anastomose avec les sixime , cinquime , quatrime et troisime paires vertbrales, en formant de petits renflements semblables ceux qui existent sur le rameau caroticlien du gan(>lion cervical sup- rieur. 11 arrive assez souvent au'il existe la hauteur de la cinquime ou de la sixime vertbre cervicale, un ganglion intermdiaire, de volume et dforme varia- bles^ qu'on appelle cenncal moyen ou thyrodien^ et qui donne des lameaux l'artre thyrodienne , au nerf cardiaque, et une anastomose avec le nerf rcurrent. Ces rameaux sont fournis par le cordon qui fait com- muniquer les ganglions cervicaux suprieur et inf- rieur, lorsque le gauplion cervical moyen manque.] Le tronc du nerf sympathiipie , situ derrire far- tre vertbrale, entre dans la poitrine; et parvenu au- dessus ou un peu au-dessous de la tte de la premire cte, encore recouvert par l'artre sous-clavire, il prouve un nouveau renflement qu'on a nomm gan- glion thorncique suprieur. A ce ganglion viennent se rendre des filets nerveux des paires cervicales inf- rieures , de la premire paire dorsale, et quelquefois mme un autre de la seconde paire. 11 produit trois ordres de filaments : les uns vont s'miir au plexus car- diaque; les seconds forment un plexus autour des ar- tres sous-clavire et vertb4'ale; les autres se perdent dans les muscles scalne et long du col. [Ainsi que tous les autres ganglions thoraciques, il lc)urnit, de sa partie interne, un filet qui traverse le ligament vert- bral antrieur et pntre dans la vertbre.] La suite du nerf grand sympathique dans la cavit de la poitrine est un peu pins grosse que sur le col ; elle 282 X^ LEON. NERFS DANS LES ANIMAUX VERTEBRES. est colle au-dessous del plvre, et passe par-dessus les ttes des ctes. Dans son trajet jusqu'au diaphragme, elle reoit les filets des paires dorsales angle aigu. A chacun des points d'union , il se forme un renflement ou ganglion qu'on dsigne par des dnominations nu- mriques. Leur forme varie ainsi que leur grosseur. A la hauteur du sixime ganglion , il se dtache or- dinairement des ganglions suivants cinq ou six bran- ches qui se portent en bas et en dedans, vers le corps des vertbres. Elles s'unissent l , et il en rsulte un cordon particulier, qui pntre dans le bas-ventre par une ouverture du diaphragme, muscle auquel il donne quelques filets : on nomme ce cordon grand nerf splaiichnique. x\rriv dans le bas- ventre , le cordon dont nous ve- nons de parler s'aplatit presque aussitt, et forme une espce de lunule nerveuse au-devant de l'aorte. Sa forme l'a fait dsigner sous le nom de ganglion semi- lunaire, Infrieurement , il se joint celui du ct op- pos, il en sort un grand nombre de filaments : les uns sont pour le diaphragme, beaucoup d'autres sepor- tent, sous forme de plexus, autour de l'aorte et des ar- tres rnale, cliaque et msentrique suprieure. On nomme en particulier plexus solaire celui qui enveloppe F artre cliaque , et qui reoit beaucoup de filets de la paire vague. Les autres plexus ont tir aussi leur nom de leur situation sur les artres coro- naire stomachique ^splnique^ hpatique et msent- rique suprieure. Quant :iu tronc mme du grand sympathique, que nous avons laiss clans la poitrine , il continue de des- cendre jusqu'au diaphragme ; mais des deux ou trois ART. XV. NERF GRAND SYMPATHIQUE. 283 derniers ganglions thoraciques , il se dtache un filet appel petit nerf splanchnique ^ qui s'approche du grand, lors de son passage au travers du diaphragme, [et qui se porte dans le plexus solaire et dans le plexus rnal. ] La manire d'tre du grand sympathique dans l'in- rieur du bas-ventre est peu prs la mme que dans la poitrine. Il prouve sur chaque vertbre lombaire un renflement auquel viennent se rendre deux ou trois filets de chacune des paires lombaires. Il s'en dtache aussi beaucoup de filets qui vont se joindre aux plexus que nous avons fait connatre. Ils en forment un par- ticulier awXoMv Ae\a\:\.hye msentrique infrieure^ des artres spermatiques et hypogastriques , dont ils pren- nent les noms. Le dernier plexus donne des filets toutes les artres voisines, au colon et au rectum, aux uretres , la vessie et aux parties de la gnration. Parvenu dans le bassin, le grand sympathique con- tinue de se porter sur l'os sacrum; arriv vers les ver- tbres caudales, les deux troncs devenus trs grles s'unissent et forment leur point d'union un dernier ganglion. Dans ce trajet, il y a autant de renflements que de nerfs sacrs : il arrive cependant quelquefois qu'il n'y a point du tout de ganglion terminal. Ainsi se termine le nerf grand sympathique dans riiomme. B. Dans les mammifres. Le nerf grand sympathique des mammifres est peu prs semblable celui de l'homme. Nous allons en prsenter une description faite d'aprs des recherches >"*)* 284 X*" LEON. NERFS DA^S LES ANIMAUX VERTBRS. exactes dans le loup , le raton. \e porc-pic ^ le mouton et le veau. Le g^rand sympathique s'unit inanifestement dans l'intrieur du crne et dans l'paisseur de la dure-mre avec la cinquime et la sixime paire de nerfs : cette anastomose est trs remarquable. A son entre dans le crne par le trou dchir, il est trs distinct du nerf vague, mais trs adhrent au p- lioste de l'os de la caisse. Lorsqu'on tend le cordon qu'il forme, en le tiiant soi , on voit qu'il se divise en six ou sept filets qui forment entre eux un rseau mailles trs serres. A deux ou trois lignes de l, se- lon la grosseur de l'animal, tous ces filaments se ser- rent entre eux et s'unissent si intimement de nouveau^ que le ganglion qu'ils forment parat comme cartilagi- neux dans sa coupe. De ce ganglion partent des filets ex- trmement nombreux dont les uns, trs courts, vont se porter dans le nerf de la cinquime paire , et dont les autres, ])lus longs et plus grles, forment une espce de rseau de rouleur rougetre, entreml de vaisseaux sanguins C'est ce rseau que Willis a regard comme un petit releadmirahile. Il parat que la communication avec la sixime paire se fait l'aide de ce rseau qui enveloppe le nerf de toutes parts, et dont il est trs difficile de le dgager. Au reste, nous n'avons pas re- marqu de branche particulire d'anastomose dans le veau et dans le hclier. Dans son trajet au travers du trou dchir, le nerf grand sympathique donne un filet nerveux qui entre dans la caisse du tempoi-al; il s'unit aussi l d'une ma- nire intime avec la huitime paire, dont il se dtache la base du crne pour former un gros cordon. *H ABT. XVI. MERf GKAlND SVMPATHIQIJE. 'iS A quelques lignes de distance de sa sortie du crne, le grand sympathique se renfle en un gros ganglion rougetre, de forme allonge et ovale ,* c'est le gan- glion cervical suprieur, La manire dont il s'unit aux nerfs voisins est analogue ce qu'on observe dans l'homme. Aprs avoir donn ou reu les diffrentes anasto- moses avec les nerfs voisins, le ganglion cervical sup- rieur se termine en un filet grle qui se porte la partie antrieure du col au-devant du muscle long du col jusqu' la septime vertbre. Dans ce trajet il reoit des filets nerveux trs grles de toutes les paires cervi- cales- Au-devant de la dernire vertbre du col il forme une anse qui se porte de dedans en dehors vers la pre- mire cte , sur la tte de laquelle il s'unit au pre- mier ganglion thoracique. De la convexit de Tanse partent plusieurs filets qui, parvenus dans la poitrnie, glissent le long du mdias- tin sur le pricarde o ils se perdent. D'autres forment un plexus autour de l'artre sous-ciavire. Le premier ganglion thoracique est de figure seini- lunaire plus ou moins allonge, selon ranima!. Sa concavit est interne. Par son bord convexe , il reoit ou donne quatre ou cinq filets nerveux. Le plus sup- rieur se glisse le long de Tartre vertbrale, et pntre avec elle dans le canal en formant autour d'elle un plexus qu'on suit trs haut, et qui probablement entre dans le crne avec l'artre. Les autres filets s'unissent la dernire paire cervicale et aux deux premires dorsales. De la concavit , ou du bord suprieur et ititerne de 286 X LEON. INERFS BAJNS LES ANIMAUX VEllTEBRS. ce premier ganglion thoracique, partent un, deux ou trois filets qui se portent transversalement ou oblique- ment en en-bas vers les artres pulmonaires leur entre dans le poumon \ ils s'unissent l au nerf vague pour former \t^ plexus pulmonaire et cardiaque inf- rieur. Le tronc du nerf grand sympathique continue de descendre dans la poitrine jusqu'au diaphragme, en formant au-dessus de la tte de chaque cte un ganglion qui reoit un filet nerveux de chacune des paires ver- tbrales; enfin, il traverse le diaphragme, en formant un cordon unique qui est le vritable nerf splanch- nique. Parvenu dans la cavit abdominale, le nerf splanch- nique se porte vers ia ligne moyenne au-dessous de l'estomac; il se divise souvent l en deux cordons qui se runissent ensuite. De cette sorte d'anneau ner- veux sort un tronc principal ou quatre cinq filets, qui se runissant entre eux auprs de l artre cliaque forment un ganglion souvent de figure semi-lunaire. Des bords de ce ganglion partent beaucoup de filets qui enveloppent les artres stomachiques, splnique et hpatique, et qui tiennent lieu du plexus solaire. D'autres filets enveloppent l'artre rnale, autour de laquelle ils forment aussi un plexus. Le tronc du nerf grand sympathique continue de descendre dans la cavit abdominale sur les parties latrales du corps des vertbres. Chacun de ses gan- glions est peu prs de forme quadrangulaire allonge. Des deux angles suprieurs, l'un reoit la continuation du tronc, 1 autre la paire vertbrale. Des deux inf- rieurs linterne donue une branche qui va se porter sur ART. XVI. NEKF GliAiVD S\ MPATHiyUK. *287 l'aorte, et eoncourir quelques uns des plexiis qui en- tourent chacune des artres qui en proviennent ; l'autre produit la continuation du tronc. Au reste le nerf (^rand sympathique se comporte , ce qu'il parat, dans tous les mammifres comme dans rhommejil produit les mmes plexus, avec quelques diffrences dans le nombre des filets et dans les figures que forment les ganglions ; mais ces dispositions sont mmes sujettes varier dans 1 homme. [Les diffrences les plus essentielles se trouvent dans la rgion cervicale. Elles consistent dans Tabsence pres- que constante du ganglion cervical infrieur et du gan- glion cervical moyen: en outre, dans beaucoup de carnassiers, de pachydermes et de ruminants, le grand sympathique est renferm le long du cou, dans la mme gaine que le nerf vague, et il devient, dans quelques espces, trs difficile de sparer ces deux nerfs. Nous avons trouv dans le magot nu grand sympatliique tout- -fait semblable celui de Ftiomme, et on doit pr- sumer qu'il en est de mme dans les autres singes. Le iii>re et le lapin ont ce nerf spar du vague dans la rgion cervicale, ainsi que le castor^ \e parx^pic ^ le marsouin et le phoque, il y a, dans ce dernier animal, un second ganglion cervical situ sur la carotide primi- tive, environ vingt millimtres du ganglion cervical suprieur; le nerf passe ensuite par-dessoUs Farti'e , croise le nerf vague, et descend tout le long du reste du col au ct externe de la carotide , tandis que le vague est au cl interne. Dans le chat ^ selon M. Weber, la runion des deux chanes ganglionnaires a lieu par une anastomose de l'une des branches du premier ganglion sacr avec 288 X* I;EOi\. AEIFS DAISS LEs AMMAUX \Ei\TBRES. celui du cM oppos, et la lin du coccyx par un ganglion allong.] G. Dans les oiseau j^. Le nerf grand sympathique a beaucoup de rapports avec celui des mammifres. Il entre dans le crne par la mme ouverture que celle par laquelle sortent le nerf vague et le glosso-pharyngien; il s'unit aussi avec la cinquime et la sixime paire. Le premier ganglion, ou celui qui tient lieu de cervical suprieur, est de forme lenticulaire; il est situ immdiatement sous le crne ; il communique presque aussitt avec la neu- vime paire, et surtout avec la huitime, avec laquelle il a Tapparence de se confondre entirement. [Mais il s'en spare bientt aprs , pour descendie tout le long du col, dans le canal o se trouve l'artre vertbrale. Au milieu de chacune des vertbres, il forme un petit ganglion qui reoit les filets des paires cervicales , et d'o partent des fiiets qui s'panouissent sur l'artre. C'est l vritablement la portion cervicale du grand sympathique, comme M. Weber Fa constat sur plu- sieurs oiseaux , et particulirement sur Yoie^ et comme nous l'avons galement reconnu sur Vautruche et sur le paon[\).] C'est au premier ganglion thoracique que le grand sympathique des oiseaux commence devenir vrita- blement remarquable et trs apparent. (l) M. Cuvier disait, dans Ja premire dition, que l'on lie retrouvait aucune trace du grand sympathique sur Je col des oiseaux, et il ne d- crivait le cordon noueux que nous venons d'indiquer que comme un filet rcurrent, parti du premier ganglion thoracique. A1\T. \'\l. [\EEi GWAAD bVMJPATHJQUt . 289 Ce premier [janglion nerveux devient comme un centre duquel partent en divergeant huit filets nerveux diffrents : l'un va s'unir au plexus des nerfs brachiaux; le second remonte le long du col par le canal vert- bral avec l'artre , et se continue jusqu'au gangUon cervical suprieur, comme nous venons de le dire. Le troisime filet va se confondre avec le plexus cardiaque form par la paire vague. Les trois filets suivants se portent du ct interne et vers l'avance que forment les corps des vertbres, pour produire un cordon par- ticulier sur lequel nous reviendrons. Enfin , le septime et le huitime filet servent unir ce ganglion avec le suivant : Tun passe au-dessous de la tte, et l'autre au- dessus, de manire former une anse de figure losan- gique dans laquelle la tte de la cte est reue. Chacun des ganglions qui suivent forme ainsi une irradiation nerveuse , compose de cinq , six ou sept filets, dont deux suprieurs et deux infrieurs servent d'union au ganglion qui prcde ou qui suit; un ou deux la formation d'un cordon nerveux qui tient lieu du nerf splanchnique, et un dernier qui va s'unir avec la paire de nerfs dorsaux situe au-dessous. Le cordon qui est form par toutes les branches internes du nerf grand intercostal , et qui tient lieu de nerf splanchnique, suit l'artre aorte de l'un et de l'autre ct. Parvenus la naissance du trpied de la cliaque , les filets nerveux qui proviennent des gan- glions thoraciques produisent en s'unissant avec lui un, deux ou trois renflements, desquels partent une infinit de filets qui enveloppent les artres de toutes parts. Les ganglions remplacent ici sensiblement ceux qu'on dsigne par le nom de semi-lunaires dans 3. 19 290 X* LEON. NEiiFS UAIVS LES ANIMAUX VERTEBRES. 1 homme, et les fiiets qui en proviemient tiennent lieu du plexus solaire. Il se forme encore d'autres plexus sur les artres rnale et msentrique infrieure. Le tronc du nerf continue de suivre le corps des vertbres ; mais les gan(];lions deviennent moins sen- sibles lorsqu'il n'y a plus de ctes, et on ne s'aperoit plus alors que d'un petit renflement au point o s'unit la paire vertbrale Mais il part du ct interne de chacun de ces petits renflements deux ou trois filets qui viennent former un plexus sur l'artre aorte, en s'unis- saiit avec ceux du ct oppos '; On voit videmment la continuation du nerf grand sympathique jusque sur les dernires vertbres de la queue. 11 est trs facile de les suivre dans le cygne. [Mais les ganglions terminaux ne se runissent pas en un seul , comme dans les mammifres. Selon M. Weber (i), dans quelques oiseaux , le pic- vert ^ par exemple, tous les ganglions thoraciques ne contribuent pas former le nerf splanchnique; ce nerf ne commence qu'au quatrime ganglion.] D. Dans les reptiles. Le nerf grand sympathique de la tortue bourbeuse {Etnys europa) n'est bien distinct que dans l'intrieur de la carapace, il y a bien une disposition analogue celle du premier ganglion cervical ; cependant le nerf vague lui est tellement adhrent qu'on ne peut l'en s- parer. Sur le col nous n'avons vu aucun filet qu'on puisse regarder comme le tronc du nerf. (l) Anal. coTnp. nervi sytnpatli.L\p>Xy i8i7,in-8. AKT. XVI. JNEIU (,>R4ND SYMPATHIQlii;. 291 On voit trs bien sur le pritoine et sor le corps des vertbres des ganglions nerveux qui sont manifestement produits par le grand intercostal. Les ganglions sont absolument semblables ceux des oiseaux; ils ont deux Filets suprieurs et deux inf- rieurs qui passent sous Fapopliyse transverse de la ver- tbre qui s'unit la carapace. Du bord interne de cha- cun d'eux part un nerf splancbnique qui va former des plexus autour de chacune des artres que produit l'aorte ; il en part un aussi qui concourt la formation du plexus pulmonaire. On suit trs bien ce nerf jusque su ries parties latrales des premires vertbres de la queue. [Bojanus,qui a donn une figure du grand sympathi- que de la mme espce", le reprsente accompagnant dans le crne l'artre carotide et vs'unissant au nerf vi- dien et au nerf facial. A sa sortie du crne, ce nerf est accol au vague et au glosso-pharyngien, en sorte qu'il est difficile de dire s'il y a un ganglion cervical sup- rieur; et comme les vertbres cervicales manquent de canal vertbral , le nerf est galement accol au vague dans presque toute la longueur du coi. Au-dessous de la sixime vertbre cervicale , peu aprs la sparation du sympathique de la gaine du nerf vague, il existe un ganglion cervical moyen , duquel partent des filets qui se rendent l'aorte, au plexus cardiaque et au plexus clique. Entre les septime et huitime ver- tbres cervicales se trouve le ganglion cervical inf- rieur, qui n'est gure qu'un renflement allong du nerf j viennent ensuite deux ganglions dorsaux; puis, vers le milieu du dos, un troisime et dernier ganglion qui fournit les nerfs spanchniques. Le reste du grand 292 \' LEON. NEUFS DANS LES ANIMAUX VEBTEBllS. sympathique est form par un ou deux cordons qui ioui'nissent la rgion sacre un grand nombre de rameaux dont les divisions forment les plexus rnal, hypogastrique et sacr. Dans la tortue franche ^ le grand sympathique long- temps accol au nerf vague, lui envoie, peu aprs s'en tre spar, un rameau considrable. Le premier gan- glion thoracique est allong; ses filets externes forment un plexus axillaire ; les internes se rendent au cur, aux poumons et Faorte. Les ganglions suivants sont plus petits, et unis les uns aux autres par deux et mme trois filets. Les nerfs splanchniques sont nombreux, et donnent des plexus considrables autour des artres. D'aprs M. Sw^an (i),dans le caret le sympathique est libre et distinct le long du cou , mais il envoie au nerf vague des filets de communication. Une de ses branches passe avec une division de l'artre carotide dans un canal de la base du crne, donne un filament au facial, et communique avec le second rameau de la cinquime paire. Dans les crocodiles , il y a un grand sympathique tout'-fait rgulier. Les ganglions sont en mme nom- bre que les vertbres , aussi bien la rgion cervicale qu la rgion dorsale et la rgion lombaire, Au col, le nerf passe entre les deux ttes des ctes cervicales. Le ganglion de la huitime vertbre dorsale, et ceux des quatre vertbres suivantes donnent plusieurs filets chacun , qui s'enlacent entre eux , et fournissent des rameaux l'estomac et aux artres cliaque et m- (i) Illustrations of the comparative anatcmy of thc nervous systsm. By Jos. Swan. London, 1837. ART. XVI. NERF GRAND SYMPATHIQUE. 293 ' seitrique. Les f^angiions des vertJDres lombaires et sacres donnent les plexus rnal, liypog^astriqiie et sa- cr; les nerfs des ganglions coccygiens accompagnent l'artre sacre moyenne et ses diverses branches. Dans les sauriens , il n'existe qu\in petit nombre de ganglions. Le ganglion cervical suprieur; un autre la rgion du cur pour les plexus pulmonaire et car- diaque ; deux ou trois vers les dernires vertbres dor- sales pour le nerf splanchnique, le plexus rnal et le plexus spermatique, et enfin un ganglion la rgion sacre pour le plexus anal et les artres de la queue; mais le nerf n'en reoit pas moins des filets de toutes les paires spinales (i). Dans les ophidiens on a longtemps dout de l'exis- tence du grand sympathique. Nous l'avons observ dans lui pithon et dans une couleuvre collier^ o il est d'une tnuit extrme. Les ganglions de la partie an- trieure du tronc taient trs visibles dans le premier, et difficilement apercevables dans la seconde. On doit remarquer qu'ils ne sont point appliqus contre la tte des ctes, mais qu'ils se trouvent dans l'pais- seur de la membrane cellulaire qui attache l'sophage et la trache artre au corps des vertbres et aux ctes , et que leurs filets de communication avec les ganglions intervertbraux sont trs allongs. Dans l'une et l'autre espce, ds qu'il a fourni les nerfs cardiaques, le sym- pathique s'approche de l'aorte, et finit par s'y accoler tellement, qu'il devient presque impossible de laper- (i) M. Giltay a dcrit le nerf grand sympalliique dans l'iguane col nu. (I^e nervo sympathico Lugduni Batav. i834-) H 'y a pas de diffe'- rence notable avec les autres sauriens. 294 X* LEON. NERFS DANS LES ANIMAUX VERTBRS. cevoir autrement que dans 1 animai frais. M. Swan l'a tudi et li(ur dans le boa constrctor. Sa description s'accorde avec nos observations sur le python : seule- ment il n'a pas aperu d'autre ganglion que le cervical suprieur. De ce ganglion serrent deux rameaux qui longent le crne , et vont s'anastomoser avec des ra- meaux de la seconde branche de la cinquime paire, en formant un petit renflement chaque point d'union. On pourrait assimiler au ganglion sphno-palatin un de ces renflements qui donne un filet la membrane du nez. Le grand sympathique existe galement dans les ba- traciens, et M. Weber assure que son dernier ganglion, qui est assez gros, communique par deux rameaux avec le nerf ischiatique, mais qu'il ne se runit point au nerf sympathique du ct oppos. ] E. Dans les poissons. Le nerf sympathique des poissons est extrmement grle : c'est un simple filet nerveux qui se trouve situ de l'un et de l'autre ct de la colonne vertbrale. On reconnat manifestement qu'il fournit des filets au p- ritoine, et que ces filets se prolongent autour des ar- tres des intestins; on voit aussi qu'il y a, comme l'ordinaire, des filets de communication pour chacune des paires vertbrales. Au point o s'opre l'union , les ganglions sont gnralement peu sensibles: [cependant on les trouve assez grands dans quelques espces, entre autres dans le poisson-lune et dans la loie. On peut suivre le sympathique dans la t!e jusqu'au nerf de la cinquime paire , aussi bien dans les poissons osseux que dans les cartilagineux, quoiqu'on ait ni qu'il AKT. XV. NERF GRAND SYMPATHIQUE. 295 existt dans les derniers. On ne Fa point encore vu dans les lamproies ^ et l'on suppose cpiH y est remplac par le nerf vap,ue qui va jusqua l'anus; mais il nous parat vraisemblable que, dans des individus trs frais, on parviendra le dcouvrir (i).] (i) M. Swan a donn une fi{>ure du grand sympathique dans la roie has. M. Giltay ne i'a pas trouve' dans le gymnote lectrique. 296 XT* LEON. SYST. NERV. DES ANIMAUX SANS VEBTBRES. ONZIESfflE LEON. ^ DESCRIPTION DES SYSTMES NERVEUX DES ANIMAUX SANS VERTBRES. Pour les nerfs, comme pour les muscles, les ani- maux sans vertbres ne sont point tous forms sur uu plan commun, et ils prsentent de si grandes dispa- rits , que nous sommes oblig d'adopter une marche diffrente de celle que nous avons suivie dans les trois dernires leons. Il faut que nous procdions ici comme nous l'avons fait en traitant des organes du mouvement de ces mmes animaux; il faut, dis-je, que nous considrions le systme nerveux dans leurs diffrentes classes et dans leurs principaux genres. Ce qui est commun quelques unes de ces classes se rduisant peu de chose , ce cjue nous en avons dit aux articles III et V de la i"" leon , et i'artice il de la IX^ suffira, et nous allons de suite entrer dans les dtails. ARTICLE PREMIER. CERVEAU ET NERFS DES MOLLUSQUES. A. Cphalopodes. Dans les poidper ^ les seiches et les calmars., le sys- tme nerveux parat se rapprocher quelques gards de celui des animaux vertbrs. Le cerveau est ren- ferm dans une cavit parliculire creuse dans le car- A ET. . CERVEAU ET NERFS DES MOLLUSQUES. 297 tila^je de la tte , lequel est perc de diffrents trous qui donnent passage aux nerfs. Ce cartilage de la tte a la forme d'un anneau creux et irrgulier. Sa partie suprieure contient le cerveau; sa partie infrieure renferme les oreilles et un canal demi-ci'culaire qui communique de chaque ct avec la cavit du cerveau , et qui contient le collier mdul- laire. L'sophage traverse le centre de cet anneau cartilagineux, et se trouve par consquent entour par le cordon mdullaire comme dans tous les autres ani- maux inverthrs. Les parties latrales de Tanneau cartilagineux ont des prominences qui forment de chaque ct une espce d'orbite. Le cerveau au. poulpe se divise en deux parties dis- tinctes : [une postrieure, plus grise , peu prs glo- buleuse; et une antrieure, plus blanche, plus plate, plus carre. On pourrait comparer la premire au cervelet, l'autre au cerveau.] Le collier mdullaire sort des parties latrales de ces deux portions : c'est une masse aplatie en forme de lame, dont la partie antrieure produit quatre gros nerfs qui, avec les quatre pareils de l'autre ct, vont se rendre en devant dans les huit pieds qui couron- nent la tte : nous reviendrons sur leur distribution. En dessous, ces lames se joignent et compltent ainsi le tour de l'sophage. [ De leur partie postrieure nais- sent deux gros nerfs qui se rendent la base des piliers de la bourse, o ils se renflent en un fort gangHon appel le ganglion toile. De ce ganglion sortent une multitude de nerfs disposs en rayons qui se distri- buent aux muscles du sac] De chaque ct de l'origine du collier, au point o il 298 XT*- LEON. SYST. NESV. DES ANIMAUX SANS VERTEBRES. sort du cervelet, nat le nerf optique : il se rend directe- ment dans ToriDite. Aprs y avoir fait un trajet trs court, il s'y dilate en un gan(]lion plus gros que le cerveau, et qui a la forme d'un rein, dont le ct concave est du ct du cerveau. La substance de ce gan.ojlion parat la mme que celle du cerveau. Sa convexit produit plusieurs centaines de petits nerfs fins comme des che- veux, qui traversent la sclrotique et la chorode par autant de petits trous pour aller former la rtine. [Avant son renflement, le nerf optique porte sa face suprieure un petit tubercule sphrique, semblable une verrue; disposition singulire laquelle nous n'a- vons rien trouv de comparable dans les systmes nerveux que nous avons jusqu'ici examins. La partie antrieure du cerveau donne trois paires de nerfs. Les deux plus internes se partagent en plu- sieurs filets qui s'irradient dans les tguments de la bouche et des pieds. L'externe contourne de chaque ct l'sophage^ va former la base de la masse buc- cale un ganglion bilob, et complte ainsi en avant du grand collier sophagien un demi-collier antrieur, que nous retrouverons dans un grand nombre de mol- lusques. Du ganglion bilob sous-buccal partent ant- rieurement et latralement des filets pour la bouche, et postrieurement deux paires de nerfs : l'une qui se perd dans l'sophage, l'autre qui suit cet organe, traverse avec lui le collier crbral et se rend l'es- tomac. ] La partie infrieure du collier donne encore nais- sance deux paires de nerfs. La premire paire est celle des nerfs acoustiques : ils sont trs courts, at- tendu qu'ils ne font que traverser une lame cartila- ART. I. CERVEAU ET NERFS DES 3I0LLUSQUES. 299 gineuse pour pntrer dans l'oreille et s'y panouir, La seconde paire sort du cartilage par deux trous trs rapprochs, et situs au-dessous des oreilles. Les deux nerfs qui la composent descendent en dedans du pritoine vers le fond du sac. Arrivs peu prs la hauteur du cur, ils forment un plexus assez compli- qu, dont sortent tous les nerfs qui se rendent aux or- ganes de la circulation et de la respiration. Chaque pied a un nerf qui le traverse d'une extr- mit l'autre comme un axe , et qui est situ dans un canal que nous avons dj dcrit en traitant des mus- cles de ces pieds. Ce nerf est renfl d'espace en espace par de nombreux ganglions qui le rendent comme tu- berculeux , et de chacun desquels partent dix ou douze filets nerveux. Ces filets percent en divergeant les muscles de l'intrieur du pied auxquels ils fournissent, mais ils se rendent principalement aux ventouses. [Ce nerf se divise en deux parties fort distinctes, et aux- quelles l'alcool donne une couleur diffrente. La partie la plus rapproche des ventouses prend une teinte jaune, et elle se renfle en ganglions; l'autre partie est blanche et d'un calibre uniforme , et elle communique par des filets avec la premire; en sorte qu'ici, comme dans les animaux vertbrs , les nerfs semblent avoir deux racines, une ganglionnaire, et l'autre non gan- glionnaire, il est vraisemblable que leurs fonctions sonf en rapport avec cette diffrence de structure. Le systme nerveux central de la seiche se compose d'un large anneau mdullaire qui entoure l'sophage, et que nous appellerons indiffremment collier so- phagien , collier on anneau crbraL La portion sup- rieure ou dorsale de ce collier, ou le cerveau, est forme .100 XI* LEON. SYST. NERV. DES ANIMAUX SANS YERT^.BRES. de (rois parties, tages d'avant en arrire, et distin- .o^Lies l'une de l'autre par des lif^iies transversales ainsi que par leur couleur. I^a plus antrieure, qui est en mme temps la plus infrieure, est petite, globuleuse, et lg^resir.mt bilobe: au-dessus est la partie moyenne, large et j^late, et au-dessus de celle-ci, la troisime partie , plus blancbe que les prcdentes , et de la forme d'une masse globuleuse, assez grosse et un peu bilobe. Cette dernire partie ne produit pas de nerf ; elle n'ad- bre pas par tout son contour , mais seulement par son bord postrieur, au ruban moyen sur lequel elle repose; elle est lgrement creuse et bombe, et par consquent elle offre une disposition trs comparable celle du cervelet de quelques reptiles et poissons. Quant aux deux autres subdivisions du cerveau , elles donnent des nerfs trs intressants tudier. La petite masse globuleuse antrieure donne des filets latraux qui se rendent au cou, et des filets ant- rieurs qui, runis en un seul trousseau sur la ligne m- diane , vont aprs un court trajet se renfler, la base de la masse buccale, en un petit ganglion galement bilob , et que nous appellerons gcuiglion sus- buccal. De ce ganglion partent : 1 En arrire, de chaque ct, un filet rcurrent, qui vient rejoindre sur les cts du cou les nerfs lat- raux sortis de la petite masse globuleuse antrieure du cerveau ; 2 En avant, des filets rayonnants qui se rendent aux tuniques de la bouche et des pieds ; 3^ Latralement, un cordon de chaque ct qui contourne l'sophage, s'unit sous cet organe celui du ct oppos, en foimant de nouveau nu gros gan- ART. 1. CERVKAU ET iNERFS DES MOLLUSQUES. 301 glion que nous appellerons sous-buccal ^ et qui com- plte ainsi, au-devant du grand collier sophagien, un autre collier plus petit. De ce ganglion sous-buccal partent en avant des filets qui s'irradient en grand nombre dans la masse de la bouclie. En arrire , il s'en dtache deux troncs ner- veux qui, appliqus contre l'sophage, passent avec lui travers Fanneau sophagien ; puis arrivs 2 centimtres de Festomac, ils se runissent en un seul tronc, et se renflent bientt en un gros ganglion pyri- forme d'o manent les nerfs qui se distribuent aux intestins. *" Quant la portion moyenne du cerveau, en forme de ruban plat , c'est celle qui parat plus particulire- ment constituer les cts du collier ; mais elle donne aussi suprieurement, droite et gauche, un nerf large et court, qui est le nerf optique ; ce nerf se renfle presque aussitt en un norme ganglion deux lobes, d'o secliappe en gerbes serres une multitude de filets nerveux qui vont s'implanter toute la partie postrieure de Fil. Ce neri porte avant son renfle- ment, comme celui du poulpe, un petit tubercule sphrique. La portion infrieure du collier crbral est plus large que la suprieure, mais aplatie, et formant une sorte d'cusson ou de plastron. Deux scissures trans- versales incompltes la partagent en trois parties, dont les deux dernires sont de couleur grise , et l'antrieure de couleur blanche. La partie moyenne ne donne pas de nerfs ; elle est proprement la continuation des deux cordons latraux du collier; mais il sort des nerfs des parties antrieure et postrieure. L'antrieure donne 302 Xr LEON. SYST. ERV. DES ANIMAUX SANS VERTBRES. les dix grands nerfs des pieds, La postrieure donne de sa face infrieure : i "^ le nerf acoustique qui entre immdiatement dans la cavit des oreilles creuse dans la portion du cartilage situe sous l'sophage ; 2^ un petit filet qui traverse le cartilage et en sort en arrire, en passant sous la cavit de Foreille pour aller se perdre dans le cou. Enfin le bord postrieur du plastron mdullaire du collier donne trois nerfs de chaque ct. 1. L'un, plac l'angle externe, se rend Tenveloppe du cou. 2. L'autre j plus gros et situ en dedans, se rend un ganglion volumineux, nomm ganglion toile^ situ sur le ct du corps; mais avant d'y arriver, il fournit un rameau interne qui, aprs avoir reu une anastomose du ganglion, perce l'enveloppe du corps, et se porte en partie la nageoire et en partie la membrane de l'os. Du ganglion toile rayonnent quatorze ou quinze filets nerveux qui se rpandent dans les parties environnantes. 3. Enfin le troisime nerf, plac sur la ligne mdiane, est accol son con- gnre dans un trajet de 3 4 centinstres; puis il s'en spare, et chacun d'eux se partage en deux branches dont l'externe va au pilier de l'entonnoir, et Tinterne aux branchies, au cur et aux organes del gnration. Le systme nerveux de argouiute a beaucoup de rapports avec celui de la seiche (1). Mme division de la partie suprieure du collier sophagien; mme existence d'un petit collier antrieur ou buccal; mmes (1) il a t dcrit et H^ur avec beaucoup de soin par M. Van Benc- den. Exercices zootomi(fUS^fascic. i. BiuxeUes, 183^, in-4''. R'X. 1. CKJVEAU KT iNEliFS DES SiOLLUSQUES. 303 nerfs qui s'en dtachent. Les nerfs des yeux ne se ren- flent pas aussitt que dans la seiche , et les faisceaux qui en naissent sont beaucoup plus courts ; de plus, ce n'est pas sur le nerf qu'est implant le petit tubercule verruqueux, mais sur le ganglion optique lui-mme. Les nerfs des bras sont , comme ceux du poulpe , composs de deux filets : Tun qui se renfle en ganglion vis--vis de chaque suoir; Tautre lisse, et qui envoie d'espace en espace des faisceaux nerveux au prcdent. Les nerfs de l'estomac, venus du ganglion sous-buccal, se renflent en un ganglion stomacal, et ceux des bran- chies en un ganglion prs de loviducte. Dans le nautile flamb {iiautilus pompilius^ Lam.) ( i ), espce de cphalopode quatre branchies et nom- breux tentacules rtractiles, le systme nerveux cen- tral n'est point contenu dans un cartilage et le cer- veau n offre point de divisions ; il est form d une simple bande nerveuse place transversalement sur l'sophage , et qui donne naissance un collier, double infrieurement, et y offrant de chaque ct un ren- flement aplati. La partie suprieure du collier ou le cerveau donne de son bord antrieur des nerfs la langue et aux muscles de la bouche ; de sa partie pos- trieure , il fournit, en partant de la ligne mdiane, les nerfs des tentacules oculaires postrieurs , les nerfs ou plutt les ganglions optiques, puis ceux de l'organe de l'odorat, et sous ceux-ci, au nombre de trois de cha{|ue ct, les nerfs de l'oreille qui s'enfoncent dans la corne du cartilage qui soutient les muscles de v...f (i) Rich. Owen, Meinoir on the pearly nautilus. London, iBSa, in-4. tt Valenciennes, mme sujet, Archives du Musum^ iSSg, 304 Xl* LEC03N. SYST. l\HV . DES ANIMAUX SAINS VERTBKES. Fentonnoir : puis enfin les nerfs des tentacules oculaires antrieurs. Infrieurement;, la partie antrieure du collier donne en avant les nerfs pour Fentonnoir, pour les tentacules et pour les organes lamellaires de la base des bras qui portent ces tentacules. La partie postrieure de ce collier fournit en arrire les nerfs des muscles du corps , lesquels ne forment point de ganglion toile; piiis de sa face infrieure et largie il se dtache une paire de nerfs rapprochs de la ligne mdiane, et qui, aprs un trajet d'environ 5 centimtres, forment chacun un ganglion, d'o partent du ct externe les nerfs de la circulation et de la respiration, et du ct interne ceux des organes de la digestion.] B. Ptropodes. [Dans les ptropodes et les gastropodes il n y a plus, comme dans la seiche, un collier antrieur ou buccal complet, mais seulement, comme dans le poulpe, un demi-colUer, ou plutt un ganglion sous-sophagien simple ou double, uni au cerveau par deux filets, et dont nous parlerons plus bas. Quant au systme ner- veux central, on y retrouve au milieu de certaines variations secondaires, une division fondamentale et trs remarquable. Il est form par trois ordres de gan- glions qui compltent, au moyen des cordons qui les unissent, un collier autour de l'sophage (i). (i) Nous avons constate l'exaclitude de cftle intressante observation que M. Souleyet a fait connatre en rsume dans les Comptes -rendus des sances de l'Acadmie des sciences, i843, et dont il a donn de trs beaux dessins , dans la partie zoologique du Voyage de la Bonite. ART. I. CERVEAU ET NERFS DES MOLLUSQUES. 305 J.es ganglions suprieurs constituent: le cerveau pro- prement dit : iis sont le plus souvent runis sur la ligne mdiane au-dessus de Toesophage, mais quelquefois spars par un cordon plus ou moins long , de telle sorte qu'ils peuvent se trouver reports sur les cts. Ces ganglions fournissent les nerfs des tentacules , des yeux et de la bouche. Les deux autres ordres de ganglions sont infrieurs. Une premire paire est forme de deux ganglions, quel- quefois confondus en un seul, ou bien unis par une com- missure, et qui fournissent les nerfs aux organes de la locomotion et de la sensibilit gnrale. On y remarque en outre une petite poche que Ton croit tre Torgane de Faudition. Une seconde paire est, comme la prcdente, tantt confondue en une masse unique et mdiane, tantt forme de deux ganglions lis par une commissure; elle donne des nerfs aux branchies et aux viscres. Cette seconde paire est plus ou moins intimement unie en avant avec la premire, de manire former la partie infrieure du collier, suivant les combinai- sons qui ont lieu dans les divers genres, tantt un gan- glion bilob de chaque ct, tantt un ganglion m- dian unique et trilob. Quelquefois encore , quand les ganglions suprieurs s cartent l'un de l'autre et se rap- prochent des infrieurs, il peut y avoir de chaque ct un ganglion trois lobes. Frquemment , le cordon mdullaire qui lie le cer- veau aux ganglions infrieurs est form de deux cor- dons bien distincts qui se rendent dans chacun de ces derniers. Enfin , outre ces trois paires de ganglions, les nerfs 3. 20 306 Xl'' LEON. SYST. i\EKV. DES ANIMAUX SANS VERTBBES. que le cerveau donne eu avant Ja masse buccale se runissent sous l'sophage, et forment un ou deux ganglions qui fournissent des nerfs la bouche, et, par deux hlets rcurrents , Toesophage , ce qui les a fait dsigner sous le nom, maintenant fort rpandu, de nerfs stoniato-gastriques , De ces dispositions il rsulte que, lorsque les deux paires infrieures de l'anneau crbral sont spares, le collier se trouve tre compos de trois parties abou- tissant suprieuiement dans les ganglions crbraux, comme serait une bague dont le chaton runirait trois anneaux. Les n rfs qui viennent de la seconde paire de gan- glions infrieurs prouvent aussi quelquefois, avant de se distribuer aux parties, des renflements ganglion- naires. On trouvera, dans le dtail que nous allons mainte- nant donner du systme nerveux de divers genres de ptropodes et de gastropodes, des exemples des combinaisons varies que peut offrir la disposition de ses parties constituantes. Dans les hyales^les gaaglions crbraux sont placs sur les cts de l'sophage, la commissure qui les runit est un cordon aplati ; les ganglions des nerfs lo- comoteurs sont pyriformes et se touchent par leur gros bout; les ganglions viscraux sont runis en une masse impaire , et placs derrire et entre les premiers; les ganglions sous-buccaux sont runis en un petit disque, oblong transversalement et trs rapproch des prcdents (i). (i) Voy. la partie zoologique du Voyage de la Bonite ^ 4Mi\Taison des mollusques, pi. 9. ART. l. CERVEAU E NERFS DES MOLLUSQUES. 307 Dans les pjieuinodermes ^\e cerveau est deux lobes, et chacune des deux paires de ganglions infrieurs forme aussi un ganglion bilob; entre celles-ci, de chaque ct, il y a un petit ganglion qui les fait com- muniquer l'une avec lautre. Ces ganglions infrieurs sont runis au cerveau par deux cordons bien spars. Les filets nerveux qui se rendent au ganglion sous- buccal sont trs dlis, et les rameaux antrieurs que fournit ce ganglion prouvent galement de petits ren- flements. Dans Xeuribie y le cerveau est compos de huit gan- glions presque contigus , runis entre eux par un large cordon aplati; deux suprieurs, deux infrieurs, qua- tre latraux, l'un ii^terne et l'autre externe de chaque ct. Dans les clo dores ^ le systme nerveux l'essemble entirement celui des hyales. ] G. Gastropodes , Dans Y escargot {Jielix poinatia) ^ le cerveau se trouve plac sur l'sophage, derrire une masse ovale de muscles qui enveloppe la bouche et le pharynx, et que nous dcrirons l'article del mastication. [Il est de forme oblongue, transverse, un pen rtrci au mi- lieu. Les angles postrieurs se prolongent de chaque ct en un cordon qui entoure l'sophage et qui forme en s'unissant avec un gros ganglion plac au-dessous un anneau assez large pour que la masse chaioue de la bouche y passe tout entire lorsqu'elle se retire forte- ment en dedans. Tous les nerfs partent de Fune ou de l'autre de ces deux masses. Ceux que fournit le cerveau , sortent de son bord antrieur et de son bord latral. Il y 308 Xl LEON. 8\ST. NERV. DES ANIMAUX SAKS YEREBRES. eu a d'abord deux pour la masse charuue de la bouche. Le troisime et le quatrime sont des filets tnus qui vont la peau voisine de la bouche; le cinquime se distribue la tunique externe du tentacule suprieur. Le sixime est le nerf du tentacule optique; il est ^ros, et sa gaine est teinte de noirtre. Aprs avoir fait une multitude de replis dans la partie creuse du muscle de ce tentacule, il se termine dans la papille de son extr- mit, aprs avoir donn un filet au globe de l'il. Au-dessus de ce nerf du ct droit, nat un nerf im- pair pour la verge; celui-ci se divise en trois bran- ches, dont deux, aprs avoir form un petit plexus, se rendent dans la gaine de la verge ; Fautre suit le canal dfrent, et pntre avec lui dans le corps de la verge. Immdiatement sous le nerf du tentacule optfque, nat de chaque ct un petit nerf qui se rend sous l'ori- gine de l'sophage , et forme avec son congnre un petit ganglion qui fournit les nerfs de la bouche, de l'sophage et de l'estomac, et forme ainsi un demi- collier antrieur. Vient ensuite de chaque ct le cordon du colher crbral. Les nerfs du ganglion sous-sojShagien , qui est ar- rondi et presque gal en volume au cerveau, partent, les uns de sa face suprieure et de son bord postrieur, les autres de toute sa face infrieure. s. Parmi les premiers, on distingue : i*> Un nerf impair qui suit la grande artre de la tte et du pied ; Q LTn nerf du ct droit qui va se distribuer aux environs de l'orifice de la respiration ; 3 Un second du mme ct , mais plus interne, qui A HT. I. CERVEAU ET NERFS DES MOLLUSQUES. 309 pntre dans l'enveloppe gnrale un peu plus bas; 4 Du ct gauche, il y en a deux qui se rendent la jonction du corps avec le bourrelet charnu par o rentre la tte, et se distribuent tant ce bourrelet qu'au poumon et au diaphragme. Les nerfs qui naissent de la partie infrieure du ganglion, et qui sont trs nombreux, se rendent tous dans le pied, en passant entre les diverses languettes de son muscle rtracteur; il y en a qui vont en avant jusqu'aux lvres (i). Dans la limace {^llmax rufus^ le cerveau forme comme un ruban troit, situ entravers de l'sophage, et qui s'largit et se renfle ses parties latrales. Le ganglion form par la runion des cordons latraux est plus considrable que le cerveau; il est compos de deux parties superposes et qui se touchent seulement par leurs extrmits : les cordons d'union avec le cer- veau sont courts, et les deux masses ont l'air de n'en former qu'une en forme d'anneau. De la partie in- frieure du ganglion sous-sophagien partent deux troncs principaux qui se portent en ligne droite , tout le long du dessous du corps, en conservant une di- rection peu prs parallle , et en donnant de leur bord externe les nerfs du pied et de l'enveloppe g- nrale, except ceux des cts de la tte, qui par- tent immdiatement du ganglion lui-mme, (icux du diaphragme et de la cavit pulmonaire sortent du mme ganglion. Ija partie suprieure de ce ganglion donne deux (i)Cuvier, Mmoire sur la limace et le colimaon ^ anat, des mollus- ques, in "4, 1817. M 310 XI^ LEON. SYST. NERY. DES ANIMAUX SANS VEBTBRES. nerfs, de chaque ct, qui se rendent aux viscres, eu suivant la distribution des artres. ] Quant au cerveau proprement dit, il donne d'abord de chaque ct un nerf pour la masse charnue de la bouche , puis deux pour cbacune des grandes cornes, l'un desquels va l'il, et tient lieu de nerf optique : plus en dehors, viennent les nerfs des petites cornes ; [enfin deux petits filets se rendent sous la bouche, for- ment l deux petits ganglions runis par une commis- sure transversale, et d'o partent de petits filets pour la bouche et l'sophage. On voit que dans ces deux exemples les deux paires de ganglions infrieurs sont runies en un seul ganglion mdian. Dans la limne glutineuse , le systme nerveux cen- tral est compos de douze ganglions qui entourent en dessous l'sophage de trois colliers. Les ganglions c- rbraux, spars par une commissure, fournissent les nerfs des tentacules et des yeux; celui du ct droit, qui est trilob et plus gros que celui du ct gauche, donne le nerf de la verge ; puis ils donnent antrieurement chacun le filet qui va former le demi-collier antrieur ou sous-buccal, et postrieurement le filet destin au demi-anneau postrieur. Le premier est compos de trois petits ganglions, un mdian et deux latraux. Il en part, comme l'ordinaire, les nerfs de la bouche et de l'sophage. Le second est form de deux ganglions de chaque ct , assez distants l'un de l'autre , qui donnent des nerfs aux glandes salivaires et aux parties voisines; et d'un ganglion impair mdian qui com- plte ce collier et donne deux longs filets l'estomac, au foie, et aux parties postrieures de la gnration. 4b: ART. I. CERVEAU ET NERFS DES MOLLUSQUES, 311 Le collier moyen est compos seulement de deux gan- glions qui donnent les nerfs du pied et cpelques filets aux organes de la gnration (i). Dans la tritonie de Hombei^g , la portion suprieure du collier crbral offre quatre ganglions. Les deux in- termdiaires sont oblongs, les deux latraux arrondis et plus petits. Des ganglions moyens naissent la pre- mire et la deuxime paire de nerfs qui vont aux tgu- ments de la bouche ; la troisime qui va aux tentacules^ et la quatrime aux yeux ; les nerfs des ganglions latraux vont aux muscles des mchoires et aux parties latrales de Tenveloppe gnrale et musculeuse du corps et aux parties del gnration. Les nerfs des viscres viennent de deux petits ganglions situs sous l'sophage , et qui forment , au moyen des deux filets qui les unissent au cerveau, le demi-collier antrieur ordinaire. Le collier crbral est complt en dessous par un simple cordon, parce que, ici, les ganglions infrieurs sont contigus aux ganglions crbraux, et qu'ils sont spars par une longue commissure. Le cerveau , dans \s.phylliclie trois bandes et dans \e pleuwbranche de Pron^ forme un gros ganglion qui fournit les nerfs des yeux et de l'enveloppe gnrale, et droite ceux de la gnration. Les nerfs des viscres prennent naissance du ganglion sous- sophagien. Dans Xaplysie borde^ le cerveau est un ganglion carr ayant son centre une masse rougetre grenue. Les cordons qui l'unissent aux ganglions sous-sopha- giens sont diviss en trois filets courts, de sorte que ces ganglions sont placs aux cts de l'sophage, et que (i) Van Beneden, Exercices zootomiq.^i^i'i'^. 312 xr LEON. SYST. NERV. DES ANIMAUX SANS YEETBRES. le filet qui achve le collier en dessous est trs allong. Ces ganglions sont trois lobes, et ils donnent un second filet qui les runit encore par une seconde com- missure en embrassant le grand tronc artriel , que Ton voit aller le long de Fsopbage du cur la boucbe. La premire paire de nerfs que le cerveau fournit va former, comme l'ordinaire, sous la masse charnue de la bouche, un ganglion deux lobes qui donne les nerfs de la bouche et de l'oesophage; le cerveau fournit ensuite des nerfs aux tentacules , la verge et aux tguments environnants. Les ganglions latraux donnent , de leur partie infrieure, douze ou treize filets qui se rendent toutes les parties musculaires de Tenveloppe du corps, et de leur partie suprieure mamelonne, un long filet qui va former avec son correspondant un ganglion prs de l'origine du tronc artriel; de celui-ci sortent les nerfs du cur, des branchies et des tgu- ments de la coquille. Les trois filets du cordon qui joint le cerveau aux ganglions latraux , les trois lobes qui composent ces ganglions et les deux commissures infrieures qui les runissent, montrent ici la fois distinctes et trs inti- mement unies les deux paires de ganglions infrieurs( i ). Dans la carinaire^ le cerveau est divis en quatre lobules placs par paires l'un au-devant de l'autre. Les postrieurs donnent les nerfs des yeux, et les antrieurs les nerfs de la trompe ou masse buccale ; deux de ceux-ci se renflent en un ganglion bilob.Des lobes postrieurs partent deux longs filets qui vont former deux paires de ganglions sous-intestinaux vis--vis de la naissance de (i) Cuvier, Mm. sur le genre apljsia^ ouv. cit. ART. I. CERVEAU ET NERFS DES MOLLUSQUES. 313 la nageoire et des branchies, et qui donnent des nerfs au cur, aux branchies, la nageoire et la queue (i). Dans la frole crte ^ le cerveau se compose d'un disque elliptique superpos quatre ganglions, placs deux deux les uns au-devant des autres, et runis en dessous de l'sophage par un cordon trs tnu; du disque sortent les nerfs optiques et ceuxdel'enveloppe de la tte. Les deux ganglions antrieurs donnent chacun un nerf pour la trompe, et deux ou trois filets presque imper- ceptibles pour l'il correspondant; les deux post- rieurs chacun un long filet d'o partent divers ramus- cules le long du corps , et qui viennent se rendre un ganglion sous-intestinal situ la hauteur del naissance de la nageoire, comme dans la carinaire. Ce ganglion fournit des nerfs la nageoire et aux parties environ- nantes en s'irradiant ; puis, comme le cur et les bran- chies sont encore trs loigns, un long cordon, qui sort de sa partie postrieure, longe le canal intestinal, va se rendre prs dunuclus, et l, si notre obser- vation ne nous a pas tromp , forme encore un petit ganglion qui donne au cur, aux branchies et la queue , des nerfs comparables par leur finesse des fils d'araigne. Dans \di phasianelle ^ le cerveau se compose, comme dans la plupart des pectinibranches, de deux ganglions fort carts l'un de l'autre, et runis par un cordon transversal qui passe sur l'sophage, et par un autre qui passe dessous. En avant, ces ganglions donnent les nerfs des tentacules et des lvres, et les deux filets or- dinaires qui vont former, sous la naissance de Tso- (i) Cuvier, Mm. sur l'haliotide , la ptrotrache^ etc., ouv. cit. 314 Xl" LEON. SYST. NERV. DES ANIMAUX SANS VERTBRES. pliage, un petit ganglion double d'o sortent les nerfs particuliers du canal intestinal; en arrire partent les autres nerfs du corps. Dans le buccin e no?> co\.es> [buccinum undatum)^ le cerveau, plac sous la trompe, est allon.o d'avant en arrire, et surmont d'nn tubercule qui fournit les nerfs des tentacLdes. La partie antrieure de ce ganglion donne les nerfs du pied, et sa partie postrieure ceux des muscles de la trompe et du corps. Nous n'avons point aperu le demi-anneau antrieur sur des indivi- dus conservs dans l'alcool, mais nous avons trouv le ganglion sous-sophagien du collier crbral form de trois renflements, un mdian plus grand et deux lat- raux plus petits. Ces derniers fournissent chacun un gros nerf qui s'unit promptement son congnre, et s'en spare ensuite ; tous deux suivent la courbure de l'sophage, et se rendent probablement la trompe; le ganglion mdian et un peu postrieur donne un nerf droite pour la verge, et un nerf mdian qui suit l'- sophage et descend vers l'estomac. Dans le murex tvitonis^ le cerveau est une masse tri- lobe dont la partie centrale plus paisse semble super- pose ( du moins dans des individus conservs dans l'al- cool) , trois ganglions runis, un antrieur et deux postrieurs. De hi partie centrale sortent les nerfs des tentacules et des glandes de la bouche; du ganglion antrieur , les nerfs des muscles de la trompe et du pied ; des gangUons postrieurs, les nerfs des organes de la g- nration, ceux des muscles du corps, du cur et des branchies. Au bord droit de Tsophage le cordon qui forme le colHer passe sous l'artre en s' enfonant sous une bride musculaire du plancher de Fsophage et ART. T. CERVEAU ET NERFS DES MOLLUSQtfES. 31 5 de la trompe, et, dans ce trajet, il fournit un nerf la- tral , puis un gros nerf longitudinal qui reoit une ana- stomose du prcdent. Ces deux nerfs se portent dans les muscles du ct droit du col du pied. Dn ct gau- che, il n'y a qu'un nerf longitudinal qui sort du collier prs du cerveau, et s'enfonce au ct gauche du col du pied. Du cordon du collier se dtachent encore an- trieurement des filets qui nous ont paru se rendre un petit ganglion situ la base de la trompe , duquel partent des filets antrieurs pour la trompe, et des filets postrieurs pour l'sophage. ^ Le vermetus muricatus a, selon dlie Chiaje(i), un cerveau compos de deux ganglions latraux, et d'o partent deux colliers sous-sophagiens; uii premier qui se renfle en dessous en deux petits ganglions, un second qui n'est form que par un simple cordon. Du ganglion crbral droit nat un nerf particulier qui forme, prs de l'sophage, un ganghon d'o sortent les nerfs des viscres. Le cerveau de Xhaliotide commune est form de deux ganglions latraux, runis par un cordon trans- verse , qui donne quatre filets nerveux pour les par- ties antrieures de la tte et pour la trompe. Les nerfs des tentacules et des yeux sortent des ganglions eux- mmes. En arrire, ces ganglions donnent chacun deux cordons qui compltent le collier autour de l'so- phage , et qui s'unissent en un ganglion un peu enfonc dans la face antrieure du muscle principal. De ce ganglion sortent les nerfs des viscres , des parties la- (i) Instituzioni di anatomia comparata. Napoli, 2 vol. in-8, avec planches. 316 XI* LEON. SYST. NERY. DES ANIMAUX SANS VERTEBRES. trales de Feuveloppe et ceux du pied. Ces derniers, au nombre de quatre, deux de chaque ct, traversent le muscle d attache la coquille, et rgnent jusque vers Textrmit du pied, en donnant des filets latralement. Les deux cordons qui sortent du cerveau pour al- ler rejoindre le ganglion sous-sophagien annoncent que l'on doit considrer ce ganglion comme form des deux paires infrieures runies en une seule masse nerveuse. Le systme nerveux de Xd^ patelle commune est fort semblable celuiderhaliotide(i).LTncordontransverse se renfle de chaque ct de la bouche en un ganglion qui fournit les nerfs des yeux et des tentacules. Le col- lier est form de deux cordons de chaque ct , qui se rendent sous Fsophage un ganglion trans verse , d'o partent les nerfs du pied, du muscle circulaire et des viscres; les deux extrmits de ce ganglion sont unies par un cordon ou commissure transversale , ce quLsemble indiquer qu'il est compos de deux parties contigus seulement par leurs extrmits, comme nous lavons vu dans la limace. ] D. Acphales, , a. Acphales testacs. Le cerveau des mollusques acphales testacs est form sur un plan beaucoup plus uniforme que celui des gastropodes. Dans tous , depuis V hutre jusqu' ]r pholade et au trjjet, il ne prsente aucune diffrence essentielle. [ On n'y retrouve plus le demi-collier ant- rieur ou sous-buccal, et les deux paires de ganglions (i) Cuvier, Mm. inrVhalJotuJej ete.-, oiiv. cif. Akt. I. CERVEAU ET NERFS DES MOLLUSQUES. 317 que nous avons vues former la partie infrieure du col- lier crbral, et frquemment runies dans les mollus- ques prcdents, demeurent toujours spares dans ceux-ci, et compltent deux colliers de grandeur sou- vent trs ingale.] Dans les anodontes , dans les bucardes , les venus , les mactres , et, en gnral , dans toutes les bivalves qui ont deux muscles cylindriques, un chaque extrmit de leurs valves, destins les rapprocher, la bouche est place auprs d'un de ces muscles, et Fanus auprs de l'autre; le pied sort vers le mi- ^ lieu du bord de la coquille, et les tubes des excr- ments et de la respiration, lorsqu'ils existent, sortent par le bout de cette coquille oppos celui o est la bouche. Le cerveau est compos de deux ganglions carts, situs de chaque ct de la bouche et runis par un cordon qui en suit le bord suprieur. Il four- nit deux cordons eu avant qui se portent dans le muscle voisin, et qui, en se dtournant chacun de son ct , entrent dans les lobes du manteau et rampent chacun tout le long du bord du lobe dans lequel il a pntr. Le cerveau fournit de chaque ct quelques filets aux tentacules et aux lvres. En outre , ses .^^an- .glions donnent chacun deux cordons pour les collieis. i"" Un cordon externe qui rampe sous la couche musculaire qui enveloppe le foie et les autres viscres, et qui se continue en s'paississant pour former le ^'pied, qui est souvent une filire. Arrivs au muscle ad- ducteur postrieur qui ferme les valves, les deux cor- dons se rapprochent l'im de l'autre, et s'unissent, en se renllanl, pour former un ganglion bilob (le ganglion branchial); il est au moins aussi gros que le cerveau, et toujours beaucoup plus facile distinguer. 11 318 XI^ LEON. SYS. NRV. DES ANIMAUX SANS VERTEBRES. donne deux nerfs principaux de chaque ct, et les quatre ensemble reprsentent une espce de s